Archives par moisjuillet 2015



Un procès en incompétence

Le pouvoir (ou ce qui en tient lieu) s’étonne que les agriculteurs continuent à bloquer les ponts de Normandie et le Mont Saint Michel et même que le mouvement s’étende maintenant au Nord, à la région lyonnaise et au Sud-ouest.

Comme si ces paysans de malheur, ces « bouseux », ces « ploucs » n’avaient pas compris que, dans sa grande bonté, le gouvernement venait de leur faire l’aumône de quelque 300 millions et leur avait raconté qu’il demanderait, un jour, à la grande distribution de faire un effort pour partager, un peu, les bénéfices.

Ce matin, sur le perron de la préfecture de Dijon, le chef de l’Etat en personne est même allé jusqu’à leur annoncer solennellement que… les cantines scolaires dépendant de l’Etat seraient, à l’avenir, incitées à consommer français.

C’est à croire l’incroyable : les agriculteurs français ne feraient, peut-être, plus confiance au gouvernement ! Dans ce cas, il faut bien dire qu’ils ne seraient pas les seuls. Après plus de trois ans de promesses non tenues, de trahisons, de mensonges, de volte-face, d’inaction et d’échecs cuisants, cette équipe de bras cassés serait-elle totalement discréditée aux yeux des Français ? On en vient à se poser la question…

Mais il y a, sans doute, pire encore. Les agriculteurs français font aujourd’hui un véritable procès en incompétence du gouvernement. Hollande et Valls (sans même parler de Le Foll) n’ont visiblement rien compris au drame qui frappe aujourd’hui (et depuis des années) tout notre monde rural.

Cela fait des décennies qu’on nous parle de la « désertification » de nos campagnes, de la disparition de nos exploitations, de l’agonie de la plupart de nos filières agricoles, de notre monde rural entièrement dévasté. Ce n’est évidemment pas avec quelques « rustines », quelques subventions supplémentaires, quelques facilités de paiement, quelques répits qu’on sauvera d’une mort désormais programmée l’agriculture française ni face à la concurrence européenne et mondiale ni surtout face à elle-même. Il faut impérativement tout reprendre à zéro.

Depuis la nuit des temps –mais personne n’ose le dire- les gouvernements successifs ont pu gérer les malheurs de nos paysans (et les faire taire) grâce à un système qui s’apparente étonnamment à ce que fut jadis le bolchévisme. Avec un « parti unique », ce syndicat à la botte de tous les pouvoirs qui s’appelle la FNSEA et qui, en tenant les Chambres d’agriculture, le Crédit agricole, les Safers, les coopératives, la protection sociale, est le maitre absolu de toute notre agriculture -de l’achat des terres à la vente de la production en passant par les crédits- quelques « seigneurs » de nos campagnes (que certains écrivent « saigneurs ») font la loi en se gobergeant eux-mêmes sur le dos de leurs mandants.

Dans nos départements ruraux, l’homme fort n’est ni le préfet, ni l’évêque, ni le président du conseil départemental mais bel et bien le président de la FDSEA locale. C’est lui qui réserve à ses petits copains les prêts, les meilleures terres, les meilleures ventes. Ce système féodal est évidemment l’une des premières causes de la catastrophe. Il faudrait donc, d’abord et de toute urgence, abattre cette Bastille syndicale et libérer notre agriculture.

Et puis, bien sûr, il y a tout le reste, c’est-à-dire cette « exception » française qui garrotte, à coup de charges insupportables et de règlementations souvent absurdes, tous ceux qui tentent d’entreprendre quoi que ce soit dans le pays, dans n’importe quel domaine.

Or, tout comme il prétend sauver notre économie à la dérive en libéralisant les transports en autocars et en laissant certains magasins ouvrir certains dimanches, Hollande veut faire croire qu’il va sauver notre agriculture en faisant acheter un peu de viande par les cantines. Toujours des rustines pour ménager la chèvre et le chou, le cochon et le lard et surtout les amis.

Il nous avait promis le changement, alors que c’est d’une révolution de fond en comble dont nous avons besoin. Il continue à naviguer à vue, à la godille et à la petite semaine en faisant des ronds dans l’eau au milieu de la tempête.

Tout cela est dérisoire et relève, en effet, de la pire des incompétences. Il y a le feu dans la maison et Hollande, le pompier-pyromane, se balade au milieu des flammes avec un compte-gouttes

23 Juil 2015 | Comments (18)

La rustine, la carotte et le bâton

Cela fait des mois que nous sommes un certain nombre à nous demander quand et où tout va finir par exploser, quand et où les Français ne supporteront plus cette dégringolade générale et du pays et de leur propre vie quotidienne et quelle forme prendra cette explosion. Grève générale illimitée, manifestations de rue, jacqueries, insurrection, révolution… Tout est possible. Il suffit parfois d’une allumette ou d’une goutte d’eau, c’est bien connu.

Depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée et en oubliant toutes les élections dites « intermédiaires » qui, toutes, sans aucune exception, ont été de gigantesques claques données au pouvoir, nous avons eu « dans la rue » : les Bonnets rouges, les Pigeons, les magistrats, les enseignants, le corps médical, sans parler des… hétérosexuels ni de tous ceux qui ne peuvent guère exprimer leur rage, comme les chômeurs ou les retraités. Et aujourd’hui, ce sont les agriculteurs.

Jamais sans doute, un régime n’a réuni contre lui autant de mécontents qui commencent, d’ailleurs, à devenir des « furieux ». Le dernier sondage, pire encore que tous les précédents, est révélateur : 89% des Français souhaitent que Hollande ne se représente pas en 2017. Et, pour peu qu’on parle un peu avec des gens de tous les milieux, on se demande si les 11% restants ont bien compris la question.

Ce qu’il faut savoir aujourd’hui c’est que les Français ne se contentent plus de contester la personnalité du chef de l’Etat, son idéologie (toute vacillante qu’elle soit), son sectarisme (tout rampant qu’il soit) ou sa méthode de gouvernance. Si les Français descendent dans la rue, comme aujourd’hui les éleveurs, c’est parce qu’ils sont en train de « crever », au sens le plus exact et le plus dramatique du mot.

Les agriculteurs bretons qui bloquent le Mont Saint-Michel et le pont de Tancarville ne sont pas des gens de droite qui manifestent contre un pouvoir de gauche, ni des gens de gauche qui protestent contre la politique de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron. Ce sont des paysans, de droite et de gauche, qui sont endettés jusqu’au cou, qui ne peuvent plus payer leurs traites, qui sont traqués par les banques, qui sont étranglés par les charges, qui travaillent 80 heures par semaine, qui ne peuvent plus vendre leurs produits depuis des mois et qui apprennent, chaque jour, qu’un de leurs copains du canton ou du canton voisin s’est pendu dans sa grange.

Quand une usine ferme, ses ouvriers vont s’inscrire au chômage et survivent grâce à « la charité » nationale. Quand une ferme, avec des dizaines d’hectares, des dizaines de bêtes et des millions de matériel, est en faillite et va être saisie, l’agriculteur n’a guère d’autre choix que de tuer son chien d’un coup de fusil et d’aller, en effet, se pendre dans sa grange.

Il ne faudra donc pas s’étonner le jour où ces centaines de milliers de « paysans » descendront dans leurs préfectures pour tout casser.

Commençant –bien tardivement- à s’affoler Hollande, Valls et Le Foll (sans doute le ministre de l’Agriculture le plus médiocre, à part Edith Cresson, que nous ayons eu depuis le début de la Vème République) annoncent, en catastrophe, des plans d’urgence, quelques millions d’euros à la volée, des réunions de concertation, des commissions de n’importe quoi. C’est la grande « politique de la rustine » dans toute son horreur, chère à Hollande, comme elle le fut si longtemps aux rads-socs de la IIIème république.

Mais si la rustine peut vaguement colmater une petite fuite et faire gagner du temps, elle est évidemment dérisoire quand « ça pète de partout ».

Les agriculteurs qui hurlent leur désespoir ne demandent pas l’aumône-rustine Ils veulent « simplement » que ce qui reste de l’agriculture française ne soit pas massacré au profit des grands groupes de la distribution ou de l’Europe de Bruxelles ; ils veulent pouvoir vivre dignement « en nourrissant le pays », comme cela fut longtemps leur « mission sacrée » ; ils veulent aussi que le pouvoir tienne (au moins un peu) toutes les promesses qu’il leur a faites il n’y a pas si longtemps, c’est-à-dire, au moins, qu’il abaisse les fameuses charges qui les ont asphyxiés, qu’il règlemente la distribution et qu’il ferme nos frontières dès que la concurrence européenne devient par trop déloyale.

Cela fait plus de trois ans que ce gouvernement est au pouvoir et qu’il aurait dû, évidemment, s’attaquer à cette crise de l’agriculture française qui est moribonde et qu’il faut réformer de fond en comble. Il n’a rien fait. Et voici que, devant ce qui ressemble à un début d’insurrection, il promet, dans l’affolement le plus ridicule, monts et merveilles et qu’il pose des rustines tout en maniant la carotte et le bâton.

Il parait que Le Foll est le meilleur ami d’Hollande. Il est, en tous les cas, avec sa politique des bras ballants et des volte-face une caricature (grotesque) du « hollandisme » de la pire espèce

21 Juil 2015 | Comments (22)

Les incohérences d’un démagogue

Nous savons tous depuis (au moins) trois ans que François Hollande est maitre dans l’art de dire n’importe quoi et son contraire. Mais hier, il s’est surpassé. En effet, il a promis aux agriculteurs de venir à leur aide et, en même temps, il a annoncé qu’il allait prendre une initiative pour l’instauration d’un gouvernement européen, avec budget spécifique et parlement.

Or, tout le monde sait que le drame de l’agriculture française qui est en train de crever sur pied vient, pour l’essentiel, de cette Europe où tout le monde joue sur le même terrain puisqu’on a supprimé les frontières mais avec des règles du jeu totalement différentes puisque chacun a sa propre législation, sa propre fiscalité, son propre code du travail.

Si les éleveurs de porc bretons déposent leur bilan c’est parce qu’ils ne peuvent plus faire face à la concurrence allemande, si les producteurs de fruits du sud-ouest font faillite c’est parce que leurs concurrents espagnols submergent le marché français.

Il est donc totalement incohérent de dire qu’on va aider les agriculteurs français à s’en sortir en allant vers toujours davantage d’Europe.

Cela dit, et comme toujours, le président de la République se moque du monde et notamment des agriculteurs (ce en quoi il pourrait finir, avant longtemps, par avoir grandement tort). Autrefois, quand un chef de l’Etat voulait venir en aide à un secteur de l’économie en danger, il prenait des dispositions précises, signait des décrets, lançait une politique, bref, faisait « quelque chose ». Que fait Hollande ? Il demande (respectueusement) à la grande distribution de mieux payer les producteurs et incite (gentiment) les Français à consommer français. C’est, en effet, ce qui s’appelle « se foutre des gens ».

Qui peut croire une seule seconde que, simplement pour faire plaisir au président, les groupes de grande distribution vont rogner sur leurs marges ? Et qui peut imaginer que les Français qui, par la faute de la politique menée par Hollande, n’arrivent plus à joindre les deux bouts vont, pour lui faire plaisir et le remercier de sa politique, se mettre à payer plus cher les produits dont ils ont besoin.

Il va sans doute falloir attendre qu’il y ait quelques préfectures incendiées, quelques grandes surfaces dévastées, voire quelques morts pour que ce pouvoir-sans-pouvoir décident enfin les mesures d’urgence que réclament, depuis des mois et à cor et à cri, nos paysans.

Il est d’ailleurs stupéfiant qu’après les semaines de « turbulence » que nous venons de vivre avec la crise grecque, Hollande ne trouve rien de mieux que de nous dire qu’il faut davantage encore d’Europe. N’a-t-il pas compris que, depuis des années, les Français sont –pour le moins- réticents vis-à-vis de l’Europe, même si nos politiciens continuent « à sauter comme des cabris sur leur tabouret en criant l’Europe, l’Europe », pour reprendre une célèbre formule.

En 1992, le référendum sur Maastricht n’était passé que d’un rien (51% de oui) et, en 2005, celui sur la Constitution avait été un échec cuisant (54,67% de non) même si Sarkozy avait cru pouvoir s’asseoir sur ce résultat ce qu’un certain nombre de Français ne lui ont toujours pas pardonné. Il est plus que vraisemblable qu’aujourd’hui, après l’affaire grecque et la totale prise en main de l’Union européenne par les Allemands, les Français rejetteraient massivement cette Europe des technocrates et de l’austérité.

Depuis trois ans, Hollande et ses sbires nous rebattent les oreilles avec « la transparence » et « la concertation ». Ne serait-il pas (grand) temps qu’ils nous avouent qu’ils veulent nous conduire à marche forcée vers une fédération européenne et qu’ils nous demandent pour une fois notre avis ?

On nous a déjà « barboté » (en douce) nos frontières, notre monnaie, notre justice, notre parlement ; créer maintenant un « gouvernement de la zone euro », à 19, serait non seulement la fin des haricots mais aussi, autrement plus grave, celle de la France, ou du moins du peu qu’il en reste.

A force de vouloir faire de la démagogie avec toutes ses incohérences, ce président qui n’a pas su nous sortir du gouffre va nous achever

20 Juil 2015 | Comments (6)

Les pantalonnades de l’été

Finalement, il faut toujours prendre quelques jours de vacances car, au retour, on s’aperçoit que tout s’est arrangé, comme par miracle.

Il y avait une épouvantable crise grecque qui menaçait l’euro et l’Europe, d’interminables négociations avec l’Iran qui démontraient la mauvaise foi des ayatollahs prêts à nous raconter n’importe quoi pour sortir de l’embargo, de terribles problèmes de sécurité avec des centaines de Français (issus de l’immigration ou convertis de fraîche date) partis faire le djihad avec l’Etat islamique et s’apprêtant à revenir le faire chez nous ; sans parler du reste, c’est-à-dire un chômage, des déficits, une dette qui continuaient à augmenter et un chef de l’Etat de plus en plus discrédité et sombrant dans les sondages.

On revient et… c’est l’euphorie. Il suffit de regarder la télévision ou de lire les journaux pour s’en convaincre. Tout va très bien Madame la Marquise. Ce sont tous les « petits marquis » du pouvoir qui vous le disent et vous le répètent.

Plus de problèmes avec la Grèce. Alexis Tsipras, le révolutionnaire qui s’était fait élire et qui avait été plébiscité en jurant aux Grecs qu’il saurait refuser l’austérité que les créanciers européens (et autres) voulaient, derrière le kayser Merkel, leur imposer, a capitulé comme un petit garçon ; et les Grecs, déjà au bout du rouleau, vont connaitre une austérité bien pire encore que celle qu’ils subissent depuis cinq ans. Quant aux Européens, eux, qui n’en pouvaient déjà plus de déverser des milliards dans le tonneau des Danaïdes d’Athènes, ils vont devoir continuer à cracher gros au bassinet.

On dira que Tsipras s’est engagé à réformer la Grèce de fond en comble, à faire payer des impôts par ses compatriotes, même par les armateurs, à réduire le nombre de ses fonctionnaires totalement pléthoriques, à reculer l’âge de la retraite, à vendre « les bijoux de famille », etc.

Naturellement, personne ne croit, une seule seconde, que Tsipras a la moindre intention de respecter tous ses engagements qui sont tous en totale contradiction avec le programme qui l’avait fait triompher dans les urnes. D’ailleurs, le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas. Non seulement parce qu’il n’y a pas de cadastre en Grèce et que, depuis des années, le pays ne survit que grâce à une économie parallèle où tout se paie, même les pots de vin, sous la table, en billets de banque, mais aussi et surtout parce que ce n’est pas en aggravant davantage encore les mesures d’austérité qu’on pourrait donner la plus petite chance à ce pays ruiné et moribond de redémarrer sur les bases solides.

Mais tout le monde se dit content. Tsipras parce qu’il reçoit quelques milliards d’urgence contre ses promesses en l’air, Angela Merkel parce qu’elle a bel et bien imposé de nouvelles mesures d’austérité de plus en plus draconiennes à ces jean-foutre de Grecs et Hollande parce qu’il peut se vanter (et il ne s’en prive pas) d’avoir obtenu, grâce à son génie du compromis et de toutes les compromissions, un accord en forme de chiffon de papier.

C’est d’ailleurs la même chose avec l’Iran. Les « grandes puissances » (les Etats-Unis et leurs vassaux) refusent depuis des années que Téhéran se dote de l’arme nucléaire. On les comprend. Depuis plus de trente ans (l’arrivée de Khomeiny à Téhéran), les ayatollahs qui sont à l’origine du réveil de l’Islam radical, menacent l’Occident, fomentent des attentats un peu partout, financent des groupuscules adeptes du djihadisme chiite, soutiennent Bachar el Assad en Syrie, les rebelles au Yémen et répètent qu’ils vont rayer Israël de la carte.

L’embargo décidé par l’Occident a évidemment fini par faire réfléchir -si ce n’est fléchir- le pouvoir iranien qui fait mine de mettre un peu d’eau dans son vin. Mais on oublie trop souvent de préciser que si cet embargo a rendu la vie quotidienne des Iraniens plus difficile, il a aussi et surtout réduit considérablement le business des grands groupes américains et autres dans ce pays aux richesses et au marché considérables.

Du coup, et avec une hypocrisie stupéfiante, tout le monde a été d’accord pour signer un marché de dupes dont personne n’est dupe. Téhéran jure, contre toute évidence et par Allah, que l’Iran ne fabriquera pas de bombe atomique et le business va pouvoir enfin reprendre.

On donne de l’argent à la Grèce pour qu’Athènes puisse rembourser (un peu) nos banques, on lève l’embargo iranien pour que nos banquiers, nos industriels, nos pétroliers, nos commerçants puissent refaire en toute légalité des affaires avec les ayatollahs. On sait que Tsipras ne fera aucune réforme et que les Iraniens continueront à préparer leur bombe mais… business is business. La Grève va continuer à ruiner l’Europe, les ayatollahs continuer à fabriquer leur bombinette et tout le monde sera content, jusqu’au jour où…

Et ce n’est pas tout dans le genre pantalonnades. François Hollande ne se fait aucune illusion. Il sait que les Français sont indifférents à ses pseudos succès diplomatiques. Ce qui intéresse ses futurs électeurs de 2017 c’est le chômage et, accessoirement, la sécurité intérieure. Comme tout le monde, il a compris qu’avec la politique qu’il mène, il était totalement incapable d’inverser la courbe du chômage. Alors, il joue à fond la lutte contre le terrorisme, par nostalgie sans doute des attentats de janvier dernier qui l’avaient un tantinet requinqué.

Un gosse de 17 ans, vaguement en contact avec un type se trouvant peut-être en Syrie, aurait, avec deux copains (qu’il n’a jamais vus), « eu l’intention » de commettre, l’année prochaine, un attentat contre une installation militaire et, mieux encore, d’enlever un haut gradé de l’armée pour le décapiter ! Joli scénario de fiction farfelue auquel personne, bien sûr, ne peut croire un seul instant. Mais, pour Hollande, c’est du « tout bon ».

Alors que l’enquête (si enquête il doit avoir) ne fait que commencer, il « balance » tout sur la place publique sans même se rendre compte 1) qu’il compromet l’enquête éventuelle, 2) qu’il oublie la présomption d’innocence, 3) que l’affaire ne tient pas debout et 4) que, dans les pays civilisés, quand des gosses ont vaguement « l’intention de… » cela ne constitue pas un crime relevant de la sécurité intérieure de l’Etat.

L’été est la saison des festivals. Le pouvoir nous offre, en ce joli mois de juillet, un festival de pantalonnades

19 Juil 2015 | Comments (4)

Quand Tsipras fait du Hollande pur jus…

Il y a six mois, 30% des électeurs grecs avaient voté en faveur d’Alexis Stipras parce que ce gauchiste effréné à la tête de son groupuscule d’extrémistes plus ou moins révolutionnaires prônait un rejet catégorique de l’austérité imposée à la Grèce depuis cinq ans et qui, il est vrai, le garrot se resserrant de plus en plus, avait mis le pays à genoux.

Il y a quelques jours, 61% des électeurs grecs ont, cette fois, plébiscité le même Stipras lors d’un référendum qu’il avait lui-même improvisé pour redire un « non » cette fois sans la moindre ambiguïté à cette même austérité.

Les choses étaient donc claires. On allait droit vers une sortie de la Grèce de l’euro et de l’Union européenne puisque les Grecs ne voulaient pas (ne pouvaient pas ?) s’incliner devant les exigences de Mme Merkel et de la plupart des pays européens qui en avaient, tous, plus qu’assez de déverser, indéfiniment et en pure perte, des milliards dans le tonneau des Danaïdes grec.

Et voilà soudain qu’au tout dernier moment, à quelques minutes de l’échéance de l’ultimatum, ce même Premier ministre grec propose, de lui-même, aux créanciers de la Grèce un plan d’austérité qui reprend à la lettre, et même « en pire », toutes les exigences qu’ils avaient formulées et qu’il refusait depuis des mois.

On dira donc que l’intransigeance d’Angela Merkel a fini par payer, même si, à l’Elysée, François Hollande poussera sans doute le ridicule jusqu’à laisser entendre que c’est grâce à lui, à son art du compromis, à son goût pour la synthèse et à son génie de la négociation qu’on a pu sortir de la crise.

Cela dit, ne soyons pas trop injustes. En trahissant sans pudeur ses électeurs, en reniant tous ses engagements, en se désavouant au-delà de l’imaginable, Tsipras n’a rien fait d’autre que… du Hollande pur jus, ce président français qui s’était fait élire en déclarant la guerre à la finance et en jurant qu’il saurait inverser la courbe du chômage et qui, trois ans plus tard, fait du libéralisme à la petite semaine avec un ancien de chez Rothschild tout en créant mille chômeurs de plus par jour ouvrable.

On dira aussi que Tsipras n’avait pas le choix et que s’il capitule ainsi c’est pour avoir 50 milliards pour tenter de maintenir son pays hors de l’eau. Et on ajoutera que tous les engagements qu’il vient de prendre devant l’Europe n’engagent que lui, et encore.

Certes, il peut faire passer le taux de la TVA à 23%, même dans les iles et sauf pour les hôtels et les produits de première nécessité. Il peut faire passer l’impôt sur les sociétés de 26 à 28%. Mais comme l’administration grecque est incapable de prélever l’impôt, cela n’ira pas très loin. Il peut faire passer l’âge de la retraite à 67 ans. Mais dans un pays au chômage de masse considérable cela n’aura guère d’effet. Il peut réduire le nombre des fonctionnaires (40% aujourd’hui du nombre des salariés). Mais que va-t-il faire de ces dizaines de milliers de nouveaux chômeurs ? Il peut tenter de faire payer les fameux armateurs (qui ont déjà mis leur fortune à l’étranger et leurs bateaux sous pavillon panaméen ou libérien) mais il lui faudra alors réformer la Constitution qui les protège. Il peut réduire le budget de l’armée. Mais il ne faut pas oublier que les Grecs vivent dans l’angoisse d’une attaque turque et qu’en Grèce il n’est jamais prudent de trop déplaire aux colonels.

Bref, on le voit, tout en trahissant ses électeurs et en se reniant lui-même, Tsipras a pris des engagements qui ressemblent tous à des promesses de Gascon. Il gagne du temps.

Mais maintenant ce sont les Grecs dont il va lui falloir s’occuper pour leur faire avaler sa trahison et surtout ce surplus d’austérité auquel il vient de consentir.

Dès qu’ils sont au pouvoir, les démagogues ont toujours des réveils douloureux.

10 Juil 2015 | Comments (13)

La cigale et la fourmi

Il parait qu’Alexis Tsipras va présenter aujourd’hui tout un plan de réformes assez audacieuses pour lui permettre de rassurer l’Eurogroupe, l’Europe, le FMI, la Banque centrale européenne et tous les créanciers de la Grèce, ce qui éviterait à Athènes d’être exclu, de facto et immédiatment, de l’Union européenne.

Rappelons que ces créanciers que tout le monde nous présente comme « les méchants » exigent, pour continuer à verser des milliards dans le tonneau des Danaïdes grec, l’instauration d’une véritable fiscalité avec notamment un cadastre et l’imposition de l’Eglise et des armateurs, une modification du système des retraites (particulièrement avantageux jusqu’à présent), une baisse substantielle du nombre des fonctionnaires (qui représentent 40% des salariés) et une réduction drastique du budget de l’armée. Autant dire une véritable révolution « libérale ».

Or souvenons-nous qu’Alexis Tsipras a été élu il y a 5 mois parce qu’il avait présenté un programme qui promettait une baisse des impôts, la sauvegarde du système des retraites, la garantie de l’emploi pour les fonctionnaires et que son alliance avec un parti de droite lui avait interdit d’évoquer aussi bien l’Eglise que les armateurs ou le budget de l’armée.

Tsipras a été élu lors des législatives et plébiscité lors du référendum parce qu’il a promis aux Grecs d’envoyer paitre l’Europe de Bruxelles, la banque de Francfort et tous les créanciers de la planète qui osaient vouloir leur imposer non seulement l’austérité mais aussi une réforme fondamentale de tous les systèmes grecs.

En clair, la moindre « concession » que ferait aujourd’hui Tsipras pour séduire les Européens serait, évidemment, une trahison de tous ses engagements devant le peuple grec.

En fait, le Premier ministre grec ne veut discuter que d’une seule chose : la dette qu’il exige de voir « rééchelonner », façon élégante de dire « effacer ». Les créanciers qui savent pertinemment que la Grèce ne remboursera jamais sa dette parce qu’elle en est totalement incapable sont prêts à faire « un geste » sur la dette (comme vient d’ailleurs de le suggérer, maladroitement, Christine Lagarde) mais à condition que les engagements de Tsipras sur cette « révolution libérale » (et de bon sens) qu’ils exigent soient au moins plausibles.

Le problème est que s’il est déjà difficile de faire confiance à un dirigeant grec en général, après cinq années de promesses non-tenues par tous les prédécesseurs de Tsipras, il est totalement impossible de faire le moindre crédit à ce que pourrait promettre ce révolutionnaire marxisant et populiste qui a obtenu 30% aux législatives et 61% au référendum qu’il a organisé avec comme seul thème de campagne non pas de réformer la Grèce pour en faire un pays « normal » mais la stigmatisation de l’Europe et de tous les créanciers dont le seul tort est d’avoir prêté des milliards à la Grèce et de souhaiter aujourd’hui si ce n’est retrouver leur argent du moins que la Grèce fasse un petit effort de réalisme.

La France est la seule aujourd’hui à se battre pour Tsipras. Hollande, Valls, le PS (et la presse-aux-ordres) nous matraquent en nous répétant indéfiniment que si la Grèce quittait l’euro et l’Europe ce serait l’Apocalypse. A les entendre la sortie de la Grèce entrainerait le délitement de l’Europe. Pas une seule seconde ils ne font remarquer que si l’Europe acceptait de renflouer indéfiniment à coups de milliards un de ses membres sous prétexte qu’il aurait le droit, lui, de faire n’importe quoi ce serait, évidemment, autrement plus grave puisque cela signifierait bel et bien la vraie fin de l’Union qui partirait alors à vau-l’eau.

En voulant jouer « le gentil » qui soutient « le malheureux » et l’homme de gauche qui défend le gauchiste, Hollande se déconsidère aux yeux de toutes les capitales européennes. Il interprète, sans grand talent, le rôle de la cigale en face de la fourmi allemande inflexible. On connait la fin de l’histoire.

En excluant la Grèce parce qu’elle se refuse à respecter toutes les règles de gestion des pays « civilisés », l’Europe qui est à la traine depuis des années prouverait au reste du monde qu’elle se réveille, redevient réaliste et repart à la conquête de la planète. En jetant à la Grèce une nouvelle bouée de sauvetage pour qu’elle surnage encore un peu en prolongeant son agonie, l’Europe prouverait, au contraire, que notre vieux continent continue avec ses mauvaises habitudes et tolère toujours n’importe quoi, les dettes, les déficits, les promesses inconsidérées, les discours démagogiques.

09 Juil 2015 | Comments (4)

Le bon samaritain avec son bonnet d’âne

Tout le monde sait depuis des mois que la Grèce ne peut qu’être « virée » de la zone euro et de l’Europe. Tout simplement parce qu’elle est totalement incapable d’assumer les conditions élémentaires exigées pour faire partie du « club ».

L’Europe qui se penche depuis des mois au chevet des Grecs ressemble à ces médecins sadiques qui prescrivent à leurs malades agonisants des traitements de choc qui ne peuvent qu’entrainer leur mort. Si elle obéissait aux injonctions de Bruxelles (et de ses créanciers), la Grèce serait peut-être guérie un jour mais elle serait évidemment morte avant.

L’erreur remonte au jour où, sous prétexte que nous avions (plus ou moins) étudié Platon et Sophocle et que nous aimions passer des vacances ensoleillées dans les iles grecques, nous avons fait mine de croire que la Grèce pourrait devenir un pays développé, industrialisé, compétitif, un pays « comme les autres » (c’est-à-dire, en fait, comme l’Europe des 6 ou éventuellement des 12) pour peu que nous lui donnions un petit coup de pouce.

Nous n’avons pas voulu voir que la Grèce avait non seulement tous les charmes mais aussi tous les défauts des pays à la fois des Balkans et du Proche-Orient et qu’aussi sympathiques que soient les danseurs de sirtakis ils étaient des Levantins, accrochés à leurs traditions religieuses, matriarcales et claniques.

Il y a quelque chose de cruel et de dérisoire à laisser ainsi les Grecs trainer dans ce couloir de la mort, en allant de Bruxelles à Strasbourg, d’une énième « réunion de la dernière chance » à un dernier « ultimatum ».

Avec son sourire un brin provocateur, Alexis Tsipras devient presque attendrissant. La corde au cou et nu pied, il tente de plaider une cause qu’il sait perdue d’avance et dont, d’ailleurs, il ne veut pas. Il a été élu et il a remporté triomphalement son référendum pour dire « merde » à ceux devant lesquels il comparait aujourd’hui. Il peut difficilement leur demander grâce.

Et c’est à qui mentira le plus dans cette tragédie grecque. Tsipras ment en répétant que la Grèce veut rester dans l’Europe et qu’elle est prête à faire de nouveaux sacrifices. Il sait parfaitement que ses électeurs sont au bout du rouleau et qu’après s’être dit pendant des années qu’ils allaient pouvoir se goberger aux frais de l’Europe, ils ont maintenant compris que la fête était terminée et qu’il allait falloir payer l’addition alors qu’ils n’ont plus le premier sou. Comme les mauvais joueurs de poker qui ont tout perdu, ils préfèrent quitter la table sur un coup d’éclat.

Presque tous les chefs d’Etat qui sont au garde-à-vous derrière Angela Merkel mentent, eux aussi, en rabâchant (sans conviction) qu’ils souhaitent que la Grèce reste au sein de l’Europe. S’il leur arrive parfois d’évoquer Platon et les risques géostratégiques qu’entrainerait une sortie de la Grèce de l’Europe, notamment avec le problème de l’immigration, tous sont formels : plus un euro pour cette république bananière.

Aucun d’entre eux n’ose le dire mais il est aussi évident que pas un seul d’entre eux n’a la moindre envie de tendre la main à ce Tsipras qui se noie. Pour eux tous, ce type n’est qu’un dangereux gauchiste illuminé qui a déclaré la guerre à la technocratie bruxelloise, à tous les créanciers, à toutes les banques et à l’Europe elle-même. Ils vont donc avec un plaisir évident, laisser couler ce populiste révolutionnaire à la sauce marxisante.

Seul au milieu de tout cela, il y a… le « gentil » François Hollande, le gentil de la crèche, celui qui après nous avoir juré (il y a trois ans) qu’il allait mâter le monde de la finance et faire plier Merkel-la-prussienne, nous affirme, depuis des semaines, que, l’Europe étant « solidaire », un accord est en vue et qu’il va d’ailleurs l’obtenir lui-même avec ses talents de négociateur, adepte de tous les compromis.

Il est évident qu’en se faisant l’avocat de Tsipras, Hollande, grand spécialiste de toutes les causes perdues, espère plaire à sa gauche, à Mélenchon, aux écologistes, aux frondeurs, et faire un peu oublier à son électorat, avant les prochaines échéances électorales, qu’il a choisi Manuel Valls et Emmanuel Macron.

Aux yeux de toutes les capitales européennes et notamment chez les « payeurs », le président français en voulant jouer ainsi les bons samaritains est ridicule. Il est vraisemblable que ce converti récent au social-libéralisme a mauvaise conscience en face du Grec gauchiste pur et dur. Mais cette solidarité vient sans doute surtout d’ailleurs. C’est la solidarité des cancres.

Pour Angela Merkel et les 14 autres chefs d’Etat de l’Euro-groupe qui ne veulent plus entendre parler de la Grèce, la France de Hollande n’est plus l’alter égo de l’Allemagne depuis longtemps. Avec son chômage, sa dette, ses déficits, sa balance commerciale et surtout son refus de toutes réformes structurelles, la France a, elle aussi, comme la Grèce, un bonnet d’âne, au dernier rang de la classe européenne.

Et comme tous les cancres, Hollande, dans son coin, face au mur et les mains dans le dos, fait le malin en tirant la langue à la maitresse d’école et en faisant des sourires complices à l’autre cancre encore plus cancre que lui….

08 Juil 2015 | Comments (10)

C’est Angela Merkel qui porte la culotte

Pour une fois –et on ne peut que s’en réjouir- tous nos grands « experts » qui nous annoncent habituellement d’un ton péremptoire ce qui va se passer et qui se trompent à tous les coups n’osent plus rien dire. Aucun d’entre eux ne s’aventure. La Grèce va-t-elle sortir de l’euro et de l’Europe, la monnaie unique va-t-elle disparaitre, l’Europe va-t-elle exploser, notre vieux continent fonce-t-il à la catastrophe ? Personne n’en sait rien. Ce silence de nos diseurs de bonne aventure qui ne voient soudain plus rien ni dans leur boule de cristal ni dans leur marc de café a quelque chose de reposant.

Cela dit, le « non » des Grecs à leur référendum est tout de même diablement révélateur. D’abord, il démontre le fantastique ras-le-bol des peuples européens en face du « machin » de Bruxelles et de ses technocrates qui ont fini par imposer une véritable dictature à tous les pays de l’Union européenne.

Ensuite, il prouve que si la rigueur s’impose évidemment dans la gestion des finances publiques, l’austérité décrétée par Bruxelles, Francfort ou Washington peut rapidement devenir insupportable et donc faire le lit de tous les extrémistes. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont applaudi en chœur la victoire d’Alexis Tsipras.

Enfin, il remet en cause le principe même de cette Europe ouverte à tous où se retrouvent, en principe à égalité, des pays parmi les plus industrialisés de la planète, comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou la France, et des pays qui sont encore à peine sortis de tiers-monde, comme la Bulgarie, la Roumanie ou… la Grèce. Les partisans de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne devraient aujourd’hui s’interroger pour savoir quels sont les liens naturels, humains et économiques entre l’Anatolie et la Ruhr.

Il faudrait aussi que nos géo-stratèges en chambre en profitent pour ne plus nous bassiner avec certaines de leurs rengaines préférées.

Tout le monde reconnait que la Grèce (antique) est plus ou moins la mère de notre civilisation, même si la démocratie athénienne n’avait que peu de rapports avec ce que nous appelons aujourd’hui la démocratie. Certes, Socrate et Platon ont profondément marqué notre civilisation mais on peut se demander si les familles Mitsotakis et Papandréou, sans parler d’Alexis Tsipras, lui-même ont toujours été fidèles à ces grands anciens. La Grèce est un pays merveilleux et des vacances dans les iles grecques sont inoubliables, mais la Grèce c’est déjà le Proche-Orient, avec ses couleurs, sa cuisine et ses mœurs, et c’est surtout, avant tout, l’Europe orthodoxe des popes et de Byzance et donc une Europe qui regarde beaucoup plus vers Moscou que vers Paris ou Berlin.

Autre lieu commun dont il faudrait se débarrasser au plus vite : l’histoire du « couple franco-allemand » qui, à lui seul, ferait la loi sur tout le continent et permettrait de sortir de toutes les crises. Le couple formé jadis par de Gaulle et Adenauer a divorcé depuis belle lurette. D’abord, parce qu’on est maintenant-et cela change tout- beaucoup plus riche d’un coté du Rhin que de l’autre, ensuite et surtout, parce que si Adenauer a été honorablement remplacé par Angela Merkel, on ne peut vraiment pas dire que François Hollande soit un digne successeur du Général, pas plus d’ailleurs que la plupart de ses prédécesseurs.

La France n’est plus aux yeux de « nos amis » allemands qu’un pays « Club’Med » dont les « gentils organisateurs » sont d’une médiocrité de plus en plus affligeante.

On nous raconte, depuis l’aube, que la chancelière allemande et le président français vont, ce soir, à l’Elysée, décider de l’attitude que tous les chefs d’Etat et de gouvernement adopteront demain à Bruxelles. Mais de qui se moque-t-on ? Tout le monde sait parfaitement que c’est l’Allemande, et elle seule, qui fait la loi dans cette « Europe allemande » et qu’elle n’écoute même pas d’une oreille distraite ce que peut murmurer en bafouillant ce président français, socialo à la petite semaine, avec ses 10% de chômeurs, ses 75% d’opinions défavorables et sa manie grotesque de chercher indéfiniment et désespérément des compromis.

Il y a longtemps que « le couple » Merkel-Hollande n’existe plus. Non seulement c’est Angela Merkel qui porte la culotte, un fouet dans la main, mais elle en a maintenant plus qu’assez de payer pour les frasques de l’autre.

Hier, la Grèce a peut-être dit « non » à un nouveau plan d’austérité insupportable, mais les Allemands, eux, font mine de croire qu’ils ont dit « non » à l’Europe et prennent Tsipras, avec ou sans l’odieux Yanis Varoufakis, au mot

06 Juil 2015 | Comments (24)