Le problème de « la déchéance de la nationalité française pour les binationaux nés en France et ayant été condamnés pour des faits de terrorisme » continue à animer notre petit Landerneau politique qui aime toujours s’époumoner pour des sujets anecdotiques et en disant n’importe quoi.

Il y a trois millions et demi de binationaux en France (ce qui est naturellement scandaleux) mais il est évident que cette affaire de déchéance ne concerne qu’une infime poignée d’entre eux, les terroristes. L’affaire est donc très anecdotique.

Il est d’ailleurs tout aussi évident que ces terroristes binationaux nés en France et prêts à rejoindre le paradis d’Allah en se faisant sauter avec leur ceinture d’explosifs au milieu d’une foule de mécréants se « contrefoutent » totalement de perdre leur nationalité française, une Nation, une culture, une civilisation qu’ils haïssent et auxquelles ils ont déclaré la guerre.

Donc, contrairement à ce que nous affirment Hollande et Valls, cette mesure ne sera donc en rien « dissuasive ». Ils ont d’ailleurs fini par reconnaitre qu’elle était surtout « symbolique ». Le microcosme parisien se chamaille aujourd’hui pour une affaire anecdotique et symbolique. Ces messieurs n’ont donc pas grand chose à faire en ce moment, preuve que tout va pour le mieux dans le pays.

Ce qui est « amusant » c’est que ce sont les « meilleurs amis » de François Hollande qui s’indignent le plus bruyamment. A leurs yeux, cette disposition créerait une discrimination inadmissible entre les Français puisque seuls les binationaux pourraient en être les victimes et elle laisserait entendre que les binationaux nés en France ne sont pas des Français à part entière.

Ces moralistes d’arrière salle de bistrot oublient que les binationaux nés à l’étranger et naturalisés français peuvent, depuis longtemps, être déchus de leur nationalité française et personne n’a jamais protesté quand cette déchéance-là a été adoptée. Elle crée pourtant, elle aussi, une vraie discrimination entre les Français binationaux « nés sur le sol français » et les Français binationaux « naturalisés ». Or on nous avait toujours raconté que la naturalisation faisait de tous les étrangers des Français « comme les autres ».

Cela dit, on ne voit pas pourquoi « les valeurs » que brandissent les socialistes interdiraient de déchoir « un binational nés en France » et autoriseraient de déchoir « un binational naturalisé ». On ne voit d’ailleurs pas pourquoi non plus ces mêmes « valeurs » obligeraient les Français dits « de souche » à considérer les binationaux, nés en France ou naturalisés, comme des Français à part entière. Car ils ne le sont pas, et tout est là.

Il faudrait que les socialistes et les gauchos en général finissent par comprendre que les Français « d’en bas » (selon l’expression de Raffarin) qui ne sont ni xénophobes, ni racistes, ni antisémites, ni islamophobes n’ont jamais considéré et ne considéreront jamais les binationaux (nés en France ou naturalisés) comme de vrais compatriotes. La Nation (française) étant leur seule richesse, ces Français « d’en bas » et « sans dents » estiment qu’on ne peut pas avoir deux « mères-patries » et les aimer autant l‘une que l’autre, qu’on ne peut pas être « prêts à mourir » pour deux Nations, ni même voter dans deux pays différents.

Quand on essaie de remettre en cause la double nationalité, ces socialistes nous disent, avec une mauvaise foi stupéfiante, que la France est obligée d’accepter cette « binationalité » parce que certains pays, comme le Maroc, interdisent à leurs ressortissants d’abandonner leur nationalité d’origine. Mais rien n’interdit à la France de refuser, chez elle, la double nationalité qui, contrairement à ce qu’on entendait hier soir encore en écoutant « C dans l’air », n’a jamais fait « partie des fondements les plus profonds de notre droit, de la République et de notre histoire ».

Il est évident qu’il va falloir interdire la double nationalité et dire à nos amis franco-marocains ou franco-n’importe quoi que si, pour telle ou telle raison, ils ne peuvent pas choisir entre la France et leur pays d’origine, nous, nous ne pouvons plus, ne voulons plus les considérer comme des Français, car on ne peut pas être « à moitié français » « à moitié autre chose ».

Naturellement, cette déchéance des binationaux nés en France et ayant commis des crimes liés au terrorisme qui ouvre la porte à une remise en cause de la bi-nationalité et même à une remise en cause du droit du sol est une idée « de droite », voire même « d’extrême-droite » et, en sortant cette proposition de son chapeau, Hollande fait un pas de plus qui l’éloigne de la vieille gauche traditionnelle.

En moins de trois ans, depuis son entrée à l’Elysée, l’ancien premier secrétaire du PS est devenu un social-démocrate, puis un social-libéral, avec Valls, puis un libéral pur jus, avec Macron, et le voilà maintenant qui flirtichonne avec les idées de Marine Le Pen. En fait, Hollande semble prêt à troquer son électorat de gauche (en voie de disparition), contre un nouvel électorat, allant du cadavre du PS à un centre droit de bon aloi.

Il a compris qu’il n’inverserait pas la courbe du chômage mais il a vu que les attentats (inespérés !) l’avaient fait remonter miraculeusement dans tous les sondages et il a compris qu’en jouant « le père de la Nation » et qu’en ne parlant plus que des menaces du terrorisme islamiste, il avait une chance pour ne pas dire toutes les chances d’être réélu en 2017.

Et tout cela « grâce » à la droite qui, elle, pendant ces trois mêmes années, a offert aux Français le spectacle affligeant de ses divisions internes, de ses haines personnelles, de ses combats fratricides, tout en ressortant toujours les mêmes visages, fatigués, usés, fanés de ses vieux ténors de jadis et sans être jamais capable de présenter le moindre programme un peu cohérent et plausible pouvant si ce n’est faire rêver au moins redonner espoir.

Aujourd’hui on peut se dire que si jamais Hollande était réélu en 2017 ce serait vraiment de la faute de MM. Sarkozy, Juppé, Fillon & Cie. qui, alors que la France sombrait chaque jour davantage dans l’abîme, ont été incapables de saisir cette « chance » pour former une véritable opposition présentant une véritable alternative.

On peut être sûr que cette année 2016 qui commence sera celle de la grande bataille de chiffonniers à droite et de la grande abjuration à gauche…rine Le Pen