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Sarkozy, le « poutiniste » maladroit

Nicolas Sarkozy avait-il le droit d’aller voir Poutine, de l’embrasser, pratiquement et selon la tradition russe, sur la bouche et de critiquer –depuis Moscou- la politique étrangère de la France telle que la mène (en dépit du bon sens) son successeur François Hollande ? Evidemment non !

Il suffisait d’ailleurs de voir le sourire goulu mais un rien méprisant de Poutine pour comprendre à quel point le Tsar de toutes les Russies appréciait cette démarche de l’ancien président français qui ressemblait à s’y méprendre à un ralliement en bonne et due forme, pour ne pas dire à de la haute trahison.

On sait que Sarkozy se fait payer très cher pour aller faire des conférences à travers la planète, on est donc obligé de se demander s’il a touché quelque chose pour aller faire ainsi allégeance au Kremlin.

Il est étonnant que Sarkozy ignore toujours qu’il y a des choses qui se font et d’autres, plus nombreuses encore, qui ne se font pas. Qu’aurait-il dit si un ténor de la gauche était allé partager un méchoui ou un couscous avec Kadhafi au moment où la France (lui en l’occurrence) déclarait la guerre au « fou de Tripoli » ? Il se serait indigné. A juste titre. Alors pourtant que cette opération était totalement absurde, comme la suite des événements l’a démontré.

Certes, nous ne sommes pas en guerre ouverte avec Poutine mais le moins qu’on puisse dire est que nos relations ne sont pas au beau fixe avec lui depuis qu’en raison de l’attitude du Kremlin en Ukraine nous avons voté des sanctions contre la Russie et que nous avons refusé de livrer les deux navires que Moscou nous avait commandés et en partie payés.

Sarkozy avait tout loisir, en France, de critiquer la politique étrangère de Hollande à l’égard de la Russie, aussi bien à propos de l’Ukraine qu’à propos de la Syrie. On ne peut pas dire que la presse française lui ferme ses colonnes ni qu’il soit interdit d’antenne sur nos chaines de télévisions ou de radio.

Que trois parlementaires français totalement inconnus tentent de faire un peu parler d’eux en allant papoter, sous le regard gourmand de la presse syrienne, avec Assad n’a guère d’importance. Mais qu’un ancien président de la République qui aspire visiblement à le redevenir désavoue ainsi, depuis Moscou, la politique de Paris n’est « guère convenable », comme on dit dans les couloirs feutrés du Quai d’Orsay.

Cela dit –mais qu’il fallait dire- sur le fond Sarkozy a, évidemment, raison. Qu’on le veuille ou non, la Russie de Poutine est incontournable, aussi bien en Europe de l’Est qu’au Proche-Orient.

Poutine n’a jamais caché à personne qu’il entendait redonner à la Russie le poids et le prestige qu’avait l’URSS de jadis et qu’il ne tolèrerait jamais que d’anciens satellites, voire d’anciennes républiques fantoches de la défunte Union des Républiques Socialistes Soviétiques rejoignent l’Occident. Il a déjà récupéré une bonne partie de la Géorgie ainsi que la Crimée et il s’attaque maintenant à l’est de l’Ukraine, sous prétexte que, comme les Géorgiens du Nord ou les habitants de la Crimée, ces Ukrainiens de l’est parlent russe.

Sauf à lui déclarer la guerre, c’est-à-dire à déclencher une IIIème guerre mondiale, on ne voit pas comment on pourrait l’empêcher de mener à bien ses ambitions expansionnistes qui ont fait de lui le grandissime héros du peuple russe. Les sanctions prises contre la Russie ont été une catastrophe pour… les agriculteurs français (notamment pour les éleveurs de porcs) et la vente des deux Mistral à l’Egypte n’est pas forcément une bonne affaire pour nos chantiers, sans avoir pour autant réduit à néant la puissance de feu de la flotte russe.

Pour ce qui est de la Syrie, il faut, d’abord, se souvenir que quand l’Occident a renversé Saddam Hussein, en Irak, et Kadhafi, en Libye, les troupes du « monde libre » (comme on disait jadis) n’ont pas, contrairement à ce qui était promis, instauré la démocratie dans ces deux malheureux pays mais qu’elles les ont bel et bien plongés dans le pire des chaos, avec les conséquences que nous connaissons tous les jours en voyant l’afflux de centaines de milliers de réfugiés sur nos cotes.

Nombreux sont ceux aujourd’hui, à Washington et ailleurs, qui en sont arrivés à se dire qu’un dictateur comme Bachar al Assad, aussi tyrannique soit-il, valait infiniment mieux, pour son peuple comme pour le reste de la communauté internationale, qu’une guerre civile interminable, réveillant tous les conflits religieux et toutes les haines ethniques.

Obama lui-même qui avait juré ses grands Dieux qu’il n’interviendrait jamais en Syrie, puis qu’il se limiterait à une intervention aérienne (contre l’Etat islamique) en vient maintenant à envoyer des troupes au sol. Toujours contre l’Etat islamique ce qui, en clair, veut dire pour soutenir Assad puisque désormais ce sont ces fanatiques islamistes qui sont les principaux adversaires du dictateur alaouite.

Ainsi, Washington et Paris (puisque maintenant nous bombardons, nous aussi, les positions de l’Etat islamique en Syrie) en viennent à donner raison à Moscou qui n’a jamais cru que « les rebelles démocrates » représentaient quoi que ce soit en Syrie et qui a toujours répété que rien de pourrait se faire sans Assad qui, en face de l’Etat islamique, a maintenant le soutien de toutes les minorités religieuses et de tous les laïcs en Syrie.

Autant dire que Hollande a eu et a encore tout faux, partout. Comme Sarkozy avait eu tout faux en s’imaginant qu’en allant faire des bassesses à Poutine il sauverait la Géorgie ou qu’avec sa Conférence pour la Méditerranée il transformerait notre « mer intérieure » en un « lac de paix » ou qu’en éliminant Kadhafi il ferait de la Libye une démocratie à l’occidentale.

Les électeurs français vont-ils apprécier cette nouvelle maladresse de Sarkozy ? Rien n’est moins sûr. Comme à son habitude, Sarkozy se prend les pieds dans ses ficelles quand elles sont par trop grosses.

Nous n’avons décidément pas de chance ! Il faut sans doute remonter à Chirac (et à Villepin) pour retrouver une diplomatie française digne de ce nom et de son passé…

31 Oct 2015 | Comments (8)

Quand Finkielkraut rejoint Delon pour défendre Morano

Alain Delon a relancé la polémique provoquée par Nadine Morano quand, au cours de l’émission de Laurent Ruquier« On n’est pas couché », elle avait osé affirmer que la France était… « un pays de race blanche ». On se souvient que tout le monde –à commencer par ses « amis » de sa famille politique, Sarkozy en tête- s’était indigné et lui était tombé dessus à bras raccourcis et que, pour s’être permise de proférer une telle évidence, elle avait perdu son investiture comme tête de liste du parti des Républicains en Meurthe et Moselle pour les prochaines régionales.

A l’occasion de ses 80 ans, Alain Delon a donné une interview à TV Magazine et a tenu à évoquer « l’affaire » pour rendre hommage à Nadine Morano. « Cette polémique est ridicule, grotesque et n’a aucun sens », a déclaré l’ancienne star du cinéma français en poursuivant : « Nadine Morano a des couilles de tenir comme elle tient et de dire : « Je vous emmerde tous. Je dis ce que je pense et je continuerai à le dire ». Chapeau ! » Et Delon d’ajouter : « Juste une question : le Kenya est un pays de quelle race ? Les gens sont noirs ».

Nadine Morano n’est évidemment pas la plus brillante personnalité de notre monde politique et Alain Delon ne peut guère être considéré comme un des grands penseurs de notre siècle. Mais, pour peu qu’on ne fasse pas partie du petit microcosme parisien, bien-pensant, bien payé, bien médiocre et bien soumis à la pensée unique et au politiquement correct qui règne sur les beaux quartiers de la capitale, il est difficile de leur donner tort à l’un et à l’autre.

Il faut remettre la phrase de Nadine Morano dans son contexte. L’ancienne ministre et groupie de Sarkozy a déclaré textuellement : « Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères. J’ai envie que la France reste la France. Je n’ai pas envie que la France devienne musulmane ». On voit mal ce qu’on pourrait contester dans ces trois phrases.

Naturellement, pour plaire à la gauche au pouvoir, à ses petits marquis comme à tous ses larbins, et pour garder la tête de liste du parti des Républicains dans son département pour les régionales, il aurait sûrement mieux valu qu’elle s’écrit : « La France est un pays multiculturel, polychrome, multiethnique, Mitterrand le disait, de race arc-en-ciel, tachetée, zébrée, tigrée, mouchetée. J’ai envie qu’on rase à tout jamais nos cathédrales et nos églises, qu’on brûle toutes nos bibliothèques et que l’Islam le plus rigoureux devienne la religion d’Etat, avec amputation des voleurs et lapidation des femmes adultères ». Mais Nadine Morano n’est jamais passée pour être une femme particulièrement intelligente…

Ce qui est dramatique dans cette affaire ce n’est pas la réaction plus de prévisible de la gauche en débandade et à la recherche du moindre incident pour faire le buzz, mais bien celle de la droite et en particulier celle de Sarkozy.

Les électeurs (de droite) ont donc appris brusquement que le président des Républicains 1) récusait les racines judéo-chrétiennes de la France, 2) désapprouvait ce qu’avait déclaré le général de Gaulle, 3) considérait que l’énorme majorité des Français n’était pas de race blanche et 4) espérait de tout son cœur ou du moins de toute son âme que la France devienne, à l’école du Qatar ou de l’Arabie séoudite, un pays musulman.

En fait, ils ont surtout appris, du moins ceux qui ne le savaient pas déjà, que –pour reprendre l’expression peut-être un peu vulgaire d’Alain Delon- l’ancien président de la République n’avait pas… de couilles et qu’il était toujours prêt à trahir ses électeurs (et la France) pour ne pas déplaire un tant soit peu à Carla Bruni, à BHL, à toute la faune interlope qui grouille dans les boites de nuit à la mode ainsi qu’à la presse de gauche.

On veut espérer que les électeurs s’en souviendront et que nombreux seront ceux qui n’avaient pas l’intention de se déplacer pour les primaires de la droite qui iront maintenant voter pour Juppé, Fillon, Le Maire ou Bertrand, simplement pour éviter que le candidat de la droite ne soit battu à plates coutures lors de la présidentielle. Il est, en effet, de plus en plus évident que si d’aventure c’était Sarkozy le héraut de la droite classique, le second tour de 2017 opposerait Marine Le Pen à Hollande et que nous aurions donc le dit Hollande pour encore cinq ans !

Cela dit Nadine Morano n’a pas reçu que le renfort du seul Alain Delon. Un autre Alain, Finkielkraut, a lui aussi volé à son secours en déclarant sur France Inter : « La France a une vocation universelle. Elle doit pouvoir accueillir des gens de toutes les couleurs mais elle est un vieux pays européen, de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Il ne faut pas se raconter d’histoire ».

29 Oct 2015 | Comments (19)

Le petit Catalan et ses moulins à vent

Nous déplorions ici même, l’autre jour, que « le petit Catalan » qui fait actuellement fonction de Premier ministre de la République française soit incapable de manier la langue française dans toutes ses subtilités au point de confondre notre pays avec l’Afrique du sud de jadis et de l’« apartheid ».

Visiblement, Manuel Valls n’a fait aucun progrès ces trois derniers jours puisqu’il vient de déclarer textuellement au cours d’une émission radiophonique du Blog de Bondy : « Il est hors de question de laisser le Front national gagner une région ». Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Voudrait-il, par hasard, faire incarcérer tous les dirigeants du parti d’extrême-droite avant le scrutin du 6 décembre prochain ?

Par définition, tout homme politique a parfaitement le droit d’espérer remporter, avec ses amis, toutes les élections à venir et donc, du même coup, le droit de rêver que tous ses adversaires mordront la poussière. D’ailleurs personne ne reprochera à Manuel Valls, actuel patron d’une bien fragile majorité de gauche devenue très minoritaire dans le pays, de redouter que le Front National ne remporte les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, comme le pronostiquent, peut-être un peu prématurément, de plus en plus de sondages.

Mais l’expression « hors de question » est inquiétante et totalement inadmissible dans une démocratie. On peut contester point par point le programme du parti de Marine Le Pen, affirmer que la sortie de l’euro et de l’Europe ainsi que la fermeture de nos frontières seraient catastrophiques pour la France et souligner que la « dédiabolisation » du parti de Jean-Marie Le Pen par sa fille a surtout été marquée par un virage à 180° sur le plan économique faisant maintenant ressembler le programme du FN à ceux de Mélenchon ou de Chevènement. Mais on ne peut pas considérer ce FN comme un parti dangereux pour la République, xénophobe, raciste et incitant à la haine raciale. Ou alors il faut clairement réclamer son interdiction.

Visiblement, Valls adorerait que le FN soit interdit en tant que groupuscule fasciste, redoutable pour la démocratie. Mais il est sans doute trop tard. Un parti qui a été présent au second tour de la présidentielle en 2002 et qui oscille désormais entre 25 et 30% des voix dans la plupart des scrutins peut difficilement être mis au ban de la vie politique nationale, sauf à déclarer, en même temps, qu’un tiers des Français sont… des néo-nazis qui n’ont pas leur place dans la République.

Valls a tort, il n’est pas « hors de question » que le FN gagne une, voire deux régions et c’est même là toute « la question » que se posent, en claquant des dents, aussi bien la gauche que la droite. « Question » qui pourrait d’ailleurs se compléter par d’autres interrogations : pourquoi, en un demi-siècle, la gauche et la droite ont-elles été totalement incapables de s’attaquer aux problèmes du chômage, de la précarité, de la compétitivité de nos entreprises, de la fiscalité étouffante, de l’insécurité, de l’immigration, de l’Islam, du logement, de l’Ecole, du système de protection sociale, etc., etc. ?

Valls devrait comprendre que les progrès considérables du FN, de scrutin en scrutin, ne signifient pas une adhésion de plus en plus massive des Français aux idées d’extrême-droite mais bel et bien un rejet de plus en plus généralisé par nos compatriotes, notamment par les classes dites –à juste titre- « défavorisées », de tous ceux qui, depuis tant de décennies, se sont succédé au pouvoir et ont plongé la France et les Français dans l’abîme des pays moribonds.

En montant sur ses grands chevaux –en fait sa Rossinante- et en déclarant qu’il est « hors de question de laisser le FN gagner une région », Valls-don Quichotte commet une erreur, de plus. Non seulement il prend le moulin du FN pour un adversaire diabolique mais il ne s’est toujours pas aperçu que c’est en excluant, en ostracisant, en stigmatisant le FN que la gauche et la droite « de bon aloi » ont poussé tous les exclus, tous les oubliés, tous les maltraités du pays à le rejoindre.

Pour éviter le désastre annoncé, Valls voudrait visiblement voir émerger le fameux « Front républicain ». C’est tout juste s’il ne demande pas à Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire et tous les autres (qu’il traine dans la boue depuis plus de trois ans en les rendant responsables de tous les malheurs du pays) de sauver la mise de cette gauche qui a tout raté, tout trahi, tout aggravé depuis qu’elle est au pouvoir.

Lui qui a toujours revendiqué un langage « de vérité », voilà que, dans l’affolement de la déroute, il demande aux Français de confondre et mélanger le lard et le cochon, la chèvre et le chou, le libéralisme et le collectivisme, comme si droite et gauche n’étaient que… « bonnet blanc blanc bonnet » pour reprendre la fameuse sortie de Jacques Duclos (contre Pompidou et Poher, en 1969).

Or si, en effet, droite et gauche ont bien souvent mené la même désastreuse politique (de gauche) les Français ont encore le droit de rêver d’une droite qui se réveillerait en s’assumant, même s’ils n’ont pas encore aperçu à l’horizon ce héraut-héros qui ressusciterait la droite.

Et pendant ce temps-là, le gros Sancho Panza continue à chevaucher son âne qui trottine à l’ombre de Rossinante, effrayé, lui aussi, par les grands moulins dont les ailes tournent inexorablement, de plus en plus vite, en haut des collines…

28 Oct 2015 | Comments (2)

Le président-ordonnateur de pompes funèbres

L’accident de la circulation entre un autocar de retraités et un camion remorque qui a fait 43 morts à Puysseguin, en Gironde, est, évidemment, un fait divers dramatique qui nous a tous émus et bouleversés. L’enquête dira, peut-être un jour, ce qui s’est réellement passé, s’il y a eu une vulgaire erreur humaine ou un banal problème mécanique.

Mais quelle qu’ait pu être notre émotion, à chacun d’entre nous, en apprenant le bilan si lourd de cet accident et en voyant les images de ces deux carcasses calcinées, il est absurde de parler –comme l’a fait, abusivement, le président de la République- d’« un drame national » et d’« une France en deuil ».

Nous sommes tous, bien sûr, peinés et nous avons tous, bien sûr, de la sympathie pour toutes les familles des victimes mais il ne faut jamais –surtout quand on est un responsable politique- se laisser entrainer dans une surenchère verbale qui, dévaluant tous les mots, devient rapidement odieuse. La défaite de 1940, celle de Dien Bien Phu ou la perte de l’Algérie ont été « des drames nationaux » et la France a été « en deuil » le jour de la mort de de Gaulle.

A Puysseguin, il ne s’est produit qu’un atroce accident de la route qui a plongé dans le deuil quelques villages de Gironde et François Hollande n’avait pas à profiter de ces tristes circonstances pour aller faire son show et imposer aux malheureuses familles des victimes son désormais sempiternel discours sur « l’unité de la Nation dans l’épreuve ».

Hollande est prêt à tout pour tenter de s’accrocher aux basses branches et remonter un tant soit peu dans les sondages. Depuis les attentats de janvier dernier où il avait vu que « ça marchait », il se précipite maintenant, à la moindre catastrophe, à la moindre occasion, aux quatre coins du pays, pour présider des cérémonies funèbres, écouter des minutes de silence, embrasser les survivants, féliciter les sauveteurs et prononcer son oraison.

Le président de la République est devenu notre grand ordonnateur des pompes funèbres. Or, ce n’est pas son rôle et il n’était pas sa place, hier, à Puysseguin. Le ministre de l’Intérieur ou le préfet de la région Aquitaine auraient parfaitement suffi et il y avait quelque chose d’indécent à voir Hollande ainsi en pleine opération électorale.

Car Hollande ne s’est pas contenté d’exprimer les condoléances de la Nation aux familles de victimes. Il leur a infligé son dernier thème de campagne. A l’entendre, il serait le père de la Nation, le garant de l’unité nationale, le seul rempart en face d’un Sarkozy, grand diviseur devant l’Eternel, et surtout d’une Marine Le Pen qui joue sur les peurs et les haines.

Or, si quelqu’un a divisé les Français ces derniers temps, c’est bien lui. C’est lui qui, fidèle à son idéologie, a opposé les riches et les pauvres, les patrons et les salariés, lui, qui, avec sa volonté délirante de changer à tout prix la société, a coupé la France en deux en instaurant le mariage des homosexuels.

Ses tirades sur les Français qui se retrouveraient entre frères et la France qui retrouverait son unité « dans les épreuves » sont d’ailleurs absurdes. Ce ne sont pas les drames qui réunissent les Français. Ils provoquent, au contraire, le chacun-pour-soi, la débandade, voire l’exil. Ce sont les succès qui, seuls, nous permettent de tous nous retrouver. Depuis quelque temps, nous n’avons plus, hélas, que quelques succès sportifs et ce sont les seules circonstances qui font déferler une foule plus ou moins fraternelle sur les Champs Elysées.

Hollande n’a jamais voulu admettre que le fameux 11 janvier, dont il nous rebat encore les oreilles, les quelques millions de Français qui étaient descendus dans la rue n’avaient rien de fraternel, ne défendaient ni l’unité de la France « multicolore », ni la liberté de la presse ni, encore moins, ce qu’avait été Charlie-Hebdo mais voulaient uniquement exprimer leur haine du fanatisme islamique et leur peur de l’Islam.

Il n’y a aucun doute que le candidat Hollande va très rapidement fatiguer les Français en leur serinant ses bondieuseries sur la fraternité, même sur fond de Marche funèbre. Il faudra qu’il trouve bien vite un autre thème de campagne

28 Oct 2015 | Comments (7)

Quand le champagne coule à flots à l’Elysée

Le chômage a baissé de 0,7% en septembre, ce qui veut dire qu’il y a 23.800 chômeurs de moins qu’en août. C’est la plus forte baisse du chômage depuis huit ans. On ne peut, bien sûr, que s’en réjouir, même s’il reste encore 3.547.800 chômeurs de catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, ce qui est énorme et dramatique.

Les experts vont nous dire si cette éclaircie est « accidentelle » ou s’il s’agit vraiment du début de l’inversion de la courbe du chômage. Ils vont aussi nous dire si on peut voir dans ces chiffres les premiers résultats de la politique menée par le gouvernement ou si on a affaire simplement à une répercussion favorable des fameux cycles économiques mondiaux.

Les sondages, eux, vont nous faire savoir si les Français savent, ou non, gré à François Hollande de cette petite et fragile embellie. Le chômage est, évidemment « la » question du quinquennat. D’abord, parce que c’est un drame national qui est devenu totalement insupportable ; ensuite, parce que Hollande lui-même s’était vanté de le juguler et qu’il a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne se représenterait pas en 2017 s’il n‘arrivait pas à en inverser la courbe. Ce matin, on peut imaginer que le champagne coule à flots à l’Elysée et la bière rue Solferino.

Les socialistes devraient cependant être prudents et se souvenir que leur ami Lionel Jospin qui, entre 1997 et 2002, quand il était à Matignon, avait vu le nombre des chômeurs baisser de près d’un million, n’en a pas moins été éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2002, au profit de Jean-Marie Le Pen.

Les Français rendent toujours le pouvoir responsable de toutes les catastrophes mais ils ont tendance, souvent à juste titre, à attribuer toutes les améliorations, tous les progrès à la conjoncture internationale. Il est vrai que le pouvoir accuse généralement cette même conjoncture internationale de toutes les difficultés auxquelles il a à se confronter.

Cela dit, il semble bien que l’impopularité de François Hollande ait désormais atteint et même dépassé un stade irréversible et parfois même un peu irrationnel. Non seulement les Français lui reprochent sa politique incohérente et zigzagante, faite de reculades et de trahisons, de sectarisme et de soumissions, mais surtout… ils ne peuvent plus le supporter.

Tout est bon aujourd’hui, et depuis des mois déjà, pour le rejeter. On ne lui pardonne ni d’avoir choisi Valls, « l’homme de droite », et Macron, « le banquier de Rothschild », ni de s’être soumis comme un petit garçon à Angela Merkel, ni d’avoir joué les Tartarins au Mali et les fanfarons en Syrie, ni d’avoir augmenté les impôts tout en affirmant le contraire mais aussi, et presque surtout, d’avoir « la touche » qu’il a, le ton doucereux qu’il prend, son goût pour les obsèques et même son, scooter et ses amours faussement clandestines.

Sarkozy a été victime du même désamour généralisé. Au-delà de sa politique, elle aussi bien souvent zigzagante, qu’on pouvait contester, on ne lui pardonnait ni le dîner du Fouquet’s, ni le yacht de Bolloré, ni sa Rolex, ni sa morgue, ni son « nanisme », ni ses tics.

C’en est à se demander si, à peine élu, nos présidents ne nous deviennent pas insupportables. A croire que, sans doute depuis de Gaulle, nous avons idéalisé, idolâtré même la figure du chef de l’Etat à un point tel qu’un petit maire de Neuilly ou qu’un gros président du conseil général de Corrèze nous semblent rapidement dérisoires et donc ridicules

27 Oct 2015 | Comments (6)

Valls ne connait pas le sens des mots qu’il emploie

Manuel Valls veut combattre et supprimer « l’apartheid » qui, selon lui, sévit dans notre pays et plus particulièrement dans nos banlieues. Il l’a redit une nouvelle fois, ce matin, en visitant, entouré d’une flopée de ses ministres, Les Mureaux, ville pourrie s’il en est.

A six semaines des élections régionales qui seront très vraisemblablement perdues pour la gauche en Ile-de-France comme dans la plupart des autres régions, même si elles ont été savamment redécoupées par les charcutiers électoraux du PS, il ne s’agissait, bien sûr, que d’une vulgaire opération électorale. Après plus de trois ans de pouvoir absolu, les socialistes tentent désespérément de récupérer cet électorat traditionnel qu’ils ont trahi, abandonné et cocufié au-delà du raisonnable, au point d’ailleurs que ces électeurs semblent de plus en plus tentés par un vote Front national quand leurs enfants ne basculent pas dans la délinquance ou dans l’islamisme radical pour déclarer la guerre sainte à la France, voire dans les deux.

Que le Premier ministre ne se fasse aucune illusion. Ce n’est pas en évoquant vaguement les problèmes de l’emploi, de la sécurité et du logement et en promettant, tout aussi vaguement, quelques caméras de surveillance qu’il va inciter ces flots d’immigrés de toutes les couleurs, ayant trouvé leur carte d’électeur dans une pochette-surprise, vivant dans leur ghetto de misère, et sans le moindre espoir à re-voter pour la gauche.

Mais ce qui est plus grave c’est que « le petit catalan » ignore totalement le sens des mots qu’il emploie. En faisant des moulinets avec le mot « apartheid », il pense, sans doute, donner mauvaise conscience aux Français dits « de souche » (ou même de fraîche date) et réveiller une administration qui, depuis des décennies, jette, sur ordre des gouvernements et du haut des tours et des barres de nos banlieues, des milliards d’euros à fonds perdus (sans doute pas perdus pour tout le monde d’ailleurs).

Valls prouve simplement que sa culture générale ne lui a pas appris ce qu’était « l’apartheid » et l’Afrique du sud de jadis. « L’apartheid » c’était un système qui, le plus officiellement du monde, faisait des noirs sud-africains des « sous-citoyens » de dernière catégorie, n’ayant pas le droit d’aller dans les mêmes écoles, les mêmes hôpitaux que les blancs, ne pouvant pas remplir les mêmes emplois que les blancs, ne pouvant pas prendre les mêmes autobus, ni même habiter les mêmes quartiers que les blancs.

Certes, on peut regretter qu’en France il y ait des quartiers (très) pauvres de tours lépreuses et de barres délabrées, peuplés exclusivement d’immigrés généralement au chômage et où tous les services les plus indispensables –magasins, médecins, policiers, etc.- ont déserté. Mais qui oserait dire que les Noirs ou les Arabes venus s’installer chez nous n’ont pas le droit à l’école de la République, aux hôpitaux de l’Assistance publique et à toutes les aides de l’Etat, de la Région, du Département et de la commune, innombrables dont ils sont même, bien souvent, les premiers à pouvoir bénéficier ?

Parler d’« apartheid » est évidemment une escroquerie impardonnable de la part d’un Premier ministre, même en période de campagne électorale.

Valls est un irresponsable qui, par ses mots, incite les jeunes de ces quartiers à l’insurrection et donne, par avance, raison à ceux qui incendient les voitures, saccagent les édifices publics et lancent des cocktails Molotov contre les forces de l’ordre. En même temps, mais c’est peut-être ce qu’il souhaite, il pousse les « braves » contribuables qui commencent à en avoir marre à se radicaliser dans leurs prochains votes.

Ce n’est pas en fustigeant une société (qui a toujours su se montrer très généreuse envers les « défavorisés », il suffit de voir la part de nos dépenses sociales dans notre budget) qu’on ira vers le fameux « vivre ensemble » dont ils nous rebattent les oreilles. Pas plus d’ailleurs que ce n’est en faisant fuir « les salauds de riches » qu’on réduira la misère des plus pauvres.

Valls veut venir au secours des victimes de ce qu’il appelle l’« apartheid français » ? Qu’il libère notre économie et leur donne du travail. Il y aura toujours des riches et des pauvres, mais dans les pays où on a libéré les entreprises, les pauvres sont moins pauvres. Mais n’était-ce pas là une des innombrables promesses du candidat Hollande

26 Oct 2015 | Comments (7)

Quand « les phares » ont disparu

Certes ce n’est pas la première fois que la justice française se ridiculise mais il faut dire que condamner l’ex docteur Nicolas Bonnemaison à deux ans de prison avec sursis pour avoir « délibérément donné la mort à une patiente » alors qu’il était accusé d’avoir tout aussi délibérément donné la mort à un total de sept malades dépasse –et de très loin- les limites de l’entendement.

De deux choses l’une : où les « euthanasieurs » ont raison d’achever les incurables, les vieux, les handicapés et toutes les bouches inutiles à nourrir qui pèsent trop lourdement sur les budgets sociaux et il est scandaleux d’avoir condamné Bonnemaison à deux ans de prison, même avec sursis, alors qu’il aurait plutôt fallu lui donner la Légion d’honneur puisqu’il a fait faire un grand pas en avant à la médecine en inaugurant une nouvelle interprétation du serment d’Hippocrate, ou les médecins qui donnent la mort à leurs malades, au lieu de tout faire pour les sauver, sont des assassins et ce n’est pas deux ans avec sursis qu’il fallait lui donner mais bel et bel la perpétuité, comme la loi le prévoit.

Les Français ne comprennent d’ailleurs pas pourquoi Bonnemaison qui avait été acquitté en première instance par le tribunal de Bayonne a été condamné par celui d’Angers, aucun élément nouveau n’étant apparu, ni pourquoi on lui a « pardonné » six assassinats tout en lui cherchant des noises pour le septième, comme s’il y avait désormais une tolérance pour six premiers assassinats mais qu’il ne fallait pas dépasser la limite permise.

On dira –et on aura raison- que cette justice totalement incohérente se fait « au nom du peuple français » et que le peuple en question est incohérent lui-même étant profondément divisé sur ce problème de l’euthanasie. D’ailleurs, hier soir, tout le monde semblait content, les uns se félicitant d’une condamnation de principe, les autres se réjouissant de ce sursis valant acquittement.

Le vrai problème n’est pas celui de notre justice « rendue au nom du peuple français », il est bien celui de ce « peuple français » qui a perdu tous ses repères, qui se sait plus ce qui est « le bien » et « le mal » et qui, au milieu de toutes les tempêtes qui secouent la planète, se laisse balloter par des gourous de pacotille, dépoitraillés et starlettes du petit écran, et des lobbies à la mode tenant d’une main de fer tous les organes de presse grâce au chantage à « la pensée unique » et au « politiquement correct ».

Nos grands penseurs de jadis qui nous faisaient avancer sur le chemin difficile du progrès ont disparu et ont été, depuis belle lurette, remplacés par des imposteurs glorifiés comme le fameux BHL ou l’intarissable Attali et ce qu’on appelait autrefois « les familles de pensée » se réduisent désormais à quelques officines grassement subventionnées par l’Etat lui-même et qui s’intitulent le MRAP, la LICRA ou la Ligue des Droits de l’Homme.

On peut se demander si la déchéance d’un pays ne commence pas par la disparition de ses intellectuels. Nous nous lamentons à juste titre de notre capitaine de pédalo qui est incapable de tenir la barre de l’Etat. Mais il y a encore plus grave. Nous n’avions plus de « phares » pour nous guider dans les flots déchainés. C’est, évidemment, ce qui explique tous nos malheurs, mieux que tout

25 Oct 2015 | Comments (3)

Les évêques et les divorcés, les juges et l’euthanasie

Aujourd’hui c’est la Saint Wolfgang et il faut bien dire qu’à part Mozart les Wolfgang entrés dans l’histoire ne sont pas si nombreux. Cela dit, mais qu’il fallait dire, si l’actualité est évidemment écrasée par le drame d’un accident de la route qui a fait 43 morts dans le Sud-ouest, deux informations reléguées en pages intérieures de nos journaux devraient tout de même retenir notre attention et d’autant plus que leur simultanéité est très révélatrice.

Aujourd’hui, à Rome, à l’occasion du Synode de la famille, les évêques doivent décider du sort que l’Eglise entend désormais réserver aux divorcés remariés et décréter s’ils sont toujours dignes d’être considérés comme des chrétiens à part entière.

En même temps, à Angers, le jury du tribunal doit dire si un médecin de Bayonne qui a assassiné (il n’y a pas d’autre terme) sept petits vieux sans grands espoirs de survie éternelle pour, selon la scandaleuse formule habituelle, « abréger leur souffrance » (avec ou sans s ?) est un criminel ou, au contraire, un médecin à la pointe du progrès, à la mode du XXIème siècle et digne de tous les éloges.

Certains diront que les deux « affaires » n’ont rien à voir entre elles. Ils auront tort. Elles démontrent, jusqu’à l’absurde, à quel point notre société a perdu pied et ne sait plus où elle en est.

L’Eglise se demande si on peut, en toute impunité et même avec sa bénédiction, violer les sacrements les plus sacrés –le mariage- et s’asseoir confortablement sur quelques siècles de traditions. La justice s’interroge pour savoir si les médecins (qui ont tous prononcé le serment d’Hippocrate) doivent se battre avec acharnement contre la mort et la maladie –ce qu’on croyait naïvement jusqu’à présent- ou si, au contraire, ils peuvent, en toute conscience et en trois coups de cuillère à pot, achever les vieux qui leur semblent « foutus » et les malades incurables dont les frais d’hospitalisation commencent à peser lourd sur le budget de la Sécurité sociale.

Soyons justes et reconnaissons que l’Eglise catholique a –du moins dans les pays de la vieille Europe- vu fondre sa « clientèle » dans des proportions catastrophiques et qu’on peut donc comprendre que le pape François cherche à relancer sa « boutique » par quelques opérations de « marketing » bien pensées.

Amateur de tango, ce souverain pontife argentin pratique la valse-hésitation depuis son élection, un pas en avant pour séduire la jeunesse et rameuter les foules, deux pas en arrière pour rassurer ce qui lui reste de troupes et ne pas se faire assassiner comme l’un de ses prédécesseurs. Curieusement d’ailleurs, ce sont les évêques du Tiers-monde et notamment d’Afrique qui sont les plus réticents pour ne pas dire les plus farouchement hostiles à ses efforts de « modernisation ».

S’il n’était pas venu d’outre-Atlantique, le brave François aurait sûrement compris que c’était précisément parce que les évêques européens avaient voulu « moderniser » (à la sauce plus ou moins marxisante) leurs églises qu’elles s’étaient inexorablement vidées. Pour faire revenir aujourd’hui les innombrables brebis égarées, le pape ferait sans aucun doute beaucoup mieux de recevoir les émules de Mgr Lefèvre (qui font le plein de leurs églises) que de recevoir le « pote » des délinquants et des homosexuels, Mgr Gaillot (qui a fait fuir un bon nombre de fidèles, à Evreux et ailleurs).

A Rome, les évêques vont bafouiller, à Angers, la Justice va en faire autant. En fait, dans les deux cas, on a, d’un côté, des grands principes s’appuyant sur ce qu’on appelait jadis « la morale » et qui semblaient immuables et, de l’autre côté, le travail de sape de lobbies très minoritaires mais à l’efficacité redoutable car s’appuyant sur une presse corrompue jusqu’à la moelle et des modes parisiennes lancées dans les arrière-salles de quelques brasseries élégantes.

Aujourd’hui, à Paris, entre la Coupole, le Flore et les Deux Magots, il est du meilleur des tons de parler du « droit de mourir dans la dignité ». Personne ne s’interroge sur ce qu’est vraiment la mort (atroce), sur ce qu’il pourrait bien y avoir « après » (rien), sur ce qu’est l’agonie (horrible) et sur ce que le mot « dignité » vient faire ici. Mais cela fait « chic » de prôner l’euthanasie, comme on a prôné le mariage des homosexuels (et des curés) ou la libéralisation de toutes les drogues et de préférences les dures (et de l’avortement).

Paul Valéry disait à juste titre : « Les grandes civilisations savent désormais qu’elles sont mortelles ». C’est vrai. Depuis quelques temps, « l’invasion des barbares » et notre « soumission » mettent gravement en péril notre civilisation. Et nous le savons. Mais on peut aussi se demander si, à force de vouloir « faire jeune » en jetant aux orties tous nos grands principes, nous ne provoquons pas, nous-mêmes, la mort de notre civilisation…

24 Oct 2015 | Comments (9)

Marine Le Pen, l’épouvantail qui ne fait plus peur à personne

Qu’elle apparaisse à la télévision, qu’elle soit trainée devant les tribunaux, qu’elle tienne un meeting au fin fond de la province et même –désormais- qu’elle n’apparaisse pas à la télévision, Marine Le Pen est partout, au centre de tous les commentaires, au coeur de tous les débats, comme si elle était la seule et unique survivante d’une espèce en voie d’extinction, notre faune politique.

Tout le monde attendait avec impatience la prestation de la présidente du Front National au cours de l’émission « Des paroles et des actes », d’hier soir. Le PS et les Républicains avaient protesté. C’était, en effet, la 5ème fois (sur 26 émissions) que Marine Le Pen était invitée. Cela faisait évidemment beaucoup. Mais personne n’ignore qu’avec la famille Le Pen n’importe quelle chaine fait monter les audiences. A croire que, depuis des années déjà, les Français aiment se défouler en entendant un orateur et désormais une oratrice qui « casse la baraque », met les pieds dans le plat et leur dit ce qu’ils ont envie d’entendre.

France 2 ne savait d’ailleurs plus qui opposer à celle que tous les sondages voient déjà non seulement en tête des régionales dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie mais aussi et surtout présente au second tour de la présidentielle.

La chaine avait invité Jean-Christophe Lagarde, le pale président de la pauvre UDI, et Stéphane Le Foll, le médiocre porte–parole du gouvernement et accessoirement le très mauvais ministre de l’Agriculture pour lui porter la contradiction ainsi que Pierre de Saintignon (PS) et Xavier Bertrand (LR), ses deux principaux adversaires locaux pour les régionales. Aucun des quatre ne faisant visiblement le poids en face de la madone de l’extrême-droite.

Finalement, devant les atermoiements et les reculades de la 2, Marine Le Pen a joué la fille de l’air et a annoncé, au dernier moment, qu’elle ne viendrait pas. Du coup, ce matin, une fois de plus, on ne parle plus que d’elle.

Que la fille de son père soit désormais, comme l’avait été son père, « la meilleure cliente » des émissions politiques grand public-grand spectacle est une chose. Elle a le sens des formules et le goût des shows télévisés. Mais ce qui est plus important, plus surprenant (et plus grave) c’est qu’elle est aussi maintenant au cœur de toute la vie politique du pays et l’unique préoccupation de tous les responsables politiques, de tous les dirigeants de parti, de tous les candidats à l’Elysée.

François Hollande et Nicolas Sarkozy, en pleine campagne l’un et l’autre, ne nous parlent plus ni du chômage, ni de la compétitivité de nos entreprises, ni de l’insécurité, ni du drame des migrants, ni du danger de l’Islam, ni de nos déficits et de notre dette, ni de l’Ecole à la dérive, ni de notre système de protection sociale en ruines. Ils ne nous parlent plus, aussi bien l’un que l’autre, que du Front National et de Marine Le Pen.

Hollande qui a tout raté et qui nous avait juré qu’il ne se représenterait pas s’il ne réussissait pas à inverser la courbe du chômage se déguise maintenant en seul rempart contre les forces du mal, en seul défenseur de la République, de la démocratie et de la France en face du péril fasciste et du danger néo-nazi que représenterait Marine Le Pen.

Sarkozy, expert, lui aussi, en échecs en tous genres et qui hésite désormais entre une ligne dure pour tenter de récupérer les voix qui se sont égarées au Front national et une ligne plus modérée, voire même centriste, pour ne pas laisser Juppé l’emporter lors des primaires de la droite, brandit, lui aussi, le danger que représenterait Marine Le Pen au cas où les Français ne voteraient pas pour lui.

Hollande et Sarkozy en sont déjà au second tour de la présidentielle et ont désormais admis, l’un et l’autre, qu’ils se retrouveraient inévitablement en face de Marine Le Pen. Ce qu’ils ne semblent pas avoir compris c’est qu’il n’y en aura qu’un seul en face de Marine pour ce second tour et que donc il leur faudra être arrivé en deuxième position au premier tour pour pouvoir continuer avec elle la compétition.

En clair, pour se qualifier pour la finale, il faudra présenter un véritable programme ne se limitant pas à fustiger la candidate de l’extrême-droite et à brandir l’épouvantail du fascisme car –ce qu’ils n’ont compris ni l’un ni l’autre- pas un seul électeur ne considère Marine Le Pen comme une réincarnation d’Hitler, de Mussolini ou même de Franco, pire d’ailleurs, pas un seul électeur de croit une seule seconde qu’elle pourra l’emporter au second tour, même si elle l’emportera vraisemblablement au premier. « Le coup de danger fasciste » ne fonctionne plus.

Quand un épouvantail ne fait plus peur à personne, il est ridicule de le brandir à tout bout de champ et il ne peut plus servir comme unique argument de campagne.

Aujourd’hui, une réélection de Hollande ou un retour de Sarkozy inquiètent beaucoup plus les Français qu’un éventuel et très hypothétique succès de Marine Le Pen. D’ailleurs, juste retour des choses, ce sont ces deux épouvantails que brandit Marine Le Pen, avec un succès évident…

23 Oct 2015 | Comments (16)

Moirans, à qui la faute ?

Les « incidents » de Moirans au cours desquels des « gens du voyage » ont incendié des véhicules, tenté de saccager tout ce qu’ils trouvaient et bloqué pendant des heures tout le centre-ville pour obtenir la libération d’un des leurs, incarcéré pour braquage, afin qu’il puisse assister aux obsèques de son jeune frère mort dans un accident de voiture (volée) après avoir fait, lui aussi, un braquage, posent trois questions.

D’abord, comme se fait-il que ni le préfet de l’Isère, ni la police locale ni même la gendarmerie n’aient prévu ces incidents qui n’ont fait que reproduire, au détail près, ce qui s’était déjà passé il y a quelques semaines quand des « gens du voyage » avaient coupé, pendant vingt-quatre heures, l’autoroute du nord pour… obtenir la libération d’un des leurs incarcéré… pour braquage, afin qu’il puisse… assister aux obsèques de son frère. Les « gens du voyage » de l’Oise ayant obtenu gain de cause, il était plus que prévisible que les « gens du voyage » de l’Isère allaient, eux aussi, provoquer leur petite émeute.

Dans un pays « fliqué » comme le notre, il est invraisemblable que les responsables de la sécurité publique aient pu être surpris par cette affaire. On attend avec impatience le limogeage du préfet de l’Isère. Mais on sera sans doute déçu.

La deuxième question est plus importante. Alors qu’on nous bassine depuis des mois avec le statut des « réfugiés », des « immigrés », des « migrants », des « sans-papiers », des « demandeurs d’asile », personne n’évoque jamais celui des « gens du voyage ». Or, ce sont des citoyens qui posent, évidemment, problème. Ils sont français à part entière, généralement « de souche » (comme il ne faut pas dire), de plus en plus souvent sédentarisés dans des camps de caravanes semi-légaux, roulent parfois en superbes voitures et ont bien rarement des revenus officiels. Personne n’ose le dire mais, à part le rempaillage des chaises et la lecture des lignes de la main, ces « gens du voyage » ne vivent, au mieux, que grâce à de menus larcins, au pire, qu’en commettant de vrais délits.

Totalement en marge de notre société, les « gens du voyage » font partie de ces problèmes que nos législateurs ont toujours préféré ignorer, en fermant pudiquement les yeux, tant leur « culture » et le « nomadisme » sont incompatibles avec notre mode de vie.

La troisième question est, elle, plus fondamentale encore. Hollande, Cazeneuve et leurs copains-coquins sont, depuis 48 heures, montés sur leurs grands chevaux de bois et répètent à l’envi que la République ne peut pas tolérer…, que la Démocratie exige…, que l’Etat saura…, que la Justice… etc.

Il est évident que ni la République, ni la Démocratie, ni l’Etat, ni la Justice ne peuvent accepter que des hordes de sauvages se mettent à incendier, pour quelle que raison que ce soit, le cœur de nos petites bourgades de province. Mais on peut se demander si la République, la Démocratie, l’Etat et même la Justice auraient été mises en danger si le procureur du coin avait autorisé le frère délinquant à sortir de prison, quelques heures et sous bonne garde, pour aller assister aux obsèques de son frère (braqueur lui aussi).

Dans cette affaire, le premier « délinquant » c’est le magistrat qui n’a pas compris que, dans une société civilisée, on ne pouvait pas interdire, même au pire des criminels, d’assister à l’enterrement de ses parents, de ses enfants ou de ses frères. L’Etat se doit d’être intraitable mais il doit aussi avoir « un cœur », savoir être « humain », sans quoi de plus en plus de citoyens lui feront la guerre en le considérant comme un vulgaire minotaure nuisible à abattre.

Il est évident qu’en accordant une permission de sortie de quelques heures au frère incarcéré, le petit juge aurait évité l’émeute prévisible de Moirans et démontré que la justice française ne se contente pas de libérer la plupart des délinquants arrêtés par la police ou de relâcher avant terme des multirécidivistes mais qu’elle sait, aussi, parfois, respecter des lois plus fondamentales que le Code de procédure pénale.

On en revient toujours à la même formule : pour être respecté un Etat doit être respectable.

Bref, on aimerait qu’après avoir viré le préfet de l’Isère, Paris limoge aussi le magistrat inconscient responsable, coupable même de ces incidents…ns

22 Oct 2015 | Comments (10)

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