Conférence sociale aujourd’hui, Conférence sur le climat dans quelques jours, François Hollande est devenu le roi des Conférences en tous genres, le grand organisateur du bla-bla généralisé en grands amphithéâtres à moquettes et petits fours. Il est le premier à savoir et nous savons tous que ce genre de raout où chacun ânonne son discours habituel ne sert strictement à rien mais cela l’occupe et lui permet d’essayer de faire croire qu’il pratique le dialogue « apaisé », la concertation « transparente », le débat « constructif ».

Hélas, le président de la République joue de malchance. Ce matin, pour cette Conférence sociale qui devait réunir toutes les pseudos « forces vives » de la Nation, il manque la CGT qui reste, qu’on le veuille ou non, le premier syndicat de France. La CGT « boude » parce qu’elle reproche au gouvernement d’avoir fait mettre en examen les syndicalistes d’Air France qui s’en sont pris violement aux représentants de la direction et au Premier ministre de les avoir, à juste titre, traités de « voyous ».

En fait, la CGT qui, quoi qu’elle nous raconte, reste toujours une courroie de transmission du Parti communiste, a basculé depuis longtemps dans l’opposition frontale au social-libéralisme de Hollande, rejoignant, à la demande évidente de Pierre Laurent, les rangs clairsemés de cette extrême-gauche incarnée par Mélenchon, Cécile Duflot, une poignée de vieux trotskistes et une pincée de nostalgiques de l’URSS d’antan.

Cela dit, avec ou sans la CGT, -et c’est en cela que cette Conférence sociale est à la fois dérisoire et ridicule- le syndicalisme français ne représente plus tripette. On ne le répétera jamais assez, 8% seulement des salariés français sont syndiqués et plus de la moitié d’entre eux sont des fonctionnaires, c’est-à-dire des salariés dont le « patron » n’est autre que l’Etat ou les collectivités locales, « patrons » contre lesquels il devrait être difficile de protester puisque, par définition, ces pouvoirs, l’Etat comme les collectivités locales, sont issus des élections démocratiques.

Comment peut-on parler d’une Conférence sociale, quand 92% des salariés ne sont pas invités autour de la table et que 3% (les adhérents de la CGT) ont refusé l’invitation ? En fait de Conférence sociale il s’agit plutôt de la réunion d’un petit club de vieux croutons ne représentant plus rien. Et ce au moment même où la France est au bord d’une explosion sociale sans doute sans précédent.

Naturellement, comme à son habitude, le président Coué va faire de l’autosatisfaction, affirmé que ça va déjà mieux, promettre que ça va aller de mieux et mieux et jurer ses grands Dieux qu’avant la fin du quinquennat –Putain encore presque deux ans !- nous pourrons tous boire du petit lait et nous gorger d’un miel paradisiaque.

Avant d’aller à la Conférence, Hollande nous a déjà servi sa ratatouille insipide en déclarant à RTL que « L’Europe va mieux, la France va mieux » (ce qu’il est bien le seul à trouver), que la croissance sera de « 1,1% cette année » et surtout qu’il allait « prendre des dispositions pour relancer la construction, pour redonner de la souplesse aux entreprises avec une réforme du Code du Travail et pour préparer l’avenir avec le numérique ».

Ce qui est stupéfiant avec le bonhomme c’est qu’il fait toujours mine d’ignorer qu’il est au pouvoir depuis trois ans et qu’il continue à nous annoncer ce qu’il va faire… prochainement. Pourquoi n’a-t-il pas fait tout cela depuis trois ans qu’il « règne » à l’Elysée ? Il continue à nous parler comme s’il était –encore- en campagne en nous promettant monts et merveilles. Mais il est vrai qu’il est –déjà- en campagne.

La Conférence sur le climat dont on nous rebat les oreilles depuis des semaines et qui est censée permettre à François Hollande de sauver la planète fera, sans guère de doute, le même flop que cette Conférence sociale. Tout simplement parce que les vrais « pollueurs » –Chine, Inde, Etats Unis et quelques autres- n’entendent pas, même pour faire plaisir au président français, renoncer à leur course au progrès.

Hollande le sait parfaitement. Mais sa défense de l’éolien lui permet de faire… du vent et de faire croire que, s’il n’a rien pu faire contre le chômage ni d’ailleurs contre la montée du Front National, son nouveau combat, il se démène comme un beau diable aussi bien pour arrêter la fonte du pôle nord que pour réinstaurer le dialogue social.

Par moments, il rappelle cruellement Nicolas Sarkozy et sa Conférence pour l’Union de la Méditerranée qui devait transformer notre « mer commune » en un « lac de paix ». A croire que nous sommes maudits