Tous les viticulteurs le savent, il y a des années meilleures que d’autres. Naturellement, personne aujourd’hui n’est capable de dire si 2016 sera un millésime de qualité et si la vigne aura assez de soleil et pas trop d’eau. Mais pour le reste, tout le monde sait que cette année qui commence sera… désespérante, comme d’ailleurs l’a été celle qui s’est terminée hier.

François Hollande nous a prévenus hier soir. Il va continuer à nous affirmer qu’il veut inverser la courbe du chômage et qu’il a trouvé de nouveaux « trucs » pour conjurer ce fléau. Avec « un grand plan de formation pour les chômeurs » et « de nouvelles aides pour les entreprises ».

Première question : le président de la République va-t-il continuer à prendre ceux qui l’ont élu, ceux qui ne l’ont pas élu et même les « sans-dents » qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales pour des imbéciles, voire des débiles profonds ?

Deuxième question : depuis combien de temps, combien de décennies ceux qui nous gouvernent nous racontent-ils que le drame du chômage a pour seule et unique origine le manque de formation des jeunes et des moins jeunes ? C’est sans doute un peu vrai mais n’y a-t-il pas aussi et surtout le manque de compétitivité de nos entreprises qui, écrasées par les salaires et toutes les charges, ne peuvent plus aligner leurs prix sur la concurrence mondiale et, pire encore, n’ont plus les moyens de faire de la recherche et donc d’innover. Ce n’est pas le manque de formation de nos salariés qui provoque la délocalisation de nos entreprises.

Troisième question : combien de milliards a-t-on engloutis, depuis un demi-siècle, dans ce puits sans fond qui s’appelle « la formation » ? Et, question annexe : combien d’escrocs s’étant goinfrés avec ces milliards ont été ne serait-ce qu’inquiétés ? On nous parle souvent des escrocs à l’assurance maladie. Ils ne sont que d’aimables plaisantins en face de la truanderie industrielle des « formateurs » qui « forment » si bien qu’il y a désormais plus de 30% des habitants de ce pays qui ne peuvent ni lire ni écrire ce qui les exclut évidemment du monde du travail puisque, de nos jours, on ne peut plus simplement « louer ses bras » comme jadis.

Quatrième question : pourquoi le chef de l’Etat veut-il à tout prix « aider les entreprises ». Cela fait des années, là encore, que tous les entrepreneurs (du moins ceux qui n’ont pas fui vers l’étranger) répètent inlassablement : « Nous ne voulons pas d’aides, nous voulons juste que l’Etat nous laisse travailler ». Un ancien patron du Medef précisait crument : « Notre seule revendication est que l’Etat nous lâche les baskets ». D’ailleurs, là aussi, il y a une question subsidiaire : à combien de milliards s’élèvent les aides en tous genres que l’Etat a accordées aux entreprises et pour quels résultats ?

Bref si on a bien compris Hollande, hier soir, il voudrait faire du neuf avec du vieux, du ranci, de l’éculé, du pourri qui a déjà été essayé par la droite comme par la gauche, sous toutes ses formes, dans toutes ses positions et qui n’a jamais rien donné.

En fait, Hollande veut simplement gagner du temps. On a très bien compris ce qui lui trottait dans sa petite tête. Plus il est mauvais, plus les résultats de sa pseudo politique sont catastrophiques et plus les Français, écoeurés, excédés, désespérés, se « droitisent ». Marine Le Pen gagne chaque jour des voix ; Sarkozy se requinque en ayant mis la barre à droite toute, pour les primaires de la droite et du centre, devant un Juppé qui joue la modération avec les centristes ; mais il est (beaucoup) trop tard maintenant pour que l’ancien président puisse espérer récupérer la moindre voix allée au FN.

En clair, dans la petite tête de Hollande, on a, au premier tour de la, présidentielle, un tiercé dans l’ordre : Marine Le Pen, Hollande, Sarkozy ce qui est évidemment pour lui un tiercé gagnant puisqu’au second tour il est sûr de l’emporter face à Marine Le Pen.

Pendant toute l’année 2016, Hollande va jouer au « père de la Nation », nous bassiner avec la sécurité et la lutte contre l’extrémisme islamique, prier soir et matin qu’il y ait un, deux ou trois attentats particulièrement sanglants et observer d’un œil grand ouvert la droite, « la plus bête du monde » avec notamment l’apparition vraisemblable d’une candidature de Bayrou pour contrer Sarkozy et… assurer à Hollande la deuxième place du premier tour. Bayrou a toujours aimé aider Hollande ! Il y a des maladies incurables.

2016 va donc être une bien mauvaise année où chacun de nos petits guignols, ne pensant qu’à 2017, va jouer la politique du pire qui est pourtant la pire des politiques.

Ce n’est donc guère à la France qu’on peut souhaiter aujourd’hui une bonne année 2016. Mais on peut tout de même souhaiter à chacun de nos amis (et notamment aux fidèles lecteurs de ce modeste blog) de n’avoir pas trop d’ennuis et surtout une bonne santé (et l’auteur de ces lignes sait, hélas, de quoi il parle).

Une bonne santé, ne serait-ce que pour pouvoir encore râler, s’indigner, s’insurger avec toujours l’espoir que nos râlements, nos indignations et, éventuellement, notre insurrection auront quelques effets.

Amitiés à tous et même à ceux qui ne sont pas toujours d’accord et que nous espérons bien remettre sur le droit chemin au cours de cette année 2016…