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Ratonnades à Ajaccio

Les incidents d’Ajaccio sont naturellement inadmissibles mais il serait irresponsable de n’y voir qu’un débordement folklorique (de plus) des habitants de l’île de Beauté.

Ces « ratonnades » (puisque c’est bel et bien le mot qu’il faut employer) sont, en fait, dramatiquement annonciatrices de ce que nous ont préparé les incohérences des politiques d’immigration de tous les gouvernements, de droite comme de gauche, qui se sont succédé depuis des décennies à la tête du pays.

Résumons : des loubards d’un « quartier de non-droit » de la banlieue d’Ajaccio (autrement dit d’un ghetto d’immigrés musulmans) incendient, comme souvent, des poubelles pour attirer les pompiers et leur tendre, comme souvent, un guet-apens. Les pompiers arrivent, se font caillasser et attaquer à coup de barres de fer. Les policiers qui ont ordre de « ne pas faire de provocation » font à peine semblant d’intervenir. Tout cela est parfaitement « classique ».

Mais, quelques heures plus tard, et c’est ce qui est nouveau, des Corses (« de souche »), excédés par l’attitude de ces loubards-dealers de drogue qui font, depuis des années, la loi dans ce quartier pourri que les autorités disent « sensible » et excédés aussi par l’inertie des forces de l’ordre, décident d’organiser eux-mêmes une expédition punitive et se lancent dans de véritables « ratonnades » aux cris de « Sales Arabes, rentrez chez vous !», saccageant une pseudo mosquée et incendiant des Corans. Voilà pour les faits.

Tout le monde, à Ajaccio comme à Paris, condamne, bien sûr, ces « débordements ». Certains voyant même là le premier résultat de la victoire des indépendantistes aux dernières régionales, comme si les Corses s’étaient soudain sentis « libérés » au point de pouvoir laisser libre cours à leurs instincts les moins respectables.

Mais, en fait, tous ceux qui, ce matin, s’indignent de ces scènes (scandaleuses, répétons-le) en sont les premiers responsables.

Il était absurde de laisser ces immigrés musulmans se concentrer –ou être relégués- dans ce quartier ; il était scandaleux de laisser ce quartier à l’abandon au point qu’il devienne un véritable ghetto de chômeurs et de jeunes sans aucun espoir ; il était criminel de le laisser devenir le fief des délinquants, des trafiquants de drogue et, rapidement, celui des prédicateurs de l’Islam le plus radical. Et ajoutons que la situation de cette banlieue d’Ajaccio se retrouve dans la plupart des banlieues de la plupart des villes de France dans lesquelles croupissent cinq à six millions d’immigrés ou de fils d’immigrés musulmans. N’est-il d’ailleurs pas scandaleux que l’on puisse aujourd’hui parler de la deuxième, de la troisième, voire de la quatrième génération d’immigrés, preuve, s’il en était besoin, que « nous » avons été totalement incapables d’« intégrer » ces gens, puisqu’il est désormais interdit d’évoquer toute « assimilation ».

Comment alors, devant cette démission totale de l’Etat, reprocher aux Corses d’avoir voulu « faire justice » eux-mêmes ? Les vrais coupables sont ceux qui, depuis des années, affirment que l’immigration est « une chance pour la France », que l’Islam est « compatible avec la démocratie », que l’assimilation de jadis n’était qu’« une résurgence du colonialisme ».

Bref, les vrais coupables sont tous ceux qui, depuis des décennies, refusent, par une idéologie délirante, de faire de nos immigrés, autoritairement s’il le faut, des Français « à part entière », c’est-à-dire totalement soumis à toutes nos lois, totalement intégrés à notre société qu’elle leur plaise ou non.

Si rien n’est fait au plus tôt, ce qui vient de se passer à Ajaccio, se passera à Montfermeil, à Chanteloup-les-Vignes, à Vault-en-Velin, partout où des Français « de souche » ne supporteront plus ces zones de non-droit où des Français « de seconde zone » (parce qu’on s’est refusé, en effet par idéologie, à les « assimiler ») font « leur loi ».

Quand l’Etat ne remplit plus ses missions les plus élémentaires, ses devoirs régaliens, il ne faut pas s’étonner que des Français « d’en-bas » et même des « sans dents », comme dit François Hollande, prennent le mors aux dents et descendent dans la rue pour faire eux-mêmes respecter la loi de la République.

Quand l’Etat ne s’en prend pas aux délinquants, le peuple finit par se lancer dans des ratonnades. Et c’est la faillite d’un régime qui nous tanne avec sa France multiethnique, multiculturelle, multicolore

27 Déc 2015 | Comments (33)

2015, un bilan désespérant

Comme tous les ans à la même époque, les journaux et les chaines de télévision tentent de récapituler les grands événements de l’année écoulée, d’en faire des bilans et d’en tirer des plans sur la comète.
Il est évident que, pour les Français, 2015 restera l’année des attentats, ceux de janvier (Charlie Hebdo et l’hyper-casher de la porte de Vincennes) et ceux de novembre (le Bataclan et les terrasses de café des environs).
Tout le monde se souvient que, pour ceux de janvier, le gouvernement avait tenté, sans pudeur, de récupérer l’émotion légitime provoquée par la double tuerie, en affirmant que le drame avait brusquement ressoudé « l’Union nationale », voire même « l’Union sacrée » (évidemment derrière François Hollande) et que la grande manifestation du 11 janvier avait symbolisé « l’esprit » retrouvé de cette France fraternelle, multiethnique, multicolore, multiculturelle, etc..
Il n’avait cependant pas fallu bien longtemps pour que l’on découvre l’escroquerie et qu’on s’aperçoive qu’en fait, dans la foule de ces grands défilés organisés un peu partout en France, il n’y avait eu pratiquement que de « petits blancs » voulant crier leur inquiétude devant la menace islamiste. Pas un arabe, pas un noir, pas un immigré, pas un musulman parmi ces centaines de milliers de « marcheurs ». Pire, dans les « zones de non-droit » c’est-à-dire dans les quartiers à forte majorité musulmane, on avait fêté bruyamment l’assassinat des caricaturistes qui avaient blasphémé Allah et son Prophète et celui des juifs qui faisaient leur marché.
On peut se demander combien de ces « marcheurs du 11 janvier » se sont alors décidés à voter… Front National.
Ce n’est qu’après les attentats de novembre (130 morts et des centaines de blessés) que le président de la République et son gouvernement ont –enfin- bien voulu reconnaitre que la France était « en guerre » ou, pour être plus exact, que l’Islam (radical) avait déclaré la guerre à la France (et à tout l’Occident).
Comme pour la plupart des guerres, on débattra longtemps pour savoir qui a vraiment commencé. L’Occident en allant guerroyer en Afghanistan, en Irak, au Mali et ailleurs ? Ou l’Islam en attaquant les grandes tours de New-York ? Une chose est sûre : l’Islam, renaissant depuis la victoire de Khomeiny à Téhéran en 1979, veut prendre sa revanche sur cet Occident moribond qui l’a dominé pendant quelques siècles et en a maintenant les moyens.
Alors qu’en janvier Hollande et les siens nous avaient « tannés » avec la France multi-machin, fustigeant toute « stigmatisation » et tout « amalgame », en novembre, ces mêmes responsables-irresponsables ont préféré proclamer « l’état d’urgence », allant jusqu’à s’en prendre (à juste titre et bien tardivement) à la double-nationalité. Et plus personne, dans les hautes sphères de nos dirigeants, n’évoque « l’Islam à la française parfaitement compatible avec la démocratie et la laïcité » (sic !) ni d’ailleurs « la chance » que représenterait pour nous l’immigration.
Il est vrai qu’entre janvier et novembre, le problème des centaines de milliers de « migrants » quittant la Libye ou débarquant sur les cotes grecques a éclaté au visage de tous les dirigeants européens. L’immigration n’est soudain plus « une chance » mais… une catastrophe.
Il est vrai aussi que l’opinion française s’est brusquement ressaisie, pour ne pas dire radicalisée, et que le Front National est, de scrutin en scrutin, devenu « le premier parti de France ».
On peut d’ailleurs se demander si, dans quelques décennies, les historiens ne se souviendront pas davantage de cette invasion de migrants et de cette droitisation de l’opinion française (et européenne) que des attentats. Ils reprocheront, peut-être, alors à l’Occident lui-même d’avoir, soi-disant au nom de Droits de l’homme aussi incertains que galvaudés, provoqué le chaos en Irak, en Syrie et en Libye ce qui a entrainé l’exode désespéré de ces populations de migrants.
Ils reprocheront sûrement à notre vieille classe de potentats, au pouvoir depuis des décennies, son aveuglement non seulement en face de tous les chamboulements économiques provoqués par le réveil violent des pays dits émergeants mais aussi et surtout en face du réveil encore plus brutal d’un Islam régénéré et ayant déjà installé sa « cinquième colonne » dans toutes les banlieues de toutes les grandes villes de l’Occident. Parmi les grandes découvertes de l’année 2015, on s’est aperçu que les terroristes de l’Etat Islamique opérant en France étaient… des Français, nés en France.
2015 aura d’ailleurs été l’année de l’agonie de toutes les idéologies de gauche. Même au PS, plus personne ne croit à l’internationalisme, à la mort du capitalisme, à la réduction du temps de travail, à la lutte des classes, à la fin des inégalités. Si 2014 avait déjà été « l’année Valls », 2015 a été indiscutablement « l’année Macron ». L’ancien de chez Rothschild est devenu si ce n’est l’idole des militants du PS du moins leur dernier espoir.
Mais à droite aussi on s’est bien souvent droitisé. Oubliant les raisons de son échec de 2012, Sarkozy est reparti dans sa surenchère avec le FN, redonnant ainsi stupidement à François Hollande un espace béant au centre dans lequel, en s’y engouffrant, l’actuel président pourtant rejeté par tous pourrait bien, aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, trouver des chances de se faire réélire.
Pour la droite, le seul espoir de l’emporter à la présidentielle de 2017 serait de trouver, en 2016, un candidat capable d’être au moins deuxième au premier tour, c’est-à-dire d’être qualifié pour ce fameux second tour. Tout le monde admettant désormais que Marine Le Pen arrivera en tête au premier tour (et sera battue au second), la compétition gauche-droite se limite bien à remporter cette deuxième place du premier tour.
Or, tous les sondages prouvent qu’aujourd’hui Sarkozy est encore plus rejeté que Hollande. Les électeurs de la primaire de la droite et du centre auront-ils la sagesse de choisir un candidat moins impopulaire que Sarkozy ? Juppé par exemple. Tout est là mais rien n’est moins sûr, la droite française étant toujours, comme elle le prouve encore chaque jour, « la plus bête du monde » et fière de l’être…
Bref, le bilan de cette année qui s’achève est totalement désespérant. Nous sommes en guerre contre l’Islamisme et on ne gagne jamais la guerre contre les terroristes, sauf à s’en prendre à leurs commanditaires, en l’occurrence nos « amis » du Golfe. Nous sommes en guerre contre le chômage et nos dirigeants –de gauche mais aussi de droite- ne veulent prendre aucune des mesures radicales qui s’imposent pour relancer la croissance et la compétitivité, de peur de syndicats qui ne représentent plus personne. La gauche et la droite ayant totalement perdu le nord, la gauche patauge au centre et la droite s’embourbe à l’extrême-droite.
Et les Français ne voient toujours pas poindre à l’horizon la silhouette de l’homme providentiel qu’ils attendent depuis des décennies. Certains d’entre eux ont, du coup, cru apercevoir, debout sur un petit nuage, une femme vêtue de bleu, blanc, rouge et qui leur promettait le bonheur…

26 Déc 2015 | Comments (12)

Joyeux Noël à tous !

 

A-t-on encore le droit de souhaiter un joyeux Noël à ses amis ? Rien n’est moins sûr car, qu’on le veuille ou non, Noël ce n’est pas seulement cette fête laïque qui permet à tous de se goinfrer en famille en oubliant tous les malheurs du monde et tous les malheureux du coin de la rue. Noël, c’est aussi et surtout le souvenir de la naissance, il y a deux millénaires, dans une crèche perdue au fin fond de Proche-Orient, d’un « fils de Dieu » qui apporta au monde le plus étonnant des messages : « Aimez-vous les uns les autres ».

Et pendant plus de vingt siècles, au milieu des tueries les plus effroyables, des carnages épouvantables, des famines, des épidémies, de tous les égoïsmes, de toutes les dictatures, dans un océan de misère et des flots de sang, des millions et des millions de braves gens eurent « la naïveté » de croire en ces paroles dont ils firent leur espoir. Autant dire qu’à part le sapin, le foi gras, les truffes, le champagne et les cadeaux, Noël n’a rien de très… laïc.

Mais dans un pays socialiste comme le notre, il faut croire au Père Noël, c’est-à-dire aux promesses électorales des camarades du Parti, et il est formellement interdit de croire en Dieu, de s’imaginer qu’un petit enfant, né dans la paille, il y a très longtemps, a transmis aux hommes un message d’amour qui a tout de même changé la face du monde et qu’on pourrait d’ailleurs curieusement résumer par ces mots hélas galvaudés : liberté, égalité, fraternité.

D’après les statistiques, plus personne, à part quelques rombières et une poignée de puceaux boutonneux, ne croirait en Dieu. Et d’après nos dirigeants (de gauche comme de droite) la France, jadis « fille ainée de l’Eglise », n’aurait, pas plus que notre vieille civilisation occidentale, jamais rien retenu du message du nouveau-né de Bethléem. Peut-être…

Toujours est-il que, même si l’on ne croit plus en Dieu et si « l’infâme » a été écrasé comme le souhaitaient Voltaire et ses copains francs-maçons des Lumières, nous avons tous besoin, au moins une fois par an, de croire que le monde pourrait devenir meilleur, même avant un au-delà bien incertain.

Et nous avons aussi besoin de souhaiter un joyeux Noël fraternel et complice à nos amis, notamment à ceux de ce modeste blog qui, au fil des années, ressemble de plus en plus à une sorte de… secte un brin iconoclaste.

24 Déc 2015 | Comments (14)

La vraie déchéance

Contrairement à ce que nous racontent depuis quelques jours les socialistes, le débat n’est pas de savoir s’il faut –ou non- déchoir de la nationalité française les double-nationaux nés en France lorsqu’ils ont été condamnés pour des actes de terrorisme. Le vrai problème est autrement plus important et il est double.

Il serait, en effet, grand temps de savoir aujourd’hui si 1) on peut avoir deux nationalités dont la française et 2) si le fait d’être « né en France » c’est-à-dire, par exemple, à Paris, à Cayenne ou même à Mamoudzou, suffit pour être français. (Mamoudzou étant, comme chacun sait, la capitale de Mayotte)

Pour la gauche (et une bonne partie de la droite) ces deux questions sont totalement taboues et celui qui oserait les poser serait immédiatement banni de la bonne société parisienne et accusé, pour le moins, d’être un nostalgique du IIIème Reich.

On comprend d’ailleurs que nos politiciens se refusent énergiquement à évoquer, même du bout des lèvres, ces deux questions puisqu’en fait il s’agit de savoir –enfin- et de définir -une bonne fois pour toutes- ce que c’est désormais que… d’être français. Or, aujourd’hui, parmi tous nos élus, bien rares sont ceux qui ont « une certaine idée de la France » ou même la moindre idée de ce que c’est que d’être français.

Autrefois, les choses étaient toutes simples. Pour être (vraiment) français, il suffisait d’être prêt à mourir pour la France en allant se battre à nos frontières pour défendre la mère-patrie. Mais… il n’y a plus de frontières. Il suffisait de parler français. Mais… tous les patois de toutes nos provinces sont maintenant reconnus. Il suffisait d’avoir été à l’Ecole de la République, voire même à celle des Hussards noirs. Mais… il n’y a plus d’Ecole, plus de République et plus de hussards. Il suffisait de préférer la France à tout autre pays. Mais… prôner « la préférence nationale » est aujourd’hui un délit pour ne pas dire un crime. Et on pourrait multiplier à l’infini les exemples.

Bref, on ne sait plus trop ce que c’est que d’être français puisque ce n’est évidemment pas d’être « de race blanche », de civilisation « judéo-chrétienne » ou de préférer la culture française aux cultures touboue, zouloue ou papoue et qu’il est de bon ton d’être à la fois européen, régionaliste et internationaliste pour ne pas dire mondialiste.

Cela dit, même dans l’hypothèse où être français n’aurait plus aucune signification, peut-on avoir deux nationalités ? C’est-à-dire, en réalité, avoir deux mères… patries.

Pour les enfants adoptés, on parle d’une mère biologique et d’une mère officielle. Mais pour qu’il y ait adoption, il faut que la mère biologique ait abandonné son enfant en signant les papiers nécessaires. Aussi cruel que cela puisse paraitre, la mère biologique n’existe pas. La bigamie, d’ailleurs, n’existe pas non plus chez nous, comme si nos législateurs estimaient qu’on ne pouvait pas aimer (autant) deux femmes en même temps.

Il ne faut d’ailleurs pas être dupe. Depuis quelques jours, tous les matins, on nous apprend que deux ou trois « Français » viennent d’être arrêtés soupçonnés (en clair accusés) de faire partie d’un réseau de terroristes islamistes. Trois jours plus tard, on nous précise, que ces « Français » sont, en fait, des « Franco-Marocains », « Franco-Algériens », « Franco-Sénégalais » ou même des « Français d’origine tunisienne ».

Quand donc aurons-nous l’honnêteté pour ne pas dire le courage de reconnaitre qu’aussi sympathiques qu’ils soient Mohamed, même né à Chanteloup-les-Vignes, ou Ali, même né à Montfermeil, et même s’ils ont, l’un et l’autre, passé plusieurs mois à Fleury-Mérogis, sont beaucoup plus marocains ou algériens que français, non seulement parce qu’ils portent la barbe et la grande robe blanche, qu’ils parlent l’arabe chez eux, qu’ils préfèrent le couscous au bœuf mironton, qu’ils prient vers La Mecque et qu’ils regardent la télévision qatarie mais aussi et surtout parce qu’ils n’aiment pas la France, certains allant jusqu’à la détester souverainement.

Au fond, tout est là. Puisque François Hollande veut changer notre Constitution, pourquoi ne pas réécrire l’article 1 par ces mots : « Ne sont français que ceux qui proclament officiellement qu’ils aiment passionnément et exclusivement la France ».

Le reste n’a aucune importance. Un tel texte éliminerait de facto la double nationalité totalement contre-nature et nous débarrasserait enfin de cette « loi du sol » qui est devenue absurde depuis que des dizaines de millions d’individus voyagent à longueur d’année tout autour de la planète à la recherche d’un peu de bien-être, voire de quelques avantages sociaux.

Hélas, on imagine difficilement notre personnel politique voter une telle réforme. A se demander d’ailleurs si ce n’est pas contre nos élus qu’il faudrait prononcer cette vraie déchéance…

23 Déc 2015 | Comments (12)

Un retour à la IVème République ?

Au soir du second tour des élections régionales, tous nos experts avaient été catégoriques. Les choses ne pouvaient plus continuer comme avant. Il fallait, de toute urgence, que nos politiciens de tous poils comprennent enfin que les Français ne supportaient plus ce bipartisme qui durait depuis des décennies et qui nous imposait une alternance d’incapables qui avaient conduit le pays à la catastrophe.

La « victoire » du Front National qui était devenu le premier parti de France (même si, après n’avoir gagné aucun département, il ne gagnait aucune région) démontrait qu’un grand nombre d’électeurs –du moins parmi ceux qui s’étaient déplacés pour voter- souhaitait donner un bon coup de balai dans notre microcosme politique et exigeait de nouvelles têtes, de nouvelles mœurs, de nouvelles idées.

D’ailleurs, dès le lundi matin, tous les héros de notre petit théâtre de marionnettes multipliaient, la main sur le cœur, les déclarations, affirmant qu’ils avaient parfaitement compris « le message des Français » et qu’ils allaient « immédiatement en tirer toutes les leçons » qui s’imposaient.

Or, à quoi a-t-on assisté depuis ? Soyons simples, à un retour à… la IVème République ! De François Hollande à Jean-Pierre Raffarin, en passant par Manuel Valls et NKM, tout le monde évoque à demi-mots une « recomposition du paysage politique » ce qui signifie très clairement des combines, des alliances, des magouilles, des tripotages, tout et n’importe quoi simplement pour trouver une pseudo majorité capable non pas de sauver la France mais… d’endiguer la montée du Front National.

A entendre les vociférations de ces « ténors », « droite » et « gauche », socialisme et libéralisme ne voudraient plus rien dire car désormais la France se diviserait entre « pro » et « anti » FN et plus rien d’autre ne compterait. C’est d’ailleurs ce qu’affirme, depuis longtemps, Marine Le Pen elle-même quand elle prétend qu’il n’y a plus que, d’un côté, « les patriotes » et, de l’autre, « les mondialistes ».

A l’Elysée, on voudrait nous faire croire que, face au « péril fasciste », une gauche à la sauce hollandaise va, tout naturellement, pactiser (et même se pacser) avec une droite ramollo-centro-raffariniste incarnée aussi bien par l’ancien Premier ministre de 2002 que par le nouveau président de la région Nord-Pas de Calais-Picardie, Xavier Bertrand. Le tout avec, bien sûr, la bénédiction du Grand Orient.

Face aux succès des Poujadistes, la SFIO de Guy Mollet tend la main aux radicaux-socialistes de Mendès pour former un gouvernement de coalition ! Voilà qui donnerait un coup de jeune au pays !

Il va sans dire que, pour Hollande, ce scénario serait inespéré puisqu’il rejetterait Sarkozy dans le camp des extrêmes et éliminerait le « vieux » Juppé en le faisant remplacer, au centre du terrain, par Hollande lui-même.

Certes, les mœurs souvent douteuses de nos caciques politicards nous sont devenues insupportables et nous aimerions bien, tous, découvrir de nouvelles « gueules » avec de nouvelles idées, mais qui pourrait croire un seul instant aux fariboles de « l’Union sacrée » et imaginer que, même pour s’opposer à la menace d’une Marine Le Pen, les électeurs de Mélenchon et ceux de François Fillon, par exemple, pourraient se retrouver comme un seul homme sous la bannière de Hollande ?

Certains ont beau tenter de nous raconter que le FN et Daesh sont comparables, « l’Union sacrée » peut –peut-être- se former contre l’Islamisme mais elle n’a aucune chance de voir le jour contre Marine Le Pen. Pour les Français, le chômage, les impôts, la dette, la déliquescence de l’Etat sont autrement plus dangereux que le FN et avoir comme seul programme la lutte contre Marine Le Pen n’est évidemment pas suffisant. Voire même totalement ridicule.

Même si la droite a bien souvent mené une politique de gauche et même si la gauche tente aujourd’hui, avec Valls et Macron, de mener une politique de droite, pour les Français, la droite qui devrait libérer l’économie, les initiatives, les citoyens et la gauche qui ne pense qu’à augmenter les impôts, aggraver les lois et les règlements et multiplier le nombre des fonctionnaires sont deux « mondes » que tout sépare.

Il faudrait d’ailleurs rappeler aux nostalgiques de « l’Union sacrée » que si Mollet et Mendès ont bien réussi à éliminer le danger poujadiste de 1956, l’histoire s’est tout de même terminée, au joli mois de mai 1958, par un coup d’Etat militaire à Alger. Et l’ennui c’est qu’aujourd’hui il n’y a plus personne à Colombey-les-deux-Eglises.

Et là-dessus, cerise sur le gâteau, qui voit-on ressortir de sa boite ? Bernard Tapie en personne, le symbole de la gauche caviar de Mitterrand…

22 Déc 2015 | Comments (10)

La Corse à la dérive

Depuis l’annonce des résultats de ces élections régionales, tous les commentateurs nous ont tout dit –et le contraire- sur le triomphe (inutile) du Front National, sur la claque qu’a reçue Nicolas Sarkozy et sur la paire de gifles infligée aux socialistes. Mais personne n’a porté la moindre attention à la… 13ème région, la Corse. Or, de toute évidence, c’est pour la Corse que ces régionales auront le plus d’importance.

La droite ne fera pas grand-chose dans les sept régions qu’elle détient désormais et la gauche en fera encore moins dans les cinq régions qu’elle a plus ou moins sauvegardées. Où tout va, changer c’est évidemment en Corse et pour la bonne et simple raison que –même si personne ne semble s’en être aperçu- ce sont les « nationalistes » et/ou les « indépendantistes » qui ont été élus triomphalement.

La liste menée par Gilles Siméoni, déjà maire de Bastia et fils du célèbre Edmond Siméoni, héros des « régionalistes » d’antan, a obtenu 52.800 voix, loin devant celle de Paul Giacobbi, le député rad.-soc. héritier de la dynastie des Giacobbi (42.600 voix) et celle de José Rossi, Républicain, qui s’était pourtant allié avec Camille de Rocca-Serra, héritier de la dynastie des Rocca-Serra (40.400 voix). Ce scrutin régional marque, sans doute, la fin des fameux « clans » corses, d’autant plus qu’en s’emparant de la mairie de Bastia, le fils d’Edmond Siméoni avait déjà mis un terme au règne des Zuccarelli, le troisième grand clan de l’île.

Gilles Siméoni, l’ancien avocat d’Yves Colonna, l’assassin du préfet Erignac, devient président du Conseil exécutif de l’île et Jean-Guy Talamoni, le chef de file des plus radicaux, est élu président de l’Assemblée de Corse. En clair, l’île de Beauté est désormais dirigée par des hommes qui ont toujours réclamé officiellement l’indépendance de la Corse, Siméoni avec insistance, Talamoni (que Chevènement comparait à Ben Laden) avec frénésie.

Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur avait déclaré : « Je veux dire à Monsieur Talamoni que la Corse c’est la France et qu’elle sera toujours la France », reprenant ainsi, très maladroitement et au mot près, ce qu’un de ses prédécesseurs lointains place Beauvau, un certain François Mitterrand, avait déclaré à propos de l’Algérie. Il est vrai que Nicolas Sarkozy n’a pas été plus brillant. Tenant l’autre semaine, pendant l’entre-deux tours, un meeting en Corse, il s’est écrié : « Monsieur Talamoni ne veut pas de la République française. Eh bien la République française ne veut pas de Monsieur Talamoni », ce à quoi Talamoni avait répondu par un tweet : « Il parait que j’ai été mis en cause pas un comique troupier de passage ». La République ne veut peut-être pas de Talamoni mais les Corses l’ont élu.

La Corse est donc à la dérive. Ce n’est pas nouveau. Cela fait des décennies que Paris, droite ou gauche confondues, accumule les maladresses. Tantôt en refusant de reconnaitre qu’une ile a forcément ses spécificités, tantôt en acceptant de reconnaitre que les Corses forment « un peuple » à part. Et toujours en s’imaginant qu’on règlera « le problème corse » à coup de nouvelles subventions.

Pendant ce temps-là, les « régionalistes » se sont transformés en « autonomistes », lesquels sont devenus des « nationalistes », avant de se déclarer ouvertement « indépendantistes » et… de l’emporter dans les urnes.

Aujourd’hui, les indépendantistes ont mis leurs kalachnikovs au râtelier et ont pris le pouvoir. En 1977, l’hôte de ces lieux publiait un petit livre qui s’intitulait déjà « La Corse à la dérive ». C’était il y a 38 ans…

18 Déc 2015 | Comments (20)

Daesh, Marine Le Pen et nos intellectuels

 

 

Dans une véritable démocratie, chacun devrait avoir le droit de dire n’importe quoi et même les pires monstruosités. Comme, par exemple, que Marine Le Pen ressemble à s’y méprendre au mollah al Bagdadi, le patron de Daesh, et que les militants (et les électeurs) du Front National ressemblent, eux, comme deux gouttes d’eau aux fous de l’Etat Islamique qui martyrisent depuis des mois la moitié de l’Irak et les deux tiers de la Syrie.

C’est pratiquement ce qu’a fait, hier matin, Jean-Jacques Bourdin en recevant le spécialiste de l’Islam Gilles Kepel sur BFM, en jouant, il est vrai, un peu sur les mots mais en affirmant catégoriquement que les uns et les autres prônaient « le repli identitaire ».

Associer, comparer le FN et Daesh n’est, évidemment, pas totalement innocent, même si on noie le tout dans le verbiage confus des sociologues en peau de lapin de notre petit monde germanopratin.

Marine Le Pen n’a, bien sûr, pas apprécié. Pour montrer à quel point la comparaison de MM. Bourdin et Kepel était ridicule, grotesque, excessive et totalement inadmissible, au lieu de les trainer en justice (ce qu’elle aurait parfaitement pu faire) elle a publié sur son site internet des images (insoutenables) diffusées par la propagande de Daesh elle-même et montrant une décapitation, des corps calcinés et homme écrasé par un char. Personne ne pouvant jusqu’à présent accuser le Front National de pareilles atrocités.

Dans une véritable démocratie, on ne voit vraiment pas ce qu’on aurait pu reprocher à la patronne du FN qui, pour se défendre, rappelait ainsi ce qu’était le Front Islamique avec lequel Bourdin et Kepel l’avaient plus ou moins et plutôt plus que moins comparée.

Or, ce qui est incroyable dans cette (petite) histoire qui a animé toute la journée d’hier tout notre petit microcosme politico-médiatique c’est que personne n’a trouvé que Bourdin et Kepel étaient tombés sur la tête en se mettant ainsi à la disposition de la propagande gouvernementale et en en rajoutant au-delà du supportable, mais que tout le monde est tombé à bras raccourcis sur Marine Le Pen sous prétexte qu’elle avait diffusé des images insoutenables.

On a même vu, à l’Assemblée Nationale, le ministre de l’Intérieur en personne, Bernard Cazeneuve annoncer qu’il avait transmis l’affaire à la justice en se servant d’un nouveau texte qui interdit… de faire sur le net de la publicité pour Daesh.

Comment ces gens n’ont-ils toujours pas compris que c’est à force de comparer Marine Le Pen à Hitler, à Mussolini et parfois même à Staline qu’ils en ont faite l’idole de 6.800.000 électeurs qui –contrairement à ce qu’ils disent aussi- ne sont pas tous des fascistes, antisémites, xénophobes et racistes, nostalgiques des camps de concentration.

Pire encore, en mettant dans le même sac Marine Le Pen et le mollah al Bagdadi, nos intellectuels de service laissent inconsciemment comprendre aux Français « de base », « d’en bas » comme disait Raffarin, « les sans-dents » pour reprendre la délicate expression de François Hollande que le Front National est le meilleur, voire le seul rempart possible contre l’islamisme radical. Il est vrai d’ailleurs que Jean-Marie Le Pen a été, et de très loin, le premier à dénoncer les dangers de l’immigration et plus encore de l’Islam.

Tant que notre vieux personnel politique préférera reprocher à Marine Le Pen de mettre en danger la démocratie et la République plutôt que de l’attaquer sur son point le plus faible, son programme économique, elle progressera et dans les sondages et dans les scrutins (le prochain étant la présidentielle de 2017).

Il faudrait, par la même occasion, que nos commentateurs patentés arrêtent de nous répéter (pour se rassurer eux-mêmes) que « les Français ne veulent pas que Marine Le Pen franchisse le toit de verre des 50% ». Les Français ne votent pas comme un seul homme, en se concertant les uns les autres pour que leurs votes aient telle ou telle signification bien précise. Chaque Français vote individuellement, dans son isoloir, sans connaitre le bulletin que des dizaines de millions d’autres électeurs mettent dans l’urne. Ceux qui votent Marine Le Pen n’ont qu’un rêve : être assez nombreux pour que Marine Le Pen franchisse enfin ce « toit de verre » qui n’a strictement aucune signification

17 Déc 2015 | Comments (14)

Les boulets qui ont sifflé aux oreilles…

On a tort de dire et de répéter que les élections ne servent à rien. Certes, ni Xavier Bertrand, ni Christian Estrosi ni même Valérie Pécresse ne vont inverser la courbe du chômage, dans le Nord, dans le Midi ou en Ile-de-France. Ils ne vont même pas pouvoir, contrairement à tous leurs engagements, baisser les impôts locaux de leurs régions perspectives et il y a de fortes chances pour qu’ils n’aient pas les moyens d’offrir à leurs populations de nouvelles routes (avec ronds-points en enfilade) et à leurs jeunes lycéens des classes d’éveil avec projecteurs de trois D. Mais ces dernières régionales auront tout de même servi à quelque chose.

Manuel Valls vient de déclarer qu’il avait « entendu le message des Français » et qu’il allait donc annoncer très prochainement… « des mesures d’urgence pour lutter contre ce fléau qu’est le chômage de masse ». De son côté, Nicolas Sarkozy qui a, lui aussi, « entendu le message des Français » a annoncé qu’il allait, avant longtemps, réunir son parti « pour définir la ligne qu’il allait adopter ».

Qu’on ne nous dise donc plus que les élections ne servent à rien. Mais qu’on ne nous empêche pas d’éclater de rire.

Il a donc fallu qu’avec ces élections régionales le Premier ministre reçoive une gigantesque paire de gifles et que le président du premier parti d’opposition reçoive une énorme claque pour que le premier s’aperçoive que le chômage ne fait qu’augmenter au rythme effrayant de 1.000 nouveaux chômeurs de plus par jour ouvrable depuis l’élection de Hollande et pour que le second réalise que, depuis qu’il est redescendu dans l’arène (contrairement à toutes ses promesses du soir de la défaite) il ne fait que naviguer à vue, à la godille, à contre-courant, dans le brouillard ou en zigzag.

En clair, si le Front National n’avait pas réussi, au premier tour, à terrifier la planète entière et à faire trembler jusqu’au plus profond de leurs petites culottes les vauriens de notre microcosme politicard, Valls aurait continué à nous chantonner que tout allait très bien madame la marquise et à nous jurer ses grands dieux que l’horizon commençait à s’éclaircir, qu’on était sur la bonne voie, que les signaux passaient au vert et qu’on était sur le point de sortir du tunnel alors que Sarkozy aurait continué à aller voir des match de football tout en observant ses vieux alligators s’entredéchirer dans le marigot républicain.

Marine Le Pen a perdu mais il faut lui rendre hommage : elle a tiré au canon et ses boulets ont sifflé aux oreilles de tout ce petit monde.

Cela dit, personne, bien sûr, n’est dupe. Depuis presque un demi-siècle, depuis Chaban en 1970, chaque fois qu’un Premier ministre nous a raconté qu’il allait prendre des « mesures d’urgence » contre le chômage il s’est contenté, en fait et à tous les coups, de bricoler une nouvelle machine à gaz qui a coûté des milliards et permis d’embaucher quelques milliers de jean-foutres supplémentaires dans la fonction publique. Et rien d’autre.

On sait que la fameuse « formation » que Valls veut relancer est l’un des grands scandales de la Vème République, qu’elle n’a jamais servi à rien et qu’on y a englouti en pure perte des sommes colossales (qui n’ont sûrement pas été perdues pour tout le monde d’ailleurs).

On sait aussi que chaque fois qu’un « dirigeant » de droite ou de gauche a annoncé qu’il allait réunir tout le monde, écouter chacun, consulter les uns et les autres, laisser parler la foule, etc., etc. pour savoir avec précision ce que voulait le brave peuple et définir avec lui « la ligne » du mouvement, ce n’était, bien évidemment, que de l’esbroufe, du cinéma série B, de la poudre aux yeux et surtout, bien souvent, un moyen habile pour régler quelques comptes personnels avec d’éventuels concurrents qui commençaient à patauger trop bruyamment dans la bouillasse du parti (NKM vient d’en faire l’expérience, c’est-à-dire les frais).

Sarkozy sait parfaitement ce qu’il veut et quelle sera la ligne du parti. Il veut sa revanche, revenir à l’Elysée et est convaincu plus que jamais que, pour gagner, il faut jouer « à droite toute ». A ses yeux, le succès du FN, le triomphe de Wauquiez et les contreperformances des listes menées par l’UDI en ont été une nouvelle démonstration. S’il a oublié les réactions à son célèbre discours de Grenoble et les raisons de sa défaite de 2012, il se souvient de ses malheurs quand, au début de son mandat, il avait voulu « ouvrir » vers la gauche avec des personnages comme Kouchner ou Rama Yade. Il laisse donc au « vieux » Juppé tous les plaisirs des flirts avec le centre et continue à mépriser souverainement tous les sondages.

Celui du jour, de la Sofres pour Le Figaro, confirme pourtant toutes les évidences. A premier tour, on aurait au choix : Marine Le Pen : 27,5%, Sarkozy : 26%, Hollande : 22% ou Juppé : 31%, Marine Le Pen : 28%, Hollande : 20%. Au second tour, au choix : Sarkozy : 64%, Marine Le Pen : 36% ou Juppé : 70%, Marine Le Pen : 30%. Juppé est donc meilleur candidat que Sarkozy.

Sarkozy n’arrive toujours pas comprendre que les Français qui veulent la ligne dure ont déjà ce qu’il leur faut, en mieux, avec Marine Le Pen.

Tout va, bien sûr, se jouer lors de la primaire de la droite et du centre. Si ce sont ceux qui voteront en 2017 pour Marine qui se déplacent pour cette primaire, Sarkozy l’emportera. Si ce sont ceux qui regrettent que Bayrou ait déclaré forfait ce sera Juppé qui l’emportera.

On a aussi appris ce matin que, l’année dernière, la fonction publique avait embauché 40.000 nouveaux salariés alors que, pendant le même temps, on avait supprimé 63.000 emplois marchands. C’est ce qui s’appelle « le mal français ». Mais personne n’en parle…

16 Déc 2015 | Comments (9)

La peur du grand méchant loup

On l’avait trouvé indécent et même irresponsable. Mais, finalement, il a eu raison. En déclarant publiquement, à longueur de journée et sur toutes les longueurs d’ondes, que si jamais, lors de ces élections régionales, le Front National emportait une ou deux régions ce serait « la guerre civile », Manuel Valls a réussi à rameuter un bon nombre d’abstentionnistes qui ont voté pour les candidats de gauche et il a même pu inciter des électeurs de gauche du Nord-Pas de Calais-Picardie, de Provence Alpes Côte d’Azur et d’Alsace-Lorraine-Champagne Ardennes à voter pour la droite.

Du coup, sur treize régions, la droite en obtient sept, la gauche cinq et on oublie (à tort) la Corse où ce sont les régionalistes-indépendantistes du fils Siméoni qui ont gagné.

Le Front National qui était arrivé en tête au premier tour avec 28,42% des voix (contre 27,08 % à la droite classique, 23,48 % au PS, 6,81 % aux Ecolos et 4,15 % au Front de gauche), en tête dans six régions et avec plus de 40% dans le Nord-Pas de Calais-Picardie et en Provence Alpes Côte d’Azur n’obtient pas une seule région. Marine Le Pen n’a que ses yeux pour pleurer, larmes auxquelles il faut toutefois ajouter un bon nombre de conseillers régionaux qui pourront animer une vigoureuse opposition dans la plupart des conseils régionaux.

On comprend la déception de Marine Le Pen qui aurait sûrement aimé diriger une région pour mieux se préparer à la présidentielle de 2017.

On comprend aussi l’énorme satisfaction en forme de gigantesque soulagement de la gauche. Certes, elle a perdu trois régions « phares » : le Nord-Pas de Calais-Picardie, Paca et, pire encore, l’Ile-de-France. Mais, d’une part, le parti au pouvoir perd toujours les élections intermédiaires (la droite avait, la dernière fois, tout perdu, sauf l’Alsace) et, d’autre part, vu les résultats épouvantables de la politique menée par cette gauche depuis trois ans et demi, personne n’aurait pu imaginer une seule seconde qu’elle réussisse à « sauver autant de meubles ». Le score final du PS est totalement inespéré, inimaginable et pour le moins injustifié.

Valls peut donc se vanter d’avoir eu raison en limitant toute la campagne du PS à un seul slogan, une seule obsession, un seul « programme » : Faire barrage au Front National.

Depuis trois mois, le Premier ministre ne parlait plus du chômage (qui a continué à augmenter), plus des impôts (qui ont continué à augmenter), plus de la dette ou des déficits (qui ont continué à augmenter), plus de l’immigration, de l’Islam, des migrants. N’ayant, sans doute, rien à nous dire sur tous ces sujets, il avait, après avoir prudemment décrété l’état d’urgence, trouvé cette échappatoire avec un seul mot d’ordre : Halte au fascisme, (en espagnol, No passaran) pour éviter une « guerre civile » qui se serait donc ajoutée à la guerre que nous menons contre l’Etat Islamique en Irak, en Syrie et au Mali et à la guerre, déjà un peu « civile », que nous avons à mener contre les terroristes islamistes de nos banlieues. Les socialistes adorent faire la guerre. Souvenons-nous de Guy Mollet.

Hollande peut remercier Valls pour cette trouvaille-escroquerie. Il peut d’ailleurs aussi se remettre à rêver d’une réélection en 2017 grâce à ce même slogan pour unique programme : « Non au FN », en nous précisant alors qu’il est, bien évidemment, le seul rempart possible contre le danger fasciste et cette menace de guerre civile qui va désormais avec.

Pour Nicolas Sarkozy, la journée a été, évidemment, beaucoup moins bonne. En vertu de la tradition des élections intérimaires, il pouvait croire, attendre, espérer une vague bleu. Sept régions sur treize c’est ce qu’on appelle « un bide », malgré les beaux lots de consolation décrochés par Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Christian Estrosi.

Sarkozy a perdu la main, les Républicains ne font rêver personne. La machine n’a pas redémarré comme si les rouages étaient coincés. On pensait qu’ils auraient si ce n’est un boulevard du moins un tapis rouge devant eux, ils se sont égarés dans un cul de sac et se sont pris les pieds dans le tapis. Plus personne ne pense que l’ancien président sera élu triomphalement en 2017 ni même lors de la primaire de la droite et du centre l’année prochaine.

La droite va donc devoir, dès ce lundi matin, « tirer la leçon » de ces résultats. « Tirer la leçon » a d’ailleurs été le refrain que nous ont ânonné, tout au cours de la soirée, tous les ténors, tous les barytons et toutes les sopranos de la droite comme de la gauche qui se sont succédé sur tous les plateaux de télévision. Jusqu’à présent, ils nous disaient, les soirs d’élections, qu’ils avaient « entendu les Français ». Cette fois, ils vont plus loin, ils nous disent qu’ils vont « tirer la leçon ».

Elle est facile à tirer. L’UMPS a, une nouvelle fois (qui pourrait bien être la dernière), sauvé son mobilier et ses fromages en jouant en chœur le grand air de « la peur du grand méchant loup ». Mais le grand méchant loup fait de moins en moins peur et surtout les Français ne supportent plus (du tout) les petits cochons vieillissants et grassouillets qu’ils engraissent depuis des décennies.

Il va donc falloir que les petits cochons en question se réveillent, abandonnent leur sectarisme, leurs dogmes, ce qu’ils ont appris ou à l’ENA ou dans leur loge, regardent en face la situation du pays, comprennent enfin qu’il est scandaleux qu’un pays comme la France ait 5,5 millions de chômeurs, 8 millions de mal-logés, 10 millions de pauvres, tout en ayant à la fois un assistanat généralisé qui dépasse l’entendement et le record mondial des prélèvements obligatoires, une industrie en capilotade, une agriculture en jachère et une jeunesse désespérée.

Il faudra qu’ils se résignent à faire table rase de bien des choses comme, au hasard et en vrac, notre code des Impôts, notre code du TravaiI, le statut des fonctionnaires, le droit du sol, les 35 heures, le regroupement familial, etc.. Il faudra aussi qu’ils écoutent plus attentivement les Français qui osent parfois fredonner La Marseillaise.

Alors, mais alors seulement, ils pourront –peut-être- faire barrage à la victoire programmée du Front National.

Hélas, on les connait. Ils vont s’installer confortablement dans leurs fauteuils capitonnés, se partager les sinécures, se passer « la salade et la rhubarbe » (selon la belle expression de Sarkozy !) et recommencer à se goberger aux frais de cette République qu’ils prétendent défendre tout en se goinfrant, convaincus que le peuple leur a donné raison car ils ont déjà oublié le seul scrutin qui vaille, celui du premier tour. Et, comme ils n’auront pas voulu « tirer la leçon » de ce qui ressemble bien à un dernier avertissement, tout sera comme avant, jusqu’en 2017 où tout pourrait alors, peut-être, changer un peu brutalement…

14 Déc 2015 | Comments (31)

Valls et… la guerre civile !

Demain, la finale de cette coupe des régionales va être passionnante et en tous les cas inédite. En fait, pour faire simple, nous allons assister et même participer à trois référendums différents qui seront tous les trois arbitrés par… les abstentionnistes.

Ce sera pour ou contre Marine Le Pen, pour ou contre François Hollande, pour ou contre Nicolas Sarkozy. Et, vu les résultats du premier tour, tout le monde reconnait que, pour avoir une chance de l’emporter, il faudra aller chercher, avec les dents s’il le faut, les voix de tous ceux qui, dimanche dernier, ont préféré rester chez eux, en pantoufles, pour rédiger leur lettre au Père Noël.

Plus personne ne s’intéresse aux régions, aux programmes des candidats, à ce que pourront être ces exécutifs locaux. Nous ne pensons déjà plus qu’à la prochaine échéance, la présidentielle de 2017. Nous voulons savoir donc s’il est bien confirmé que Marine Le Pen l’emportera au premier tour et si, éventuellement, elle aura une chance de l’emporter au second ; si Hollande qui caracole maintenant dans les sondages (grâce aux attentats) pourra vraiment se présenter, même s’il est plus que vraisemblable qu’il n’aura pas réussi à inverser la courbe du chômage d’ici là, alors qu’il avait pourtant conditionné officiellement cette candidature à cette inversion ; si Nicolas Sarkozy qui devait faire des étincelles en reprenant en main et en métamorphosant l’UMP sera le mieux placé pour gagner, l’année prochaine, la bataille de la primaire de la droite et du centre.

Les résultats de demain soir seront évidemment plus parlants que tous les sondages. Après nous avoir raconté, en début de semaine, que finalement le Front National n’emporterait aucune des quatre régions dans lesquelles il s’était particulièrement illustré, ces mêmes sondages nous disent, depuis hier soir, que tout se jouera « sur un fil ».

Mais, quoi qu’il en soit, on sait déjà que Marine Le Pen -que le FN remporte ou non une, deux, trois ou quatre région(s) alors qu’il était arrivé en tête dans six régions-, sortira en grande victorieuse de ces régionales puisqu’elle aura réussi à faire de son parti « le premier parti de France », avant toutes les magouilles et mariages contre-nature de l’entre-deux tours.

On sait aussi déjà que la gauche aura relativement limité les dégâts et que ce ne sera pas la Berezina annoncée (et méritée). Aux dernières régionales, l’UMP, au pouvoir, n’avait pu sauver qu’une seule région, l’Alsace. Cette fois, le PS, au pouvoir, en sauvera au moins deux, la Bretagne et l’Aquitaine, voire plus. Cela dit, ni Hollande, ni Valls ne pourront triompher. Au passage, on observera que, comme prévu, les « alliés » du PS, Ecologistes et Front de gauche, se sont effondrés et sont en voie de disparition, avec 6,81% pour les premiers et 4,15% pour les seconds.

Reste le cas de Sarkozy. Mais pour lui il faut vraiment attendre demain soir. Il aura sans aucun doute l’Auvergne et les Pays de Loire mais aura-t-il aussi, grâce au retrait du PS, le Nord et Paca et, grâce à Valérie Pécresse et au sectarisme maladroit de Bartolone, l’Ile-de-France ? L’ancien président est donc, plus encore que les autres, sur un fil. Et on peut faire confiance à ses « compagnons », Juppé, Fillon, Le Maire et les autres, pour ne pas le ménager car la primaire de la droite et du centre a déjà commencé et les poignards sortiront dès lundi, à l’aube.

En fait ce seront bien les 50,09% d’inscrits s’étant abstenus dimanche dernier qui départageront les concurrents. (Notons que l’abstention se calcule sur le nombre des inscrits, 45.299.336, et non pas sur le nombre des Français en âge de voter. Or un grand nombre de nos compatriotes ne prennent même plus pris la peine de s’inscrire).

Le Premier ministre ayant eu l’impudeur pour ne pas dire l’irresponsabilité d’affirmer qu’une victoire du FN provoquerait « une guerre civile » (sic !!), il va être intéressant de voir si les abstentionnistes vont se précipiter vers les urnes pour « sauver la République » et lui épargner cette « guerre civile » ou si, au contraire, s’apercevant que, cette fois, le FN pourrait l’emporter dans certaines régions, ils vont vouloir donner un coup de pouce à Marine Le Pen.

Il faudra aussi tenter de voir si les électeurs de gauche « obéiront » aux injonctions de Valls et voteront comme un seul homme pour la droite dans le Nord Pas de Calais Picardie, en Provence Alpes Côte d’Azur et en Alsace Lorraine Champagne Ardennes. Rien n’est moins sûr.

Bref, on le voit, rien n’est encore joué, même s’il y a déjà des vainqueurs (au FN) et des vaincus (les autres parmi lesquels on peut mettre au premier rang Valls et sa « guerre civile »).

12 Déc 2015 | Comments (20)

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