Joie, joie, pleurs de joie ! François Hollande a –enfin- trouvé le moyen d’inverser la courbe du chômage. Cela faisait trois ans et demi qu’il nous en parlait et nous le promettait. Il nous avait même dit que s’il n’y arrivait pas il ne se représenterait pas en 2017. Ce qui aurait été la plus merveilleuse des consolations.

Mais pourquoi diable a-t-il attendu si longtemps pour nous dévoiler sa botte secrète ? Et d’autant plus que son « truc » est infaillible et qu’on se demande comment il se fait que personne d’autre n’y ait jamais pensé avant lui. C’est, en effet, « simple comme bonjour »…

Nous avons plus de 3,5 millions de chômeurs « de catégorie A » et plus de 5,5 millions de chômeurs « toutes catégories confondues ». Ce sont naturellement les « toutes catégories confondues » qui devraient compter puisque ce sont eux qui représentent vraiment le manque d’activité dans le pays. Mais, depuis des années et grâce à l’intoxication de tous les régimes successifs, nous ne nous intéressons qu’à la catégorie A (les salariés n’ayant exercé absolument aucune activité au cours du mois). Ce qui est absurde.

L’idée « géniale » de François Hollande et qui prouve, une fois de plus, ses talents de prestidigitateur de foire et, une fois de plus, à quel point il prend les Français pour « des cons » est de transférer 500.000 chômeurs de « catégorie A » vers la catégorie « toutes catégories confondues » et plus précisément la « catégorie D » (la catégorie des chômeurs… « en formation ») en transformant, d’un coup de baguette magique, ces « chômeurs n’ayant exercé aucune activité » en « chômeurs en formation », c’est-à-dire en chômeurs oubliés des statistiques et dont on ne parle jamais. Il suffisait, en effet, d’y penser.

Grâce à ce tour de passe-passe qui relève, évidemment, de l’escroquerie la plus infantile, Hollande pourra se vanter d’avoir fait baisser le nombre des chômeurs (de catégorie A) ; il pourra donc se représenter à la présidentielle de 2017 ; et, vue l’état actuel de l’opposition, il aura même peut-être toutes ses chances d’être réélu.

Depuis ce matin et ces annonces au Conseil économique, chacun se pose naturellement plusieurs questions. D’abord, comment l’opération que le président évalue lui-même à un milliard d’euros sera-t-elle financée ? Non par de nouveaux impôts mais par de nouvelles économies, répond Hollande, sûr de lui. On attend avec impatience et curiosité d’avoir des détails.

Ensuite, comment les 500.000 bénéficiaires de ces formations seront-ils choisis parmi les 3,5 millions de chômeurs ? Le tirage au sort serait sans doute une bonne idée.

Ensuite encore, à quoi ces 500.000 chômeurs seront-ils formés ? Si on a bien compris, ce sera en fonction des besoins locaux et donc ce sera aux conseils départementaux d’en discuter avec les entreprises. Et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

Ensuite encore, où Hollande trouvera-t-il les milliers de « formateurs » nécessaires pour « former » ces 500.000 chômeurs ? Personne n’en sait rien mais tout le monde s’en fiche car tout le monde sait parfaitement qu’en France la formation n’a jamais servi à former des gens sans qualification mais que, de tout temps, elle n’a été qu’un puits sans fond permettant d’engloutir des sommes considérables (30 milliards) et d’offrir quelques formages bien dégoulinants à quelques copains du monde plus ou moins associatif.

Enfin et surtout, on se demande pourquoi Hollande ne nous a pas annoncé carrément « un plan d’urgence » prévoyant la formation de 3,5 millions de chômeurs. Il aurait pu nous affirmer que la plupart des chômeurs le sont parce qu’ils manquent de formation (ce qui est faux) et surtout que, grâce à lui, il n’y avait plus un seul chômeur (de catégorie A) en France.

Les Français vont-ils être dupes de cette nouvelle escroquerie présidentielle ? Tous les Français savent parfaitement que tous les autres pays de l’Union européenne ont inversé leur courbe du chômage, que si, chez nous, il continue à augmenter ce n’est pas par manque de formation de nos salariés mais parce que nos entreprises ne sont plus compétitives et qu’elles crèvent les unes après les autres et que si elles ne sont plus compétitives c’est parce qu’elles sont écrasées de charges et étranglées par une législation qu’on pourrait qualifier de… « bolchévique ». Le coup de la formation est donc bel et bien une escroquerie.

Le « plan d’urgence face au terrorisme » imaginé par François Hollande fait rigoler les terroristes en question, ce « plan d’urgence face au chômage » présenté ce matin par le même Hollande fera pleurer les chômeurs.

La véritable « urgence » serait que Hollande et les siens quittent le pouvoir. Mais ce ne sera que dans un an et demi –« Putain encore un an et demi ! »- et ceux qui s’apprêtent à les remplacer ne sont pas très emballants pour le moment.