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Le meilleur d’entre tous… par défaut?

Ils sont tous les deux prêts. Déjà dans les starting-blocks, regardant la piste de ce 100 mètres qui sera, en fait, un marathon ; convaincus, l’un et l’autre, qu’ils vont l’emporter, non seulement parce qu’ils pensent, l’un et l’autre, qu’ils sont le meilleur mais, plus encore, parce que, l’un et l’autre, méprisent souverainement l’autre.

Hollande pense que les Français n’ont pas oublié Sarkozy-le blig-bling, son quinquennat zigzaguant entre ouverture et coups de menton, le bilan de son règne en matière de chômage et de dette, ses trics et ses promesses de « rupture » non tenues. Sarkozy est convaincu que les Français ne voudront jamais réélire Hollande, l’homme qui crée 1.000 chômeurs de plus par jour ouvrable et qui a trahi la vraie gauche et ses promesses de « changement », le président du mariage gay, le patron de Taubira et de Vallaud Belkacem, le copain de Castro.

Hollande est persuadé qu’il sera réélu comme Mitterrand en 1988 ou Chirac en 2002 parce qu’il incarnera le « père de la patrie », rassurant devant une France angoissée par ses crises et ses divisions et en face d’un adversaire agité. Il oublie que Mitterrand et Chirac n’ont été réélus que parce que nous étions en période de cohabitation. Sarkozy sait que l’alternance est devenue la règle dans ce pays qui sombre inexorablement quel que soit celui qui est au pouvoir et que c’est donc « chacun son tour ». Il en a été victime en 2012, il en sera, tout logiquement, pense-t-il, le bénéficiaire en2017.

Vendredi, Hollande a mis ses troupes en état de marche. Le PS s’est mis au garde-à-vous. Martine Aubry est rentrée dans le rang et les « frondeurs » ont mangé leur chapeau pointu. Quant à l’extrême-gauche et les Verts, ils se sont faits tout petits, ce qu’ils sont d’ailleurs. La menace d’une primaire de gauche et d’une éventuelle candidature de Valls a totalement disparu, comme par miracle. Et qu’importe si moins de la moitié des militants du PS (ou de ce qu’il en reste) a pris part au vote des motions. Le prochain congrès tant redouté sera un nouveau couronnement déjà programmé.

Samedi, Sarkozy a, lui aussi, sonné le réveil de ses troupes et organisé son propre triomphe en changeant de drapeau, en brandissant celui des Républicains pour faire oublier l’UMP des combats fratricides et des affaires véreuses. Et qu’importe, là aussi, si la moitié des militants n’a pas pris part au vote et si la grande salle de La Villette était à moitié vide.

Ils sont donc prêts, l’un et l’autre, à se lancer dans la bataille à la tête de leurs troupes plus clairsemées que rassemblées. Chacun étant convaincu qu’il arrivera en deuxième position lors du premier tour de la présidentielle, juste derrière Marine Le Pen, et donc qu’il l’emportera facilement au second tour.

Ils n’ont donc pas lu les sondages. Plus de 70% des Français ne veulent ni de Hollande comme candidat de la gauche, ni de Sarkozy comme candidat de la droite. Belle unanimité des électeurs qui, aujourd’hui du moins, mettent dans le même sac -pour ne pas dire dans la même poubelle de l’Histoire- l’actuel chef de l’Etat et son prédécesseur, celui de gauche comme celui de droite.

Hollande sait maintenant que les électeurs de gauche n’auront pas le choix et que ce sera lui leur héraut, quitte à aller droit dans le mur. Pour Sarkozy, ce n’est pas tout à fait la même chose. Avant la bataille suprême de 2017, il y aura, à l’automne 2016, les escarmouches de la primaire… « de la droite et du centre » qui seront, peut-être, plus périlleuses que prévu. Si l’épreuve n’était qu’avec la droite, c’est-à-dire avec les seuls « Républicains », les choses seraient « pliées », le président du parti ayant encore plus d’un an pour tout « verrouiller », ce qu’il a toujours su faire mieux que personne. Mais si les « gens du centre », l’UDI, le MoDem, tous les modérés de France et de Navarre (et tous ceux qui détestent encore Sarkozy) viennent mettre leur grain de sel dans les urnes de la primaire, c’est la catastrophe pour le petit Nicolas. Les sondages, toujours eux, prévoient 55% des voix pour Juppé, 45 pour Sarkozy.

Hollande est convaincu qu’il bénéficiera du rejet de Sarkozy, Sarkozy est convaincu qu’il bénéficiera du rejet de Hollande mais le troisième larron, Juppé, est convaincu qu’il bénéficiera, lors de la primaire, du rejet de Sarkozy. La règle a toujours été la même : ce n’est pas le meilleur qui gagne c’est le moins détesté. Hollande est plus détesté que Sarkozy, Sarkozy plus détesté que Juppé…

Aujourd’hui, « grâce » à Sarkozy et même à Hollande, les Français ont oublié le Juppé de 1995, du « droit dans mes bottes » et des grandes grèves de l’hiver 95. Juppé est devenu, à leurs yeux, un homme sage, tempéré, apaisé, rassembleur, réconciliateur, acceptant le mariage homo mais refusant l’ISF, prêt à réformer le Code des Impôts et celui du Travail pour desserrer le garrot qui étrangle notre économie tout en redonnant à l’Etat tout son rôle dans les domaines régaliens. Un brin gaulliste, une tonne pragmatique.

Qui aurait pu croire que ce « vieux monsieur » qui fut, un temps, l’homme le plus détesté de France (comme les deux autres d’ailleurs, chacun à leur tour), qui fut condamné par la justice, deviendrait, sur le tard, le favori de son camp, au sens large du terme.

Hier, à La Villette, les sarkozistes qui faisaient la salle ont hué Fillon, sifflé Juppé et chahuté Nathalie Kosciusko-Morizet. C’était « à droite toute ». Des Républicains version Tea party. Si Sarkozy suit ses troupes (ce qui lui arrive souvent) il risque bien de perdre la primaire à laquelle se précipiteront tous les centristes et tous les modérés des Républicains pour lui faire barrage et, en tous les cas, il deviendra un concurrent inespéré pour Hollande qui pourra s’en prendre à cœur joie contre cette droite revancharde qui, comme les émigrés de Coblence, « n’a rien oublié, rien appris ». Sarkozy qui se prend souvent pour Bonaparte aura alors des allures de Louis XVIII.

Mais la route du marathon est encore longue. Juppé tiendra-t-il la distance et pourra-t-il imposer à Sarkozy une vraie primaire « de la droite et du centre » ? La justice viendra-t-elle au secours de Juppé en éliminant Sarkozy avec une condamnation pour une affaire quelconque ? Hollande, aidé par le prix du baril, le cours de l’euro, le taux des emprunts, le timide redémarrage de l’économie mondiale et la sortie du monde du travail des dernières générations du baby-boom, parviendra-t-il enfin à inverser, au moins un peu, la courbe du chômage ? Lagarde, Bayrou et surtout Fillon, Le Maire et NKM se rallieront-ils à Juppé ? Marine Le Pen se maintiendra-t-elle en tête dans les sondages ?

Voilà beaucoup de questions. Mais aujourd’hui, à deux ans du scrutin, Alain Juppé semble bien « le meilleur d’entre tous » même si c’est un peu par défaut et si les deux autres vont lancer leurs machines de guerre respectives. Juppé, lui, n’a pas de parti derrière lui. Mais à l’heure de l’internet, les partis, les colleurs d’affiche, les distributeurs de tracts, les meetings et les grands messes n’ont, sans doute, plus l’importance qu’ils avaient jadis.

Peut-on raisonnablement croire aujourd’hui que Juppé finira (enfin) à l’Elysée ? Difficilement. Mais pour autant peut-on croire que Hollande y restera ou que Sarkozy y retournera ? Encore moins. Or il faudra bien que l’un des trois soit élu. Car on ne voit pas apparaitre, même au loin, le moindre quatrième lascar…

31 Mai 2015 | Comments (10)

Hollande n’est pas Malraux

Il faudrait que François Hollande se calme un peu avec ses commémorations à répétition, ses hommages solennels, ses discours larmoyants, ses devoirs de mémoire, ses roulements de tambour, ses minutes de silence et ses couronnes mortuaires.

Depuis le 11 janvier (qui lui avait rapporté quelques pourcentages éphémères dans les sondages) il n’arrête plus. Anniversaire de la libération des camps, anniversaire de la capitulation allemande, anniversaire de l’abolition de l’esclavage, anniversaire du génocide des arméniens, tout est bon. Cet homme qui ne restera dans l’histoire que comme celui qui a instauré le mariage des homosexuels ne rate pas une occasion de tenter de tutoyer l’Histoire du haut d’une tribune et entouré de gardes républicains.

Aujourd’hui, c’est le coup de la « panthéonisation » en bloc, pour ne pas dire massive, de deux femmes et deux hommes (parité oblige), un homme de de Gaulle, un homme de Blum (équilibre oblige), une femme croyante, une femme athée (laïcité oblige). Equilibriste lui-même, l’ancien premier secrétaire du PS a toujours été un artiste consommé dans l’art de l’équilibre. Quand il ne peut pas faire plaisir à tout le monde, il essaie de ne fâcher personne.

Nul, bien sûr, ne conteste le courage de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et de Germaine Tillon, aussi bien face aux nazis que, plus tard, après leur libération du camp de Ravensbrück, l’une face à la misère la plus effroyable et l’autre pour la défense des Droits de l’homme souvent bien malmenés. Personne ne conteste non plus le courage de Pierre Brossolette, personnage clé de la Résistance et qui se donna la mort de peur de parler sous la torture. Jean Zay, lui qui, avant de devenir le ministre de l’Education nationale du Front populaire, voulait « planter le drapeau français dans le fumier », est évidemment plus contestable. Mais il fut assassiné par les Allemands et il est sans doute un modèle pour Najat Vallaud-Belkacem. Une bonne tirade sur Jean Zay, histoire de faire passer la réforme du collège et la suppression du latin et du grec !

Cela dit, il faudrait avoir l’honnêteté de reconnaitre que ces quatre personnalités, aussi respectables soient-elles, sont tout de même « du second choix » et on a bien la fâcheuse impression que Hollande a dû racler les fonds de tiroir de notre Histoire récente pour se trouver de quoi « panthéoniser ».

Pendant l’Occupation, les Allemands avaient cru faire plaisir aux Français en leur rendant les cendres de l’Aiglon, le fils de Napoléon, qui avaient été transférées de Vienne aux Invalides, par un hiver glacial. Les Parisiens avaient alors murmuré « Moins de cendres et plus de charbon ». Il est vraisemblable qu’aujourd’hui un grand nombre de Français –les chômeurs, les précaires, les déclassés, les exclus, sans même parler des petits bourgeois des classes moyennes accablés d’impôts- ont envie de murmurer « Un peu moins de sonneries aux morts, un peu plus d’emplois, un peu moins d’impôts ».

Hollande prétend s’intéresser aux jeunes, c’est-à-dire aux 25% de 16-25 ans au chômage qui errent dans notre société sans guère d’espoir d’y trouver leur place. Le président de la République s’image-t-il que c’est en évoquant, même avec des trémolos dans la voix, ces figures un peu estompées du siècle dernier, d’il y a 70 ans, qu’il donnera le moindre espoir à cette jeunesse ? Même s’il se prend soudain et bien à tort pour Malraux accueillant Jean Moulin au Panthéon. Brossolette n’était pas vraiment Moulin, Hollande est encore moins Malraux.

Mais soyons justes. Pour une fois que François Hollande ne se roule pas dans la poussière et la repentance, n’accuse pas la France de tous les crimes de l’humanité, du racisme, de l’esclavagisme, du colonialisme, reconnaissons qu’il a fait un tout petit progrès. Il fait supprimer l’Histoire dans nos collèges mais il est bien content de pouvoir s’en servir pour faire oublier le présent.

Cependant qu’il ne se fasse aucune illusion. Ce n’est pas en « panthéonisant » à tour de bras que la patrie lui sera reconnaissante…

27 Mai 2015 | Comments (15)

Le PS voudrait nous vendre la peau de l’ours

Tous les commentateurs (patentés) nous disent aujourd’hui que François Hollande vient de remporter une grande victoire avec le vote des militants socialistes qui ont approuvé à 60% la motion dite Cambadélis qui approuve et soutient la politique actuellement menée par l’Elysée et Matignon. A entendre ces « experts », la réélection de François Hollande en 2017 ne sera plus qu’une simple formalité et le sortant pourra entamer un second mandat en se frisant les moustaches. On croit rêver.

Il est exact que la motion Cambadélis qui n’est qu’une pure magouille de bistrot comme le PS en a le secret puisqu’elle a été signée à la fois par Manuel Valls et par… Martine Aubry l’a emporté à une large majorité devant celle des « frondeurs » qui vont maintenant « mourir aux pluches » comme on disait autrefois dans l’armée, du temps du service militaire.

60% ce n’est pas mal. Mais il ne faudrait pas oublier que quand Nicolas Sarkozy a été, il y a quelques mois, élu président de l’UMP avec 60% des militants du parti, ces mêmes éditorialistes nous avaient affirmé que l’ancien président de la République avait reçu une superbe claque, n’ayant pas pu dépasser les 80%.

Il ne faut pas oublier non plus que ce score de 60% obtenu par la motion A ne l’a été qu’avec une abstention de plus de 50%. Un adhérent sur deux du PS n’a donc même pas voulu se déranger pour départager les hollado-vallistes des « frondeurs ». Preuve que, chez pratiquement la majorité des militants eux-mêmes, on est totalement dégoûté par ce parti qui approuve un gouvernement trahissant toutes les promesses faites jadis, c’est-à-dire il y a trois ans.

Enfin, rappelons que le PS a perdu des dizaines de milliers de militants depuis l’élection de François Hollande. Où sont allés ces bataillons de déçus qui ont déserté ? Vers l’abstention, vers l’UMP, vers le Front National ? Vu les scores du FN en continuelle progression, on peut se demander si un bon nombre de ces anciens « encartés de la rue Solferino » n’ont pas rejoint avec armes et bagages Marine Le Pen, sans toujours l’avouer.

Dès ce matin, Jean-Christophe Cambadélis nous expliquait que rien dans les statuts du PS n’exigeait l’organisation de primaires si un président sortant se représentait, à croire que malgré ce « triomphe » des 60%, les amis de Hollande redoutent la tenue de ces primaires qui pourraient, peut-être, remettre en question la candidature du président sortant.

En fait, la campagne de 2017 a déjà commencé alors que nous sommes pourtant encore à deux ans « piles » de l’élection et les cadres du PS veulent déjà nous vendre la peau de l’ours.

Hollande lui-même multiplie les déplacements en province et les déclarations. Il vient même d’avoir le culot d’affirmer qu’on entrait maintenant « dans le temps de la redistribution ». Certes, quelques centaines de milliers de Français supplémentaires vont désormais échapper à l’impôt sur le revenu. 53% des Français ne paieront plus cet impôt l’année prochaine. Un record aberrant et intolérable du moins pour les 47% restants qui, eux, vont naturellement voir tous leurs prélèvements obligatoires continuer à augmenter dans des proportions de plus en plus insupportables.

On dira que 53% des Français suffisent amplement pour remporter une présidentielle et il est évident que Hollande et ses sbires ont fait une croix sur les 47%, « cochons de payeurs » qu’ils vont continuer… à traire. Il suffit de voir le mépris avec lequel, cette semaine, le « pouvoir » a traité le personnel hospitalier et plus encore les enseignants qui constituaient pourtant jusqu’à présent un électorat gagné d’avance pour la gauche.

On voit aussi que cette campagne a déjà commencé en regardant la télévision, en écoutant les radios et en lisant la presse. La reprise en main est faite. Partout, on nous raconte qu’on est sorti du tunnel, que les signaux sont passés au vert, que la croissance revient. Or le « tout petit mieux » qu’on peut percevoir pour peu qu’on soit armé d’une loupe fortement grossissante n’est dû qu’à la baisse du prix du pétrole (qui commence à remonter), qu’à la baisse de l’euro par rapport au dollar (qui ne va pas durer) et qu’aux taux particulièrement bas pour l’instant. Autant dire que Hollande n’y est strictement pour rien.

Et cette toute petite croissance qui peut-être revient sur la pointe des pieds n’empêche pas les licenciements massifs de continuer, les fermetures d’usine de se multiplier jetant toujours plus de salariés à la rue.

Hollande nous avait promis –mais qui oserait croire en ses promesses- qu’il ne se représenterait pas s’il n’avait pas pu d’ici là inverser la courbe du chômage. On peut redouter qu’il ne tienne même pas cet engagement et que non seulement le chômage fasse encore de plus en plus de ravages et qu’en plus il soit candidat en 2017.

Sa seule chance n’est pas que sa politique, devenue totalement incohérente à force zigzags et de pataugeages entre idéologie sectaire et pragmatisme roublard, porte les moindres fruits. Elle est dans les zigzags et les pataugeages pires encore de son opposition.

En 2012, Hollande a été élu parce que les Français ne voulaient plus de Sarkozy. En 2017, ces mêmes Français auront-ils oublié à quel point ils avaient détesté Sarkozy ? Hollande, qui pourtant semble avoir tout fait pour, ne semble pas encore avoir réussi à faire regretter son prédécesseur…

22 Mai 2015 | Comments (5)

Hollande ridicule entre un tyran (alaouite) et des terroristes (sunnites)

 La prise de Palmyre-la-magnifique par les hommes de l’Etat Islamique est, évidemment, une catastrophe.

D’abord, parce qu’on peut redouter que ces fanatiques ne détruisent, au nom de l’Islam tel qu’ils le conçoivent, l’un des plus beaux sites gréco-romains de tout le Proche-Orient comme ils ont déjà saccagé le musée de Mossoul et quelques autres trésors archéologiques de la région.

Ensuite, parce que Palmyre ouvre toute grande la route de Damas. La capitale syrienne est à moins de deux cents kilomètres de Palmyre par une route parfaitement droite et plate au milieu du désert et cette victoire à Palmyre des islamistes prouve que les troupes de Bachar el Assad sont exténuées et désormais incapables de faire face à Daesh.

Enfin, parce que cette victoire démontre aussi que la fameuse coalition menée par les Etats-Unis contre l’Etat Islamique, avec la France et quelques autres, est totalement inefficace. Les porte-avions croisant dans le Golfe et en Méditerranée avec leurs escadrilles de chasseurs bombardiers lourdement armés et qui pilonnent les soldats de l’Etat Islamique depuis des semaines n’ont pas pu empêcher Daesh de s’emparer de tout l’ouest de l’Irak et de tout l’est de la Syrie. Damas et Bagdad pourraient tomber entre les mains du « Califat » dans les semaines à venir.

Cette accélération des choses pose, bien sûr, quelques questions essentielles auxquelles personne, aucun de nos dirigeants n’a voulu répondre jusqu’à présent.

Comment se fait-il que cette « horde de fanatiques » puisse accumuler victoire sur victoire en face de l’armée d’Assad qui, elle, est soutenue, financée, armée par la Russie, la Chine et, plus encore, l’Iran ? Comment se fait-il que les bombardements massifs des Américains (et des Français) qu’elle subit quotidiennement ne freinent en rien sa progression victorieuse ? En clair, qui finance Daesh ?

On nous raconte que ces « terroristes » ont organisé un gigantesque trafic de drogue et qu’ils vendent maintenant au marché noir le pétrole des champs qu’ils ont conquis. C’est peut-être vrai mais c’est de toute évidence totalement insuffisant pour acheter les armes et tout le matériel qui leur permettent de triompher.

La vérité crève les yeux : ce sont nos « amis » du Golfe, les Saoudiens et les Qataris, qui soutiennent à bout de bras et financent massivement l’Etat Islamique. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette guerre n’oppose pas, contrairement à ce qu’on nous raconte, des fanatiques religieux, Daesh, à un dictateur laïque, Assad, mais des Sunnites à des Chiites.

Daesh s’est créé en Irak quand les Sunnites se sont aperçus que les Américains avaient remis tous les pouvoirs entre les mains des Chiites. Pour Washington, il s’agissait d’éliminer les coreligionnaires (et donc les partisans) de Saddam Hussein et de permettre à la majorité chiite qui avait été persécutée pendant des décennies par le régime de Saddam Hussein de prendre enfin sa revanche.

L’Etat Islamique n’est rien d’autre qu’une armée sunnite qui veut reprendre le pouvoir qu’elle avait toujours eu en Irak et qui veut aussi maintenant abattre le régime alaouite (chiite) de Syrie qui opprime depuis des décennies la majorité sunnite syrienne. Tout le reste n’est que balivernes.

Il est donc normal que le régime chiite de ayatollahs de Téhéran soutienne Assad-l’alaouite et que les Sunnites du Golfe aident massivement les Sunnites de Daech.

On nous dit que l’Arabie saoudite a organisé une coalition pour d’écraser les Islamistes du Yémen qui sont aux portes de Sanaa, preuve, nous affirme-t-on, que nos « amis » saoudiens luttent, comme nous, contre les fanatiques islamistes. Oui, mais on oublie de nous préciser que ces fanatiques islamistes du Yémen sont des… Chiites. Il est donc normal que les Sunnites de Ryad leur fassent la guerre.

C’est bien connu, « l’Orient a toujours été compliqué ». Mais il est tout de même stupéfiant que nos dirigeants –à commencer par François Hollande- n’aient pas essayé de se renseigner auprès de nos meilleurs spécialistes (et nous n’en manquons pas) avant de se lancer, tête baissée, dans cette aventure.

Comme Sarkozy avait fait la guerre à Kadhafi (on voit aujourd’hui les résultats de cette monstrueuse opération inspirée par Bernard-Henri Lévy), Hollande a voulu faire la guerre à Assad pour le « punir », disait-il, de massacrer son opposition « démocratique ». Cameron et Obama l’ont empêché de se lancer dans cette folie. Aujourd’hui, avec Obama, il semble avoir complètement oublié Assad et fait la guerre à Daesh, c’est-à-dire aux ennemis d’Assad et certains lui conseillent même de se réconcilier au plus tôt avec Assad.

Autant dire que le président de la République est totalement ridicule au milieu de cette guerre entre Sunnites et Chiites, entre le « Califat » et Assad, entre Ryad et Téhéran, et où l’Occident n’avait strictement rien à faire. Et on se demande quelle sera l’attitude de Paris si, demain, Daesh entre dans Damas et pend Assad au bout d’une corde. Hollande fêtera-t-il la chute du tyran alaouite auquel il voulait faire la guerre ou pleurera-t-il la victoire des terroristes sunnites auxquels il faisait la guerre ?ande ridicule

21 Mai 2015 | Comments (8)

Le caudillo et sa révolution culturelle à la Mao

Qu’aurait-on entendu si cela avait été la droite ? La publication dans le Journal Officiel, ce matin, à l’heure du laitier, de la réforme du collège a quelque chose d’un coup de force qui n’est pas à l’honneur d’un gouvernement qui prétend pratiquer la concertation. Toute cette affaire est d’ailleurs invraisemblable.

La ministre de l’Education Nationale présente une réforme du collège et annonce une réforme des programmes qui, sous des aspects relativement anodins, ne sont rien d’autre que l’abandon de tous les grands principes qui ont toujours régi notre système éducatif : l’apprentissage des « humanités » pour permettre aux jeunes, à tous les jeunes, de comprendre notre civilisation et d’avoir un minimum de « culture » et l’apprentissage de l’effort et de la compétition pour les préparer aux difficultés de l’existence.

Ces deux réformes soulèvent des tollés de protestations aussi bien chez les enseignants (pourtant peu suspects d’être systématiquement hostiles à la gauche) que chez les intellectuels (qui ont généralement, eux aussi, voté Hollande en 2012) et, bien sûr, qu’à droite.

Najat Vallaud-Belkacem se dit alors prête à discuter de ces projets avec les contestataires. Mais elle ferme aussitôt sa porte et ses amis, à commencer par le Premier ministre et le premier secrétaire du PS, lancent une stupéfiante opération de contre-attaque en répétant, sur tous les tons et toutes les ondes, que tous ceux qui osent critiquer ces projets ne sont que des racistes et des xénophobes qui veulent s’en prendre, non pas à ces réformes mais à « l’arabe de service » qui les présente. Les mêmes avaient déjà utilisé ce même « argument » contre les adversaires du mariage des homosexuels qu’ils avaient accusés d’être des nostalgiques de l’esclavage sous prétexte que la porteuse de ce mariage contre-nature était « de couleur ».

Et alors qu’au lendemain d’une grève et d’une manifestation des enseignants on pouvait s’attendre à l’ouverture de discussions rue de Grenelle entre la ministre et les syndicats d’enseignants, c’est le coup de force : la réforme est publiée ce matin dans le Journal Officiel.

Circulez, il n’y a plus rien à voir ! En Corée du nord, on exécute au canon anti-aérien un ministre qui s’est assoupi pendant une cérémonie officielle. En France, on ne fait pas (encore ?) tirer au canon contre les profs qui manifestent dans la rue mais on les matraque d’un coup de J.O. pour leur prouver à quel point le régime les méprise. En France, sous le règne de François Hollande, on ne discute pas, on ne négocie pas, les syndicats n’ont pas leur mot à dire.

On pensait que Manuel Valls était un malin qui se préparait pour l’Elysée en ayant remis dans sa poche (revolver) son idéologie d’antan et en s’attaquant à toutes les vieilleries de notre système vermoulu. Avec des allures qui pouvaient étrangement rappeler un certain Nicolas Sarkozy, il fonçait tête baissée, n’écoutait personne, méprisait tout le monde, tapait du poing sur la table tout en tapant des pieds et voulait museler toute opposition à coup de 49.3 en karcherisant toutes les racailles, des dealers des quartiers de non-droit aux mauvais patrons aux bonus excessifs, en passant par les frondeurs en déshérence.

Au début, cela a plutôt plu. Mais, comme pour « l’autre », cela a fini par déplaire. L’homme courageux qui savait faire preuve de volonté en face de toutes les adversités s’est pris les pieds dans le tapis et, à force de jouer les matador-matamore, a pris le ton et la gestuelle d’un petit tyranneau. Il y a quelque chose d’un… caudillo chez ce petit Catalan.

On peut naturellement se demander pourquoi le Premier ministre a voulu révéler sa nature profonde (qu’il avait déjà laissé deviner avec le 49.3 pour la loi Macron) à propos d’une réforme du collège et d’un projet de réforme des programmes. La réponse est évidente.

Supprimer le grec, le latin, l’allemand et transformer l’enseignement de l’histoire de France en séances d’endoctrinement gauchiste préférant s’appesantir sur le colonialisme et l’esclavagisme plutôt que sur les Lumières, ce n’est pas promouvoir l’égalité des chances entre tous les enfants quelle que soit leur origine sociale. C’est, évidemment, persécuter les « sales bourgeois » dont la plus grande richesse était, précisément, cette culture qui faisait d’eux une élite du pays.

Valls l’a avoué. Cette réforme anodine est « une révolution ». Elle va permettre de décapiter l’aristocratie du pays, c’est-à-dire ceux qui connaissent Homère, Cicéron, Goethe et qui avaient l’impudeur de considérer que si la France avait sans doute commis quelques erreurs au cours de ces vingt derniers siècles –notamment en « apportant la civilisation aux sauvages » comme le souhaitaient Jules ferry, Léon Blum et toute la gauche de la IIIème République- elle avait aussi su écrire quelques pages glorieuses qui avaient illuminé la planète.

En fait, en bon caudillo qu’il est, le petit Catalan veut imposer sa révolution… culturelle. Comme Mao, il veut casser les mandarins et tous ceux qui savent lire et portent des lunettes.

Il ne nous reste plus qu’à attendre la chute de cette « bande des quatre », Hollande, Valls, Taubira et Najat Vallaud-Belkacem. Ma  is qui sera notre Deng Xiaoping ?

20 Mai 2015 | Comments (14)

Ils se surpassent…

On savait depuis longtemps que les socialistes pouvaient être d’une mauvaise foi stupéfiante et qu’ils étaient toujours prêts à dire n’importe quoi pour répondre aux critiques que leur opposition se permettait parfois de formuler. Aujourd’hui, ils se  surpassent.

Il faut dire qu’ils ont trouvé « un truc » pratiquement imparable. Avec eux, celui qui ose désormais contester quoi que ce soit, au milieu du flot de lois plus scandaleuses les unes que les autres qui dégringole actuellement sur le Parlement, se fait immédiatement accusé d’être, au choix, raciste, antisémite, xénophobe ou homophobe et donc cloué au pilori ce qui, bien sûr, interdit immédiatement tout débat.

Hollande est un malin. Il s’est choisi un gouvernement qui compte dans ses rangs Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Fleur Pellerin, Myriam el Khomri, George Pau-Langevin et même Harlem Désir, c’est-à-dire un bel échantillon d’exotismes, avec ce qu’il faut de noir, de jaune, de gris et de marron clair.

Nicolas Sarkozy, s’en prenant, avant-hier, et comme beaucoup de gens, au projet de réforme du collège de Najat Vallaud Belkacem, s’est écrié : « Najat Vallaud-Belkacem est pire encore que Christiane Taubira ». Certes, on peut discuter du « pire encore » car il est toujours délicat de choisir entre deux nulles qui ajoutent, l’une et l’autre, à leurs charmes respectifs un sectarisme haineux à toute épreuve. Qui préférer entre « la Madone du mariage des homosexuels » et « l’Attila de notre Ecole » (pour reprendre les termes de Jean d’Ormesson), entre la Garde des Sceaux et la ministre de l’Education Nationale, entre l’indépendantiste Guyanaise et l’immigrée Marocaine ? Difficile !

Aussitôt les ténors du gouvernement et de la rue Solferino sautèrent sur l’occasion. C’était trop beau. Sarkozy avait osé mettre dans la même phrase, pour ne pas dire dans le même sac, le nom d’une noire et celui d’une arabe. C’était la preuve absolue et irréfutable que cet ancien président de la République qui, pire encore, aspire à le redevenir n’était qu’un affreux raciste et un épouvantable xénophobe, indigne de faire partie de notre personnel politique et donc éliminé par avance –avant même la moindre condamnation devant les tribunaux- de toute compétition électorale.

Sarkozy a bien des défauts, a fait bien des erreurs et bon nombre d’électeurs de droite souhaitent ne pas être obligés de voter pour lui en 2017, lorgnant vers Juppé, Fillon ou Le Maire. Mais on ne peut pas reprocher à Sarkozy d’être raciste ou xénophobe, à moins d’être foncièrement ignare ou d’une totale mauvaise foi comme un Cambadélis ou un Leroux.

Souvenons-nous tout de même que Sarkozy a pris comme ministres Rachida Dati, à la Justice, Fadela Amara, à la Ville, Rama Yade, aux Droits de l’Homme, Nora Berra, à la Santé, et Jeannette Bougrab à la Jeunesse, jouant déjà, lui aussi, et pour les mêmes raisons démagogiques, à la parité et à la diversité, en s’entourant d’un véritable harem folklorique.

Nous sommes tous d’accord pour reconnaitre qu’aucune de ces jeunes femmes « issues de la diversité », comme on dit pour faire plaisir aux tenants de la pensée unique et du politiquement correct, n’a fait d’étincelles. On pouvait d’ailleurs déjà se demander quelle était la plus nulle d’entre elles. Mais, et elles étaient là pour cela, elles ont complètement disculpé ce président « d’origine hongroise » (personne ne l’a oublié) de tous soupçons de racisme ou de xénophobie.

Nous sommes donc prévenus. Celui qui s’en prendra à Valls-l’Espagnol sera accusé et condamné pour xénophobie, celui qui critiquera la politique étrangère de Fabius sera trainé dans la boue en tant qu’antisémite, etc., etc. Avec des gens « pas d’ici », aux origines plus ou moins lointaines et, de plus, de sexe féminin à la Justice, à l’Education Nationale, à la Culture, à la Ville et à l’Outre-mer, Hollande s’est assuré d’être tranquille sur un bon nombre de dossiers qui deviennent intouchables.

Il est bien dommage que Macron, Sapin, Cazeneuve ou Le Drian n’aient pas fait leur « outing » et déclaré publiquement qu’ils étaient homosexuels. Cela les rendrait à tout jamais intouchables, eux aussi, au nom de la lutte contre l’homophobie.

Il faudrait sûrement que nos « gourous » qui font la pluie et le beau temps dans les quartiers élégants de la capitale et décrètent ce qu’on peut (et ne peut pas) dire, acceptent un jour de graver aussi sur leurs tables de la loi que la bêtise ne peut plus dépasser le tolérable…

13 Mai 2015 | Comments (17)

La photo honteuse de La Havane

Il est tout content. Comme un gosse. Il a réussi son coup. Il n’y croyait pas et pourtant c’est vrai. La preuve, il a la photo. Et même plusieurs photos. On le voit « Lui » serrant la main, « Le » cajolant du regard, avec des yeux éperdus d’admiration. Il n’a pas osé « L »’embrasser sur la bouche mais c’est tout juste.

Un moment « historique », répète-t-il inlassablement depuis, comme s’il se réveillait à peine d’un rêve merveilleux. Il en sourit encore de toutes ses dents et avec son regard benêt. De retour à Paris, il va pouvoir montrer la photo à Julie et il est d’ailleurs convaincu que le cliché fait déjà le tour du monde, la « une » de toute la presse, sur tous les continents et que, grâce à cet instant « historique » -il faut répéter le mot, « historique », « historique »- il deviendra lui-même un peu « historique » aussi. C’est d’ailleurs vrai, il y a comme ça des poignées de main qui sont entrées dans l’Histoire avec un grand H. Et qui, bien souvent, ont déshonoré à tout jamais l’un des deux protagonistes. On pense, bien sûr, à Montoire.

François Hollande est totalement inconscient ! Président de la République française, le pays qui se vante à travers la planète, d’être celui des Droits de l’Homme, de la Démocratie, de toutes les Libertés (tous ces mots avec des majuscules), il s’est démené comme un pauvre diable pour rencontrer le dernier dictateur du XXème siècle, l’un des pires, le survivant d’une des pages les plus sombres de notre histoire contemporaine et se faire photographier avec lui. Le plouc !

On nous raconte qu’il voulait papoter avec lui… des Droits de l’Homme ! Comme si ce tyran à la retraite était un expert en la matière ! Hollande  ignore sans doute, sûrement même, que Castro, avec sa « dictature tropicale », a imposé pendant un demi-siècle la plus odieuse des tyrannies à son peuple, qu’il a jeté dans ses « goulags à palmiers » des dizaines de milliers de prisonniers politiques, que des centaines de milliers de Cubains ont dû fuir l’horreur, comme des boat-people, pour gagner, en Floride, la liberté, qu’il a été l’un des larbins les plus dociles de l’Union soviétique des Khroutchev et autres Brejnev, qu’on a bien failli avoir une 3ème guerre mondiale à cause de lui, parce qu’il avait accepté que Moscou installe sur son ile des missiles, et qu’il a déjà sa place dans la galerie des monstres, entre Staline, Mao, Pol Pot et Kim il Sung.

Il parait que Hollande voulait cette rencontre pour récupérer la gauche de sa gauche, Mélenchon et les communistes pour lesquels Fidel symbolise encore le grand combat (perdu à plates coutures) contre l’impérialisme, le capitalisme et toutes les valeurs de l’Occident. Or, le vieillard d’aujourd’hui n’est plus que l’image fanée d’une folie criminelle qui fit à travers le monde des dizaines de millions de victimes et qui, à Cuba même, plongea le pays qui avait tout pour être heureux dans la plus cruelle des misères et la peur du petit matin, à « l’heure du laitier » bien qu’il n’y ait plus de lait à Cuba depuis longtemps.

Le propre frère (et premier complice) de Fidel, Raul, a fini, devant le champ de ruines qu’est devenu son pays, par reconnaitre ce demi-siècle d’erreurs, de fourvoiements, de crimes. Il tente maintenant de changer un peu les choses allant même jusqu’à demander au Pape d’essayer de sortir Cuba du fond du précipice dans lequel Fidel l’avait fait sombrer et d’attendrir Washington.

On nous dit ainsi que, grâce à Raul, Cuba commence à évoluer un peu et que c’était donc le moment pour le président français d’aller rappeler à La Havane, et par la même occasion à tous les pays de la région, que la France existait et était toujours prête à vendre ses Rafales, ses TGV et ses centrales nucléaires, ses voitures à qui en voulait.

Mais alors pourquoi Hollande a-t-il voulu que l’image qui restera de ce voyage soit celle d’une rencontre avec ce passé désormais détesté par tous ?

Cette photo tant désirée est honteuse. Pour l’Amérique latine, l’image de la France, ce n’est pas Montoire, c’est De Gaulle descendant les Champs Elysée en août 1944.

12 Mai 2015 | Comments (9)

Voyage à Cuba et naïveté présidentielle

François Hollande a évidemment raison d’aller à Cuba. L’ile révolutionnaire des frères Castro ne pouvant plus vivre aux crochets de l’URSS qui n’existe plus depuis longtemps et en ayant assez de crever de faim s’ouvre enfin à l’Occident et lance sans pudeur un véritable appel au secours, le petit frère Raul mettant beaucoup d’eau dans le vinaigre amer de son aîné Fidel, avec l’espoir affiché que le dollar honni reviendra bien vite.

Le président de la République a bien joué en étant le premier des Occidentaux à fouler le sol cubain. Les Cubains qui n’ont jamais oublié que la France avait été, en 1902, le premier pays à reconnaitre l’indépendance de Cuba y seront sans doute sensibles. Il y a toujours eu des liens, tenus, il est vrai, et surtout culturels (les deux seuls centres culturels étrangers autorisés sur l’ile étant français) entre Cuba et la France. Ces liens ont d’ailleurs été raffermis par l’arrivée massive en France de réfugiés politiques cubains fuyant la dictature castriste… beaucoup plus que par les embrassades répétées et incongrues, à La Havane ou à Paris, entre Danièle Mitterrand et le lider maximo.

Cela dit et malheureusement, une fois de plus, Hollande fait preuve d’une naïveté stupéfiante qui semble prouver son inculture abyssale des choses de la planète. En Guadeloupe, avant de s’envoler pour la Havane, Hollande a déclaré qu’il faisait ce voyage pour : 1) damer le pion à Obama, 2) permettre aux entreprises françaises de faire des affaires à Cuba et enfin 3) parler des Droits de l’Homme.

Or il va sans dire que Cuba qui a été aidé par les Etats-Unis pour obtenir son indépendance lors de la guerre hispano-américaine, qui a été une colonie américaine pendant plusieurs années, qui a été « l’ile de tous les plaisirs » des Américains pendant des décennies, qui « héberge » toujours une importante base militaire US, Guantanamo, et qui est « au large » de la Floride, ne rêve que de l’Amérique, du dollar et du Coca Cola.

Hollande ne damera évidemment pas le pion d’Obama. C’est d’ailleurs le président US qui a tout « dégelé » le jour où il a déclaré qu’il souhaitait reprendre des relations diplomatiques avec La Havane. Hollande est toujours ridicule quand il veut jouer les grands garçons en défiant du regard Obama.

Hollande est accompagné aujourd’hui par une impressionnante délégation de chefs d’entreprises françaises (SNCF, Air France, Orange, Bouygues, Pernod-Ricard, Total, etc.) avec l’espoir évident de décrocher, à plus ou moins long terme, quelques contrats juteux. Certes, après plus d’un demi-siècle de révolution castriste, il y a tout à reconstruire dans ce malheureux « paradis tropical » devenu un enfer et qui en est aujourd’hui à devoir importer même son sucre, jadis l’une de ses premières productions. Mais l’ile est totalement ruinée et il faudrait qu’un jour nos chefs d’Etat successifs arrêtent de nous annoncer la signature de contrats plus mirifiques les uns que les autres avec des pays ne pouvant jamais honorer leurs signatures. Il ne faudrait pas que Hollande s’image qu’après l’Egypte, l’Inde et le Qatar, Cuba va acheter des Rafales.

Enfin, prétendre parler des Droits de l’Homme avec les dirigeants du dernier pays (avec la Corée du Nord) à être encore vraiment communiste est évidemment une gageure intenable, à moins qu’il ne veuille se faire raccompagner sèchement à l’aéroport.

Le programme officiel annonce une rencontre avec le Cardinal Jaime Ortega, brave homme, plutôt modéré, mais qu’on ne peut tout de même pas présenter comme un opposant au régime et qui est d’ailleurs totalement méprisé par tous les opposants en exil. Ce n’est pas en rencontrant le cardinal que Hollande obtiendra la libération des très nombreux prisonniers politiques qui croupissent toujours dans les geôles du régime

Les opposants réfugiés en Floride ou à Paris se sont amusés à mettre en ligne, depuis quelques jours, une tribune signée François Hollande et parue dans le Nouvel Observateur en 2003 et dans laquelle le premier secrétaire du PS dénonçait violemment « la dictature castriste ». Quand on l’a signalé au président de la République, il s’est contenté de répondre, un peu gêné, que les choses commençaient à changer à Cuba. C’est vrai.

C’est lui, malheureusement, qui ne change pas. Faussement naïf en France, vraiment naïf dès qu’il est à l’étranger et qu’il voudrait se prendre pour de Gaulle. Mais le Général pouvait, lui, donner des leçons à tout le monde sans être ridicule…

11 Mai 2015 | Comments (4)

Quand Taubira traite Hollande d’imbécile

Anniversaire de la libération des camps de la mort, des événements de Sétif, des carnages de la Grande Guerre, du massacre des Arméniens, de l’abolition de l’esclavage, cette année 2015 est décidément une année faste pour ce président qui n’aime rien tant que de retenir ses larmes en nous imposant des discours aussi creux que pontifiants.

L’année n’est d’ailleurs pas terminée. Il lui reste encore les massacres de Quiberon, 1795, où les derniers Vendéens furent exterminés, et surtout Waterloo, 1815, car il n’est inspiré que par les pages les plus sombres de notre histoire et la défaite de l’Empereur, un 18 juin, serait pour lui un excellent prétexte pour passer sous silence le 18 juin… 1940. Il va sans dire qu’il n’aura pas un mot pour 1515, Marignan… ce fut une victoire française.

Pourquoi cette manie de se complaire dans les drames alors qu’un chef de l’Etat devrait plutôt, en principe, célébrer les pages glorieuses et flamboyantes de notre histoire (qui n’en manque pas) ne serait-ce que pour redonner aux Français qui pataugent dans toutes les crises, depuis des années, un minimum de fierté d’eux-mêmes ? Sans parler de nos immigrés et fils d’immigrés qu’on incite finalement à cracher sur le drapeau français plutôt que de leur donner envie de s’intégrer à une Nation qui, quoiqu’en dise le président, n’a pas à rougir de toutes les pages de son passé.

On a l’impression que Hollande aime évoquer toutes les tragédies qu’a pu connaitre notre pays (et la terre entière) pour mieux nous démontrer qu’avec lui au pouvoir, malgré le chômage, les déficits, l’insécurité, les prélèvements obligatoires, la déliquescence de l’Etat, la dégringolade générale, cela ne va pas aussi mal qu’on le croit. Et c’est vrai qu’il y a eu bien pire…

Aujourd’hui, François Hollande inaugure à la Guadeloupe le « Mémorial ACTe », le plus grand mémorial-musée mondial consacré à l’esclavage.

Il s’agit d’un gigantesque bâtiment qui a coûté la bagatelle de 83 millions d’euros sur une île où –il faut tout de même le rappeler- les routes sont défoncées, les hôpitaux délabrés et plus de 65% des jeunes au chômage. Même les indépendantistes qui répètent tous les jours que tous les Métropolitains ne sont que des négriers trouvent qu’on aurait pu faire autre chose de plus utile avec ces 83 millions, d’autant plus qu’ils attendent, comme beaucoup de Métropolitains, que la Cour des Comptes découvre quelques-uns des pots-de-vin et dessous-de-table auxquels cette opération aussi démagogique que pharaonique a évidemment donné lieu.

Mais, au-delà de ce gaspillage sidéral et de toute la corruption habituelle aux Antilles, c’est le principe même du Mémorial qui est mis en cause. Personne ne conteste que l’esclavage, pratiqué depuis la plus haute antiquité sur tous les continents et notamment en Afrique, fut une monstruosité et qu’elle perdure d’ailleurs, aujourd’hui encore, chez un bon nombre de pays avec lesquels nous entretenons les meilleures relations du monde, comme l’Arabie saoudite, l’Inde ou le Qatar, pour n’en citer que quelques-uns, pétrole et vente d’armements obligent. La France faisant, elle, partie des premiers pays à avoir aboli cette monstruosité.

On veut espérer d’ailleurs mais sans y croire que le Mémorial guadeloupéen fera une bonne place aux gamines philippines, thaïlandaises, cambodgiennes ou laotiennes, achetées à leurs familles misérables quelques dollars et remplissant la plupart des cuisines et les harems de la péninsule arabique.

Cela dit, était-il vraiment indispensable d’édifier ce Mémorial sur une île où le racisme anti-blanc le plus virulent ressurgit à la moindre occasion, même si tous les Guadeloupéens ne rêvent que d’avoir un emploi de douanier, de postier ou d’infirmer chez les négriers de la Métropole ?

Les descendants d’esclaves commencent maintenant à réclamer des « réparations ». Une association fait un procès à Ernest-Antoine Seillière, l’ancien patron du Medef, sous prétexte que ses aïeux auraient, au XVIIIème siècle, fait fortune avec le trafic des esclaves et qu’il bénéficierait aujourd’hui encore de cette fortune. On en vient à se demander si la meilleure des « réparations » ne serait pas de ramener ces descendants d’esclave dans leur Afrique d’antan…

Hollande, une fois de plus, confond tout. N’ayant pas relu le discours qu’on lui avait préparé, il s’est écrié : « Le mémorial permettra à la Guadeloupe et au-delà à la Caraïbe toute entière, avec un lien profond avec l’Afrique, de dire au monde que ce combat pour la dignité humaine n’est pas achevé. Il y a les nouveaux négriers de migrants en Méditerranée qui sont une forme moderne de l’esclavage ».

Le président de la République a parfaitement raison de s’apitoyer sur le sort des malheureux immigrés clandestins qui tentent, au péril de leur vie, de gagner l’Europe. Mais il ignore visiblement que ces pauvres gens ont décidé « volontairement » de tenter l’aventure (ce qui n’était pas le cas des esclaves vendus par des chefs noirs aux trafiquants européens) et que ceux qui parviennent sur les rives nord de la Méditerranée ne sont pas enchainés.

Christiane Taubira, spécialiste autoproclamée en la matière et qui ne sait plus quoi faire pour exaspérer Hollande, ne l’a pas raté. Elle lui a répondu dans la presse : « Il ne faut pas confondre l’esclavage historique et l’esclavage moderne. Le premier était codifié, le second n’est pas un système autorisé. On doit combattre l’esclave aujourd’hui, mais la confusion est mauvaise conseillère et, en plus, elle est l’apanage des imbéciles »

C’est, sans doute, la première fois qu’un(e) Garde des Sceaux traite publiquement un président de la République d’imbécile. Mais pour une fois l’indépendantiste guyanaise avait parfaitement raison.

On se demande, avec inquiétude, quelles « imbécilités » Hollande va bien pouvoir nous sortir en débarquant demain à La Havane…

10 Mai 2015 | Comments (9)

Quand « l’esprit du 11 janvier » fait enfin débat…

Pour tous ceux (bien rares, il est vrai) qui n’avaient pas été entrainés dans l’hystérie collective du 11 janvier et qui avaient aussitôt compris que le gouvernement instrumentalisait sans pudeur l’émotion (légitime) provoquée par l’assassinat des caricaturistes de Charlie Hebdo et l’attentat contre l’épicerie cachère de la Porte de Vincennes, la querelle (très parisienne) déclenchée par la parution du dernier livre d’Emmanuel Todd (« Qui est Charlie ? », Le Seuil, 252 p., 18€) est un plaisir délectable, Todd répétant à maintes reprises et prouvant chiffres à l’appui que « l’esprit du 11 janvier » n’a été qu’« une imposture ».

On se souvient qu’à l’époque « on » nous avait raconté, sur tous les plateaux de télévision, dans tous les micros, à longueur de colonnes dans toute la presse écrite, que la France toute entière, toutes générations confondues, toutes idéologies mélangées, toutes couleurs réunies, la France pluriethnique, pluriculturelle, pluri-tout-et-n’importe-quoi s’était rassemblée, retrouvée comme un seul homme, une seule Nation, pour hurler, aux cris de « Nous sommes tous Charlie », son refus du terrorisme et sa volonté de défendre, jusqu’à la mort s’il le fallait, la liberté d’expression et plus encore « les valeurs de la République ».

Nous n’avions pas été très nombreux à refuser de nous proclamer des « Charlie » et à oser dire que si, bien sûr, l’assassinat de ces dessinateurs était un drame épouvantable, Charlie Hebdo n’avait toujours été qu’un torchon scatologique qui se vantait d’ailleurs lui-même de l’être, se vautrant dans les pires vulgarités, en croyant que choquer le bourgeois pouvait servir de talent pour contester la société.

Même si, évidemment, au nom de la liberté d’expression, n’importe qui a le droit de dire, d’écrire et de dessiner n’importe quoi, Charlie Hebdo ne pouvait pas être considéré comme un exemple de la presse de qualité et ses collaborateurs ne pouvaient pas prétendre être les héritiers de Voltaire.

Les manifestations du 11 janvier qui auraient réuni trois à quatre millions de manifestants à travers la France n’ont, bien sûr, été qu’une des plus grandes impostures (c’est le mot employé par Todd) de notre histoire récente pourtant peu avare dans ce genre d’escroqueries politico-intellectuelles.

Il suffisait d’observer ces marcheurs. La France pluriethnique ? Il n’y avait pas un noir, pas un arabe dans la foule. Et, au moment même où ces marcheurs battaient le pavé, les Musulmans des quartiers de non-droit de nos banlieues fêtaient dans la joie l’assassinat des « blasphémateurs » de Charlie Hebdo.

La France du haut au bas de l’échelle sociale ? Il n’y avait pas un seul ouvrier, pas un seul représentant des classes défavorisées. La France généreuse et des Droits de l’Homme ? Il suffisait d’écouter ces « braves gens ». Ils ne défendaient ni la liberté de la presse ni ces dessinateurs qui avaient caricaturé le Prophète. Ils manifestaient contre l’Islamisme et même contre l’Islam. C’étaient trois ou quatre millions de « bobos », plus ou moins nantis des classes moyennes, qui venaient de basculer et qui exprimaient bruyamment leur ras-le-bol contre les sept ou huit millions de Musulmans qui veulent de plus en plus faire la loi en France. Trois ou quatre millions d’électeurs de François Hollande qui donnaient raison, sans même s’en rendre compte, à… Marine Le Pen.

En le disant, nous avions, bien sûr, été mis au ban du microcosme parisien et jetés aux ordures si ce n’est aux lions.

Homme de gauche et star adulée du boulevard Saint-Germain, entre le Flore et les Deux magots, l’hiver, et, l’été, dans le Lubéron ou sur l’île de Ré, Emmanuel Todd vient, dans sa perpétuelle recherche des succès en markéting, de publier « Qui est Charlie ? »

On a souvent dit que Todd écrivait avec ses pieds, mais cette fois il met ses pieds dans le plat. Trois phrases prises au hasard : « Nous savons désormais, avec le recul du temps, que la France a vécu en janvier 2015 une crise d’hystérie, une hystérie collective avec un flash totalitaire », « Les pancartes « Je suis Charlie » masquaient une motivation implicite : l’islamophobie », « Le manifestant-type était un cadre supérieur appartenant à la classe moyenne supérieure, un bourgeois catholique-zombie de gauche ». Pour une fois on est bien obligé de s’écrier « Bravo Todd ! »

Est-il besoin de dire que ce pamphlet qui s’appuie, en fait, sur une véritable et très sérieuse étude sociologique, a immédiatement fait le vacarme d’une bombe dans le landernau de la rue Solferino où l’on tente encore de faire croire que, grâce à cet esprit (fumeux) du 11 janvier, la gauche, autour de François Hollande, est capable de rassembler les Français.

Naturellement, Manuel Valls, ce joueur de pipeau qui se prend pour un homme-orchestre et qui a pris l’habitude de nous imposer sa petite musiquette d’autosatisfaction soir et matin, ne pouvait pas rater une énième occasion de monter au créneau. Sans se rendre compte qu’un Premier ministre n’avait pas à faire dans le Monde la critique des livres qui paraissent, Valls, visiblement piqué au vif par le mot « imposture », accuse, sur cinq colonnes dans le quotidien du soir, Todd d’être… un imposteur qui « joue un jeu dangereux : celui des populismes, des extrêmes qui, eux, nous conduiraient vers la ruine ». Du coup, Todd, pas content lui non plus, a comparé ce matin Valls à… Pétain, ce qui est peut-être un peu excessif.

En fait, il faudrait surtout que le Premier ministre arrête de traiter de populistes, d’extrémistes, voire de suppôts du Front National tous ceux qui osent lui dire si ce n’est ses quatre vérités du moins la vérité.

Todd a raison, la gauche doit l’exécuter. C’est un air connu (de Guy Béart).

09 Mai 2015 | Comments (13)

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