Archives par moisavril 2015



Le sabre et le goupillon

Comme tous les bons socialistes nourris à la ratatouille de la SFIO d’antan pimentée avec la sauce franc-maçonne éternelle, François Hollande déteste souverainement aussi bien l’armée que l’Eglise. Le sabre et le goupillon. C’est plus fort que lui, il crache sur le drapeau et veut bouffer du curé. A la fois objecteur de conscience convaincu et laïcard impénitent. Il rêve d’une France sans Dieu et où les mots « Patrie » et « Nation » seraient proscrits et même interdits par la loi.

C’est, naturellement, son droit le plus strict. Dans le pays de Voltaire, fille aînée de l’Eglise, où l’on a, Dieu merci, tous les droits, on peut ne croire ni en Dieu ni même en la France et chanter à tue-tête l’Internationale, le poing levé.

L’ennui c’est qu’il est, par accident il est vrai, président de la République française, c’est-à-dire à la tête d’un pays dont toutes les « racines » sont, évidemment, chrétiennes et dont l’histoire, souvent glorieuse, est parsemée de batailles célèbres qui ont, précisément, formé une des Nations les plus vigoureuses de l’histoire de deux derniers millénaires.

Mais les réalités ont la tête dure et l’histoire aime toujours faire des niches cocasses aux idéologues les plus obtus. On l’a oublié mais c’est Guy Mollet, patron de la SFIO et président du Conseil d’une IVème République déjà moribonde, qui a envoyé le contingent en Algérie et lancé l’opération catastrophique de Suez alors que c’est de Gaulle qui a mis fin à la guerre d’Algérie. C’est Mitterrand qui a décidé de faire la guerre du Golfe alors que c’est Chirac qui n’a pas voulu faire celle d’Irak. Bref, c’est la gauche « pacifiste » qui fait la guerre et la droite qu’on accuse d’être belliciste qui fait la paix.

Ces gens-là n’aiment pas l’armée sous prétexte qu’elle aurait condamné Dreyfus, déguerpi en 40, perdu l’Indochine et torturé en Algérie, mais ils adorent jouer aux petits soldats. Aux débuts de leurs mandats, ils sont antimilitaristes et cela ne dure jamais très longtemps.

On se souvient de Mitterrand faisant retirer les armes de sa vue lors d’une première visite officielle au salon de l’aéronautique avant, quelques mois plus tard, de jouer au chef d’Etat-major devant des cartes du Golfe persique. Idem pour Hollande. A peine installé dans le bureau de de Gaulle, il décidait de sabrer, plus encore que son prédécesseur, dans le budget des armées. Mais, quelques mois plus tard, sans doute charmé par la fanfare de la garde républicaine, il annonçait qu’il allait faire la guerre à la Syrie d’Assad pour lui donner une bonne leçon, puis, comme Malbrough et surtout Tartarin, il s’en allait en guerre au Mali d’abord, en Centrafrique ensuite, dans tous les pays du sud-Sahel enfin.

Mais comme Léon Blum ou Guy Mollet, Hollande a une, voire deux guerres de retard. Blum n’avait pas compris le danger hitlérien, Mollet n’avait rien vu de l’éveil des nationalismes du Tiers-Monde, Hollande, lui, ne s’est toujours pas aperçu qu’une troisième guerre mondiale venait de nous être déclarée par un Islam renaissant, revanchard, conquérant. Et que cette guerre ne se livrait pas seulement dans les sables des déserts d’Afrique ou du Proche-Orient mais, aussi et surtout, au cœur de nos nations, contre les gratte-ciel new-yorkais, dans le métro londonien, dans les gares de Madrid et en plein centre de Paris.

Au début, tel un gros benêt, Hollande avait cru pouvoir répondre à l’offensive des « barbus », si ce n’est en se laissant lui-même pousser la barbe, du moins en les caressant dans le sens des poils, en multipliant les déclarations de soumission, en affirmant que l’Islam était parfaitement compatible avec toutes les valeurs de la démocratie, de la République, de la France, en répétant à satiété que l’Islam, apporté par « nos amis » immigrés, était « une chance pour la France » et en fermant obstinément les yeux sur toutes les « dérives » auxquelles les Français assistaient scandalisés et inquiets.

Et puis il a bien fallu qu’il se rende à l’évidence. Contre les kalachnikovs de kamikazes prêts à se sacrifier pour faire sauter la civilisation occidentale, massacrer tous les mécréants et imposer un califat à la planète entière, rien ne vaut les mitraillettes de nos légionnaires, de nos parachutistes et même de nos braves gendarmes. Ce n’était pas sur les trois ou quatre millions de moutons défilant en bêlant « Nous sommes tous des Charlie » qu’il pouvait compter pour faire reculer la menace mais bel et bien sur… l’armée, la grande muette qu’on saignait depuis des années sans qu’elle ne bronche.

Hollande vient d’annoncer qu’il suspendait pour un temps les diminutions des effectifs et sanctuarisait plus ou moins le budget de la Défense. Cela s’appelle faire volte-face ou, si l’on préfère, capituler devant les dures réalités d’une guerre qui s’annonce. Pour une fois, on ne le lui reprochera pas si ce n’est qu’on regrettera qu’après avoir eu une ou deux guerres de retard, Hollande ait maintenant un bon train de retard.

Il a fallu qu’une dizaine de caricaturistes se fassent égorger pour que le président de la République s’aperçoive que l’armée n’était pas inutile. Il a fallu qu’un terroriste prépare un attentat contre une église de banlieue pour que ce même président comprenne enfin que, pour les Islamistes, l’Eglise était le symbole le plus évident de la civilisation, de l’Occident, de la France.

En quelques semaines, l’antimilitariste bouffeur de curés a décidé d’appeler l’armée pour défendre –aussi- les églises de France, quitte à délaisser un peu les mosquées et les adeptes d’un « Islam de France ». Il était grand temps que le président de la République s’aperçoive que le sabre et le goupillon avaient leur importance

29 Avr 2015 | Comments (12)

Le chialant qui passe

Sans avoir, tant s’en faut, le talent de Bossuet, François Hollande est devenu un spécialiste de l’oraison funèbre. Depuis janvier dernier et le drame de Charlie Hebdo et de l’épicerie cachère de la porte de Vincennes, il n’arrête plus, à grands renforts de formules un peu creuses, de s’incliner devant la mémoire de toutes les victimes de l’actualité ou des siècles passés.

Tout est bon pour lui. Des caricaturistes ou des Juifs abattus par des terroristes, une petite fille violée par un dingue, un militaire tué au combat dans le désert du Sahel, des passagers d’un avion qu’un copilote suicidaire a jeté sur les montagnes, des immigrés clandestins noyés dans la Méditerranée. Cette fois, il a pu se surpasser. Il pouvait évoquer un million et demi d’Arméniens massacrés par les Turcs, il y a un siècle.

Il faudrait qu’il se calme un peu. Un de ses lointains prédécesseurs, sous la IIIème République, avait été appelé « le chialant qui passe » parce qu’il pleurait déjà dans tous les cimetières et qu’une chanson à la mode s’intitulait « le chaland qui passe ».

Ce n’est pas parce qu’il est incapable de nous annoncer la moindre bonne nouvelle, ni à propos de l’inversion de la courbe du chômage, ni à propos de la réduction de nos déficits publics, ni à propos d’une baisse de nos prélèvements obligatoires –autant de promesses non-tenues- qu’il doit maintenant se cantonner dans la morosité la plus morbide et les hommages à toutes les victimes de la planète.

Un chef de n’importe quoi et a fortiori un chef d’Etat doit donner de l’espoir, se tourner vers l’avenir, annoncer un cap, faire preuve d’une volonté. Or, on a l’impression qu’après trois ans de « pouvoir impuissant », ce malheureux Hollande n’ose plus nous promettre quoi que ce soit, ne sait plus où donner de la tête et se tourne vers les pages les plus noires de notre passé ou les pires drames de notre présent, comme pour nous convaincre qu’il peut y avoir encore bien pire que ce que nous endurons, par sa faute, chaque jour dans notre vie quotidienne.

Cherchant désespérément à remonter un tant soit peu dans les sondages avant la prochaine échéance des régionales et, en tous les cas, à reformer autour de lui un semblant de majorité parlementaire, il s’imagine, bien naïvement, qu’en jouant sans pudeur « le devoir de solidarité » et même « le devoir de mémoire », il va pouvoir créer un minimum d’« union nationale »,  voire même d’« union sacrée », comme… Clemenceau. Mais le gros matou endormi de la rue Solferino n’a jamais rien eu d’un tigre.

Tout le monde s’attendrit, bien sûr, sur le sort de ces malheureux immigrés que des passeurs-trafiquants ont envoyés à une mort quasi certaine. Mais personne n’a compris ce que voulait dire Hollande dans ses péroraisons enflammées. Veut-il vraiment que l’Europe et la France en particulier accueillent ces centaines de milliers d’Africains et de Proche-Orientaux qui fuient la misère et la guerre ? Ou veut-il que nos marines de guerre les repêchent en Méditerranée pour les rejeter sur les rivages libyens ? On ne sait pas et personne n’a pu comprendre, entre ses larmes, le fond de sa pensée.

Tout le monde, mis à part les Turcs, reconnait que les Arméniens ont été victimes en 1915 du premier grand génocide de ce XXème siècle et chacun sait que l’électorat arménien pèse encore d’un certain poids dans nos scrutins. Mais Hollande, à Erevan, frôlait le ridicule en se mettant brusquement à dénoncer, sélectivement, les grands génocides de l’Histoire, celui des Cambodgiens par les Khmers Rouges de Pol Pot et celui des Tutsis au Rwanda. Oubliés, comme par magie, les 80 millions de morts de Staline, les dizaines de millions de morts de Mao, les Indiens d’Amérique, sans parler des…Vendéens de la République naissante ou des Parpaillots des Dragonnades.

De Gaulle aurait, sans doute, pu évoquer ces pages terribles de l’Histoire, car il était déjà, lui, entré sans effraction dans l’Histoire et savait de quoi il parlait. L’ennui pour Hollande, c’est qu’il a toujours l’air d’être en campagne électorale pour des élections départementales et que ce nouveau registre du larmoiement perpétuel devient maintenant insupportable. « Blagounette », comme l’appellent ses amis, ne sait même pas faire pleurer.

Les Français l’attendaient sur ses résultats. Maintenant ils n’attendent plus qu’une chose : son départ. Encore deux ans…

25 Avr 2015 | Comments (20)

Merci à Sid Ahmed Ghlam

On en viendrait presque à remercier Sid Ahmed Ghlam, l’apprenti terroriste qui voulait faire sauter des églises à Villejuif. « Grâce » à lui, en effet, Hollande, Valls, Cazeneuve et leurs comparses ont soudain réalisé qu’il y avait –aussi- des Chrétiens et même des Catholiques en France.

Jusqu’à présent, ils nous disaient que « Sans les Juifs de France, la France ne serait pas la France » ou que « Sans l’esprit de Charlie, la France ne serait pas la France ». Aujourd’hui, ils ne vont pas jusqu’à déclarer que « Sans les chrétiens de France, la Fille aînée de l’Eglise ne serait pas la France » mais Manuel Valls a tout de même été contraint, hier, devant l’une des églises de Villejuif sans doute visées par le terroriste, de lâcher : « La chrétienté est un fondement de la France », ce qui pour un franc-maçon, apôtre de la laïcité la plus intransigeante, est déjà un progrès considérable.

Il serait grand temps que nos dirigeants admettent que l’Europe a des racines et une civilisation judéo-chrétiennes et que donc, par là-même, l’Islam, importé par l’immigration massive, ne peut que poser des problèmes.

Mieux, il faudrait aussi et surtout que ces mêmes dirigeants comprennent enfin que l’Islamisme qui n’est jamais que l’avant-garde d’un Islam renaissant a bel et bien déclaré la guerre à l’Occident ce qui veut dire que les islamistes ne visent pas seulement les Juifs ou les caricaturistes mais qu’ils s’attaquent « fondamentalement » et en priorité aux Chrétiens, à ceux qu’ils appellent « les Croisés » et qui représentent à leurs yeux tout ce qui est haïssable : le progrès, la démocratie, le capitalisme, l’impérialisme, la parité homme-femme, les Droits de l’homme, etc. . Avec, en plus, une fabuleuse revanche à prendre sur l’Histoire car ces maudits mécréants ont dominé la planète pendant quelques siècles et  notamment le monde arabo-musulman.

Cette guerre mondiale qui a commencé et qui va marquer tout le XXIème siècle oppose un Islam régénéré et conquérant à une Chrétienté qui a perdu sa foi et même ses valeurs. Partis voici plus de trente ans d’Iran, « les combattants du Prophète » se sont déjà infiltrés dans tout le Proche Orient et dans une large partie de l’Afrique. Partout, ils massacrent les Chrétiens qui leur tombent sous la main : en Irak, en Syrie, en Egypte, en Libye, au Soudan, au Nigéria, partout.

Ici et là, leur victoire ne fait guère de doute à court terme. Ils sont déjà « chez eux » au Proche-Orient et en Afrique. Mais leur arme « de destruction massive » pour, cette fois, s’attaquer vraiment à l’ennemi chrétien est évidemment l’énorme « 5ème colonne » qu’ils sont en train d’éveiller ou de réveiller et qui cerne la plupart de nos grandes villes.

Pour l’instant, cette 5ème colonne n’a rien à craindre car elle a inventé deux mots qui la protègent mieux que tout : « islamophobie » et « arabophobie » qui paralysent, bien sûr, tous ceux qui oseraient dénoncer la menace qu’ils représentent. Elle peut donc se préparer, s’entrainer et fourbir ses armes en toute impunité et même avec la bénédiction de ses futures victimes, ces mécréants jadis dominateurs.

Cela dit, le cas de Sid Ahmed Ghlam est particulièrement intéressant à observer, si tant est que tout ce qu’on nous raconte soit à peu près exact.

Cet Algérien est venu en France à l’âge de 18 ans, avec sa mère, pour rejoindre son père à Saint-Dizier, en vertu… du regroupement familial. 40 ans après l’instauration par Giscard de ce regroupement familial, ne pourrait-on pas en dresser un premier bilan et surtout se demander s’il ne faudrait pas un peu l’adapter aux circonstances ?

Cet étudiant étranger a été logé par la République dans un immeuble dépendant de l’université. Tant mieux pour lui mais question : combien y a-t-il d’étudiants français de milieux défavorisés qui sont à la rue et qui n’ont pas pu trouver de chambre dans les cités universitaires ?

On nous dit qu’il était « repéré » par nos services. C’est exactement ce qu’on nous avait déjà raconté à propos de Mohammed Merah, l’assassin de Montauban et de Toulouse, des frères Kouachi, les tueurs de Charlie Hebdo, et de Coulibaly, le tueur de l’épicerie cachère de la porte de Vincennes. Ne serait-il pas souhaitable que nos services (même s’ils sont, comme on nous le répète inlassablement, un peu fatigués en ce moment) arrêtent de se contenter de faire… du « repérage » ?

Ces services ne peuvent d’ailleurs guère se vanter d’avoir intercepté Sid Ahmed Ghlam à temps. C’est lui-même qui s’est bêtement « livré » en appelant le SAMU après s’être maladroitement blessé à la jambe, sans doute en tuant à Villejuif, et sans qu’on sache encore pourquoi, la malheureuse Aurélie Châtelain qui se trouvait par là.

Mais la personnalité même de ce terroriste maladroit et débutant est aussi intéressante. Il n’est pas issu d’un quartier de non-droit, il n’a pas été endoctriné en prison, il ne porte ni la barbe ni la longue robe blanche. Bref, il ne correspond en rien au portrait-robot des « Tueurs du Prophète ».

Il va donc falloir que nos fameux services affinent un peu leurs réflexions et que nos responsables politiques en arrivent à se demander où est très exactement la frontière entre « le brave musulmans qui ne rêve que de s’intégrer » dans notre confortable société et « le tueur en puissance » qui veut, précisément, abattre cette société de mécréants.

23 Avr 2015 | Comments (14)

Le terrorisme et la « com' »

On ne peut naturellement que se réjouir si un attentat contre une ou deux églises parisiennes a bel et bien été déjoué par nos services de police, comme l’a annoncé ce matin Bernard Cazeneuve.

Cependant, en écoutant le ministre de l’Intérieur, on ne pouvait pas ne pas éprouver un certain malaise et se poser une question : Pourquoi diable Cazeneuve avait-il estimé nécessaire de rendre publique, et à grands renforts de publicité, cette affaire qui, visiblement, ne fait que commencer.

Lui-même ne sait toujours pas quels sont les rapports exacts entre l’assassinat d’une jeune femme retrouvée carbonisée dans le coffre de sa voiture (à l’origine de l’enquête) et les projets d’attentats du suspect, un Algérien ingénieur informaticien de 24 ans ; lui-même ne sait toujours pas si l’individu arrêté en question, et donc à la fois assassin présumé de la jeune femme et terroriste présumé soupçonné de préparer des attentats (ce qui est beaucoup pour le même homme), est « un loup solitaire » ou s’il fait partie d’un vrai réseau de djihadistes.

Jamais, dans l’histoire de la lutte contre le terrorisme, les autorités n’avaient, jusqu’à présent, rendu publique la moindre information sur une affaire en cours n’étant pas encore totalement élucidée. Tout simplement pour que les éventuels complices ne disparaissent pas immédiatement dans la nature et qu’on puisse encore les interpeller.

On ne comprend pas cette précipitation qui ne peut que compliquer le travail de la police et qui, pour peu que la suite des investigations démontre que l’individu arrêté n’est ni l’assassin de la jeune femme ni un redoutable terroriste, ridiculiserait évidemment le ministre. En tous les cas, le moins qu’on puisse dire est que le ministre de l’Intérieur a, ce matin, délibérément et totalement violé… le secret de l’instruction.

On pense alors forcément à une simple et très vulgaire opération de « com’ ».

En trois ans de pouvoir, le président de la République n’a connu qu’un seul et unique « moment de grâce » : lors des attentats contre Charlie Hebdo et l’épicerie cachère de la porte de Vincennes. Grâce à ces deux drames, il a pu jouer –un instant- sur ce qu’il a lui-même appelé « l’esprit du 11 janvier », en faisant mine de croire que les trois ou quatre millions de Français qui défilaient dans les rues de Paris et de province pour protester contre le terrorisme incarnaient une France enfin réunie, multicolore, multiethnique, multi-tout ce qu’on veut, et se retrouvant sur certaines valeurs de la République qu’il prétend incarner mieux que tout le monde.

On s’est, bien sûr, vite aperçu qu’il s’agissait là d’une imposture et qu’en fait les manifestants, pour la plupart, voulaient surtout crier leur haine du fanatisme et leur crainte devant l’islamisme radical. Pire encore, non seulement il n’y avait pas eu un seul musulman dans les cortèges, mais, dès le soir même, dans certains quartiers « de non-droit », on avait chanté à la gloire des terroristes. Bref, « L’esprit du 11 janvier » et le « Nous sommes tous Charlie » n’avaient rien à voir avec cette France multi-machin glorifiée par le PS et le chef de l’Etat et démontraient plutôt que les gaucho-bobos pourraient bien, un jour ou l’autre, basculer de la gauche à la droite, voire même à l’extrême-droite.

Il n’empêche que le terrorisme avait tout de même permis à Hollande de grappiller, pendant quelques semaines, quelques points dans les fameux sondages. Depuis il a bien sûr repris son inexorable descente aux enfers, confirmée par les élections départementales et que rien ne parvient à ralentir, ni les textes présentés au Parlement –loi Macron, loi sur le Renseignement, loi sur la santé- qui soulèvent tous les vagues de protestation, ni les apparitions ratées à la télévision du président en personne.

De là à penser que l’Elysée ou Matignon aient suggéré à Bernard Cazeneuve de sortir et de gonfler une bonne affaire de terrorisme bien croustillante pour faire frémir Margot –quitte à gêner un peu « les services », voire même à en rajouter- il n’y a qu’un pas que bien des Français vont, sans doute, franchir aujourd’hui…

22 Avr 2015 | Comments (5)

Pitoyable diplomatie française !

Hier, nous avons appris que 7 ou 800 immigrés clandestins s’étaient noyés au milieu de la Méditerranée en tentant, à bord d’un rafiot pourri, de gagner les cotes d’Italie. Du coup, on nous a fait le bilan tragique de ces dernières semaines. Plusieurs milliers de malheureux ont péri en mer depuis le début de l’année. Mais on a oublié de nous dire que, pendant le même temps, plusieurs dizaines de milliers d’autres ont eu plus de chance et sont arrivés à « bon port », c’est-à-dire sur les rives de cette Europe dont ils rêvaient depuis des années en s’imaginant que c’était un el Dorado qui les accueillerait à bras ouverts et où ils pourraient trouver facilement du travail, des écoles, des hôpitaux, des logements, des régimes de liberté et, plus encore, d’assistanat généralisé.

Très hypocritement, tous nos gouvernements ont versé des larmes de crocodile toute la journée d’hier, jurant, à longueur de déclarations enflammées, que l’Europe allait s’organiser, allait multiplier le nombre des navires à la recherche de tous ces « Radeaux de la Méduse » qui dérivent à travers la Méditerranée avec leurs cargaisons humaines, allait pourchasser sans pitié tous les trafiquants-passeurs, allait préparer un peu partout des centres d’accueil pour héberger tous ces malheureux et allait décider d’une répartition équitable à travers notre continent de tous ces Syriens, Irakiens, Kurdes, Afghans, Ethiopiens, Erythréens, Somaliens, Soudanais, Maliens, Ivoiriens, Congolais, Centrafricains, Sénégalais et Mauritaniens, affamés et avides de liberté.

Dans un joli mouvement de démagogie européenne, tout le monde a promis de « tout mettre en œuvre » (ce qui signifie, en langage diplomatique, que personne ne fera rien) pour accueillir « toute la misère du monde ». Malheureusement, personne n’a le courage ou même simplement l’honnêteté de poser la seule question qui vaille : Mais qu’allons-nous faire de ces dizaines de milliers et très bientôt centaines de milliers de « clandestins » que nous aurons légalisés sous le seul prétexte qu’ils étaient des « survivants de la mer » ?

L’Europe, à commencer par la France et à l’exception de l’Allemagne et des pays nordiques, n’est pas sortie de la crise, loin de là. Quand, comme nous, on a plus de 10% de chômeurs, des entreprises qui continuent à fermer chaque jour, une dette abyssale, une crise du logement effroyable, une Ecole complètement à la dérive, des hôpitaux surchargés et –plus grave encore- un danger évident et explosif d’affrontements entre les différentes communautés, peut-on, au nom d’une charité mal ordonnée, accueillir des dizaines et de dizaines de milliers de musulmans (car, ils le sont presque tous) les loger, les nourrir, les soigner, éduquer leurs enfants et, faute de travail, les faire bénéficier de toute une kyrielle d’aides et d’allocations ?

Le hasard du calendrier a voulu qu’hier soir, la 2 diffuse une interview exclusive de Bachar al Assad, le président-dictateur-tyran de Damas auquel François Hollande voulait, il n’y a pas si longtemps, faire la guerre pour lui donner une bonne « leçon » (c’était son mot, on l’a oublié) sous prétexte qu’il aurait utilisé des armes chimiques contre ses civils révoltés.

Le simple fait que la chaîne publique diffuse une interview d’Assad (après une visite à Damas de plusieurs parlementaires français que l’Elysée et le Quai d’Orsay ont fait mine de désavouer) prouve que le gouvernement français commence à ouvrir les yeux et à se demander si le tyran n’aurait pas eu (un peu) raison quand il nous affirmait qu’il était un « rempart contre l’islamisme » et que ses opposants n’étaient pas les démocrates qu’ils prétendaient être mais bel et bien de vulgaires « terroristes fanatiques » (sunnites) « financés par les wahabites saoudiens », le tout au milieu du réveil fracassant de la guerre séculaire qui oppose sunnites et chiites.

Il faut noter au passage que, jusqu’à présent, personne n’a pu prouver qu’Assad a vraiment utilisé des armes chimiques contre ses civils et qu’on a donc bien l’impression que l’Occident est, une nouvelle fois, tombé dans un piège qui rappelle étrangement les fameuses « armes de destruction massive » qu’on reprochait à Saddam Hussein et qui furent l’alibi des Américains pour se lancer dans la seconde guerre d’Irak.

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, nous ne faisons toujours pas la guerre à Assad et nos Rafales bombardent massivement les troupes de l’Etat Islamique, c’est-à-dire … les ennemis d’Assad.

Le maitre de Damas avait beau jeu de déclarer hier à la télévision française : « Nous n’avons jamais tué de Français, jamais envoyé de terroristes à Paris, alors que, vous, vous avez aidé les terroristes qui nous attaquent ». Il aurait pu ajouter : « et contre lesquels maintenant vous faires la guerre », soulignant ainsi les folles incohérences de notre diplomatie.

On sait que « les amis de nos amis sont nos amis » mais qu’en est-il des ennemis de nos ennemis ? Ils finissent toujours par devenir nos amis. Faisant la guerre à l’Etat Islamique (pourtant ami de nos amis saoudiens !), nous allons, en toute logique, devoir très bientôt nous réconcilier avec le tyran de Damas.

Tout cela prouve à quel point Hollande et ses conseillers ignorent tout de cet Orient « compliqué ». Ils ne savaient pas, par exemple, qu’Assad étant baassiste (vieux parti laïc) et alaouite (une secte chiite très minoritaire) il était, en effet, le meilleur défenseur de toutes les minorités syriennes, à commencer par la communauté chrétienne, et qu’en plus il serait éternellement soutenu par l’Iran chiite (et accessoirement par Moscou).

Assad a d’ailleurs eu raison, hier soir, quand le pauvre Pujadas l’interrogeait sur la démocratie, de lui demander si nos « amis » saoudiens étaient vraiment de meilleurs exemples de démocrates.

Bref, tout cela pour dire que François Hollande a totalement pataugé dans l’affaire syrienne en se trompant d’ennemis et en faisant confiance à ceux qui proclamaient, entre le Café de Flore et les Deux magots, que les ennemis d’Assad étaient des démocrates et qu’il fallait donc courir à leur secours.

Le plus stupéfiant est qu’Hollande aurait tout de même pu se méfier de BHL et de ses comparses  qui avaient déjà entrainé Sarkozy (qui ignorait tout de la Libye comme son successeur ignore tout de la Syrie) dans la même aventure en lui faisant croire qu’il fallait abattre Kadhafi pour courir au secours des « démocrates » de Benghazi.

Aujourd’hui, par la faute de Sarkozy, non seulement la Libye a totalement sombré dans un chaos absolu où s’entretuent, à l’arme lourde, tribus de Tripolitaine et tribus de Cyrénaïque mais elle est devenue, en plus et surtout, une gigantesque porte ouverte vers la Méditerranée, et donc vers l’Europe, pour des centaines de milliers d’Africains et de Proche-Orientaux rêvant de gagner, par tous les moyens, l’Occident.

Au fond, Hollande et Sarkozy sont, là encore, « à égalité ». Ils se sont autant trompés l’un que l’autre, en écoutant l’un et l’autre le funeste BHL. Hollande a ouvert la porte de la Syrie à l’Etat Islamique. Sarkozy a ouvert la porte de l’Europe à des centaines de milliers d’immigrés.

La diplomatie française qui fut l’une des plus brillantes de la planète est désormais pitoyable !

21 Avr 2015 | Comments (11)

La stupéfiante hypocrisie

Ce qui se passe actuellement en Méditerranée, entre les cotes libyennes et l’Italie, est évidemment épouvantable. Des centaines, des milliers de pauvres gens, hommes, femmes et enfants, fuyant la misère, la guerre, la dictature, rêvant d’une Europe idéalisée et s’étant confiés à des passeurs-trafiquants se noient à bord des rafiots pourris sur lesquels ils ont embarqué.

L’Europe s’émeut, s’indigne, se réunit en urgence. Le Pape prie pour ces malheureux. Le Premier ministre italien lance des appels à l’aide. Les organisations caritatives se mobilisent. Tout le monde, droite et gauche réunies, à Rome, Paris, Londres, Berlin, est d’accord : on ne peut pas laisser ces gens sombrer dans notre « mer commune », il faut envoyer des bateaux pour les repêcher, ouvrir partout des centres pour les accueillir à bras ouverts.

Les Syriens, les Irakiens, les Kurdes, les Yéménites, les Somaliens, les Maliens qui fuient la guerre qui ravage leur pays, les Ivoiriens, les Ethiopiens, les Congolais, les Guinéens qui fuient la misère qui accable leur pays et qui, tous, ont parcouru à pied des milliers de kilomètres avant d’embarquer sur leurs bateaux pourris, ont toute leur place chez nous, nous disent en chœur toutes les plus hautes autorités de notre vieille Europe.

D’ailleurs ajoutent certains, à juste titre, c’est nous qui avons renversé Kadhafi, provoqué l’éclatement de la Libye qui sombre aujourd’hui dans le pire des chaos et qui avons donc ouvert toute grande la porte de cette immigration du désespoir. On en vient, là encore, à regretter la disparition du dictateur de Tripoli. Mais il aurait fallu y penser plus tôt

Nos dirigeants sont toujours excellents dans le registre de la lamentation, des pleurs collectifs et de l’indignation orchestrée. Et, naturellement, devant le spectacle insoutenable de ces cadavres que des marins sortent des flots, personne n’osera dénoncer leur stupéfiante hypocrisie et leur imposture.

Bien sûr qu’on ne peut pas laisser ces émigrés se noyer sous nos yeux, à quelques kilomètres de nos cotes, mais tous nos gouvernements et quelles que soient leurs couleurs, répétant, depuis des années, à longueur de campagnes électorales et de programmes politiques, que l’Europe ne peut plus accueillir « toute la misère du monde », comme disait Rocard il y a déjà très longtemps, il y a quelque part une incohérence totale dans toutes les déclarations officielles qu’on entend aujourd’hui.

Faut-il porter secours à ces milliers de malheureux en perdition au large de l’Europe-heureuse ? Evidemment, oui. Faut-il pour autant les accueillir chez nous, leur donner des papiers, des droits, des logements, de l’argent, une chance de refaire leur vie ? C’est à cette question-là que nos responsables qui se réunissent aujourd’hui à Bruxelles devraient répondre. Ils ne le feront sûrement pas

Suffira-t-il, demain, de tenter de traverser la Méditerranée à la nage pour avoir automatiquement son permis de séjour et pouvoir bénéficier de tous les avantages de notre société ?

Comme d’habitude, les responsables politiques, devant l’émotion de l’opinion publique, plongent dans la pire des démagogies. Tous rêvent secrètement de jeter à la mer ces centaines de milliers d’immigrés qui nous envahissent et aggravent, partout à travers l’Europe, le chômage et l’insécurité, provocant même maintenant une véritable « guerre de civilisation » car ni l’assimilation ni même l’intégration ne sont plus possibles. Mais tous, les yeux embués de larmes et la main sur le cœur, bêlent en chœur qu’ils vont repêcher ces malheureux et les accueillir comme il convient d’accueillir « des frères humains ».

Or, on ne peut pas à la fois renforcer la lutte contre l’immigration sauvage et ouvrir nos portes aux naufragés de l’immigration. Il faudrait avoir le courage d’affirmer très clairement qu’après avoir sauvé ces malheureux nous les reconduirons sans pitié chez eux. Ce qui, d’ailleurs, ne sera pas possible…

20 Avr 2015 | Comments (13)

Hollande sur son petit nuage

Ainsi donc François Hollande qui est, qu’on le veuille ou non, président de la République et pour encore deux ans, ne lit ni la presse, ni les sondages ni même les résultats électoraux. Il est sur son petit nuage, content de lui et plus encore de la sinécure qu’il a dénichée voici trois ans. C’est du moins ce qu’on a appris au cours de cette interminable émission, deux heures d’horloge, que lui a offerte sur un plateau Canal + aujourd’hui.

On nous avait dit qu’il profiterait de cette émission d’un type nouveau pour faire –avec « l’esprit Canal », bien sûr- à la fois le bilan de ses trois premières années de mandat et quelques annonces choc pour les deux années qui lui restent encore. Le tout en s’adressant plus particulièrement aux jeunes.

On pouvait donc redouter le pire, c’est-à-dire, d’abord, un numéro d’autosatisfaction, puis quelques promesses en l’air.

Soyons justes, il n’en a pas trop rajouté dans l’autosatisfaction, se contentant d’affirmer que le mariage des homosexuels « restera » (ce qui est vraisemblable), qu’il avait « sauvé l’Europe » (ce dont personne ne s’était aperçu, pas même Angela Merkel), qu’il avait obtenu, de Poutine en personne, un accord de cessez-le-feu pour l’Ukraine (où les combats n’ont jamais cessé), qu’il n’avait pas encore inversé la courbe du chômage (ce que tout le monde sait, on sait même qu’il y a  600.000 chômeurs de plus depuis son arrivée à l’Elysée) et… qu’il choisissait lui-même ses costumes chez des faiseurs raisonnables.

Pour ce qui est des deux années à venir, c’est beaucoup plus flou. Il veut faciliter les investissements, valoriser le travail, soutenir l’apprentissage, toutes choses que nous avaient déjà annoncées, dans l’ordre, Giscard, Mitterrand, Chirac et Sarkozy sans que le moindre résultat s’en soit jamais fait sentir. Il va, histoire de creuser un peu plus nos déficits, créer une « prime d’activité » pour qu’il soit plus avantageux de travailler que de ne toucher que les allocations chômage (on avait déjà entendu quelque chose du même genre, il y a longtemps) et il nous annonce que « La grande réforme du quinquennat sera le compte personnel d’activité », une machine à gaz pire de la centrale nucléaire de Flamanville et qui, comme la dite centrale ne verra, sans doute, jamais le jour.

Rien sur l’Ecole et les réformes lancées pour ne pas dire improvisées par Najat Vallaud-BelKacem, rien sur la Santé et la loi présentée par Marisol Touraine et qui a mis vent debout tout le corps médicale et, à propos de la Loi sur le renseignement, pour tenter de rassurer les avocats et tous les défenseurs des Droits de l’homme, juste l’engagement qu’il demandera, lui-même, leur avis aux Sages du Conseil constitutionnel. Mais tout cela était sans importance.

En fait, Hollande, aujourd’hui, voulait lancer sa campagne pour 2017 et le plat de résistance de son festin du jour fut… le Front National.

Trois choses peuvent surprendre dans cette attaque à boulets rouges contre le parti de Marine Le Pen.

D’abord, qu’un président de la République et donc « de tous les Français » se permette, à deux ans de l’échéance, de s’en prendre si violemment à un parti politique qui « même s’il n’est pas républicain fait partie de la République » (distinguo bien subtile) et qui obtient entre 25 et 30% des suffrages.

Ensuite, que l’ancien premier secrétaire du PS n’ait rien trouvé d’autre à reprocher à Marine Le Pen que de… « parler comme un tract du parti communiste des années 70 » (sic !) C’est évidemment « la » phrase qui restera de cette prestation d’aujourd’hui. Elle fera rigoler tout le monde et notamment tous ceux qui se souviennent que, depuis Mitterrand, le PC a toujours été l’allié naturel des socialistes et qu’il a encore fait partie de la majorité dite de gauche qui a amené Hollande à l’Elysée. Si Marine Le Pen en sourira sans doute, Pierre Laurent et ses camarades du PC apprécieront sûrement cette comparaison.

Enfin, que François Hollande se soit dit prêt à affronter Marine Le Pen entre les deux tours de la présidentielle de 2017. C’est ici qu’on s’aperçoit que le président de la République, sur son petit nuage, est totalement coupé des réalités.

Il n’a donc pas vu que, depuis des mois, tous les sondages et toutes les analyses de tous les scrutins électoraux le donnaient éliminé sans pitié dès le premier tour de la présidentielle. Hier encore, un sondage OpinionWay pour Le Figaro ne lui attribuait, pour ce premier tour de 2017, que 16% des voix, très loin derrière Marine Le Pen à 26% et Sarkozy à 28% ou, moins encore, 15%, derrière Marine Le Pen à 29% et Juppé à 32%. Il n’y a donc, pour l’instant du moins, aucune chance que Hollande ait à débattre avec Marine Le Pen entre les deux tours.

C’est presque dommage d’ailleurs car on aurait aimé voir Hollande reprocher à Marine Le Pen d’être… la réincarnation de Waldeck Rochet ou de Georges Marchais. Certes, le nouveau programme économique du FN version Bleu Marine est, à bien des égards, « très à gauche » mais de là à comparer Marine Le Pen aux anciens staliniens purs et durs de l’époque il y a tout de même une limite (celle du ridicule) que le président de la République n’aurait pas dû franchir.

On sait que, pour lui, « plus c’est gros, mieux ça passe ». Mais il y a toujours un moment où c’est très gros et ça ne passe plus.ande sur son petit nuage

19 Avr 2015 | Comments (7)

Juppé: « le meillleur d’entre »… les candidats

François Hollande espérait bien que quelques drames particulièrement tragiques allaient lui permettre de remonter sur son cheval et de repartir, au trot enlevé, en direction de la prochaine présidentielle.

Le mauvais sort lui souriait à pleines dents. La tuerie de Charlie Hebdo et de l’épicerie cachère, le crash d’un hélicoptère en Argentine avec quelques vedettes sportives à son bord, l’accident de l’avion allemand qui s’écrasait sur les alpes, le massacre du Bardo à Tunis, plus quelques faits divers qui bouleversaient l’opinion française, le président était comblé. Il n’est jamais meilleur que pendant les minutes de silence ou en présentant ses condoléances aux familles des disparus, voire en accusant son prédécesseur de ne pas avoir su mener une véritable politique de sécurité.

Eh bien, pas de chance. Le costume de croque-mort ne lui réussit pas mieux que la tenue présidentielle. A croire qu’après des décennies de pataugeage dans le marigot politico-politicard, il n’est bien qu’en barboteuse.

Le sondage d’OpinionWay pour le Figaro d’aujourd’hui est sans appel. 79% des Français sont mécontents ou très mécontents de lui. Certes c’est mieux que la dernière fois où les mécontents et très mécontents étaient 85%. Mais on ne comprend toujours pas ce que les 20% (ils n’étaient que 15% lors du même sondage précédent) peuvent bien trouver dans l’augmentation du chômage, des déficits et des impôts pour se dire « satisfaits » de François Hollande. Il y a donc, dans le pays, un éternel stock de 20% de masochistes qui se réjouissent de l’effondrement programmé et accéléré de la France. Ce sont sans doute d’incorrigibles socialo-fonctionnaires, ravis de voir que, parmi les innombrables promesses non tenues, celle de réduire le nombre des parasites qui vivent sur la bête a été la première oubliée.

Dans le détail, ce sondage est « amusant ». A la question « Hollande est-il un rassembleur ? », 15% des sondés répondent « oui ». A la question « Hollande incarne-t-il le changement ? », ce ne sont encore que 15% des sondés -sans doute les mêmes- qui répondent « oui ». Au Bourget, le candidat Hollande nous avait juré qu’il rassemblerait les Français et qu’il incarnerait le changement. Trois ans après l’arrivée de Hollande à l’Elysée, les Français ne sont plus dupes. Ils ont compris qui était le bonhomme et le répètent de sondage en sondage, mieux, d’élection en élection.

Le même sondage n’a, bien sûr, pas résisté à l’envie d’interroger les Français sur la présidentielle de 2017, tout le monde ne pensant plus qu’à cela.

Au premier tour, Hollande obtiendrait 16% des voix, Marine Le Pen 26%, Sarkozy 28%. Hollande serait donc éliminé et, au second tour, Sarkozy l’emporterait avec 63% des voix devant Marine Le Pen 37%. C’est le scénario aujourd’hui le plus vraisemblable.

Mais au cas –qu’on ne peut que souhaiter- où Juppé l’emporterait lors de la primaire organisée par « Les Républicains » et serait donc le candidat de la droite et du centre, le résultat serait un peu différent : Hollande 15%, Marine Le Pen 29%, Juppé 32% (4 points de plus que Sarkozy) et, au second tour, Juppé serait élu avec 70% des voix, devant Marine Le Pen 30%.

Certes, nous sommes à deux ans de la présidentielle et tout cela ne veut donc rien dire. Souvenons-nous toujours que, peu avant les scrutins, les meilleurs « experts » étaient sûrs en 1974, que Chaban serait élu, en 1981, que Giscard serait réélu, en 1988, que Chirac l’emporterait, en 1995 que Balladur gagnerait et en 2002 que Jospin triompherait.

Mais ce sondage est tout de même intéressant en démontrant que pour les Français, aujourd’hui, Juppé serait un bien meilleur candidat que Sarkozy. On peut se demander pourquoi. Le maire de Bordeaux a été l’homme le plus détesté de France en 1995, il a été condamné par la justice, il est septuagénaire, il est toujours, malgré tous ses efforts, « droit dans ses bottes, et ses mamours avec les centristes et même avec Bayrou peuvent inquiéter ceux qui aspirent à un grand chamboulement de nos mœurs politiques pour sauver le pays.

En fait, il n’y a qu’une explication : Juppé est soudain devenu le meilleur candidat parce qu’il y a un certain nombre d’électeurs de droite qui ne veulent plus entendre parler de Sarkozy qui, lui aussi, a été l’homme le plus détesté de France, et plus récemment, en 2012, et qui, lui, a déjà fait ses preuves à l’Elysée.

Le tout est de savoir si ces Français qui ne veulent pas/plus de Sarkozy prendront la peine d’aller voter à la primaire…

18 Avr 2015 | Comments (9)

Les Marx Brothers et les Dalton

Quelques jours de repos (forcé à dire vrai) permettent de prendre un peu de recul si ce n’est de hauteur.

Que s’est-il donc passé de « très » important ces derniers jours ? Si l’on feuillette les journaux, on s’aperçoit : que François Fillon a annoncé qu’il était candidat à la primaire de la droite ce que nous savions depuis belle lurette et qu’il avait d’ailleurs lui-même déjà annoncé à maintes reprises ; que Sarkozy va sans doute appeler le « nouveau » parti qu’il préside « les Républicains » parce qu’il en a assez que certains rappellent trop souvent les « dérives » passées de l’UMP ou ironisent sur l’UMP… S mais qu’il ne se rend pas compte que les mêmes vont, avant longtemps, brocarder « les Ripoublicains » ; que Guéant apparait de moins en moins « net » et que, même s’il ne veut « balancer » personne, il va bien lui falloir s’expliquer sur certains mouvements de fonds et sur sa curieuse amitié avec Kadhafi ; que Marine Le Pen s’est enfin débarrassée de son père ; que le gouvernement a présenté à l’Assemblée une loi sur le Renseignement qui rend hystériques tous les défenseurs des Droits de l’homme (sauf ceux qui sont inscrits au parti socialiste) mais qui ne fait que légaliser des pratiques courantes depuis longtemps et une loi sur la Santé qui déchaine la colère de tout le personnel médical et, enfin, cerise sur ce gâteau indigeste, que le Premier ministre va consacrer 100 millions (sur trois ans) à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et sans doute surtout à… l’islamophobie, comme si l’Islam était une race et comme si l’islamisme n’était pas un danger redoutable.

Bref, maintenant, en France quand on est absent pendant une semaine on s’aperçoit, en revenant, qu’on n’a pas raté grand-chose. C’est toujours le même le ronron, le même bla-bla et la même pâtée pour les chats.

Le gouvernement amuse la galerie avec des textes que le Sénat va soigneusement détricoter et l’opposition continue à jouer sur les mots pour mieux se chamailler. Les uns et les autres nous mentent ouvertement. Les premiers en nous racontant que tout est en train de s’arranger, les seconds en nous affirmant qu’ils sont maintenant prêts à assumer une alternance. Or tout va de plus en plus mal, aussi bien la France (socialiste) que l’opposition.

En fait, ce qu’il faudrait retenir de ces jours derniers c’est : 1) qu’Alcatel, l’un de nos grands « fleurons », vient d’être avalé tout cru par Nokia, 2) que DIM, une enseigne légendaire, licencie son personnel, 3) que Total, notre plus belle entreprise du CAC40, va « restructurer », c’est-à-dire « dégraisser », 4) que le chômage continue, naturellement, à augmenter, sauf à Radio France qui aura toujours ses deux orchestres ( !) et dans les associations islamo-machin qui vont toucher les 100 millions de Valls.

Sans vouloir être désagréable ni avec les uns ni avec les autres, il faut bien constater que nous avons, d’un côté, les Marx Brothers et, de l’autre, les Dalton. Hollande-Chico, Valls-Harpo, Cazeneuve-Groucho, Sapin-Gummo et Macron-Zeppo font les pitres au pouvoir et Sarkozy-Bof, Juppé-Grat, Fillon-Bill et Le Maire-Emmett dégainent à tout-va tout en ayant peur de leur ombre. Quant à Astérix-le Menhir, il a disparu de la distribution.

Tout cela est désolant…

18 Avr 2015 | Comments (7)

De la dédiabolisation à la banalisation

 La vie politique n’est pas toujours un fleuve bien tranquille et peut, parfois, réserver des surprises et même offrir quelques coups de théâtre. Qui aurait pu imaginer, en 2011, que Dominique Strauss-Kahn que tout le monde annonçait déjà à l’Elysée allait brusquement se retrouver menotté et trainé devant un tribunal new-yorkais, éliminé ainsi à tout jamais de la course à la présidence ? Toutes proportions gardées, qui aurait pu croire qu’un jour les « divergences » entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine prendraient des telles proportions et qu’on en viendrait soudain à se demander si la présidente du Front National allait, comme annoncé partout, être évidemment présente au second tour de l’élection présidentielle de 2017 ?

Il est, bien sûr, encore trop tôt pour savoir quelles conséquences pour le Front National va avoir le psychodrame familial que vit actuellement la famille Le Pen. Les experts nous disent que 30% de l’électorat frontiste seraient de vieux fidèles du père alors que 70% seraient des adeptes de la fille.

Après ce « clash » Marine Le Pen pourra-t-elle récupérer les 30% de son père ? En fait, il s’agit d’un véritable « schisme ».

Le père était un rebelle, un franc-tireur, jouant les terroristes et tirant tous azimuts contre tout ce qui bougeait. Sans la moindre intention d’accéder un jour au pouvoir. Il faisait même tout pour être mis au ban de la société politique en multipliant à plaisir les provocations. Il savait qu’il avait raison en prônant un retour à la Nation que les autres avaient pris l’habitude de mépriser, en fustigeant la politique de l’immigration, en dénonçant le laxisme généralisé à propos de la délinquance. Mais de peur, sans doute, qu’on le prenne au mot et qu’on lui confie un jour la moindre responsabilité, il se mettait prudemment hors-jeu lui-même, à coup de propos antisémites et xénophobes.

Au contraire, la fille, elle, y croit. Elle ne veut plus être la galeuse, la pestiférée, l’infréquentable. Elle veut s’asseoir à la table du festin. Mieux encore, elle rêve de s’installer sur le trône. Alors elle dé-diabolise. Et comme le diable en personne n’était autre que son propre père, elle va jusqu’à tuer le père.

Certains esprits (tortueux) imaginent aujourd’hui que Jean-Marie Le Pen en a rajouté ces derniers jours pour obliger sa fille à le jeter aux oubliettes et lui permettre ainsi d’acquérir une certaine virginité. Ce serait sans doute pousser un peu loin le sens du sacrifice paternel.

Mais il est évident qu’en jetant son père aux chiens, Marine Le Pen sait qu’il sera beaucoup plus difficile à ses adversaires de lui reprocher d’être à la tête d’un mouvement raciste, xénophobe et antisémite. Sans le père-fondateur, le Front National métamorphosé en « Parti Bleu Marine » devient… fréquentable, sort de son ghetto et toutes les barrières, tous les fossés qui l’ostracisaient disparaissent, permettant, peut-être, à tous les mécontents de l’UMP et à tous les déçus du PS d’y trouver un refuge. C’est là tout le pari de Marine Le Pen.

Le FN de couleur bleu marine, ce n’est plus la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, Maurras, Barrès, Pétain, l’OAS, c’est certes encore la préférence nationale et désormais l’islamophobie, mais c’est surtout la retraite à 60 ans, les 35 heures et la sauvegarde de l’assistanat généralisé. Marine Le Pen a évidemment raison, dans ces conditions, de ne plus tolérer qu’on accuse le FN d’être d’extrême-droite. Le FN nouvelle version se retrouve curieusement quelque part entre le chevènementisme, le mélenchonisme, le parti communiste ! Avec le verbe un peu plus haut et l’avantage considérable de n’avoir jamais été au pouvoir.

Mais la dédiabolisation a conduit à… la banalisation. Sans le « charme » ou du moins le charisme de Jean-Marie Le Pen et en faisant le grand écart entre le nationalisme politique et le socialisme économique, le Front de Marine Le Pen risque de rappeler, plus encore que celui de son père, de bien mauvais souvenirs et les Français n’ont jamais aimé ce mélange des genres.

En préférant Florian Philippot, l’énarque mal dans sa peau, à son père Marine Le Pen prend, peut-être, plus de risques qu’elle ne croit. Les parricides sont rarement acquittées.

10 Avr 2015 | Comments (28)

Page suivante »