Archives par moisfévrier 2016



Ubu devient Arturo Ui

On ne sait pas si c’est du Shakespeare ou une clownerie dans un cirque un peu minable. François Hollande a compris qu’on l’avait démasqué. Il n’est qu’un usurpateur ! On lui a arraché son faux nez et sa couronne en carton-pâte est tombée. Alors il attend que le rideau tombe et en attendant, histoire de passer le temps, il cherche toutes les occasions pour faire « une connerie de plus », afin de finir en apothéose. Un peu seul au milieu de la piste, il supplie du regard le clown blanc pour qu’il lui donne un coup de pied de plus dans son gros derrière. Une connerie de plus, un coup de pied de plus !

Cette histoire de déchéance de la nationalité française pour les djihadistes ayant été condamnés par les tribunaux restera, évidemment, comme l’une des plus belles « conneries » de ce quinquennat qui n’en a pourtant pas manqué.

D’abord, parce que le terroriste islamiste qui tire à la kalachnikov dans la foule des badauds avant de se faire sauter avec sa ceinture d’explosifs se contrefiche de cette nationalité française, même s’il est né en France et s’il y a fait (aux frais de la République) toute sa scolarité. Avant même de rejoindre le paradis d’Allah et ses centaines de vierges, il était déjà d’un autre monde qui, par définition, faisait brûler le drapeau tricolore et crachait sur Marianne.

Ensuite, parce que Hollande, pourtant président de la République (mais on a vu que c’était à la suite d’une imposture) et donc garant de nos institutions, ignorait que cette déchéance était déjà… dans nos textes. Il veut la mettre dans la Constitution. C’est évidemment la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’un chef d’Etat veut changer le texte fondateur, la Constitution, pour trois, cinq, mettons dix individus car, ce qu’il semble aussi ignorer, la justice n’a que très rarement à s’occuper des… kamikazes.

Enfin parce qu’ayant avancé de deux pas, reculer d’un, puis ré-avancer sur la pointe des pieds d’un demi pas, il a réussi l’exploit de diviser son propre camp et celui de ses opposants. Certes, il faut reconnaitre que la gauche n’était déjà plus qu’un gigantesque tripot où les chefs de bande tentaient de se crever les yeux mutuellement, faute de pouvoir s’entretuer en public et que la droite ne valait guère mieux. L’occasion de se ridiculiser une fois de plus, les uns comme les autres, était trop belle pour la rater.

Mais ce spectacle de fin de règne a tout de même de quoi sidérer le brave peuple qui, comme les terroristes, se contrefiche de cette déchéance et qui sait que, pendant ce temps-là, pendant qu’on amuse la galerie et le tapis avec ces broutilles, le chômage continue à augmenter, les déficits à se creuser, l’Etat à se déliter dans la pire des déliquescences et que les paysans désespérés vont, avant longtemps, mettre le feu aux préfectures.

En vérité, ce n’est ni du Shakespeare (bien sûr) ni même des clowneries. Hollande ne ressemble plus au roi Ubu d’Alfred Jarry comme au début de son quinquennat. Il devient petit à petit et, bien sûr, toutes proportions gardées, Arturo Ui, le héros de Brecht, avec son gang et ses choux fleurs.

Il n’aura jamais été un chef d’Etat mais il nous aura interprété un bon nombre des personnages de notre répertoire : Pinocchio, le grand menteur, Tartuffe, bien sûr, M. Jourdain, en faisant du libéralisme sans le savoir, Don Juan, avec toutes ses femmes, et bien d’autres. Mais même en nous vendant aujourd’hui ses choux fleurs il aura toujours été mauvais comme un pou.

On comprend que, dans les coulisses, certains commencent à s’impatienter et il semble bien que, dans la salle, le public ait déjà sa provision de tomates…

06 Fév 2016 | Comments (17)

Les coups de fouet qui revigorent les masochistes

 

Soyons de bonne foi et reconnaissons qu’il est difficile d’être… de bonne foi dès qu’il s’agit de Nicolas Sarkozy. On l’aime ou on ne l’aime pas.

On lui pardonne ses airs de « parvenu » en trouvant que ce « petit chose », fils d’immigré, est, en effet, « parvenu » à grimper tous les échelons de la promotion sociale ou on ne supporte pas sa vulgarité, sa dégaine, sa Rolex, ses Ray ban, certaines de ses relations, son coté loubard de Neuilly. On rappelle qu’il n’a vraiment pas eu de chance pendant son quinquennat avec, notamment, la fameuse « crise » ou on évoque toutes ses erreurs, son « ouverture-trahison » du début avec des jean-foutre du genre de Kouchner, l’inconscience avec laquelle il s’est assis sur le « non » des Français à la constitution européenne, ses zigzags à répétition, ses fantasmes comme l’Union pour la Méditerranée, ses « crimes » comme sa guerre en Libye, etc.

Et rien, ni personne, ni aucun bouquin même autocritique, ni aucune émission télévisée, aussi interminable qu’elle soit, n’y changera quoi que ce soit. On l’aime ou on le déteste. D’ailleurs, pour la première fois, hier soir, et c’est un progrès, Sarkozy a reconnu lui-même qu’on ne changeait « jamais vraiment » et qu’en ce qui le concernait il essayait simplement de développer ses qualité et de réduire un peu ses défauts. En un mot, il ne change pas, pas plus que ne changent ses adorateurs ou ses détracteurs.

Pour ce qui est des défauts, il faut hélas constater qu’il ne s’améliore guère. Il était démago en 2007. On se souvient du « travailler plus pour gagner plus ». Il est devenu populiste aujourd’hui. Même Marine Le Pen n’oserait pas promettre un « choc fiscal » de… 25 milliards avec une baisse de 10% de l’impôt sur le revenu, de 10% des charges patronales, de 10% sur la taxation du capital. Choc fiscal compensé par… 100 milliards d’économie. Où trouvera-t-il ces 100 milliards d’économie ? Mystère et boule de gomme, disent les gamins. Dans le registre « demain on rasera gratis », personne n’avait jusqu’à présent fait aussi bien, aussi fort.

Pour ce qui est de ses qualités, il faut reconnaitre qu’hier soir il a prouvé qu’il n’avait rien perdu de son énergie, de sa « niaque ». Visiblement Pujadas et la direction de la 2 ne croient pas que Sarkozy ait la moindre chance de revenir au pouvoir. Pour se venger sans doute des années passées, ils lui avaient préparé un plateau d’anti-Sarkoziens comme on n’en n’avait jamais vus au cours des vingt-cinq dernières années à la télévision. Sarkozy lui-même a dû être sidéré de voir soudain à quel point c’en était fini que la télé sarkozienne, à sa botte qu’ils léchaient tous, à commencer par Pujadas lui-même.

Eh bien, il faut constater que, chahuté par l’ancien électeur RPR devenu FN ou par le syndicaliste de la CGT, particulièrement hargneux, et même par Pujadas, l’ancien président a brusquement retrouvé toute l’énergie qu’on lui avait connue quand il se faisait piétiner par les chiraquiens qui ne lui pardonnaient pas sa (haute) trahison de balladurien.

Au fond, et c’est ce qu’on découvrait hier soir et qui expliquait bien des choses : ce type est, sans aucun doute, un masochiste qui adore se faire fouetter et que le fouet revigore. Ses innombrables biographes ne l’ont jamais souligné, de peur sans doute de se faire fouetter à leur tour mais toute l’histoire de Sarkozy est faite de hauts et de bas au point qu’on lui avait attribué le titre de « roi du trampoline ».

Or, ce n’est pas l’élasticité de notre vie politique qui, quand il est au fond du trou, le fait rebondir. Ce sont les coups de fouet qu’on lui donne. Il y a des gens comme cela. Et depuis quelques temps il faut bien lui accorder qu’il croule sous les coups de fouet

05 Fév 2016 | Comments (7)