Archives par moisseptembre 2015



Attention aux retournements imprévus de l’Histoire !

Une lectrice sans doute occasionnelle de ce blog nous écrit (gentiment) pour contester (violemment) un de nos derniers billets dans lequel nous nous demandions si les Européens ne commençaient pas à en avoir assez de l’Europe qu’on leur impose depuis des années et si d’ailleurs cette Europe s’étirant de la Baltique à Gibraltar et de l’Atlantique à la mer Egée avait la moindre réalité et, du coup, le moindre avenir.

Cette « Européenne » est française, mariée à un Belge, vit en Allemagne, travaille pour une entreprise luxembourgeoise et nous affirme que l’Europe existe bel et bien et que c’est la France à laquelle nous nous « accrochons » qui n’existe plus.

A première vue, elle a raison. Il n’y a plus de frontières, plus de monnaies nationales, la justice européenne l’emporte sur la française, les « lois » de Bruxelles l’emportent sur celles votées par nos parlementaires et ceux qui osent encore évoquer la France avec des trémolos dans la voix sont généralement considérés comme de vieux réactionnaires, nostalgiques de de Gaulle et d’un passé révolu à tout jamais.

Mais il faut toujours faire attention aux retournements imprévus de l’Histoire qui n’avance pas forcément indéfiniment dans le même sens et qui peut parfaitement s’apercevoir, parfois elle-même, qu’elle a fait fausse route. Les exemples sont nombreux. Qui aurait pu, un seul instant, imaginer qu’un jour l’URSS des petits pères Staline, Khrouchtchev et Brejnev qui faisait soi-disant le bonheur de ses peuples tout en faisant trembler le reste de la planète, s’effondrerait comme un château de cartes ? Personne. Et pourtant.

Certes, il y a bien une « culture » pour ne pas dire une « civilisation » européenne. Nous avons un « panthéon » commun avec Voltaire, Hugo, Shakespeare, Goethe, Cervantès, Dante, Chopin, Mozart et quelques autres. Certes, depuis 1945, nous ne nous sommes plus entretués comme nous en avions pris la fâcheuse habitude. Mais l’Europe de Bruxelles et de ses technocrates honnis a-t-elle fait pour autant le bonheur qu’on nous annonçait ? A-t-elle empêché les crises ? A-t-elle endigué le chômage ? A-t-elle créé, grâce à l’Hymne à la Joie, une réelle fraternité entre tous ces peuples si différents les uns des autres ? On peut en douter.

Notre « Européenne » convaincue semble ignorer que la fin du siècle dernier a été marquée par un retour fulgurant au nationalisme un peu partout à travers notre vieux continent, comme si tous les peuples avaient soudain eu besoin de retrouver, au milieu de la mondialisation et du chaos généralisé, leurs vraies racines, leur identité.

Les Yougoslaves ont voulu redevenir Serbes, Croates, Slovènes, Monténégrins, etc. Les Tchèques n’ont plus voulu être confondus avec les Slovaques. Les Catalans se sont mis à contester Madrid. Les Ecossais à récuser Londres. Les Flamands à détester les Wallons. Les Turinois et les Milanais à mépriser les Napolitains… Bref, le vent de l’histoire s’est mis à souffler –et très fort- dans l’autre sens et mise à part une Française, mariée à un Belge, habitant l’Allemagne et travaillant pour des Luxembourgeois, on se demande s’il n’y a pas aujourd’hui davantage d’Eurosceptiques que d’Eurolâtres.

David Cameron en est réduit à organiser un référendum pour savoir si les Britanniques (qui n’ont jamais voulu de l’euro) souhaitent vraiment rester dans l’Union européenne et toute l’extrême gauche qui triomphe d’Athènes, à Madrid et maintenant même à Londres ne veut plus de Bruxelles et de ce projet qui nous promettait une « confédération » et qui nous conduit à marche forcée, sans nous avoir demandé notre avis, vers une « fédération » bien contre-nature.

La France semble être aujourd’hui le seul pays où le mot de « souverainiste » soit encore considéré comme la pire des injures. Mais, même ici, les choses commencent peut-être à changer. La crise grecque l’a révélé. La crise des migrants le démontre. Il est d’ailleurs amusant de remarquer que notre ministre des Affaires Etrangères fut l’un des plus farouches partisans du « non » à cette Europe.

Le XXIème siècle pourrait bien être non seulement celui de tous les « transferts de populations » et de toutes les guerres de religions mais aussi celui d’un retour à un certain « patriotisme » pour ne pas employer le mot banni de « nationalisme »

18 Sep 2015 | Comments (14)

L’homme qui fait rigoler Assad

Depuis quelque temps, Bachar el Assad, le dictateur alaouite et syrien, n’a plus guère l’occasion d’éclater de rire.

Certes, son ami Poutine et ses copains ayatollahs sont toujours à ses côtés pour lui envoyer armes et espèces sonnantes et trébuchantes mais il est bien obligé de reconnaitre que si son armée a totalement réduit au silence la pseudo opposition « démocratique » qui faisait jadis les choux gras des capitales occidentales qui n’ont jamais rien compris à « l’Orient compliqué », cette même armée se fait maintenant tailler des croupières par les Sunnites radicaux et d’autant plus que, depuis des mois, ces rebelles sont devenus l’Etat islamique, un califat autoproclamé (comme tous les califats d’ailleurs) qui règne sur la moitié de l’Irak et les deux-tiers de la Syrie et gagne, chaque jour, inexorablement, du terrain malgré les bombardements plus ou moins massifs de l’aviation américaine et plus anecdotiques des Rafales français.

Heureusement, pour égailler les longues soirées un peu tristounettes du palais présidentiel de Damas, il y a un rigolo, un marrant, un bouffon, une baudruche, un certain… François Hollande.

Autrefois, la France était aimée et du moins respectée à Damas. En vertu d’un mandat reçu au lendemain de la guerre de 14, après l’éclatement de l’empire ottoman, elle avait régné « sur les bords de l’Oronte ». Tous les enfants des grandes familles étaient venus faire leurs études à Paris et même les chauffeurs de taxi de Damas, de Homs, d’Alep ou de Lattaquié parlaient notre langue. Tout cela est fini, bien sûr, depuis longtemps, Paris ayant d’ailleurs multiplié comme à plaisir –et sans doute pour plaire à Israël- les erreurs avec tous les régimes bassistes qui se sont succédé à Damas. Le Quai d’Orsay qui n’a, hélas, plus les arabisants d’autrefois ignore depuis maintenant des lustres que « le coeur de la nation arabe palpitera toujours à Damas ».

Reçu triomphalement à Paris par Sarkozy, le 14 juillet 2008, Assad regarde maintenant avec des yeux aussi ronds que rigolards son successeur.

Il faut dire que François Hollande a d’abord annoncé qu’il allait faire la guerre à Assad « pour le punir » (d’avoir utilisé des armes chimiques contre ses rebelles, ce qui n’a jamais été officiellement prouvé). Hollande voulait prendre la tête d’une croisade anti-Assad à laquelle auraient participé les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Obama et Cameron s’étant aussitôt désistés, Hollande-s’en-va-en-guerre a dû remettre ses velléités guerrières dans sa poche-revolver, se contentant d’envoyer quelques armes légères à la pseudo opposition démocratique qui n’existait plus depuis belles lurettes. Assad a commencé à rigoler en voyant Hollande.

Puis, l’Etat islamique étant soudainement apparu, d’abord en Irak (même si personne ne veut le dire, Daech est essentiellement composé d’anciens officiers et soldats, sunnites, de l’armée de Saddam Hussein, persécutés par le pouvoir chiite installé à Bagdad par les Américains) puis en Syrie (les Sunnites radicaux ne voulant plus de l’alaouite Assad), l’Occident a commencé à s’affoler. Hollande a alors décidé d’accompagner les Américains dans leur lutte contre le califat, mais… seulement en Irak pour ne pas avoir l’air d’aider Assad dans sa lutte contre l’Etat Islamique.

Assad a alors de nouveau rigolé car on plongeait à pieds joints dans l’absurde. D’abord, parce que Washington et Paris répétaient qu’il n’était pas question d’envoyer des troupes au sol. C’était évidemment une sage précaution, après les expériences afghane et irakienne qui avaient démontré (une fois de plus) que des troupes « occidentales » ne pouvaient que perdre en face de rebelles chez eux.

Mais c’était aussi reconnaitre qu’il ne s’agissait que de « gesticulation », n’importe quel sous-officier sachant parfaitement qu’une guerre ne peut se gagner qu’au sol, avec l’infanterie « reine de toutes les batailles ».

Ensuite, c’était encore absurde car limiter les survols à l’Irak en oubliant la Syrie (pour ne pas aider Assad) c’était vouloir ignorer que le califat avait supprimé la frontière irako-syrienne.

Et maintenant nouvelle posture du Français. Les Rafales vont survoler –aussi- la Syrie, dans un premier temps pour faire des vols de reconnaissance, ensuite, sans doute, pour bombarder des cibles de l’Etat Islamique repérées par les vols de renseignement. Et Assad éclate une nouvelle fois de rire.

Comment la France de Hollande va-t-elle faire pour bombarder des positions de l’Etat Islamique (qui fait la guerre à Assad) sans aider ipso facto Assad que Hollande veut toujours abattre ?

On peut en plus imaginer qu’Assad a de nouveau rigolé quand il a appris qu’il y avait eu un débat au Parlement français sur cette nouvelle « guerre » mais que, comme dans la pire des dictatures, ce débat était « sans vote »…

Hollande ne fait pas la guerre à Assad mais il lui remonte le moral en le faisant rigoler.

16 Sep 2015 | Comments (13)

L’Europe n’existe plus si tant est qu’elle ait jamais existé

Cette fameuse « crise des migrants » dans laquelle nous pataugeons depuis quelques semaines aura tout de même eu un avantage considérable. Elle aura mis au grand jour et d’une manière incontestable, évidente, éblouissante que tout ce qu’on nous raconte depuis des années à propos de cette Europe, « terre de paix, de fraternité, de solidarité », de cette Europe, « cœur de la civilisation occidentale », de cette Europe qui apporte « la paix à tous et la prospérité à chacun » en permettant d’éradiquer le chômage et de refuser la loi du plus fort, notamment des puissances de l’argent, n’était, bien sûr, que des balivernes.

Et ceux qui, comme le disait de Gaulle il y a déjà un demi-siècle, sautent sur leur tabouret en criant « L’Europe, l’Europe » devraient aujourd’hui se rouler dans la cendre et mettre la tête sous terre, comme les autruches auxquelles ils ressemblent, d’ailleurs, depuis longtemps.

Depuis que le monde entier, horrifié, a vu l’image du cadavre de ce gosse syrien échoué sur une place turque, on nous tanne avec « les valeurs de l’Europe » et on veut nous faire croire que notre continent tout entier va se mobiliser, comme un seul homme, pour accueillir -c’est-à-dire loger, nourrir, soigner, donner un travail, éduquer les enfants- tous ces malheureux qui, un peu comme des lâches (il faut tout de même le dire, du moins pour les jeunes hommes qui semblent les plus nombreux) ont fui leur pays, quittant l’enfer pour tenter de gagner un paradis imaginaire.

Mais il n’a pas fallu longtemps pour que certains pays, oubliant la photo du gosse sur la plage, avouent à mi-voix qu’à la réflexion, ils ne souhaitaient pas recevoir ces gens, prétendent qu’ils en ont déjà beaucoup, rappellent que, depuis des années, l’Europe a toujours mené –et à juste titre- une politique pour arrêter cette immigration sauvage.

Les pays de l’Est ont carrément dit « non » à toute idée de quotas et d’obligation de recevoir ces migrants, qu’on les appelle « clandestins », « immigrés économiques » ou « réfugiés politiques ». Quelques-uns sont même allés jusqu’à édifier précipitamment des murs, des barbelés, des miradors.

Quant à l’Allemagne qui donnait des leçons de morale et de générosité à tout le monde, devant cet afflux qui dépasse largement ses besoins, elle ferme carrément sa frontière et va organiser des trains pour conduire ces gens… vers des camps. Une vieille habitude chez ces gens. Et on apprend au détour de l’interview d’un vieux turc habitant Munich depuis des années, que les Bavarois ont toujours été, sont et seront toujours profondément… racistes.

Du coup, Hollande qui trottinait comme à son habitude derrière la chancelière, ne sait plus quoi faire et semble particulièrement ravi qu’aucun de ces Syriens, Irakiens, Afghans et autres Kurdes ne souhaite venir en France. Il est vrai que, pour eux, le pays des Droits de l’Homme et de la laïcité (notions difficiles à traduire dans leurs langages) n’est guère fréquentable puisqu’il interdit aux femmes d’être voilée, tout en battant les records de chômage.

Mais alors où est cette Europe avec ses mêmes « valeurs », sa même civilisation généreuse, ses mêmes traditions humanistes, du Pôle nord à Gibraltar, de l’Atlantique à la Mer Egée ?

Ouvrons les yeux et ayons le courage de dire la vérité. Les compatriotes de Goethe ne pensent qu’à leur nouveau Reich et acceptent des esclaves venus de loin pour faire marcher leurs usines, mais pas trop. Les compatriotes de Dante sont débordés et n’en peuvent ni n’en veulent plus. Les compatriotes de Shakespeare ont déjà faite comprendre qu’ils voulaient larguer les amarres pour que leur île reprenne le large et retrouve toute son indépendance. Les compatriotes de Chopin sont toujours aussi xénophobes qu’antisémites. Les compatriotes de Cervantès ont assez d’Africains et de Sud-Américains pour ne pas souhaiter ces nouveaux venus arrivant d’Orient.

Et les compatriotes de Voltaire ? Eux, on ne leur demande pas leur avis ou quand, par erreur, on leur organise un référendum, on ne tient aucun compte du résultat. Une chance pour eux, aujourd’hui, celui qui leur tient lieu de chef d’Etat ne sait plus du tout ce qu’il veut. Souhaite-t-il récupérer sa gauche encore vaguement internationaliste ? A-t-il peur de Marine Le Pen ou, au contraire, pense-t-il pouvoir, en la faisant monter encore dans les sondages, casser les reins de Sarkozy ?

Bref, on s’aperçoit bien, grâce à cette crise, que l’Europe n’existe pas, qu’il n’y a ni « valeurs », ni culture, ni civilisation européennes, que c’est, comme toujours et très normalement, chacun pour soi, avec son histoire, ses souvenirs, ses problèmes, ses défauts, ses qualités, ses espérances. Les Baltes n’ont rien à voir avec les Méditerranéens qui ne ressemblent ni aux Saxons, ni aux Flamands, pas plus d’ailleurs que les Celtes n’ont de point commun avec les Hellènes.

Certains voudraient nous imposer une « fédération » européenne ! Ils nous ont déjà volé nos frontières, nos monnaies, notre justice, nos lois et ils sont convaincus qu’avant longtemps leur « machin » triomphera et que nous parlerons tous le « volapuk » sur l’air de la 9ème de Beethoven et, bien sûr, en marchant au pas de l’oie.

Qu’ils regardent donc l’état de cette Europe d’aujourd’hui. Nous nous étions déjà déchirés à propos de la Grèce. Cette fois, à propos du « transfert de population » (qui sera l’un des grands problèmes du XXIème siècle) nous nous entredévorons quand nous ne nous ridiculisons pas comme Angela Merkel ou François Hollande.

L’Europe n’existe pas mais ce qui est vrai c’est que des millions d’Arabes, d’Africains, d’Asiatiques et de « Barbares » en tous genres vont l’envahir dans les toutes prochaines années. Pour faire face à ce tsunami humain, il est évident qu’il faudrait non pas cette Europe imaginaire, impuissante, malsaine mais que chacun retrouve sa vraie « nation », ses vraies valeurs. Hélas, il est peut-être, déjà trop tard

15 Sep 2015 | Comments (10)

Quand l’hystérie s’apaise

On a bien l’impression que le vent d’enthousiasme, de solidarité et autant dire de folie qui soufflait à travers certains pays européens depuis deux ou trois semaines –en fait, depuis la publication de la fameuse photo du cadavre d’un enfant échoué sur une plage turque- commence à s’apaiser.

Les « bonnes âmes » qui, à Berlin, à Paris, à Bruxelles, à Rome et à Madrid, hurlaient à tue-tête qu’il fallait, au nom des grands principes, de la charité chrétienne, des Droits de l’homme et des conventions internationales, accueillir à bras ouverts tous les malheureux syriens ou irakiens qui fuyaient la guerre, la dictature, le chaos et surtout l’Etat islamique, reprennent leurs esprits et s’aperçoivent qu’elles ont été victimes d’une sorte d’hystérie collective.

L’Allemagne qui, en raison de ses énormes problèmes démographiques, en rajoutait et se disait prête à recevoir chez elle 800.000 « réfugiés » cette année vient… de rétablir ses frontières pour les fermer, en oubliant ainsi les accords de Schengen. Les Allemands ont refait leurs calculs et se sont aperçus que ce n’étaient pas 800.000 Syriens ou Irakiens qui allaient les « envahir » mais au moins un million, voire beaucoup plus. La générosité a ses limites…

Aujourd’hui, tout le monde ou presque donne raison à ceux –bien rares- qui avaient osé rappeler que ce n’était pas avec de bons sentiments qu’on faisait une bonne politique. Ni même avec de la mauvaise conscience.

Certes, le sort de ces malheureux est épouvantable. Mais ce n’est pas parce que les « grandes puissances » sont à l’origine de toutes ces catastrophes (les Etats-Unis qui ont renversé Saddam Hussein, la France qui soutient les rebelles syriens, la Russie qui aide Assad, les pays du Golfe qui arment l’Etat Islamique) que nous devons en payer les conséquences. La tradition bien établie veut que ce soient toujours les « indigènes » qui paient, au prix fort, les erreurs et les crimes des géostratéges des « Grands ».

En peu de temps, au nom de la démocratie (il faut le rappeler !!) « nous » avons détruit l’Irak, la Syrie et la Libye. Mais ce n’est pas une raison pour ouvrir nos portes à toutes nos « victimes ». Le chacun-pour-soi doit évidemment demeurer la règle, même si ce n’est pas très glorieux.

Et personne, même parmi les meilleures des meilleurs « bonnes âmes », ne peut contester que notre vieille Europe ne pourra jamais assimiler ou même seulement intégrer cinq, six, sept ou huit millions d’Arabes, musulmans pour la plupart, ayant tout perdu et n’ayant bien souvent, contrairement à ce qu’on nous raconte, aucune formation. Pour les quelques médecins ou ingénieurs ayant fait leurs études à Oxford ou à Harvard (de plus en plus rarement à Paris), l’écrasante majorité de ces malheureux grattait la terre entre le Tigre, l’Euphrate et l’Oronte.

Au passage, on peut d’ailleurs noter à quel point la dictature de notre « politiquement correct » nous a fait dérailler. Il aurait été parfaitement normal (et possible) d’accueillir les « Chrétiens d’orient », cette petite minorité persécutée, martyrisée, exterminée parce que les islamistes lui reprochent d’être trop proche de l’Occident. Hélas, nos penseurs-tyrans de gauche nous interdisent, sans doute en vertu des règles de la laïcité, de privilégier nos « frères en Jésus-Christ ». Du coup, nous accueillons les Chrétiens francophiles et souvent francophobes de Mossoul, anciens élèves des Dominicains aussi bien (ou aussi mal) que les Chiites de Bassorah adeptes des ayatollahs ou les Sunnites frères musulmans de Homs.

Angela Merkel commence à s’apercevoir que ces « migrants » ne sont pas des « réfugiés politiques » pouvant bénéficier du droit d’asile mais qu’il ne s’agit que de pauvres « fuyards » cherchant refuge pour sortir de l’enfer qu’ils subissent depuis des mois. Or le statut de « réfugiés de guerre » n’existe pas.

Elle s’aperçoit aussi que son idée des « quotas » qui visait à répartir équitablement ces foules dans des pays d’accueil en fonction de la population, de la richesse, du taux de chômage et du nombre d’immigrés que ces pays hébergent déjà, est doublement absurde.

D’abord, parce qu’un certain nombre de pays, notamment à l’est, ne veulent pas de ces faux « réfugiés ». Ensuite et presque surtout, parce qu’on ne peut pas « caser » autoritairement, pour ne pas dire « déporter », ces « réfugiés » n’importe où, en fonction des décisions de nos sommets bruxellois. On sait que, pour la plupart, ils veulent s’installer en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Suède. Et que, même si on leur assigne l’Espagne, la Pologne ou la France, à peine arrivés, ils prendront la route de Berlin, de Londres ou de Stockholm.

Bref, tout ce qu’on nous a raconté ces dernières semaines n’était qu’approximations et balivernes. Il est grand temps d’en revenir aux cruelles réalités et de se souvenir de la fameuse phrase de Rocard : « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde

14 Sep 2015 | Comments (5)

N’oubliez pas de leur construire des mosquées !

 Les premiers des « réfugiés » auxquels François Hollande vient d’ouvrir toutes grandes nos portes sont donc arrivés ce matin. Les bonnes âmes applaudissent à tout rompre et la presse, une fois de plus aux ordres, répète à satiété toutes les contre-vérités, tous les mensonges et toutes les balivernes dont le pouvoir nous abreuve depuis quelques jours.

On nous raconte que nous n’accueillerons « que » 24.000 « migrants » au cours des deux prochaines années alors que l’Allemagne en accueillera 800.000 l’année prochaine, que ces « migrants » sont tous des « réfugiés » pouvant donc bénéficier du droit d’asile, que cette arrivée massive d’immigrés ne posera aucun problème, et que c’est d’ailleurs là une vieille (et belle) tradition française.

Or, il est évident qu’ayant ouvert nos portes nous ne pourrons plus les refermer, notre « quota » atteint, alors que ce sont des centaines de milliers de malheureux qui se pressent aux frontières de l’Europe.

A propos de l’Allemagne, on oublie de nous dire que Berlin connait un problème démographique épouvantable qui compromet, à très brève échéance, son économie, alors que les femmes françaises continuent à faire deux enfants chacune ; on oublie aussi de rappeler que l’Allemagne n’a que 4% de chômage (c’est-à-dire rien) alors que nous sommes toujours à plus de 10% ; enfin on peut aussi imaginer que l’Allemagne a à se faire pardonner beaucoup de choses, ce qui n’est tout de même pas notre cas.

On nous présente ces 24.000 « immigrés » comme des « réfugiés », c’est-à-dire, selon la définition officielle très précise, des gens ayant dû fuir leur pays parce qu’ils y étaient « persécutés en raison de leurs opinions politiques, de leur religion ou de leur race ». Mais ces malheureux syriens, irakiens, érythréens, somaliens n’étaient « persécutés » par personne. Ils étaient victimes de guerres qui ravageaient leur pays. C’est totalement différent. Va-t-on décréter que toutes les populations de tous les pays en guerre peuvent désormais bénéficier chez nous du droit d’asile ?

On ne voit alors pas en quoi les gens ayant fui la guerre seraient plus « attendrissants » que des gens ayant fui la famine, en quoi ces pseudo « réfugiés politiques » mériteraient davantage ce « droit d’asile » que les « immigrés économiques ». Crever de faim dans un désert asséché n’est pas moins dramatique que d’être sous des bombardements. Bref, on en arrive tout de suite à « toute la misère du monde ».

Dire que ces 28.000 « réfugiés » qui vont rapidement devenir 50.000, puis 100.000, et plus, ne poseront aucun problème est évidemment une absurdité. Il va falloir les loger, les nourrir, les soigner, mettre leurs enfants dans des écoles et tenter de leur trouver un travail alors qu’ils ne parlent pas un mot de français. Autant dire qu’ils vont rejoindre immédiatement les 5,5 millions de chômeurs du pays, les 10 millions de mal-logés et les 8 millions de Français vivant sous la ligne de pauvreté.

Enfin nous affirmer qu’il s’agit là d’une vieille tradition française est une escroquerie. C’est oublier comment nous avons (mal) reçu les « ritals » qui fuyaient la misère et le fascisme, comment nous avons parqué dans des camps les républicains espagnols vaincus par Franco, comment nous avons accueilli, en 1962, un million de Pieds-Noirs, avec sur les quais de Marseille d’immense graffitis sur lesquels on pouvait lire : « Retournez chez vous », alors pourtant que les Pieds-Noirs étaient des Français et que nous étions encore dans les Trente Glorieuses.

Et personne, bien sûr, n’ose évoquer une « difficulté » supplémentaire : ces « réfugiés » sont des musulmans. Ce n’est pas parce que certains d’entre eux ont fui l’Etat Islamique qu’ils sont pour autant prêts à s’assimiler à une république « laïque ». Les maires qui se disent ravis de les installer dans leur commune ont-ils prévu de leur construire aussi des mosquées ?

François Hollande trottine derrière Angela Merkel et veut plaire à ses gauchistes. Mais il nous ment et, par démagogie, il commet, une fois de plus, l’irréparable.

09 Sep 2015 | Comments (29)

Hollande aux ordres de Merkel et d’Obama

Une fois de plus, hier, François Hollande a été lamentable. Pour cette sixième conférence de presse de son quinquennat, les Français l’attendaient, évidemment, sur ce qui les préoccupe, les angoisse le plus : le chômage, les impôts et l’ensemble de la crise politique, économique, sociale et morale que connait le pays depuis des années.

Le matin même, Le Figaro avait publié un nouveau sondage IFOP qui prédisait, une nouvelle fois, son élimination dès le premier tour de la présidentielle (Marine Le Pen : 27%, Nicolas Sarkozy ou Juppé : 25%, Hollande : 19%). On pouvait donc penser que le président « sortant » aurait à cœur, face aux journalistes, de se débattre un peu, de reconnaitre ses erreurs et d’annoncer quelques (bonnes) résolutions pour les quelques mois qui lui restent.

Il a préféré consacrer l’essentiel de ses déclarations à l’actualité la plus brûlante : l’afflux affolant des « migrants » et l’expansion de l’Etat islamique. Deux sujets évidemment importants mais qui divisent les Français qui savent d’ailleurs parfaitement que Hollande n’a guère les moyens d’y faire face.

Pitoyable sur le plan intérieur avec sa croissance zéro, Hollande voulait sans doute, pour faire oublier sa kyrielle d’échecs, apparaitre, sur le plan international, en homme d’Etat capable de gérer l’Histoire (il l’a carrément dit) et de redonner à la France le rôle de maitre du monde qu’elle a eu jadis (il y a très, très longtemps).

C’est avec des sanglots dans la voix qu’il nous a annoncé que, fidèle à ses traditions humanistes, la France, gardienne de tous les droits de tous les hommes, allait accueillir 24.000 migrants au cours des vingt-quatre prochains mois, puis, avec des trémolos dans la même voix, qu’il nous a annoncé que dès aujourd’hui l’aviation française survolerait la Syrie pour y effectuer des opérations de renseignements.

C’était « Je, je, je », « Moi, la France, la France et moi ». Le paon déroulait sa roue, le dindon se rengorgeait. Dix ou quinze fois, il nous a assené qu’il « choisissait », qu’il avait « choisi », que c’est là son « choix ». Comme si le gros Louis XVIII voulait ressembler à Louis XIV ou, pire encore, comme si le gros Hollande se prenait soudain pour de Gaulle.

Or le gros Hollande en question n’a rien « choisi » du tout. Une fois de plus, il trottine (ce qui est particulièrement difficile à faire avec ses gros sabots) derrière Angela Merkel et derrière Obama.

Souvenons-nous. Quand la chancelière allemande avait annoncé qu’il fallait organiser des « quotas » pour répartir équitablement, entre tous les pays membres de l’Union, les migrants qui allaient déferler sur l’Europe, Hollande s’était insurgé. Le mot « quota » le scandalisait car, selon lui, il risquait de provoquer une confusion entre les « réfugiés » et les « immigrés ».

Or, les 24.000 « migrants » que nous allons accueillir représentent bel et bien… le « quota » imparti à la France. Le président français a donc « choisi » de s’aligner comme un petit garçon derrière la chancelière allemande.

Souvenons-nous. Quand Obama a décidé de lancer des opérations aériennes contre l’Etat Islamique en Irak et en Syrie, Hollande s’était récrié. Pas question pour la France, ânonnait-il, de pilonner les islamistes en Syrie car, précisait-il, ce serait apporter un soutien évident à Assad. Pour Hollande, les ennemis de ses ennemis ne sont pas ses amis.

Cette position de Paris était, bien sûr, absurde. On bombardait les Islamistes en Irak pour aider le régime totalement fantoche de Bagdad mais on ne bombardait pas ces mêmes Islamistes en Syrie pour ne pas aider le régime d’Assad. Or les terroristes de l’Etat Islamique qui ont proclamé un nouveau califat ignorent, par définition, les frontières.

Hollande a fini par comprendre le ridicule de sa stratégie et il a donc « choisi »… de suivre Obama.

La question n’est d’ailleurs pas de savoir si, une fois de plus, Hollande a mangé son chapeau et renoncé à toute dignité (ce qui s’appelle en l’occurrence la souveraineté) en suivant comme un petit caniche la maitresse de l’Europe et le maitre du monde. La question est de savoir si c’est une bonne idée que d’ouvrir, au nom des grands principes, les portes de l’Europe aux dizaines de millions de malheureux qui veulent fuir la guerre, la famine, la dictature dans tout le Proche-Orient et à travers tout le continent africain et si, en décidant d’ordonner des vols d’observation au-dessus de la Syrie, la France ne fait pas un pas de plus vers une guerre qui la conduira avant longtemps à bombarder la Syrie puis, quand on se sera rendu compte que cela ne servait pas à grand-chose, à envoyer des troupes au sol. Cela s’appelle l’engrenage.

Non seulement Hollande a « choisi » d’obéir à Angela Merkel et à Obama, alors que les intérêts de la France ne correspondent ni à ceux de l’Allemagne ni à ceux des Etats-Unis mais, en plus, il n’a visiblement pas « choisi » la bonne politique.

08 Sep 2015 | Comments (8)

Les paysans, les migrants et les politicards

Nous sommes, sans doute, un certain nombre de contribuables dans ce pays à avoir, parfois, ce qu’on nomme pudiquement des « problèmes de trésorerie ». Jusqu’à présent la meilleure (et seule) solution pour se débarrasser de ces désagréments était de braquer une banque. Depuis hier, grâce à François Hollande, Manuel Valls et très accessoirement Le Foll, on sait qu’il y a mieux encore. Il suffit désormais de réunir quelques copains et, avec nos tracteurs, ou, à défaut, nos voitures, voire nos trottinettes, d’aller bloquer quelques autoroutes ou même le périphérique.

Soyons sérieux. Personne ne reprochera au gouvernement de courir au secours des agriculteurs qui sont en train de crever sur pied et qui appellent au secours depuis des mois. Mais, une fois de plus, ce gouvernement a fait la preuve de son incompétence.

D’abord, pour tenter de calmer ces paysans désespérés, Valls s’imagine qu’il suffit de leur déclarer son « amour » et de leur jeter quelques os à ronger. Or, ce n’est ni de « l’amour » du Premier ministre (grotesque) ni de ces quelques rustines dérisoires dont nos agriculteurs ont besoin pour sortir du gouffre dans lequel ils ont sombré.

Ils ont été très clairs dans leurs appels au secours. Ils sont en train de mourir parce qu’ils ne peuvent plus vendre leurs productions en face de la concurrence européenne à cause 1) des charges qui les écrasent, 2) des normes qui les étranglent et 3) de la grande distribution qui les exploitent au-delà du tolérable. Tout cela les empêchant de faire les efforts de modernisation indispensables pour résister aux Allemands, aux Espagnols et au monde entier.

Ce que veulent les paysans en colère (et ce qu’exige la situation) c’est donc une réforme totale, une vraie révolution de l’agriculture française, c’est-à-dire, en fait, une véritable « libération » de ce monde rural qui étouffe depuis des décennies sous la tyrannie d’un Etat qui l’oppresse financièrement et le paralyse avec une règlementation délirante tout en se donnant bonne conscience en le maintenant artificiellement en vie à coup d’aides et de subventions.

Or, que leur offre Manuel Valls à part son « amour » ? Comme d’habitude, quelques piécettes en guise d’aumônes, une « année blanche » (ce qui veut dire que l’année prochaine sera encore plus noire), des délais et des sursis pour retarder le saut dans l’abîme. « Encore un instant, Monsieur le bourreau ! ». Mais pas la moindre vraie décision sur les charges, sur les normes, sur la grande distribution, sur la concurrence, européenne, sur la modernisation.

C’est toujours pareil avec eux. Pour sauver notre économie et sortir de la croissance zéro, on va pouvoir… travailler le dimanche et voyager en autocar ! Dérisoire et grotesque ! Pour sauver notre agriculture, nos paysans vous pouvoir bénéficier… d’un moratoire sur leurs emprunts ! Dérisoire et grotesque ! Ce ne sont même plus des rustines. A croire qu’Hollande, sur son pédalo, et ses complices, sur leur radeau à la dérive, n’ont toujours pas compris que tout le pays sombrait corps et biens.

L’autre reproche qu’on peut faire à ces incompétents c’est, bien sûr, d’avoir attendu que les tracteurs envahissent Paris pour entrouvrir le dossier. Ce gouvernement n’a pas de politique. Il se contente de réagir, dans l’affolement, aux événements. Il ne gère pas le pays, il tente de gérer la rue.

Ce n’est pas nouveau et c’est, d’ailleurs, semble-t-il, à la mode un peu partout et dans tous les domaines.

Cela fait des mois qu’on apprend, tous les jours, que des milliers de « migrants » tentent de traverser la Méditerranée ou d’entrer en Grèce et que des dizaines d’entre eux périssent dans les flots. Et depuis des mois, toutes les capitales européennes se renvoient la balle, hésitent, tergiversent, balancent entre un humanisme de bon aloi qui voudrait qu’on accueille fraternellement tous ces malheureux, « toute la misère du monde », et un réalisme qui impose de reconnaitre que nous n’avons ni les moyens ni l’envie d’ouvrir toutes grandes nos portes à ces étrangers d’un autre monde et dont tout nous sépare.

Or, il a suffi de la photo, il est vrai atroce, du cadavre d’un enfant de trois ans échoué sur une plage pour que, soudain, toutes les capitales –ou presque- se découvrent un cœur, une morale, une (bonne) conscience. « Le choc de la photo » ! On connait le slogan publicitaire de Match. Mais on peut parier que « les mots » qu’ils sont, tous, en train de proclamer dans une bien pitoyable surenchère n’auront aucun « poids » et seront oubliés dès que le cliché du pauvre gosse syrien aura été classé dans les archives des malheurs de notre siècle.

Nos politicards racontent n’importe quoi à nos agriculteurs parce qu’ils ont eu (un peu) peur devant les tracteurs venus des campagnes. Nos politicards jurent n’importe quoi à la cantonade parce qu’ils ont eu (un peu) honte en voyant l’image d’un enfant mort sur une plage.

Mais nos agriculteurs vont continuer à crever dans leurs fermes et les cadavres des gosses vont continuer à s’échouer sur les plages.

04 Sep 2015 | Comments (15)

Comme ces cochons qui poussent un dernier cri…

On comprend le désespoir et donc la rage de nos agriculteurs. Ils sont en train de crever sur pied. Les cours de tous leurs produits se sont effondrés. Le porc allemand et les fruits espagnols sont infiniment moins chers que les leurs. Mais les producteurs de lait, les céréaliers et tous les autres sont, eux aussi, au bord de la faillite, ruinés et sans plus le moindre espoir. Aujourd’hui, c’est tout le monde rural français qui est voué à disparaitre dans les prochains mois.

En fait, nos agriculteurs représentent jusqu’à la caricature la plus absolue ce qu’on appelle « le système français » et qui n’est rien d’autre qu’une variante du collectivisme. Depuis des décennies, l’Etat leur impose des règles, des normes, des quotas, souvent absurdes, généralement asphyxiantes, qu’ils subissent, qu’ils tolèrent, qu’ils acceptent parce qu’en échange, et en même temps, cet Etat-Minotaure leur alloue généreusement, leur distribue à la volée des aides, des subventions, des allocations en tous genres.

Cela fait des années que l’agriculture française n’est plus qu’une agriculture… « hors sol » avec des agriculteurs qui pouvaient s’offrir le luxe (et qui étaient obligés) d’ignorer les lois fondamentales qui sont celles du marché parce qu’ils savaient que l’Etat tout puissant était là pour les maintenir artificiellement en survie.

Ce n’étaient plus nos paysans qui décidaient ce qu’ils allaient produire, comment ils allaient le produire, quel serait le volume de leur production et à qui ils allaient, en vertu de la loi du marché, vendre leur production. Tout était décidé, géré, régi, réglementé « en haut lieu », c’est-à-dire à Paris, voire à Bruxelles, par des technocrates incapables de faire la moindre différence entre une charolaise, une blonde d’Aquitaine et une montbéliarde, une mule et un mulet, du blé et de l’orge.

Ces « saigneurs » de la terre, comme on avait fini par les appeler, avaient leur « kapos » sur place qui, grâce aux chambres d’agriculture, au Crédit agricole, aux Safers, aux FDSEA, pouvaient tout régenter, de l’achat des terres à la taille des abricots et au nombre d’hecto à produire.

Ce système totalement absurde de fonctionnarisation de nos paysans où tout était faussé ne pouvait évidemment perdurer qu’en milieu fermé. Dès que les frontières étaient ouvertes, les lois de la nature reprenaient toutes leurs forces. La fameuse PAC n’a été qu’un répit qui aurait dû permettre à notre agriculture de se mettre aux normes, non pas à celles édictées par nos écologistes mais à celles de la concurrence internationale.

Aujourd’hui, il est évidemment trop tard. Nos « amis » européens ont tué nos agriculteurs et l’Etat n’a plus ni les moyens ni l’envie de maintenir artificiellement en vie ce monde rural qui, il est vrai, ne pèse plus rien sur le plan électoral. Nos technocrates n’accepteront d’ailleurs jamais d’abroger la réglementation kafkaïenne et souvent ubuesque qu’ils ont imposée à tous ces « ploucs » qu’ils méprisent, en fait, souverainement.

La manifestation d’aujourd’hui n’est, évidemment, qu’un baroud d’honneur. Avec leurs tracteurs envahissant Paris, nos agriculteurs ressemblent à ces cochons qui, parait-il, poussent un dernier cri avant d’entrer dans l’abattoir.

Cela dit, on peut –sur un plan beaucoup plus anecdotique- se demander comment un Etat qui prétend être digne de ce nom peut tolérer que des milliers de tracteurs envahissent la capitale et la paralysent totalement pendant toute une journée.

Certes, la liberté de manifester est garantie dans nos textes, mais la liberté de circuler doit l’être tout autant et on se souvient qu’il n’y a pas si longtemps Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, faisait disperser violement certains défilés qui ne lui plaisaient pas pour éviter, disait-il, tout risque de débordement.

N’y a-t-il aujourd’hui aucun risque de débordement, avec ces milliers de paysans rendus fous furieux en plein coeur de Paris

03 Sep 2015 | Comments (5)

Morale, propagande, escroquerie et imposture

Certains se demandaient (avec inquiétude) ce que pourraient bien être ces « cours de morale » que Najat Vallaud-Belkacem avait (sur ordre, bien sûr, de Manuel Valls et de François Hollande) décidé d’imposer à nos écoliers, nos collégiens et nos lycéens dès cette rentrée scolaire. Eh bien c’est effectivement ce qu’on pouvait redouter de pire.

La « morale » du régime actuel n’a plus rien à voir ni avec notre bonne vieille tradition judéo-chrétienne du bien et du mal, ni avec « les Lumières » qui firent l’intelligence de notre pays, ni même avec les principes de la franc-maçonnerie que nos « Hussards noirs de la République » inculquèrent pendant des décennies à tous les enfants de ce pays.

La « morale » hollandaise est, contrairement à la sauce du même nom, parfaitement indigeste et n’est, en fait, rien d’autre que de la vulgaire propagande de très bas étage, mêlant une gigantesque escroquerie à une fabuleuse imposture, comme cela se faisait souvent jadis à Moscou et se fait encore en Corée du Nord.

En substance, si l’on en juge par ces nouveaux programmes de « morale », tous nos enfants doivent désormais se dire… des « Charlie » et être tous animés par le fameux et sacro-saint… « Esprit du 11 janvier ».

Il est stupéfiant que, l’émotion provoquée par les tueries de janvier dernier étant retombée depuis des mois, le pouvoir ose encore continuer à jouer sur cette escroquerie et cette imposture qui firent, un instant, ses beaux jours, au début de l’année.

Si tous les Français ont été légitimement horrifiés par l’assassinat des caricaturistes de Charlie-Hebdo, ils ont tous compris, depuis belle lurette et malgré tout ce qu’on a essayé de leur raconter, que Charlie-Hebdo n’était ni le symbole même de la démocratie ni le meilleur exemple de la liberté d’expression.

Charlie-Hebdo n’était rien d’autre que ce qu’il faut bien appeler « un torchon » dont le fonds de commerce se limitait à tenter de « choquer le bourgeois » en crachant sur Dieu (tous les Dieux, celui des Chrétiens, celui des Juifs, celui des Musulmans), sur l’armée, sur la justice, sur la police, sur l’Etat, etc., bref, sur tout ce qui constitue plus ou moins une société.

Certes, il est sain et même indispensable que certains contestent toutes nos institutions, y compris les plus respectables, et le rire est, évidemment, la meilleure des armes contre tous les dysfonctionnements d’un régime quel qu’il soit. Mais la scatologie, l’injure gratuite, les vomissements et le « pipi-caca » dont cet hebdomadaire faisait un usage abusif n’avaient strictement rien à voir avec la liberté d’expression et ce que devrait être une presse respectable. Ni même avec l’humour ou l’ironie dont les Français se targuent si souvent. Rabelais, Voltaire et Allais n’auraient sûrement pas lu Charlie-Hebdo.

Beaucoup de ceux qui, en janvier dernier, sous le coup de l’émotion et entrainés par les énormes ficelles d’une propagande sans pudeur, digne des pires régimes, se proclamèrent des « Charlie » ont compris à quel point ils avaient été ridicules en se laissant ainsi instrumentaliser. Les survivants de l’équipe de Charlie-Hebdo furent, d’ailleurs, les premiers à dénoncer l’escroquerie.

Quant à « l’esprit du 11 janvier », parlons-en. A entendre Najat Vallaud-Belkacem et ses sbires, ce dimanche-là, tout le peuple de France se serait soudainement retrouvé uni, soudé, fraternel pour crier d’une seule voix son amour de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, de la démocratie et de la République tout en hurlant sa volonté de se battre jusqu’au dernier pour défendre nos « valeurs ». Ils auraient été tous là, toutes classes sociales, tous âges, toutes couleurs de peau confondues, comme un seul homme et –détail qui a son importance- derrière un François Hollande magistral et rayonnant, entouré du Premier ministre israélien et du chef de l’autorité palestinienne ainsi que de tous les chefs d’Etat de la planète (ou presque).

Or, là, encore, il y a bien longtemps que l’imposture du pouvoir a été dénoncée. Ce 11 janvier, de la Bastille à la République, dans cette foule, en effet, impressionnante, il n’y avait pas un seul musulman, pas un seul africain, pas un seul Français « issu de l’immigration ». C’était une gigantesque marche de « petits blancs » qui, consciemment ou pas, hurlaient, à juste titre, leur angoisse devant le terrorisme islamiste, c’est-à-dire, en fait, devant un Islam qui se radicalise et fait, chaque jour, de plus en plus d’adeptes parmi la communauté des six ou sept millions de musulmans qui vivent dans notre pays.

Contrairement à ce que voudrait nous faire croire Najat Vallaud Belkacem, le dimanche 11 janvier fut tout sauf une manifestation de la France multi-ethnique, multi-culturelle, multi-n’importe-quoi, comme l’ont d’ailleurs démontré, dès le lundi 12 janvier, les très nombreux élèves qui refusèrent ostensiblement de respecter la minute de silence qu’on voulait leur imposer.

Bref, neuf mois après les événements, les Français ont compris que, sauf à vouloir faire une petite escroquerie, on ne pouvait plus se dire des « Charlie » et que, sauf à vouloir accepter une gigantesque imposture, on ne pouvait plus croire en la version officielle de la manifestation du 11 janvier.

La « morale » de Najat Vallaud-Belkacem s’appuie donc sur une escroquerie et une imposture. C’est beaucoup.

02 Sep 2015 | Comments (6)