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Valls entre Allais et Jarry

« Nous sommes venus ici pour vous dire que nous étions là ». Cette phrase digne du roi Ubu et qu’aurait adorée Alphonse Allais a été solennellement prononcée par Manuel Valls, Premier ministre de la République française, aujourd’hui, 31 août 2015, en début de matinée.

Il était à Calais et visitait, avec Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, les installations prévues pour l’accueil des « migrants » tentant de gagner la Grande-Bretagne en montant à bord des camions qui empruntent le tunnel sous la Manche.

« Etre ici pour prouver qu’on est là » est évidemment une phrase d’anthologie qui mérite amplement d’entrer triomphalement dans le bêtisier déjà bien rempli de ce quinquennat.

On dira, pour la défense du petit matador-matamore catalan, que tous nos responsables politiques ne savent plus quoi penser, quoi dire, quoi tenter, quoi faire devant le drame de ces centaines de milliers de malheureux qui veulent fuir la guerre, les massacres, les viols, ou tout simplement la famine et la misère qui submergent leurs pays et qui sont prêts à tout pour gagner notre vieille Europe dont ils ont fait une sorte de terre promise et paradisiaque.

Laurent Fabius n’a pas été plus malin en fustigeant sur Europe 1 le gouvernement hongrois qui vient de construire un grillage tout au long de sa frontière avec la Serbie et en déclarant : « On ne respecte pas les valeurs de l’Europe en posant des grillages qu’on ne ferait pas pour les animaux ». Ce « grillage de la honte » hongrois n’a rien de pire que « le mur de la honte » élevé par les Israéliens pour se protéger des terroristes palestiniens et contre lequel notre ministre des Affaires étrangères ne s’est jamais indigné.

Les fameux « charters » de Charles Pasqua et surtout d’Edith Cresson (qui en a utilisés infiniment plus que Pasqua) ne respectaient pas davantage les « valeurs » de l’Europe, si tant est qu’on ait vraiment la moindre idée de ce que pourraient bien être ces « valeurs » de l’Europe.

Mais la phrase de Valls est surtout intéressante parce qu’elle révèle, affiche, avoue au grand jour ce qu’est en réalité la politique de Hollande et de tous ses comparses. On monte à la tribune, on réunit les micros et les caméras de France et de Navarre, on toussote pour se faire la voix, on gonfle sa poitrine, on se recoiffe un peu, on prend un air sérieux en fronçant les sourcils pour être plus convainquant et puis on lâche des lieux communs, des phrases creuses, des promesses ronflantes, des contre-vérités, des énormités, des monstruosités. Tous les « communicants » le savent : plus c’est gros et plus ça passe.

Avec Hollande –mais c’était déjà vrai avec ses prédécesseurs- la politique ce n’est plus « l’art de rendre possible ce qui est souhaitable », elle est devenue l’art de la comm-u-ni-ca-tion, du parler pour ne rien dire, de la propagande, de l’intox, du bla-bla, du bourrage de crâne.

Comme ce gouvernement est incapable de faire quoi que ce soit parce qu’il s’est enfoncé jusqu’à ce que mort s’en suive dans son idéologie, ses dogmes, ses contradictions et son incompétence, au lieu de « faire » une politique, il ne peut plus « faire » que… du vent, des moulinets, des effets de manche.

Gainsbourg chantait joliment « Je suis venu te dire que je m’en vais ». Il est très vraisemblable que les Calaisiens dont la vie est désormais insupportable avec cet afflux d’immigrés « sauvages » auraient préféré entendre Valls leur fredonner « Je suis venu vous dire que je m’en vais » plutôt que ce stupéfiant « Je suis ici pour vous dire que je suis là »…

Quel dommage qu’en France, et depuis longtemps, le ridicule ne tue plus personne. L’hécatombe serait aujourd’hui épouvantable et réjouissante.

 

31 Août 2015 | Comments (10)

L’auberge espagnole s’est transformée en arène de corrida

 Personne n’imaginait qu’il puisse encore y avoir des « jeunes » au parti socialiste. En principe, « les jeunes » veulent avoir un avenir et qu’on les fasse rêver avec de grandes ambitions, de grands projets. Or, avec Hollande et ses comparses, 25% des jeunes français sont au chômage, sans qualification et donc sans le moindre espoir, et ceux qui veulent s’en sortir partent soit vers la Silicon Valley pour faire fortune, soit vers Dublin pour être loufiats dans un pub.

Quant aux grands projets, ils se limitent désormais à nous raconter que les impôts vont baisser, que les terroristes vont être traqués sans pitié et que les immigrés, les clandestins, les réfugiés, les sans-papiers et maintenant les migrants vont être à la fois rejetés à la mer et récupérés quand ils se noieront.

On ne peut vraiment pas dire que toutes ces balivernes puissent faire rêver nos jeunes et les inciter à adhérer en masse à ce PS en totale déliquescence.

Pourtant il y a bel et bien des « jeunes » au PS. La preuve : ils ont, hier soir, à La Rochelle, lors du grand diner des Université d’été du parti, sifflé, hué, conspué Manuel Valls, tout en scandant « Macron démission ! » Le PS avait déjà ses frondeurs, ses râleurs, ses déçus, ses inquiets, il a maintenant ses jeunes qui ruent, eux aussi, dans les brancards du char de l’Etat.

Le Parti socialiste a toujours été une auberge espagnole avec ses marxistes, nostalgiques de la révolution et du « grand soir », ses socialistes bon teint, nostalgiques de la SFIO, ses socio-démocrates, nostalgiques de Delors, ses socio-libéraux, nostalgiques des succès électoraux d’antan et prêts à tout pour s’accrocher au pouvoir. Mais maintenant que cette horde en débandade a senti le vent des boulets de toutes les élections intermédiaires et qu’elle s’approche dramatiquement de l’échafaud de 2017, l’auberge espagnole s’est transformée… en arène de corrida.

François Mitterrand avait réussi à tuer le parti communiste (avec, il est vrai, l’aide de l’Histoire et de l’effondrement de l’URSS). Hollande qui a toujours rêvé de l’imiter a fait mieux encore. Il a tué… le parti socialiste. Il avait promis d’être Blum ou même Jaurès. Il a, d’abord, ressemblé à Louis-Philippe avec sa gueule en forme de poire. Et, maintenant, il fait penser à Louis XVIII, somnolant dans son fauteuil, la bedaine énorme et les pieds gonflant.

Normal donc que les jeunes socialistes ne soient pas contents. Ce qui est étonnant c’est que tout en conspuant Valls ils aient souhaité que ce soit… Christiane Taubira qui le remplace à Matignon. Pourquoi pas Martine Aubry ou même, pire encore, Mélenchon…

Cela dit, on a maintenant compris quelles allaient être les nouvelles balivernes que ce pouvoir à bout de souffle va nous servir cet automne. Pendant plus de trois ans, Hollande nous a juré qu’il allait inverser la courbe du chômage. On a vu les résultats. Il a réussi l’exploit inégalable de créer, par moments, 1.000 chômeurs de plus par jour ouvrable et de dépasser les 5 millions et demi de chômeurs. Il lui faut donc trouver autre chose pour nous… séduire.

Voici donc qu’il nous sort trois (très) grosses nouvelles ficelles : les impôts qu’il nous jure de faire baisser, la lutte contre le terrorisme qu’il nous jure de pouvoir juguler et le drame de l’immigration pour lequel il aurait, dans ses tiroirs, quelques solutions miracles.

Il va, sans doute, faire baisser les impôts de ceux qui… ne paient pas d’impôts mais comment pourrait-il, alors que notre croissance est toujours à zéro, qu’il s’est engagé, à Bruxelles, à réduire considérablement notre dette et nos déficits et que l’austérité qu’il impose aux collectivités et aux classes moyennes est devenue insupportable, réduire réellement les prélèvements obligatoires. Sauf à vouloir replonger dans l’abîme des déficits.

Pour ce qui est du terrorisme, il y a plus d’un quart de siècle que Charles Pasqua prétendait déjà qu’il allait « terrifier les terroristes » alors qu’Al Qaïda et l’Etat Islamique n’existaient pas encore. Ce n’est pas en décorant les « héros » du Talys et en imaginant des portiques à l’entrée des gares qu’on va faire peur aux fanatiques de l’Islam qui nous ont déclaré la guerre sainte.

Répétons-le, on ne mettra fin à cette 3ème guerre mondiale que le jour où nous nous en prendrons énergiquement à ceux qui incitent, poussent, financent et arment les terroristes. Le pauvre Bernard Cazeneuve n’y peut rien. C’est à Laurent Fabius d’agir en allant en Arabie Saoudite, au Qatar, dans les Emirats et au Koweït dire à tous ces roitelets du pétrole que nous ne sommes plus dupes de leur double-jeu et que nous savons très bien que ce sont eux qui ont déclenché cette guerre contre nous. Mais pour cela il faudrait avoir un minimum de lucidité et, surtout, de courage.

Quant au drame des immigrés, c’est évidemment la quadrature du cercle. L’humanisme dont nous nous prévalons à longueur de journée voudrait que les accueillions, le réalisme exige que nous les rejetions.

Bush en Afghanistan et en Irak, Sarkozy en Libye ont ouvert toutes grandes les portes de « l’invasion » tout en transformant ces malheureux pays en enfers invivables. Tant qu’on ne recréera pas de véritables Etats à Tripoli, à Kaboul, à Bagdad et à Damas, ce ne sont pas les douaniers grecs et les gardes côtes italiens qui pourront endiguer le flot gigantesque de ces centaines de milliers de demandeurs d’asile qui demandent surtout, en fait, du travail, des logements, des soins que, même si nous en avions envie, nous ne pourrions pas leur offrir.

Bref, la contestation (le mot est faible) se généralise au sein même de la gauche, et le souverain, entre deux remises de décorations et trois dépôts de gerbe, se contente de nous « balader » avec de nouvelles balivernes. Hollande ne va plus nous parler du chômage, mais des impôts, des terroristes et des migrants. Le vieil acteur qui ne fait plus recette change de répertoire mais sa prestation est de plus en plus pitoyable et les spectateurs commencent, peut-être, à s’impatienter…

30 Août 2015 | Comments (4)

Marion Maréchal-Le Pen et les marchands du Temple

Fallait-il inviter Marion Maréchal-Le Pen aux universités d’été de la Sainte Baume, dans le Var, organisées par le diocèse de Fréjus-Toulon et Mgr Dominique Rey a-t-il trahi l’Evangile en accueillant, ce matin, la députée FN du Vaucluse, tête de liste frontiste pour les prochaines élections régionales ?

Comme à son habitude, l’épiscopat français est resté d’une prudence de serpent, nos évêques ne voulant pas désavouer l’un des leurs, même s’ils l’ont toujours considéré comme « un énergumène très à part » et d’extrême-droite, ne serait-ce que parce qu’il n’a jamais caché son rêve de voir la France redevenir « la fille aînée de l’Eglise ». Ce qui est, bien sûr, une hérésie aux yeux de l’Eglise de France d’aujourd’hui qui oscille désormais entre un marxisme frelaté et une franc-maçonnerie rampante.

Mais ceux qu’on appelle communément « les curés de gauche », c’est-à-dire ceux qui n’hésitent jamais à parler au nom du Christ, à prôner une laïcité en forme d’islamophilie et à voter à gauche, voire à l’extrême gauche, le tout au nom d’un message des Evangiles qu’ils ont assaisonnés à leur sauce piquante, s’en sont donnés à cœur joie.

A les entendre, Mgr Rey ne serait qu’un suppôt du diable, qu’un pasteur égaré et criminel qui a fait entrer le loup nazi dans la sainte bergerie et trahi Dieu en personne en donnant sa bénédiction à cette élue du peuple.

Chacun a, bien sûr, le droit d’apprécier ou de détester la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, nièce de Marine et même de combattre toutes les idées du Front National. Mais il faut être cohérent.

Or, nos « curés de gauche » affirment que Marion Maréchal-Le Pen n’avait pas sa place à ces universités d’été de la Sainte Baume parce que le Front National a toujours été en contradiction totale avec l’Evangile qui, rappellent-ils, prône l’amour des autres, le respect de son prochain, la tolérance, les bras ouverts à l’étranger, etc.

C’est tout à fait vrai et il est tout aussi vrai que le Front National, diabolisé ou dédiabolisé, ne se distingue pas par une politique d’ouverture notamment envers les réfugiés et autres migrants.

Mais comment peut-on vouloir fermer la porte à quelqu’un, le bannir, l’exclure, l’ostraciser, le vouer aux gémonies sous prétexte qu’il ne partage pas vos idées et ce au nom d’un Evangile qui exige qu’on accueille tout le monde, même les pires pêcheurs, même les pires mécréants ?

Il faudrait rappeler à ces « curés de gauche » que le Christ lui-même savait pardonner à ceux qui « ne savaient pas ce qu’ils faisaient » et souriait aux larrons.

Mais, c’est bien connu, les « marchands du Temple » sont prêts à tout pour vendre leur camelote. Jésus les avait d’ailleurs chassés du Temple…

29 Août 2015 | Comments (10)

Une rentrée en fanfare !

Une rentrée en fanfare !

Décidemment, « ils » ne sont jamais décevants et il est vraisemblable que nous finirons par « les » regretter quand « ils » auront été balayés du pouvoir en 2017.

On s’attendait à une rentrée mouvementée et même un peu agitée. « Ils » nous en offrent une époustouflante en se surpassant une fois de plus dans cette course à l’absurde dans laquelle « ils » se sont lancés voici trois ans et demi.

Jamais nous n’aurions pu imaginer qu’un ministre de l’Economie (d’un gouvernement socialiste) se fasse acclamer par le Medef, à Jouy-en-Josas, et huer, dès le lendemain à l’aube, par les socialistes à La Rochelle ; avant de se faire moucher (on dit « recadrer ») par le Premier ministre ; puis de « rétropédaler » mollement mais sans pudeur.

Qu’a dit Emmanuel Macron devant les patrons ? Que « La gauche a pensé, il y a longtemps, que les Français vivraient mieux en travaillant moins » et que « C’était une mauvaise idée ». Le ministre de l’Economie remettait donc là, très clairement, en cause les fameuses 35 heures inventées par Dominique Strauss-Kahn et mises en oeuvre par Lionel Jospin et Martine Aubry en 2000. Or, tout le monde conteste ces 35 heures mais personne -pas même la droite revenue au pouvoir- n’a osé les abroger et elles sont devenues un tabou pour ne pas dire un totem de la gauche bien-pensante.

Que « l’ancien de chez Rothschild » qui veut faire ouvrir les magasins le dimanche et développer les transports en autocar (bonnes petites idées que n’avait jamais eues la droite) s’en prenne à la durée légale du travail n’a rien de surprenant. Ce qui est étonnant c’est, d’une part, qu’il fasse partie d’un gouvernement socialiste et, d’autre part, que Manuel Valls qui pense exactement la même chose que lui (et qui ne l’avait pas caché lors de la primaire de la gauche) se soit senti obligé de le « recadrer » publiquement sous prétexte que s’ouvrait à La Rochelle l’université d’été du PS.

A 20 mois de l’élection présidentielle de 2017, nous avons donc au pouvoir : 1) des réformateurs honteux qui n’osent pas s’en prendre bille en tête à toutes les vieilles lunes socialistes alors pourtant que tous les sondages semblent leur donner raison, 2) des frondeurs impuissants qui rêvent encore à faire la révolution, 3) la piétaille des élus socialistes qui ne savent plus ni sur quel pied danser ni à quel saint se vouer, et 4) un président de la République qui espère que ses réformateurs lui permettront de se présenter honorablement en 2017 tout en sachant qu’il lui faut tout de même apparaitre comme le candidat « de gauche » en face de Sarkozy ou (surtout) de Juppé.

En clair, Hollande a compris qu’il lui fallait faire (plus ou moins en douce) une politique résolument « de droite » pour avoir une chance de battre la droite dans un an-et-demi.

Ce maitre dans l’art du compromis, des pires compromissions et de toutes les magouilles a aussi compris que, devant l’état de décomposition du PS, il lui fallait essayer de rameuter toutes les « forces de gauche ». Et là il faut bien reconnaitre qu’il vient de réussir un joli coup en faisant exploser Europe Ecologie les Verts.

Connaissant la triste nature humaine et notamment celle du petit personnel politique, il a fait miroiter des demi-maroquins voire des maroquins pleins aux caniches frisés des écolos qui trottinaient devant lui, sur leurs pattes arrière, depuis des mois. François de Rugy, co-président du groupe EELV à l’Assemblée, et Vincent Placé, président du groupe au Sénat, ont déjà mordu goulûment à l’hameçon et attendent, respectueusement mais avec impatience, le prochain remaniement gouvernemental avec la conviction de recevoir le prix de leur trahison. D’autres vont, sans doute, les suivre sur cette voie peu glorieuse.

Bref, l’inénarrable et insupportable Cécile Duflot qui rêvait de pouvoir se présenter en 2017 à la tête d’une coalition regroupant les Ecolos, les amis de Mélenchon, les communistes et -pourquoi pas- quelques frondeurs du PS va devoir remettre ses folles ambitions dans sa poche et se souvenir que les Ecolos n’ont jamais fait que 2% des voix à la dernière présidentielle.

Le spectacle de cette rentrée avec un PS en capilotade, un gouvernement en totale contradiction avec lui-même et des troupes auxiliaires en débandade, est, évidemment, pitoyable. Mais, comme souvent les pires médiocres, Hollande a de la chance.

D’abord, la conjoncture internationale (baisse du pétrole, des intérêts, de l’euro) fait « frémir » un peu notre économie. Ensuite, l’opposition qui depuis des mois aurait dû triompher, continue à patauger. Sarkozy n’est toujours pas remonté sur son cheval, Juppé ne rajeunit toujours pas de mois en mois et Fillon a toujours l’air de s’ennuyer mortellement quand il se regarde dans une glace ou, pire encore, quand il monte à une tribune.

Quant à celle que tout le monde voyait déjà arriver en tête au premier tour de la présidentielle, il ne semble pas que le parricide qu’elle a cru devoir commettre pour se dé-diaboliser encore davantage lui ait réussi. En politique, on peut tuer père et mère mais on ne peut sans doute pas se contenter de tuer son père.

La gauche joue à droite, l’extrême-droite joue au centre et parfois même à gauche et la droite joue tantôt à l’extrême-droite tantôt au centre. On comprend que les Français soient déjà fatigués de cette campagne présidentielle qui a commencé prématurément

29 Août 2015 | Comments (2)