Finalement, il faut toujours prendre quelques jours de vacances car, au retour, on s’aperçoit que tout s’est arrangé, comme par miracle.

Il y avait une épouvantable crise grecque qui menaçait l’euro et l’Europe, d’interminables négociations avec l’Iran qui démontraient la mauvaise foi des ayatollahs prêts à nous raconter n’importe quoi pour sortir de l’embargo, de terribles problèmes de sécurité avec des centaines de Français (issus de l’immigration ou convertis de fraîche date) partis faire le djihad avec l’Etat islamique et s’apprêtant à revenir le faire chez nous ; sans parler du reste, c’est-à-dire un chômage, des déficits, une dette qui continuaient à augmenter et un chef de l’Etat de plus en plus discrédité et sombrant dans les sondages.

On revient et… c’est l’euphorie. Il suffit de regarder la télévision ou de lire les journaux pour s’en convaincre. Tout va très bien Madame la Marquise. Ce sont tous les « petits marquis » du pouvoir qui vous le disent et vous le répètent.

Plus de problèmes avec la Grèce. Alexis Tsipras, le révolutionnaire qui s’était fait élire et qui avait été plébiscité en jurant aux Grecs qu’il saurait refuser l’austérité que les créanciers européens (et autres) voulaient, derrière le kayser Merkel, leur imposer, a capitulé comme un petit garçon ; et les Grecs, déjà au bout du rouleau, vont connaitre une austérité bien pire encore que celle qu’ils subissent depuis cinq ans. Quant aux Européens, eux, qui n’en pouvaient déjà plus de déverser des milliards dans le tonneau des Danaïdes d’Athènes, ils vont devoir continuer à cracher gros au bassinet.

On dira que Tsipras s’est engagé à réformer la Grèce de fond en comble, à faire payer des impôts par ses compatriotes, même par les armateurs, à réduire le nombre de ses fonctionnaires totalement pléthoriques, à reculer l’âge de la retraite, à vendre « les bijoux de famille », etc.

Naturellement, personne ne croit, une seule seconde, que Tsipras a la moindre intention de respecter tous ses engagements qui sont tous en totale contradiction avec le programme qui l’avait fait triompher dans les urnes. D’ailleurs, le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas. Non seulement parce qu’il n’y a pas de cadastre en Grèce et que, depuis des années, le pays ne survit que grâce à une économie parallèle où tout se paie, même les pots de vin, sous la table, en billets de banque, mais aussi et surtout parce que ce n’est pas en aggravant davantage encore les mesures d’austérité qu’on pourrait donner la plus petite chance à ce pays ruiné et moribond de redémarrer sur les bases solides.

Mais tout le monde se dit content. Tsipras parce qu’il reçoit quelques milliards d’urgence contre ses promesses en l’air, Angela Merkel parce qu’elle a bel et bien imposé de nouvelles mesures d’austérité de plus en plus draconiennes à ces jean-foutre de Grecs et Hollande parce qu’il peut se vanter (et il ne s’en prive pas) d’avoir obtenu, grâce à son génie du compromis et de toutes les compromissions, un accord en forme de chiffon de papier.

C’est d’ailleurs la même chose avec l’Iran. Les « grandes puissances » (les Etats-Unis et leurs vassaux) refusent depuis des années que Téhéran se dote de l’arme nucléaire. On les comprend. Depuis plus de trente ans (l’arrivée de Khomeiny à Téhéran), les ayatollahs qui sont à l’origine du réveil de l’Islam radical, menacent l’Occident, fomentent des attentats un peu partout, financent des groupuscules adeptes du djihadisme chiite, soutiennent Bachar el Assad en Syrie, les rebelles au Yémen et répètent qu’ils vont rayer Israël de la carte.

L’embargo décidé par l’Occident a évidemment fini par faire réfléchir -si ce n’est fléchir- le pouvoir iranien qui fait mine de mettre un peu d’eau dans son vin. Mais on oublie trop souvent de préciser que si cet embargo a rendu la vie quotidienne des Iraniens plus difficile, il a aussi et surtout réduit considérablement le business des grands groupes américains et autres dans ce pays aux richesses et au marché considérables.

Du coup, et avec une hypocrisie stupéfiante, tout le monde a été d’accord pour signer un marché de dupes dont personne n’est dupe. Téhéran jure, contre toute évidence et par Allah, que l’Iran ne fabriquera pas de bombe atomique et le business va pouvoir enfin reprendre.

On donne de l’argent à la Grèce pour qu’Athènes puisse rembourser (un peu) nos banques, on lève l’embargo iranien pour que nos banquiers, nos industriels, nos pétroliers, nos commerçants puissent refaire en toute légalité des affaires avec les ayatollahs. On sait que Tsipras ne fera aucune réforme et que les Iraniens continueront à préparer leur bombe mais… business is business. La Grève va continuer à ruiner l’Europe, les ayatollahs continuer à fabriquer leur bombinette et tout le monde sera content, jusqu’au jour où…

Et ce n’est pas tout dans le genre pantalonnades. François Hollande ne se fait aucune illusion. Il sait que les Français sont indifférents à ses pseudos succès diplomatiques. Ce qui intéresse ses futurs électeurs de 2017 c’est le chômage et, accessoirement, la sécurité intérieure. Comme tout le monde, il a compris qu’avec la politique qu’il mène, il était totalement incapable d’inverser la courbe du chômage. Alors, il joue à fond la lutte contre le terrorisme, par nostalgie sans doute des attentats de janvier dernier qui l’avaient un tantinet requinqué.

Un gosse de 17 ans, vaguement en contact avec un type se trouvant peut-être en Syrie, aurait, avec deux copains (qu’il n’a jamais vus), « eu l’intention » de commettre, l’année prochaine, un attentat contre une installation militaire et, mieux encore, d’enlever un haut gradé de l’armée pour le décapiter ! Joli scénario de fiction farfelue auquel personne, bien sûr, ne peut croire un seul instant. Mais, pour Hollande, c’est du « tout bon ».

Alors que l’enquête (si enquête il doit avoir) ne fait que commencer, il « balance » tout sur la place publique sans même se rendre compte 1) qu’il compromet l’enquête éventuelle, 2) qu’il oublie la présomption d’innocence, 3) que l’affaire ne tient pas debout et 4) que, dans les pays civilisés, quand des gosses ont vaguement « l’intention de… » cela ne constitue pas un crime relevant de la sécurité intérieure de l’Etat.

L’été est la saison des festivals. Le pouvoir nous offre, en ce joli mois de juillet, un festival de pantalonnades