Archives par moisjanvier 2016



La chèvre et le chou

Donc Emmanuel Macron ne veut toujours pas démissionner, parait-il, et Hollande ne veut toujours pas virer Christiane Taubira.

A première vue, et même si notre microcosme en fait des gorges chaudes, cela n’a strictement aucune importance puisque le ministre de l’Economie est désormais totalement court-circuité par l’inénarrable « ministresse » du Travail, la franco-marocaine Myriam el Khomri, qui ne sait toujours pas ce qu’est un contrat de travail à durée déterminée et que la Garde des sceaux, jadis intarissable sur toutes nos ondes, a disparu de tous les radars de la notoriété après avoir sans doute reçu une bonne fois pour toutes ordre de se traire à tout jamais.

Mais ce qui est amusant à observer, une nouvelle fois, ce sont les incohérences du président de la République et sa totale incapacité à décider, à choisir, à trancher.

Ses amis nous disent que, la campagne pour la présidentielle ayant déjà commencé, il est normal que François Hollande souhaite avoir « plusieurs fers au feu ». En clair, lui dont on ne sait plus –et lui-même d’ailleurs ne le sait plus- s’il est encore socialiste version Guy Mollet, social-démocrate version Delors, social-libéral ou carrément libéral mais qui sait que, s’il veut avoir la moindre chance de renouveler son bail à l’Elysée, il va devoir ratisser très large, de la gauche échevelée et même crépue à la droite du meilleur aloi, chère à la haute finance qu’il disait jadis haïr.

Il a donc besoin de Christiane Taubira pour faire croire aux derniers vieux gauchos qu’avec elle il va « foutre en l’air » la société des bourgeois hétérosexuels. Mais il a aussi besoin d’Emmanuel Macron pour tenter de rassurer les banques, les chefs d’entreprise et la très grande majorité des Français qui sont, bien souvent, à la fois de modestes salariés, de modestes épargnants et de vrais contribuables.

L’ennui pour Hollande c’est qu’entre l’indépendantiste guyanaise et l’ancien de chez Rothschild, il n’a plus grand monde à mobiliser autour de lui. Les troupes traditionnelles du PS ont fondu comme neige au soleil et Hollande a tort de croire que toutes les nouvelles recrues du Front National viennent toutes des rangs de l’ancienne UMP. Il y a sans doute aujourd’hui chez Marine Le Pen davantage de déçus du PS que de déçus de l’UMP.

Le grand espoir de Hollande était, évidemment, de se retrouver au premier tour de la présidentielle en compétition avec Nicolas Sarkozy. Les Français n’ayant pas oublié qui était l’ancien président de la République et le portant encore moins dans leur cœur que son successeur, Hollande avait toutes les chances de se qualifier pour le second tour et donc de l’emporter en face de Marine Le Pen.

Mais le casting de rêve pour Hollande semble bien changer. D’abord, la présence de Macron pourrait bien inciter les communistes, le parti de gauche, les écologistes et même les frondeurs autour d’un Montebourg ressorti des cartons à présenter leur(s) propre(s) candidat(s).

Ensuite et surtout, la droite pourrait finir par s’apercevoir que Sarkozy n’est décidemment plus le bon cheval. Non seulement parce que son retour dans l’arène n’a pas provoqué l’enthousiasme qu’il espérait, même chez ses aficionados, mais aussi parce qu’on sait que s’il est le candidat désigné de la droite, Bayrou sera candidat au centre et fera perdre à Sarkozy sept ou huit points particulièrement précieux pour un premier tour aussi disputé.

Quels que soient l’âge et le passé de Juppé, la droite est (comme la gauche) sensible aux sondages et n’hésite jamais à courir à la victoire. Juppé donné vainqueur par toutes les études d’opinion, grâce aux voix de la droite et du centre, devient pour tous les électeurs de droite et du centre le meilleur des candidats à envoyer au combat.

Face à Juppé, Hollande sait que, dans l’état actuel de l’opinion, il n’arriverait péniblement que troisième en demi-finale et serait donc éliminé.

On nous parle actuellement, avec insistance, d’un possible remaniement, Laurent Fabius souhaitant quitter le navire en perdition pour aller se réfugier au Palais Royal, sous les dorures confortables du Conseil Constitutionnel. Hollande pourrait bien en profiter pour procéder à un grand chamboulement et se constituer un « gouvernement de la dernière chance ». Pour une fois, il pourrait choisir entre la chèvre et le chou.

Contre Sarkozy, droitisé à outrance, il aurait pu jouer le centre avec Macron. Contre Juppé, gaullo-centriste, il ne peut jouer que la gauche. Mais avec qui ? Taubira ne fait évidemment pas le poids. Valls est-il encore utilisable à gauche ? Non.

Aujourd’hui, nous avons donc un chef d’Etat à la recherche d’un oiseau rare lui permettant de redevenir un candidat de gauche crédible. La situation est pour le moins cocasse ! Les mois qui viennent promettent d’être riches en surprises et en rebondissements.

Et que le meilleur gagne !

23 Jan 2016 | Comments (25)

Valls ne sait plus ce qu’il dit

Il y a trois jours, nous reprochions, ici même, à Manuel Valls de bafouiller. Il avait, en effet, affirmé que « chercher à comprendre le terrorisme c’est l’excuser » Phrase évidemment absurde puisque –tous les experts sont d’accord, pour une fois- pour combattre le terrorisme il faut, d’abord et avant tout, essayer de comprendre ce qui l’anime, ce qui pousse de jeunes converties à se faire sauter avec une ceinture d’explosifs, des paumés sortant de prison à gagner la Syrie, les anciens officiers de Saddam Hussein (des laïcs du parti Bass) à rejoindre les extrémistes sunnites, les Saoudiens à financer ces tueurs, des centaines de milliers de Syriens, d’Irakiens et maintenant de Libyens à tolérer et même à accueillir la dictature du califat de l’Etat islamique, etc., etc.

Mais le Premier ministre est vraiment au bout du rouleau. Lui qui avait jusqu’à présent la parole aussi facile que péremptoire s’est encore pris les pieds dans le tapis en déclarant textuellement, aujourd’hui, à la BBC : « L’état d’urgence sera prolongé en France jusqu’à ce qu’on se soit débarrassé de Daech » (sic)

En clair, Valls annonçait (aux Anglais) que les Français étaient désormais condamnés à vivre sous le règne de l’état d’urgence… à perpétuité, à tout jamais et pour l’éternité.

Tout le monde sait, en effet, qu’il faudra, au mieux, des années et des années pour extirper l’extrémisme musulman de la planète et qu’il est d’ailleurs beaucoup plus raisonnable d’imaginer qu’avec l’immigration massive, les déplacements de population à très grande échelle, la démographie qu’on leur connait et la lâcheté de tous les dirigeants occidentaux ce seront « les dingues d’Allah » qui finiront pas l’emporter.

Delà à jouer les Tartarin à la BBC, il y a un pas que le Premier ministre n’aurait jamais dû franchir, surtout au moment même où le président de la République prévenait les présidents du Sénat et de l’Assemblée (ainsi que Nicolas Sarkozy) qu’il allait demander au Parlement de prolonger cet état d’urgence de… trois mois.

Annoncer que cet état d’urgence risque fort de durer encore des années c’est perdre le sens des mots. Par définition, un état d’urgence ne peut déclencher que des mesures exceptionnelles ; et, toujours par définition, des mesures exceptionnelles ne peuvent pas se prolonger indéfiniment.

On a presque l’impression que ce franco-espagnol (né à Barcelone, sept ans après la mort de Franco) se satisfait parfaitement de cet état d’urgence qui permet au pouvoir d’interdire n’importe quelle manifestation n’importe quelle réunion et de faire faire par la police des descentes chez n’importe qui, jour et nuit.

Le Premier ministre commet là deux erreurs graves. D’abord, il donne une victoire aux terroristes qui, après avoir tué en plein Paris, peuvent maintenant se targuer de gâcher la vie quotidienne des Français. Ensuite, il oublie que nous sommes tous très attachés à nos libertés individuelles et particulièrement pointilleux à leur sujet. Le pouvoir actuel n’est déjà pas populaire mais l’idée que la France devrait s’habituer à vivre sous l’état d’urgence (comme au temps de Guy Mollet, à croire que c’est une manie chez ces gens-là) nous sera rapidement insupportable.

D’autant plus que l’utilité de cet état d’urgence est de plus en plus contestée. Les amis de François Hollande nous répètent à satiété : que dirait-on si nous levions cet état d’urgence et qu’un nouvel attentat se produisait. En effet. Mais que dirait-on si cet état d’urgence n’était pas levé et qu’un attentat se produisait malgré tout ?

Or, il suffit de prendre le métro et de faire quelques courses dans les Grands magasins pour s’apercevoir que les contrôles de Vigie-pirate-attentats ne sont déjà plus que de lointains souvenirs et que même les légionnaires qui patrouillent dans les rues de la capitale n’ont plus qu’un regard très lointain, voire distrait.

Valls a pataugé dans l’histoire tragi-comique de la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux, pataugé dans ses démêlés d’égocentrismes avec Macron, voilà qu’il patauge avec l’état d’urgence. A force de dire n’importe quoi, il va finir par se noyer dans le marigot…

23 Jan 2016 | Comments (5)

Quand Sarkozy demande enfin pardon

Pour une fois, on est obligé de dire que Nicolas Sarkozy a raison. Dans son livre qui sort demain et qu’il a intitulé « La France pour la vie » ce qui ne veut pas dire grand-chose, il reconnait qu’il a « abaissé la fonction présidentielle » (à propos du « Casse, pauv’con »), qu’il se demande encore aujourd’hui comment il a « pu commettre un tel impair » (à propos du voyage sur le yacht de Bolloré), qu’il n’avait « pas mesuré la portée symbolique du lieu » (à propos du Fouquet’s) et, beaucoup plus sérieusement, qu’il a « retardé des réformes » et qu’il aurait dû « supprimer l’ISF et les 35 heures ». Bref, qu’il a été un très mauvais président et, pire encore, qu’il n’est vraiment pas fait pour la fonction puisqu’il ne comprend rien aux Français.

Après Juppé et Fillon, il ne manquait plus de lui sur les étalages de nos librairies. Mais si les deux anciens Premiers ministres dessinent plus ou moins leur programme pour la primaire de la droite (et du centre) si ce n’est carrément pour la course à la présidentielle elle-même, Sarkozy, lui, était obligé de commencer par un mea culpa pour tenter de retrouver un minimum de crédibilité. C’est en tous les cas ce que lui demandaient tous ses amis. Il s’y adonne visiblement à contrecœur et du bout des lèvres.

Mais il faut bien reconnaitre que cette enfilade d’excuses plus ou moins vaseuses, de demandes de pardon est… ridicule. La fameuse loi de « la faute avouée est à moitié pardonnée » peut, éventuellement, s’appliquer à un sale gosse aux doigts plein de confiture. Elle est grotesque pour un ancien chef d’Etat, a fortiori s’il souhaite retrouver le pouvoir.

Il est confus d’avoir fait perdre au pays les cinq années de son quinquennat, d’avoir trahi ses électeurs tantôt en reculant devant les réformes qui s’imposaient (l’abrogation de l’ISF et des 35 heures), tantôt en galopant derrière le Front National. Et il s’imagine qu’en se roulant ainsi dans la cendre et qu’en avançant pieds nus et la corde au cou vers eux, les Français seront assez naïfs (et le mot est faible) pour lui « re-faire » confiance !

Les conseillers en communication de Sarkozy (des anciens de Bygmalion, peut-être ?) voire les « nègres » qui ont gratouillé ces 260 pages n’ont pas compris qu’en faisant publier cette autocritique non seulement l’ancien président n’attirerait ni la pitié ni la sympathie mais qu’il rappellerait bien maladroitement, en s’y vautrant, toutes ses erreurs, tous ses impairs, toutes ses gaffes et surtout toute l’inconsistance de son règne qu’on commençait presque par oublier… grâce au spectacle encore moins reluisant que nous offre François Hollande depuis trois ans et demi.

Pour être honnête, il faut reconnaitre qu’on ne voit pas ce qu’on aurait pu lui conseiller. Demander pardon pour ses erreurs passées, comme il le fait aujourd’hui, c’est évidemment les rappeler. Mais s’il n’en avait pas dit un mot on le lui aurait aussi reproché.

Sarkozy a eu longtemps une chance insolente. Mais depuis sa défaite de 2012, il joue de malchance à moins que ce ne soit de maladresse. Il a raté son retour en politique, raté sa prise de l’UMP, raté la transformation de cette UMP en parti des Républicains et, sans guère de doute, raté ce livre. Il a désormais ce qu’on appelle « la poisse ». Tous les joueurs –et il en est un- savent que « quand on n’a plus la main, il faut passer la main »

Finalement, ce type a réussi à faire élire François Hollande (dans un pays majoritairement de droite) et à transformer Alain Juppé en symbole du renouveau et de la jeunesse ! Deux performances tout de même étonnantes.

Il prétend que ce livre n’est en rien un acte de candidature ni pour la primaire ni pour la présidentielle. Personne ne peut le croire, évidemment. L’ambition et le besoin de revanche transpirent par tous les pores de sa peau. Mais, en lisant ce livre, on se dit, par moments, que si les sondages continuaient à être aussi désespérément mauvais pour lui, il pourrait –peut-être- finir par jeter l’éponge pour éviter le ridicule et se réserver pour 2022…

22 Jan 2016 | Comments (6)

Valls bafouille à propos du terrorisme

 

Manuel Valls le dit et le répète : chercher à comprendre le terrorisme c’est l’excuser. Or, le Premier ministre n’est pas un imbécile. Comment peut-il alors lâcher une telle ineptie ? On dira que son enfance, son adolescence et sa jeunesse s’étant passées à Barcelone il ne maitrise sans doute pas parfaitement notre langue. Mais il est curieux que, depuis le temps qu’il répète cette ânerie, aucun de ses collaborateurs (dont certains sont, du moins l’espère-t-on, des Français « de souche ») ne lui ait appris que « comprendre » n’avait rien à voir avec « excuser » et ne lui ait fait remarquer que refuser de tenter de « comprendre » un ennemi était, évidemment, le meilleur moyen de ne rien pouvoir faire contre lui.

Il est très dommage qu’à force de ne pas vouloir « comprendre » le djihadisme, Valls continue à ânonner une ribambelle de contre-vérités qui le conduisent à laisser proliférer en toute quiétude le terrorisme islamiste dans nos banlieues.

S’il avait « compris » que le djihad –c’est-à-dire la guerre sainte contre les mécréants- était « une obligation » pour tous les musulmans, il cesserait, peut-être, de répéter qu’il ne faut pas faire d’« amalgame » entre « les islamistes » et « les islamiques », que l’Islam est « une chance pour la France », que l’Islam est « parfaitement compatible avec la démocratie, nos lois et la République ». Et nous aurions fait alors un grand pas en avant vers une lutte efficace contre le terrorisme et même ce qu’il appelle lui-même si bêtement « le vivre ensemble ».

S’il est évident que les six ou sept millions de musulmans vivant en France ne sont pas (encore) tous les terroristes, personne ne peut nier que « les islamistes » ne sont que d’anciens « bons musulmans », radicalisés comme le sont tous les fidèles d’une religion renaissante. Et tout le monde constate depuis déjà des années que de plus en plus de « braves musulmans » (en clair des musulmans ayant troqué leur foi contre tous les avantages que leur offrait notre civilisation de mécréants) retrouvent leur religion d’origine. Vides hier (comme nos églises) les mosquées de France débordent désormais de croyants tous les vendredis au point d’ailleurs que « nos » musulmans réclament de nouvelles mosquées un peu partout.

Les musulmans de France, immigrés de la première mais aussi de la deuxième, voire de la troisième génération, retournent à la mosquée où des imams souvent fanatiques en font de plus en plus des islamistes et leur rappellent que le djihad est une obligation ce qui, à court terme, risque de toute évidence d’en faire des terroristes.

Si on refuse de « comprendre » ces évidences, on ne pourra jamais mener le moindre combat contre le terrorisme islamiste.

Ce n’est pas « excuser » le terrorisme que de dire qu’il est « normal » que les fidèles d’une religion qui prône la guerre contre l’Occident se mettent à organiser des attentats contre nous. Mais il faut le savoir et en avoir bien conscience pour riposter à cette guerre.

Ce n’est que quand on commence à chercher d’autres explications à la radicalisation de nos jeunes de banlieue qu’on commence à leur chercher des excuses. Ceux qui évoquent le chômage, le mal de vivre des banlieues, la ghettoïsation et donc la discrimination pour expliquer le terrorisme islamiste se font évidemment les avocats des tueurs en leur dénichant des circonstances atténuantes.

Mais Valls oublie que c’est la gauche qui la première a trouvé toutes ces excuses à tous les émules de tous les ayatollahs. D’ailleurs quel est le Premier ministre qui a parlé de « l’apartheid » qui sévirait en France ? Valls lui-même qui excusait ainsi les victimes de cet apartheid. En bafouillant ainsi à propos du terrorisme islamiste, Valls perd, là encore, toute crédibilité…

 

19 Jan 2016 | Comments (10)

La nouvelle escroquerie présidentielle

Joie, joie, pleurs de joie ! François Hollande a –enfin- trouvé le moyen d’inverser la courbe du chômage. Cela faisait trois ans et demi qu’il nous en parlait et nous le promettait. Il nous avait même dit que s’il n’y arrivait pas il ne se représenterait pas en 2017. Ce qui aurait été la plus merveilleuse des consolations.

Mais pourquoi diable a-t-il attendu si longtemps pour nous dévoiler sa botte secrète ? Et d’autant plus que son « truc » est infaillible et qu’on se demande comment il se fait que personne d’autre n’y ait jamais pensé avant lui. C’est, en effet, « simple comme bonjour »…

Nous avons plus de 3,5 millions de chômeurs « de catégorie A » et plus de 5,5 millions de chômeurs « toutes catégories confondues ». Ce sont naturellement les « toutes catégories confondues » qui devraient compter puisque ce sont eux qui représentent vraiment le manque d’activité dans le pays. Mais, depuis des années et grâce à l’intoxication de tous les régimes successifs, nous ne nous intéressons qu’à la catégorie A (les salariés n’ayant exercé absolument aucune activité au cours du mois). Ce qui est absurde.

L’idée « géniale » de François Hollande et qui prouve, une fois de plus, ses talents de prestidigitateur de foire et, une fois de plus, à quel point il prend les Français pour « des cons » est de transférer 500.000 chômeurs de « catégorie A » vers la catégorie « toutes catégories confondues » et plus précisément la « catégorie D » (la catégorie des chômeurs… « en formation ») en transformant, d’un coup de baguette magique, ces « chômeurs n’ayant exercé aucune activité » en « chômeurs en formation », c’est-à-dire en chômeurs oubliés des statistiques et dont on ne parle jamais. Il suffisait, en effet, d’y penser.

Grâce à ce tour de passe-passe qui relève, évidemment, de l’escroquerie la plus infantile, Hollande pourra se vanter d’avoir fait baisser le nombre des chômeurs (de catégorie A) ; il pourra donc se représenter à la présidentielle de 2017 ; et, vue l’état actuel de l’opposition, il aura même peut-être toutes ses chances d’être réélu.

Depuis ce matin et ces annonces au Conseil économique, chacun se pose naturellement plusieurs questions. D’abord, comment l’opération que le président évalue lui-même à un milliard d’euros sera-t-elle financée ? Non par de nouveaux impôts mais par de nouvelles économies, répond Hollande, sûr de lui. On attend avec impatience et curiosité d’avoir des détails.

Ensuite, comment les 500.000 bénéficiaires de ces formations seront-ils choisis parmi les 3,5 millions de chômeurs ? Le tirage au sort serait sans doute une bonne idée.

Ensuite encore, à quoi ces 500.000 chômeurs seront-ils formés ? Si on a bien compris, ce sera en fonction des besoins locaux et donc ce sera aux conseils départementaux d’en discuter avec les entreprises. Et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

Ensuite encore, où Hollande trouvera-t-il les milliers de « formateurs » nécessaires pour « former » ces 500.000 chômeurs ? Personne n’en sait rien mais tout le monde s’en fiche car tout le monde sait parfaitement qu’en France la formation n’a jamais servi à former des gens sans qualification mais que, de tout temps, elle n’a été qu’un puits sans fond permettant d’engloutir des sommes considérables (30 milliards) et d’offrir quelques formages bien dégoulinants à quelques copains du monde plus ou moins associatif.

Enfin et surtout, on se demande pourquoi Hollande ne nous a pas annoncé carrément « un plan d’urgence » prévoyant la formation de 3,5 millions de chômeurs. Il aurait pu nous affirmer que la plupart des chômeurs le sont parce qu’ils manquent de formation (ce qui est faux) et surtout que, grâce à lui, il n’y avait plus un seul chômeur (de catégorie A) en France.

Les Français vont-ils être dupes de cette nouvelle escroquerie présidentielle ? Tous les Français savent parfaitement que tous les autres pays de l’Union européenne ont inversé leur courbe du chômage, que si, chez nous, il continue à augmenter ce n’est pas par manque de formation de nos salariés mais parce que nos entreprises ne sont plus compétitives et qu’elles crèvent les unes après les autres et que si elles ne sont plus compétitives c’est parce qu’elles sont écrasées de charges et étranglées par une législation qu’on pourrait qualifier de… « bolchévique ». Le coup de la formation est donc bel et bien une escroquerie.

Le « plan d’urgence face au terrorisme » imaginé par François Hollande fait rigoler les terroristes en question, ce « plan d’urgence face au chômage » présenté ce matin par le même Hollande fera pleurer les chômeurs.

La véritable « urgence » serait que Hollande et les siens quittent le pouvoir. Mais ce ne sera que dans un an et demi –« Putain encore un an et demi ! »- et ceux qui s’apprêtent à les remplacer ne sont pas très emballants pour le moment.

18 Jan 2016 | Comments (13)

Assez ! Assez !

Assez, assez ! Mais quand donc le pouvoir va-t-il se rendre compte que nous en avons plus qu’assez ? Discours, dépôts de gerbes, plaques commémoratives, minutes de silence, Marseillaise, visages décomposés, embrassades émouvantes, re-discours, re-dépôts de gerbes, re-plaques… Cela fait des semaines maintenant que nous vivons sous la dictature de « l’esprit du 11 janvier », de l’Union sacrée et bidon, de la Fraternité forcée et factice.

Quand ce n’est pas Charlie-Hebdo, c’est le Bataclan et quand ce n’est pas le Bataclan ce sont les vingt ans de la mort de Mitterrand. Et tout est bon. Jusqu’à cette pauvre gamine d’une police municipale de banlieue qui se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment, abattue par hasard au coin d’une rue par un terroriste et dont on fait une héroïne nationale sous prétexte sans doute, il est vrai, qu’elle était martiniquaise.

Ce régime qui depuis trois ans et demi était celui de la médiocrité, de tous les atermoiements, de toutes les volte-face et de tous les échecs est devenu celui de toutes les pleurnicheries, de tous les gémissements, de toutes les larmes de crocodile.

Hollande a trouvé la combine. Au lieu de continuer à nous raconter qu’il voyait le bout du tunnel, que les signaux passaient au vert et que la croissance était déjà là sans que nous nous en soyons aperçus, il prend sa plus belle gueule de bouffi triste et tente de nous faire croire que nous sommes tous unis, comme un seul homme, derrière lui, pour sauver la démocratie, la République et même la France, en allant bientôt, en file indienne, vers les bureaux de vote pour glisser dans l’urne un petit bulletin à son nom.

Et, naturellement, personne ne bronche, personne n’ose dire « Assez ! Trop, c’est trop ».

On peut se servir de bien des choses pour tromper le peuple et rouler les électeurs dans la farine, on peut leur raconter toutes les balivernes (et Hollande et les siens sont des maitres en la matière) mais on n’a pas le droit de brandir des cadavres comme des trophées, de faire croire que ces dizaines de morts qui n’ont plus la parole sont des militants ralliés à la cause présidentielle et que ceux qui les pleurent acclament en même temps un chef d’Etat discrédité (ne serait-ce que par les chiffres du chômage), un Premier ministre déconsidéré (ne serait-ce que par ses sorties à répétition sur la France multi-machin à laquelle il ne comprend rien).

On ne saura jamais pour qui votaient les 130 morts du 13 novembre dernier dont use et abuse Hollande. Mais c’étaient des jeunes pris au hasard de la rue. Or on sait que maintenant les jeunes votent très souvent pour le Front National. Autant dire qu’un bon nombre d’entre eux doivent se retourner dans leur tombe en entendant Hollande se les approprier pour vendre sa petite salade à la sauce frelatée.

Quand donc quelqu’un va-t-il avoir le courage (et l’honnêteté) de nous dire que les attentats de janvier et de novembre ont été, à l’évidence, la preuve de l’incapacité de l’Etat à nous défendre en face d’ennemis nous ayant déclaré la troisième guerre mondiale et que toutes les manifestations populaires qui s’en sont suivies ont été la démonstration éclatante du gigantesque ras-le-bol des Français (de souche ou non) devant la politique à la toute petite semaine de nos gouvernants –toutes couleurs confondues- pour faire face à « l’invasion » (le mot est de Giscard, en 1976, il y a 40 ans) qui nous submerge avec ses mollahs, ses imams, son Coran et son djihad ?

Cette foule qui hurle qu’elle veut défendre la laïcité, la démocratie, la République et la France n’est sûrement pas, contrairement à ce qu’on nous racontait ce matin encore place de la République, celle qui aspire à une France multiculturelle. Car entre, d’un coté, la laïcité, la démocratie, la République et la France et, d’une autre coté, l’Islam, il va bien falloir finir par choisir. L’Islam soi-disant « à la française » qu’on enseigne dans nos mosquées n’est ni laïc, ni démocratique, ni républicain. Ce qui fait qu’il n’est guère français.

10 Jan 2016 | Comments (30)

Assez ! Assez !

Assez, assez ! Mais quand donc le pouvoir va-t-il se rendre compte que nous en avons plus qu’assez ? Discours, dépôts de gerbes, plaques commémoratives, minutes de silence, Marseillaise, visages décomposés, embrassades émouvantes, re-discours, re-dépôts de gerbes, re-plaques… Cela fait des semaines maintenant que nous vivons sous la dictature de « l’esprit du 11 janvier », de l’Union sacrée et bidon, de la Fraternité forcée et factice.

Quand ce n’est pas Charlie-Hebdo, c’est le Bataclan et quand ce n’est pas le Bataclan ce sont les vingt ans de la mort de Mitterrand. Et tout est bon. Jusqu’à cette pauvre gamine d’une police municipale de banlieue qui se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment, abattue par hasard au coin d’une rue par un terroriste et dont on fait une héroïne nationale sous prétexte sans doute, il est vrai, qu’elle était martiniquaise.

Ce régime qui depuis trois ans et demi était celui de la médiocrité, de tous les atermoiements, de toutes les volte-face et de tous les échecs est devenu celui de toutes les pleurnicheries, de tous les gémissements, de toutes les larmes de crocodile.

Hollande a trouvé la combine. Au lieu de continuer à nous raconter qu’il voyait le bout du tunnel, que les signaux passaient au vert et que la croissance était déjà là sans que nous nous en soyons aperçus, il prend sa plus belle gueule de bouffi triste et tente de nous faire croire que nous sommes tous unis, comme un seul homme, derrière lui, pour sauver la démocratie, la République et même la France, en allant bientôt, en file indienne, vers les bureaux de vote pour glisser dans l’urne un petit bulletin à son nom.

Et, naturellement, personne ne bronche, personne n’ose dire « Assez ! Trop, c’est trop ».

On peut se servir de bien des choses pour tromper le peuple et rouler les électeurs dans la farine, on peut leur raconter toutes les balivernes (et Hollande et les siens sont des maitres en la matière) mais on n’a pas le droit de brandir des cadavres comme des trophées, de faire croire que ces dizaines de morts qui n’ont plus la parole sont des militants ralliés à la cause présidentielle et que ceux qui les pleurent acclament en même temps un chef d’Etat discrédité (ne serait-ce que par les chiffres du chômage), un Premier ministre déconsidéré (ne serait-ce que par ses sorties à répétition sur la France multi-machin à laquelle il ne comprend rien).

On ne saura jamais pour qui votaient les 130 morts du 13 novembre dernier dont use et abuse Hollande. Mais c’étaient des jeunes pris au hasard de la rue. Or on sait que maintenant les jeunes votent très souvent pour le Front National. Autant dire qu’un bon nombre d’entre eux doivent se retourner dans leur tombe en entendant Hollande se les approprier pour vendre sa petite salade à la sauce frelatée.

Quand donc quelqu’un va-t-il avoir le courage (et l’honnêteté) de nous dire que les attentats de janvier et de novembre ont été, à l’évidence, la preuve de l’incapacité de l’Etat à nous défendre en face d’ennemis nous ayant déclaré la troisième guerre mondiale et que toutes les manifestations populaires qui s’en sont suivies ont été la démonstration éclatante du gigantesque ras-le-bol des Français (de souche ou non) devant la politique à la toute petite semaine de nos gouvernants –toutes couleurs confondues- pour faire face à « l’invasion » (le mot est de Giscard, en 1976, il y a 40 ans) qui nous submerge avec ses mollahs, ses imams, son Coran et son djihad ?

Cette foule qui hurle qu’elle veut défendre la laïcité, la démocratie, la République et la France n’est sûrement pas, contrairement à ce qu’on nous racontait ce matin encore place de la République, celle qui aspire à une France multiculturelle. Car entre, d’un coté, la laïcité, la démocratie, la République et la France et, d’une autre coté, l’Islam, il va bien falloir finir par choisir. L’Islam soi-disant « à la française » qu’on enseigne dans nos mosquées n’est ni laïc, ni démocratique, ni républicain. Ce qui fait qu’il n’est guère français.

10 Jan 2016 | Comments (4)

Deux ou trois guerres de retard

François Hollande, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian, tous nous disent et redisent depuis un mois que la France est « en guerre ». Les attentats contre Charlie-Hebdo et l’hyper-cacher de janvier dernier n’avaient pas suffi pour leur ouvrir les yeux. Ceux de novembre, les 130 morts du Bataclan et des terrasses des restaurants du XIème arrondissement de Paris leur ont, enfin, fait comprendre la gravité de la situation.

Oui, nous sommes en guerre depuis longtemps ou plutôt on nous a déclaré la guerre il y a déjà des années. Qui « on » ? Le monde musulman. Depuis quand ? Depuis décembre 1979, très précisément, quand l’ayatollah Khomeiny a débarqué triomphant à Téhéran (avec la bénédiction de toutes les « Grandes puissances » y compris et à commencer par la France) et qu’il a officiellement déclaré la guerre à l’Occident. Pourquoi ? Parce que l’Islam avait une revanche à prendre sur l’Occident qui l’avait dominé pendant quelques siècles, que cet Occident commençait à agoniser et que le communisme qui avait été pendant des décennies l’autre alternative s’était totalement effondré.

Nos dirigeants ont donc fait un grand pas en avant en reconnaissant, enfin et du bout des lèvres, cette « guerre de civilisation », « de religion » qu’ils niaient farouchement jusqu’à présent, en jouant les autruches enfonçant leur petite tête dans les sables mouvants d’idéologies vasouillardes. Mais il leur reste maintenant -et il y a urgence- à comprendre ce qu’est cette guerre et à trouver comment y faire face.

Jusqu’à présent, la France a toujours eu –au moins- une guerre de retard. En 14, nos fantassins chargèrent avec des pantalons garance ce qui les transformait en cibles évidentes ; en 39, nos troupes se calfeutrèrent dans les casemates de la Ligne Maginot ce qui permit aux chars de Guderian de les contourner. Et aujourd’hui, pour cette 3ème guerre mondiale ? On ne sait pas trop…

Il y a, évidemment, deux façons de désigner notre ennemi. On peut dire qu’il s’agit d’une poignée de terroristes, de quelques dizaines, voire quelques centaines de jeunes paumés, nés en France, dans des banlieues pourries, « issus de l’immigration » et qui, après la petite délinquance, la drogue et la prison, se sont trouvé l’alibi de l’Islam pour se venger d’une société dans laquelle ils n’avaient pas su trouver leur place.

Mais on peut dire aussi, pour peu qu’on soit lucide, qu’il s’agit… d’un milliard et demi de musulmans qui, de l’Atlantique au Pacifique, en Afrique, au Proche-Orient, au Moyen-Orient, en Asie centrale et jusqu’aux Philippines, se sentent encore colonisés par « l’impérialisme occidental », avec sa culture, son dollar, sa technologie triomphante et qui veulent retrouver leur place au soleil, écraser « Satan » et s’imposer sur la planète.

Certes, le « Califat » -autoproclamé (comme l’ont toujours été tous les califats)- ne règne, pour l’instant, que sur une partie de l’Irak, un bon morceau de la Syrie et certaines zones de la Libye, mais on brûle des églises au Nigéria, au Kenya, au Pakistan, en Indonésie, un peu partout et il est évident que les Islamistes sont prêts au combat en Algérie, en Tunisie, au Mali, en Centrafrique, en Tanzanie, dans tous les pays du Golfe, en Inde, etc. avec partout, dans toutes les mosquées, des imams qui appellent à la guerre sainte et qui mobilisent leurs troupes déjà fanatisées.

Or, nos « paumés de banlieue » se sont mis aux ordres du Califat (que soutiennent discrètement les pays du Golfe) et tentent de noyauter toute notre communauté musulmane. C’est là le danger immédiat mais il est évidemment dérisoire en face de cette 3ème guerre mondiale qui se prépare.

En déclarant à son tour « la guerre », François Hollande envoie les Rafales bombarder le Califat, la Légion patrouiller au Mali et en Centrafrique et les CRS investir plus ou moins les quartiers pourris. En clair, notre aviation fait des trous dans le désert irako-syrien, nos Légionnaires cherchent des aiguilles dans les dunes subsahariennes et nos policiers se font caillasser dans nos banlieues.

Et Hollande continue à entretenir les meilleures relations avec les potentats des pays du Golfe et à faire mine de croire que l’Islam est compatible avec notre démocratie, tout en nous interdisant de faire le moindre amalgame entre islamiques et islamistes comme si les premiers ne rejoignaient pas de plus en plus les seconds. D’un coté, c’est du Munich en permanence, de l’autre de ce qu’il faut bien appeler du… négationnisme.

C’est bel et bien avoir -au moins- deux guerres de retard. Mais il est vrai que, pour Hollande, cette guerre mondiale qui risque, au cours de ce siècle, de détruire notre monde n’est que « tout bénéfice ». Elle lui permet de se déguiser en Clemenceau et il est convaincu qu’elle lui donne de sérieuses chances de se faire réélire. Sauf que… Clemenceau a gagné la guerre de 14 et… n’a pas été élu président de la République.

09 Jan 2016 | Comments (10)

Vous avez dit « amalgame » ?

Manuel Valls a parfaitement raison. Il ne faut jamais faire d’« amalgame » car « mélanger artificiellement des éléments qui ne s’accordent guère » (selon la définition, par le dictionnaire, du mot « amalgame ») peut conduire à proférer de très dangereuses contrevérités.

Seulement voilà, le Premier ministre semble nous reprocher de faire parfois de l’« amalgame » entre les « bons » musulmans, c’est-à-dire ceux qui sont parfaitement respectueux de nos lois, de nos mœurs, de nos coutumes et les « méchants », ceux qui portent la barbe et la robe blanche, qui imposent le voile intégral à leurs femmes (au pluriel), qui rêvent d’un califat mondial, qui veulent rejoindre Daesh en Syrie et qui applaudissent à tous les attentats qui massacrent les mécréants que nous sommes.

Personne ne conteste qu’il y ait de « bons » musulmans, ravis de bénéficier de tous les avantages d’une société de progrès et de profiter d’un Etat protecteur qui, à coup d’aides multiples et d’allocations innombrables, les loge, les nourrit, les soigne et éduque leurs enfants, souvent très nombreux. Et il faut reconnaitre que, pour la plupart, ces « bons » musulmans respectent nos lois, en effet, qu’ils aillent, ou non, tous les vendredis à la mosquée et même qu’ils fassent, ou non, la prière vers La Mecque, cinq fois par jour.

Mais personne ne peut nier qu’il y ait de plus en plus de « mauvais » musulmans. Il suffit de se rendre dans n’importe quelles banlieues de n’importe quelles villes de France, pour s’apercevoir que (presque) toutes les femmes sont désormais totalement voilées (Mme Badinter le notait elle-même, hier soir, à la télévision), que, dans les halls des tours et des barres, les graffitis appellent au djihad, qu’à chaque balcon les paraboles sont tournées vers les télévisions du Proche-Orient.

Il est indiscutable qu’il y a aujourd’hui une véritable « désintégration » de nos jeunes et moins jeunes musulmans, immigrés de la première mais aussi de la deuxième, voire de la troisième génération que notre système n’a pas su « intégrer », s’étant, pour les raisons idéologiques, refuser à les « assimiler ». Ils sont, d’ailleurs, les premiers à contester « le droit du sol » quand ils en bénéficient car ils ne se sentent pas et surtout ne se veulent pas français.

Certains diront, bien sûr, qu’ils sont chômeurs, petits délinquants, sans aucune formation, qu’ils habitent des quartiers pourris et qu’ils n’ont aucun avenir dans notre société qui les rejette plus ou moins et qu’il était donc inévitable que leur rancœur à l’égard de notre civilisation les pousse à nous haïr et à rejoindre une « révolution » vengeresse qui prône notre anéantissement et leur promet le paradis avec des vierges à foison.

Le tout est, évidemment, de savoir combien, sur les six ou sept millions de musulmans qui vivent en France, il y en a qui sont passés du « bon » au « mauvais », étant bien entendu que, pour être classé dans les « mauvais », il n’est pas nécessaire d’avoir déjà acheté une kalachnikov mais qu’il suffit d’avoir sifflé La Marseillaise dans un stade de football, d’avoir caillassé des policiers une nuit d’émeute ou même d’avoir fait la fête les soirs du 7 janvier ou du 13 novembre.

Ce n’est que le jour où les autorités pourront prouver à l’opinion qu’il n’y a pas plus de 10% de « mauvais » parmi toute notre communauté musulmane qu’on pourra reprocher aux Français « de base » pour ne pas dire « de souche » de faire de l’« amalgame ». Tant que le doute est possible, et il l’est de plus en plus, l’« amalgame » est inévitable.

Pire d’ailleurs. Ne pourrait-on pas reprocher aux dites autorités de faire, elle-même, un « amalgame » autrement plus spécieux en nous affirmant, matin et soir, que tous ces barbus polygames qui font la loi dans leurs ghettos et toutes ces femmes voilées qui sortent de ces mosquées plus ou moins clandestines, dans des zones où la police ne peut plus pénétrer sans se faire attaquer, sont des… « Français » et en ajoutant même « comme les autres ».

L’« amalgame » populaire entre « bons » et « mauvais » musulmans est, de toute évidence, beaucoup moins dangereux que l’« amalgame » officiel entre Français et immigrés musulmans. C’est à force d’entendre que les tueurs de l’école juive de Toulouse, du musée juif de Bruxelles, de Charlie Hebdo, de l’hyper-cacher de la porte de Vincennes, du Bataclan et des terrasses des restaurants du quartier étaient tous… « des Français, à part entière, comme vous et moi » que certains deviennent xénophobes ou islamophobes et votent Front National. On pourrait presque les comprendre.

Monsieur le Premier ministre, arrêtez donc de faire cet « amalgame »-là !

06 Jan 2016 | Comments (37)

La propagande commémorative

Personne n’a oublié les attentats d’il y a un an contre Charlie Hebdo et l’hyper-casher de la porte de Vincennes. La France entière en avait été bouleversée et le pouvoir en avait profité, sans pudeur, pour lancer une vaste opération de propagande basée sur une escroquerie qui consistait à faire croire qu’une France imaginaire, multiraciale, multiculturelle, multicolore, s’était retrouvée fraternellement autour de François Hollande pour s’opposer, comme un seul homme et au nom des valeurs de la République, à tous les fanatismes.

Cette France se serait retrouvée place de la République, puis dans un gigantesque défilé derrière un nombre important de chefs d’Etat venus faire plaisir à François Hollande. Détail piquant, les meilleurs soutiens des terroristes, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Koweït et les Emirats Arabes Unis, étaient représentés au premier rang de cette foule de têtes plus ou moins couronnées.

Au même moment, dans tous les quartiers pourris du pays, c’est-à-dire dans nos banlieues à forte communautés musulmanes, qui d’islamiques devenaient islamistes, on fêtait joyeusement l’assassinat des dessinateurs qui avaient blasphémé le Prophète et celui des Juifs de la porte de Vincennes.

Ce n’était pas la France multi-machin qui avait défilé mais bien la France des « petits blancs » qui, soudain effrayée par le terrorisme islamiste, voulait, en agitant des drapeaux tricolores, faire savoir clairement qu’elle en avait assez du laxisme et de l’aveuglement de nos gouvernants en face d’un danger planétaire et d’une guerre qui nous avait été déclarée. Est-il besoin de rappeler qu’il n’y avait, bien sûr, pas un seul noir, pas un seul arabe, pas un seul musulman dans cette foule de marcheurs. Et le pouvoir le savait parfaitement.

Une chance pour ce même pouvoir : au milieu de cette fabuleuse opération d’intoxication, personne n’avait osé faire remarquer que ces attentats avaient démontré l’incurie de nos services secrets et du gouvernement en général alors pourtant que la protection des personnes et des biens est le tout premier des « devoirs régaliens » et que tout le monde s’attendait à des tels attentats.

Dix mois plus tard, le 13 novembre, nos services n’ont pas fait mieux et les terroristes ont fait bien pire : 130 morts et plus de 300 blessés. Si cette fois Hollande et ses amis n’ont pas voulu évoquer la France multi-machin ni nous répéter que l’Islam n’était pas incompatible avec la démocratie, ils ont tout de même tenu à féliciter à longueur de déclarations et d’émissions de radio et de télévision tous les services de l’Etat, transformant ainsi une cuisante déroute de ces services en véritable victoire pour le pouvoir.

Dans n’importe quel pays civilisé de la planète, l’opposition serait évidemment tombée à bras raccourcis sur un tel pouvoir. En France cela ne se fait pas. On préfère faire mine de jouer l’Union nationale si ce n’est sacrée et se bousculer, en jouant des coudes, des fleurs à la main, devant les lieux des drames.

Mais Hollande, sentant sans doute que l’électorat dit « de droite » et même un peu « de gauche » commençait à tousser, s’est pris pour Clemenceau, a proclamé l’Etat d’urgence, réuni le Congrès à Versailles, brandi la menace de la déchéance nationale, mobiliser toutes les forces armées, la police, la gendarmerie.

Et ce fut une nouvelle fois, comme en janvier, le… jack pot, c’est-à-dire la stupéfiante remontée dans les sondages, comme si, pour les Français, le fait que le chef de l’Etat ait été infoutu de les protéger était la preuve qu’il était un bon père de la Nation. Plus personne ne parlait ni du chômage qui continuait à augmenter, ni des déficits et de la dette qui s’aggravaient, ni de l’Ecole, ni des Hôpitaux, ni de rien d’autre et les meilleurs experts nous affirmaient soudain et froidement qu’une réélection triomphale de François Hollande en 2017 était désormais parfaitement plausible.

Il va sans dire que cette situation est fragile car rien ne dit, même si Hollande et les siens l’espèrent ardemment, que de nouveaux attentats de plus en plus meurtriers vont se multiplier d’ici à la présidentielle. Alors, il faut entretenir la flamme.

On va donc passer tout janvier (et tout novembre prochain) à… commémorer. Dépôts de gerbes, plaques (avec fautes d’orthographe : Wolinski s’écrit avec un « i » et non pas un « y » !), minutes de silence, discours dans les écoles, soirées spéciales à la télévision, tout sera bon pour rappeler, en les matraquant sans pitié, aux électeurs que ce sera le bulletin au nom de François Hollande qu’il leur faudra glisser dans l’urne le moment venu.

Personne n’a remarqué que François Hollande avait transformé les « victimes » de ces tueries en… « héros », allant même jusqu’à leur accorder la Légion d’Honneur à titre posthume (de qui aurait sûrement fait rigoler et même scandalisé les « anars » de Charlie Hebdo). Or, il ne suffit pas de se faire assassiner par des fanatiques pour devenir un « héros ». Les 17 morts de janvier et les 130 morts de novembre ne sont « que » de très malheureuses victimes.

Qu’on ne s’y trompe pas. En les faisant entrer au Panthéon, ou presque, Hollande espère se hisser, lui-même, au firmament de la gloire.

Mais, Diable, jusques à quand va-t-il abuser de notre patience, ce petit Catilina qui, comme l’autre, voudrait assurer sa fortune sur les malheurs de sa patrie ?

Je, tu, il commémore et nous… nous en avons marre parce que nous ne sommes pas dupes et que le piège est énorme !

05 Jan 2016 | Comments (8)

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