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Le petit vizir, son aveu et ses incohérences

Manuel Valls, le petit vizir qui dirige le pays depuis un an, a reconnu ce matin qu’il avait trop augmenté les impôts. Les Français s’en étaient déjà aperçus et l’ont très clairement fait savoir lors de tous les derniers scrutins.

Il est bien dommage qu’un homme qui se croit aussi intelligent n’ait pas compris, depuis longtemps, que matraquer les Français à coup de prélèvements obligatoires non seulement lui ferait perdre les élections mais étranglerait les entreprises et asphyxierait les braves gens, c’est-à-dire interdirait tout espoir de relance de la croissance et de baisse du chômage. Le Premier ministre ignore toujours la fameuse phrase de Pompidou, reprise par la plupart des économistes sérieux, « Trop d’impôt tue l’impôt ».

Si, sous le coup des résultats des élections départementales, le petit vizir commence à reconnaitre publiquement qu’il est très mauvais et à avouer qu’il n’est pas fait pour sortir le pays de toutes les crises dans lesquelles il a sombré, ses aveux sont encore très partiels.

Certes, le poids des impôts est devenu totalement insupportable notamment pour les PME qui, seules, pourraient recréer des emplois, et pour les classes moyennes qui constituent les plus gros bataillons de l’électorat, mais les impôts ne sont pas la seule préoccupation des Français.

Non seulement le gouvernement, en resserrant encore le garrot des prélèvements n’a rien fait pour lutter contre le chômage, bien au contraire, mais il n’a rien fait non plus –et Valls semble vouloir l’ignorer- pour lutter contre l’immigration « civilisée » ou « sauvage », rien fait pour faire face aux dangers de l’Islamisme qui n’est plus seulement rampant, rien fait pour la sécurité du pays et une reprise en main par la République des innombrables zones de non-droit où l’Etat a cédé la place à des voyous mi-trafiquants de drogue mi-prédicateurs du djihad, rien fait pour recréer une véritable Ecole digne de cette même République et capable de donner, avec la méritocratie, leur chance à tous les enfants même les plus défavorisés, rien fait pour restaurer un système de protection sociale équitable et viable, rien fait… et on pourrait multiplier les domaines dans lesquels, après trois ans de pouvoir, les socialistes n’ont rien fait.

Jusqu’à présent, à part le mariage des homosexuels, l’augmentation des impôts et de nos déficits et l’aggravation de la déliquescence du pays, Hollande et sa bande n’ont strictement rien fait. Leur « Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi », lancé avec tambours et trompettes en janvier 2013, et leur « Pacte de responsabilité et de solidarité », lancé avec tout l’orchestre symphonique en janvier 2014, n’ont rien donné et les Français se sont aperçus que ce n’était que du pipeau et de la clarinette.

En fait, le calife Hollande, somnolant sur son sofa, attend passivement depuis trois ans que les choses s’arrangent toutes seules, ailleurs, se contentant d’observer, d’un oeil gourmand et avec délectation, le spectacle de ses derviches tourneurs-frondeurs, la danse des voiles de ses écologistes et la danse du ventre du ballet de Marine Aubry.

Mais le calife devrait ouvrir l’autre œil. Il verrait alors que les choses se sont précisément déjà considérablement arrangées d’elles-mêmes ailleurs, que le prix du pétrole a baissé, que l’euro a baissé, que les taux des emprunts ont baissé et que… rien ne s’est arrangé pour autant en France. Ce n’est plus la peine d’attendre, la bouche ouverte et les bras ballants, un miracle venu d’ailleurs. Il faut faire quelque chose, maintenant et en France.

Plus lucide, le petit vizir catalan tape du pied comme un danseur de flamenco et, en matador-matamore, prétend prendre enfin le taureau par les cornes. Il nous affirme qu’il va poursuivre et même intensifier sa politique… de l’absurde qui consiste à multiplier les mesures dites « libérales » (mais inutiles) tout en tentant de faire revenir dans le sérail gouvernemental les écologistes et les communistes qui, justement, lui reprochent des mêmes mesures. Déterminé sans doute, mais totalement incohérent, le bonhomme.

Quel dommage que l’opposition n’ait pas, aujourd’hui, un grand ténor un tant soit peu crédible. Il pourrait se régaler et nous avec…

31 Mar 2015 | Comments (18)

Un vaincu par KO, un vainqueur par défaut

Les résultats de ce deuxième tour des élections départementales sont sans appel. La gauche a été mise KO pour le compte en recevant une claque monumentale. Le Front National n’a pas pu réaliser son rêve de décrocher un ou deux départements mais s’en sort plus qu’honorablement. Et la droite triomphe.

En clair, cela veut dire qu’après avoir déjà perdu les municipales, les européennes, les sénatoriales et ces départementales, François Hollande peut s’apprêter à perdre, à la fin de l’année, les régionales ce qui le fera arriver en lambeaux et sur les genoux à la présidentielle de 2017. Marine Le Pen, elle, est forcément un peu déçue mais elle peut tout de même se targuer d’avoir parfaitement réussi la dé-diabolisation du parti de son père et, mieux encore, d’avoir implanté le FN sur l’ensemble du territoire ce que personne n’aurait pu imaginer il y a quelques années. Quant à Nicolas Sarkozy qui avait totalement raté son retour sur la scène politique il est cette fois enfin remonté sur son cheval et va maintenant sans doute pouvoir caracoler sur l’allée royale qui pourrait bien le conduire, sauf accident, à l’Elysée.

Dans une démocratie « normale » (mais l’adjectif jadis préféré du président a disparu du vocabulaire depuis belle lurette) après une telle déculottée, le Premier ministre présenterait, évidemment, sa démission. Et d’autant plus qu’il s’est personnellement, sans ménagement ni la moindre pudeur, totalement impliqué dans ces élections, abandonnant ses fonctions à Matignon pour devenir, pendant des semaines, l’animateur en chef, le bateleur déchainé d’une campagne anti FN hors de toutes proportions.

Mais Manuel Valls n’a pas de soucis à se faire. Hollande va le garder précieusement. D’abord, parce que le président, nu comme un ver, n’a personne d’autre à se mettre sous la dent. Appeler Martine Aubry ou n’importe quel autre « frondeur » (comme le souhaite une bonne partie de l’électorat de gauche) serait pour lui le pire des désaveux et le transformerait à tout jamais en vulgaire potiche. Ensuite, parce que le vrai vaincu d’aujourd’hui c’est lui, beaucoup plus que son Premier ministre. C’est lui qui nous avait promis monts et merveilles, lui qui a déçu et même trahi, la gauche en pataugeant lamentablement entre socialisme, social-démocratie et social-libéralisme. Enfin, parce qu’en redonnant sa liberté à Valls, Hollande aurait soudain en face de lui le pire des concurrents de gauche pour la présidentielle.

Hollande avait d’ailleurs eu l’incroyable impudence de nous annoncer froidement que, quels que soient les résultats de ce scrutin, il ne changerait ni de politique ni de Premier ministre. Valls, dès hier soir, nous a même prévenu : il continuera cette même politique comme si de rien n’avait été. On ne change pas une équipe qui perd, c’est bien connu. Mais le Premier ministre dont on ignorait jusqu’à présent le sens de l’humour a tenu à ajouter une touche comique à cette scandaleuse affirmation en précisant qu’il avait « entendu le message des Français ». Il n’y a pas de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre, c’est bien connu, ça aussi.

Tout va donc continuer comme avant : le chômage va continuer à augmenter, les déficits aussi, les impôts aussi, le pays va continuer à se déglinguer à tous les étages et le mécontentement, la rage, la fureur des Français vont empirer. On « s’en fout » à l’Elysée comme à Matignon. « Les Français n’ont plus de pain qu’on leur donne de la brioche », à croire que le couple exécutif ignore comment cela s’est terminé pour la pauvre Marie-Antoinette.

Marine Le Pen n’a gagné ni le Vaucluse de sa nièce ni l’Aisne. Mais elle continue à engranger inexorablement des voix, à droite comme à gauche, et plus encore à gauche qu’à droite. Et maintenant qu’elle a imposé le tripartisme dans le paysage politique du pays, elle risque bien d’apparaitre comme la plus redoutable des opposantes au régime actuel et on peut compter sur elle pour taper de plus en plus fort ce qui pourrait bien finir par faire très mal, dès lors que plus personne ne la considère comme une véritable réincarnation d’Hitler ou de Mussolini.

Reste Sarkozy. Ce matin, il est le grand vainqueur incontestable si ce n’est incontesté. Mais il est grand vainqueur parce que Hollande et Valls sont grands vaincus. Il est vainqueur « par défaut » car personne ne peut encore savoir quel est son programme, son positionnement. On sait qu’il veut prendre sa revanche et retrouver les ors de l’Elysée mais on ignore si l’on a affaire au Sarkozy de 2007 et de l’ouverture au centre, voire même à gauche, ou au Sarkozy de 2012 et de la droitisation à outrance.

Aujourd’hui donne-t-il raison à son ancien ami Juppé qui est devenu son seul concurrent ou à son ancienne âme damnée Buisson. Il a gagné ces départementales en jouant la stratégie juppéiste de l’union avec les centristes mais il a mené campagne en caressant dans le sens du poil l’électorat tenté par l’extrême droite. Certes, c’était habile mais toutes les ballerines savent que le grand écart finit toujours par être fatiguant, même si, dans leur cuisine, elles aiment souvent avoir leurs casseroles sur plusieurs feux.

Sarkozy ne tiendra pas longtemps dans cette équivoque. Avant même les régionales, les centriste lui demanderont de s’expliquer clairement sur l’Europe, l’immigration, l’assistanat. Il est vraisemblable que les centristes reprendront bien vite la phrase que vient de prononcer Martine Aubry : « D’accord pour l’union mais à condition qu’on soit d’accord sur le fond ».

Bref, si la défaite de la gauche est « actée », si la progression du FN est évidente, le succès de Sarkozy n’est pas encore assuré. Même si l’on sait que l’animal est capable de toutes les acrobaties, voire de toutes les entourloupes.

30 Mar 2015 | Comments (19)

Le 3ème larron aura la vedette

Ce deuxième tour des élections départementales va être, évidemment, particulièrement intéressant à observer. La gauche va-t-elle perdre 30 départements ce qui serait une défaite cuisante, ou 40 départements ce qui serait une bérézina historique ?

Les élections intermédiaires sont toujours mauvaises pour le pouvoir en place et il faut bien dire que le bilan de ce pouvoir en place-là est désespérément mauvais. La bérézina serait donc amplement méritée. Cette victoire ou ce triomphe de la droite ne sera d’ailleurs dû qu’au rejet de la gauche. On ne peut, en effet, pas dire que l’UMP et ses alliés de l’UDI ou du MoDem se soient vraiment distingués ces derniers temps en présentant aux Français une alternative crédible, avec le moindre programme cohérent et séduisant.

Si Nicolas Sarkozy a réussi à bricoler une union de façade avec les centristes, tout le monde sait qu’il est lui-même hostile à cette union avec le centre, la grande idée de son adversaire pour la présidentielle, Alain Juppé, et personne ne peut dire qu’il ait lui-même, depuis son retour sur le devant de la scène, su s’imposer en chef incontestable de l’opposition. L’UMP et ses acolytes vont donc simplement bénéficier de l’éternel jeu de balancier qui marque la vie politique française depuis des décennies et qui permet à l’UMP et au PS d’alterner quasi automatiquement au pouvoir.

L’intéressant c’est, bien sûr, le 3ème larron, le Front National qui, désormais, trouble vraiment le jeu des petits duettistes. Naturellement et même si la presse en fera ses choux gras, la « victoire » de Marine Le Pen sera modeste. Au mieux, deux départements, l’Aisne et le Vaucluse, et une centaine de conseillers départementaux. Ce ne sera pas ce qui s’appelle un raz-de-marée.

Mais le nombre et le pourcentage des voix seront plus révélateurs. Et même en trichotant un peu sur les chiffres, chacun sera obligé de reconnaitre que le parti de Marine Le Pen s’est hissé durablement parmi les deux premiers partis de France. Ce qui signifie, en clair, que Marine Le Pen a toutes les chances de se retrouver au deuxième tour de la présidentielle en 2017. Et sans doute en face d’un Sarkozy qui n’a toujours pas réussi à faire oublier à la droite son quinquennat que certains considérèrent toujours comme désastreux, qui est de plus en plus détesté par la gauche qui lui reproche son évidente « droitisation » et qui aura été « cabossé » par un affrontement qui parait inévitable avec Juppé lors de la primaire.

Un deuxième tour Sarkozy-Marine Le Pen n’aura rien à voir avec ce que nous avons connu en 2002 lors de la finale Chirac-Jean-Marie Le Pen. Le Pen n’avait dû sa qualification qu’à Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira qui avaient éliminé Lionel Jospin en lui « volant » quelques dixièmes de voix. C’était en quelque sorte un accident. Cette fois, ce même accident ne peut éliminer que les autres, Sarkozy en face d’un candidat UDI ou d’un dissident de l’UMP, Hollande, voire Valls en face d’un candidat écolo ou Front de gauche.

Il va d’ailleurs être, aussi, très intéressant d’observer demain soir la « perméabilité » entre l’UMP et le FN. Quels seront les électeurs de droite qui, refusant le « ni-ni » prôné par Sarkozy, préféreront voter FN plutôt que de s’abstenir ou même de voter PS, comme le leur a conseillé Juppé et quelques autres.

Bref, et très curieusement, la victoire annoncée de l’UMP sera occultée par l’entrée dans la cour des grands du FN et l’instauration définitive du tripartisme dans le paysage politique français. C’est le 3ème larron qui aura la vedette face aux deux larrons habituels qui paraissent de plus en plus à bout de souffle et à courts d’idées.

En fait, plus d’un demi-siècle après, l’extrême-droite française peut reprendre à son compte le slogan des Poujadistes de 1956 (parmi lesquels on comptait Jean-Marie Le Pen, jeune) « Sortez les sortants ! »

28 Mar 2015 | Comments (14)

La faute honteuse de Serge Klarsfeld

On a naturellement le droit de ne pas souhaiter que Marine Le Pen devienne la première présidente de la République française en 2017. On a parfaitement le droit de combattre ses idées, aussi bien celles concernant la nation, le droit du sol ou l’immigration que celles, plus surprenantes, dans le domaine économique et qui ressemblent, par moments, à s’y méprendre à celles de Jean-Luc Mélenchon.

Dans une démocratie, chacun peut exprimer ses opinions et faire campagne pour qu’elles triomphent (et Marine Le Pen ne s’en prive pas) et chacun a aussi le droit de s’opposer à des opinions qui lui paraissent dangereuses pour le pays.

Mais la politique étant une chose sérieuse, puisqu’il s’agit –on l’oublie trop souvent- de l’avenir du pays, personne n’a le droit de dire n’importe quoi et, en tous les cas, de dépasser certaines limites.

Serge Klarsfeld, grand chasseur de nazis devant l’éternel, vient d’accorder une longue interview à l’Obs, à l’occasion de la sortie de ses mémoires écrites avec sa femme, Beate. Or, il y déclare : « Si nous voyions que la victoire de Marine Le Pen aux élections était assurée, notre place ne serait plus ici. (…) Je ne resterai pas une minute de plus dans un pays qui serait entre les mains du Front National ».

Cette déclaration est totalement irresponsable. Elle signifie qu’aux yeux du fondateur de « l’Association des fils et filles de déportés juifs de France », les juifs n’auraient plus leur place en France en cas de victoire de Marine Le Pen. Elle laisse entendre que Marine Le Pen pourrait reprendre à son compte les mesures antisémites prises par Pétain en 40, voire même la politique d’extermination d’Hitler. C’est délirant.

Klarsfeld parle d’« un pays qui serait entre les mains du Front national ». Il oublie de dire que ce pays a un  nom, c’’est la France et qu’il est lui-même français, quel que soit le pouvoir choisi par les Français.

Ce genre de déclarations peut, sans doute, plaire aux lecteurs de l’Obs, mais, de la part d’un homme qui bénéficie d’une certaine notoriété et qui est, parfois, présenté comme l’un des porte-parole de la communauté juive, ces propos sont totalement inadmissibles.

Certes, le père de Marine Le Pen a parfois, et trop souvent, fait des plaisanteries antisémites de très mauvais goût, condamnables et d’ailleurs condamnées. Il n’a cependant –même s’il trouvait qu’il y avait trop de juifs à la télévision- jamais prôné la moindre politique antisémite. Quant à sa fille, elle a su dé-diaboliser le FN en proscrivant ce genre de galéjades inacceptables.

Aujourd’hui, on peut éventuellement reprocher à la présidente du Front National de faire de l’islamophobie, comme une large majorité des Français (rappelons qu’islamophobie veut dire « avoir peur de l’Islam » et non pas « haïr l’Islam ») mais rien, ni dans ses propos, ni dans son entourage, ni dans son programme, ne laisse apparaitre la moindre trace d’antisémitisme (au sens de haine de juifs). Serge Klarsfeld et sa famille n’auraient donc rien à craindre en cas de victoire (peu probable de surcroit) de Marine Le Pen en 2017.

En affirmant qu’il s’exilerait si le FN arrivait au pouvoir, il fait comprendre qu’à ses yeux les Juifs ne sont pas chez eux en France, comme tous les autres Français. C’est une faute, grave. Non seulement contre l’honnêteté intellectuelle mais aussi contre les Juifs de France qui se considèrent eux d’ailleurs -et à juste titre- comme des Français juifs. Honte à lui.

La « Lepenophobie » peut se justifier mais elle a des limites que Klarsfeld vient de franchir en se déshonorant. Et certains Juifs de France risquent de lui répondre dès dimanche prochain…

27 Mar 2015 | Comments (10)

Les départementales ne sont pas la présidentielle…

Tous les commentateurs s’en donnent, bien sûr, à cœur joie et vont, toute la semaine, en attendant les résultats du deuxième tour de ces élections départementales, nous expliquer pourquoi la gauche n’a pas perdu autant qu’on le prévoyait, pourquoi le Front National n’a pas fait le score qu’on annonçait et pourquoi la droite se retrouve en tête. Tous vont, naturellement, jongler avec les chiffres pour leur faire dire ce que les uns ou les autres ont envie d’entendre.

En analysant ces résultats, tout le monde tire évidemment des plans sur la comète et imagine déjà le premier tour des élections présidentielles de 2017 avec donc, par exemple, un Sarkozy qui arriverait en tête, suivi de peu d’une Marine Le Pen qui battrait encore ses propres records et d’un Hollande qui serait éliminé, ce qui, bien évidemment, et toujours selon ces mêmes experts, permettrait à Sarkozy d’être réélu plus ou moins triomphalement au second tour.

Sur le papier, c’est ce qui serait « logique ». La France est toujours viscéralement de droite, une droite modérée qui oscille entre la nostalgie du gaullisme et la tradition centriste, mi démocrate-chrétienne mi rad.-soc. franc-maçonne. Ajoutons que comme après chaque expérience de la gauche, les Français ne voudront plus entendre parler des socialistes. Et reconnaissons que le Front National apparaitra toujours, pour une large majorité de nos compatriotes, soit comme dangereux, soit comme incohérent avec un programme économique très à gauche, soit comme incapable de gérer le pays, faute d’une véritable équipe. Marine Le Pen manque cruellement de ministres présentables.

Mais, en même temps, ce scénario qui ramènerait Nicolas Sarkozy à l’Elysée semble totalement invraisemblable. Trop horrible pour être crédible, iront jusqu’à dire certains. Même si, c’est bien connu, « Les Français ont la mémoire courte », Sarkozy a trop déçu, trop échoué, trop virevolté et a été trop haï par trop de Français pendant tout son quinquennat pour qu’on puisse imaginer qu’une majorité de Français mette un bulletin à son nom dans l’urne, le jour du second tour.

Même face à Marine Le Pen ? Peut-être. La gauche qui, en 2002, face à Jean-Marie Le Pen, n’avait pas hésité une seule seconde à voter Chirac aura beaucoup plus de difficulté à voter Sarkozy qui, à ses yeux, est à la limite de l’extrême-droite. Elle s’abstiendra donc vraisemblablement. Et nombre d’électeurs de droite en feront, sans doute, tout autant.

Un second tour Sarkozy-Marine Le Pen, en 2017, ne ressemblera en rien au deuxième tour de 2002 opposant Chirac à Jean-Marie Le Pen. Marine Le Pen a dé-diaboliser le FN de son père et Sarkozy a radicalisé la droite traditionnelle de bon aloi, sans avoir, de plus, le côté « sympa » de Chirac qui pouvait plaire à beaucoup.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Nous sommes sûrs d’avoir une candidature de Marine Le Pen, mais rien ne dit, pour l’instant, qu’Hollande et Sarkozy seront candidats.

Si, en dépit de quelques nouveaux attentats et autres drames bien médiatisés, Hollande patauge toujours au fin fond des sondages, le PS pourrait parfaitement se choisir un autre héraut pour défendre ses couleurs. On pense, bien sûr, à Manuel Valls qui y pense lui-même de plus en plus. Il suffit d’ailleurs de voir avec quelle frénésie il envahit le devant de la scène, tirant en permanence et sans pudeur la couverture (médiatique) à lui. Hollande n’a-t-il d’ailleurs pas déclaré lui-même que, si la courbe du chômage n’était pas inversée, il ne pourrait pas être candidat ?

D’autre part, Sarkozy ne pourra pas échapper à l’épreuve de la primaire de droite. Naturellement, pour l’instant, il est en train de tout verrouiller et le nouveau parti qu’il nous prépare n’aura d’autre raison d’être que de l’imposer comme seul et unique candidat de la droite.

Cela dit, il faudra bien que d’ici à cette primaire, Sarkozy précise son positionnement « idéologique » et nous dise, enfin et clairement, s’il est pour, ou contre, le mariage des homosexuels, pour, ou contre, l’euthanasie, pour, ou contre, les 35 heures, pour, ou contre, l’immigration, pour, ou contre, l’Europe de Bruxelles et l’euro de Francfort, pour, ou contre, la rigueur et l’austérité, en clair, s’il veut faire campagne (et gagner) avec les centristes ou s’il préfère jouer à fond la carte de la concurrence contre le FN.

Or, avant de déballer sa marchandise pour la primaire, Sarkozy aura évidemment compris que dans le registre de la modération centriste, avec une primaire véritablement « ouverte », Juppé aura beaucoup plus de chance que lui de l’emporter. Jouant alors son va-tout, il « droitisera » donc davantage encore son discours. Tout sera alors possible, notamment pour Juppé.

Certains amis de ce blog se sont étonnés du titre du billet d’hier : « Le vrai vainqueur est évidemment Juppé ». Les choses sont pourtant évidentes. Ce n’est pas l’UMP de Sarkozy qui est arrivée en tête dimanche. Seule, l’UMP aurait été largement devancée par le FN. C’est l’alliance UMP-UDI-MoDem qui a gagné, c’est-à-dire la formation dont rêve et que veut recréer autour de lui Juppé et qui pourrait le faire triompher lors de la primaire.

On peut faire confiance à Sarkozy pour tout faire, même le pire, pour éliminer Juppé. Mais, quel que soit son rêve, il ne pourra pas limiter les électeurs de la primaire de droite aux seuls militants encartés de l’UMP nouvelle formule. Juppé a d’ailleurs prévenu : au cas où cette primaire ne rassemblerait que 500.000 votants, il serait candidat à la présidentielle quoi qu’il arrive.

On nous raconte maintenant qu’avec la présence plus que vraisemblable de Marine Le Pen au second tour, l’Elysée se jouera au premier tour. En fait, il semble bien que, cette fois-ci, l’Elysée se jouera lors de la primaire de la droite. Si Sarkozy l’emporte lors de cette primaire, Marine Le Pen a, peut-être, quelques chances face à lui, au second tour de la présidentielle. Si c’est Juppé qui gagne la primaire, ce sera lui le prochain président de la République.

Mais les départementales ne sont pas la présidentielle…

24 Mar 2015 | Comments (30)

Le vrai vainqueur d’hier est évidemment… Juppé

C’est une vieille habitude de notre vie politique : le lendemain de tous les scrutins tous les candidats se disent contents. En tous les cas contents d’eux-mêmes si ce n’est des résultats. Qu’ils soient arrivés en tête, qu’ils aient été battus ou même éliminées, tous sont ravis et nous racontent, avec force détails, qu’ils ont, d’une certaine manière, gagné, qu’ils sont les meilleurs et que leur stratégie a été la bonne.

En fait –et là encore c’est une vieille tradition de notre vie politique- les grands perdants de ce premier tour des élections départementales d’hier sont les sondages. Ils nous avaient annoncé une écrasante victoire du Front National à 30%, un relatif succès par défaut de l’UMP et une Berezina pour le PS qui aurait eu à payer à la fois tous les échecs et toutes les incohérences de deux ans et demi de pouvoir socialiste et toutes les divisions de la gauche.

Or, qu’on le veuille ou non et même si l’on triche plus au moins avec les chiffres, en jouant sur les « divers » droite ou « divers » gauche et en réunissant sous le vocable de « groupe de gauche » des gens qui n’ont rien à voir entre eux, il est très net que l’UMP, alliée à l’UDI, arrive nettement en tête avec plus de 27% des voix, suivie par le FN, avec un peu plus de 25%, et, loin derrière, le PS avec 21%.

En clair, l’UMP a ravi le titre de « premier parti de France » au FN qui le détenait depuis les dernières élections européennes mais le parti de Marine Le Pen qui est en tête dans 43 départements a tout de même amélioré ses performances et le PS qui a été éliminé dans 500 cantons et qui risque bien de perdre, au profit de l’UMP, la moitié des 61 départements qu’il détient n’a pas été totalement ridiculisé comme certains l’espéraient et même l’annonçaient.

Tout le monde peut donc, en effet, se dire content.

Nicolas Sarkozy dont c’était le premier vrai combat depuis son retour dans l’arène et son élection à la présidence de l’UMP savoure sa victoire et a même le culot de nous affirmer que sa politique d’union avec les centristes a porté ses fruits. Or, tout le monde sait parfaitement que c’est son adversaire pour l’Elysée Alain Juppé en personne qui a toujours prôné l’union avec le centre contre un Sarkozy têtu et sûr de lui qui continue à croire qu’il faut, au contraire, « droitiser » l’UMP pour l’emporter.

Le vrai vainqueur d’hier est évidemment Juppé. Mais il s’est déjà laissé voler sa victoire.

Marine Le Pen est, sans doute, un peu déçue que les sondages se soient aussi lourdement trompés mais les succès de ses candidats dans près de la moitié des départements sont évidemment époustouflants pour un parti qui n’avait jusqu’à présent qu’un seul conseiller général et aucune implantation locale. Autant on peut dire que certains candidats de l’UMP ou du PS ont pu -à la rigueur- bénéficier d’un certain renom personnel dans leurs cantons respectifs autant il est évident que les bons résultats du FN ne sont dus qu’à Marine Le Pen elle-même.

La patronne du FN peut d’ailleurs parfaitement contester la victoire de l’UMP-UDI en faisant remarquer qu’il s’agit là d’un mariage de circonstance et contre-nature et qu’il est plus que vraisemblable, à moins que l’UDI ne souhaite disparaitre à tout jamais, que les centristes voudront retrouver toute leur autonomie pour les scrutins à venir que ce soit lors des régionales de la fin de l’année ou, mieux encore, lors de la présidentielle de 2017.

Dès que les querelles de chiffres et les commentaires à la va-vite se seront apaisés, tout le monde sera d’ailleurs bien obligé de reconnaitre que le seul fait marquant de ces scrutins départementaux sera le succès du FN devenu, cette fois incontestablement et sans doute durablement, l’un des trois grands partis politiques français.

Manuel Valls peut, lui, se targuer –et il ne s’en prive pas- d’avoir « limité la casse » en remobilisant certains électeurs de gauche avec une campagne déchainée contre le Front National, hors de proportions et peu convenable pour un Premier ministre dans une démocratie normale.

Il peut aussi accuser toutes les divisions de la gauche d’être responsables de ces piètres résultats. Et il est évident que ni les communistes, ni le parti de gauche, ni les écologistes ni même certains « frondeurs » du PS n’ont joué le jeu de l’union sacrée ni face au « péril brun » du FN ni face à celui de l’UMP. Mais en lançant désespérément ses appels à l’union de toutes les gauches, le Premier ministre oublie que c’est sa propre politique socialo-démocratico-libérale à la sauce hollandaise donnant les résultats qu’on connait qui a provoqué ce désarroi et cet éclatement sans doute irrémédiable de la gauche.

Il faut naturellement attendre maintenant les résultats du deuxième tour, dimanche prochain, et plus encore ceux qui « troisième » tour, l’élection des présidents des conseils départementaux, pour voir ce que donneront les fameux reports de voix.

Mais on peut déjà prévoir que l’UMP et ses « porteurs de bidons » de l’UDI rafleront l’écrasante majorité des départements et que le FN gagnera, au mieux, un ou deux départements, le Vaucluse, voire l’Aisne. Une fois de plus donc, on pourra se demander s’il est vraiment normal qu’un parti ayant recueilli plus de 25% des voix ne remporte qu’1 ou 2% des départements. Il est vrai qu’il doit déjà se contenter de n’avoir que 2 députés…

Et puis il faudra voir aussi si, après une telle et nouvelle déculottée, François Hollande pourra continuer à répéter indéfiniment, en ânonnant, qu’il ne changera ni de politique ni de Premier ministre.

23 Mar 2015 | Comments (31)

L’islamisation à petites doses de l’ancienne « fille aînée de l’Eglise »

Alors que nos responsables politiques sont toujours incapables de définir avec précision la place que nous pourrions, éventuellement, accorder à l’Islam, deuxième religion de France, dans notre société « laïque » et judéo-chrétienne, un certain nombre de questions « pratiques » s’imposent de plus en plus dans le débat, en exigeant même des réponses immédiates. Doit-on, ou non, par exemple, interdire le port du voile à l’université comme il l’est déjà à l’école ? Doit-on, ou non, par exemple, servir des repas hallal dans les cantines de nos établissements scolaires ?

Les réponses à ces questions sont beaucoup plus délicates qu’il n’y parait. En effet, elles soulèvent à la fois le problème de la laïcité, celui de la liberté individuelle, celui du droit à la différence, sans parler, bien sûr, de l’obligation de nourrir les enfants ni surtout de cette guerre que nous ont déclarée les Islamistes et à laquelle il nous faudra bien, un jour, faire face.

La laïcité exige-t-elle l’interdiction totale dans tout l’espace public de toutes références à toute religion ? Dans ce cas, il faudrait détruire toutes nos églises, toutes les mosquées, toutes les synagogues, interdire le port de la kippa, du voile, de la tenue de clergyman et des robes de nos religieuses, supprimer le nom de nos saints dans le calendrier et sur toutes les plaques de nos rues, donner du porc à manger tous les jours dans nos cantines scolaires et des cotes de bœuf saignantes le Vendredi saint, etc., etc.. C’est, évidemment, le vieux rêve de nos « laïcards » formés dans les temples de la franc-maçonnerie, temples qu’il faudrait donc détruire, eux aussi.

En fait, dans une république laïque comme la notre, la laïcité (qui n’a plus rien à voir avec celle prônée lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat telle que l’avait imaginée le petit père Combes, en 1905, pour briser l’influence de l’Eglise catholique) n’interdit plus rien mais oblige simplement l’Etat à garantir à chacun la libre pratique de sa foi, pour peu qu’il en ait une.

Les curés, les popes, les rabbins, les imams ont donc parfaitement le droit de s’afficher dans nos rues avec leurs soutanes (ils ne sont plus très nombreux à la porter), leurs barbes, leurs drôles de chapeaux, et tous les accoutrements que leur foi peut leur imposer.

Le débat sur le voile a été totalement faussé. Les uns nous ont dit que ce voile intégral était dégradant, méprisant pour les femmes réduites ainsi en esclavage. Les autres nous ont affirmé que, pour des raisons de sécurité, toute personne circulant dans la rue devait avoir le visage découvert.

Il aurait été plus simple et plus honnête d’affirmer que ce voile n’étant rien d’autre qu’une provocation islamiste contre notre société, nous ne pouvions pas l’accepter, ni à l’école, ni dans la rue, ni nulle part.

Bafouillant, comme toujours dès qu’il s’agit de l’Islam, nos législateurs ont décidé d’interdire le voile à l’école, au collège et au lycée mais pas à l’université, sous prétexte que, les étudiantes étant des adultes, elles ont, au nom de nos libertés, le droit de s’afficher comme elles l’entendent. Or la défense de la dignité de la femme et les impératifs de sécurité sont les mêmes pour les écolières, les collégiennes, les lycéennes et… les étudiants.

En fait, il ne s’agit ni de laïcité, ni de liberté individuelle, ni du droit à la différence, ni de parité homme-femme, ni de mesures de sécurité mais bien de cette guerre de religion que les Islamistes -pour ne pas dire l’Islam- nous ont déclarée, ce djihad mondial contre l’Occident.

Mais alors pourquoi tolérer le voile non seulement dans les universités mais aussi dans la rue et dans tous les lieux publics. Et pourquoi d’ailleurs accepter que des hommes barbus se promènent en grandes robes blanches dans nos rues et même en dehors des quartiers qu’ils contrôlent désormais, ce qui est exactement la même provocation islamiste ?

Atatürk et Reza Chah avaient, à Istanbul et à Téhéran, fait couper de force les barbes des imams et imposé le pantalon à tous les hommes quand ils avaient voulu faire entrer leur pays dans la modernité. (On peut noter au passage et, bien sûr, pour le regretter qu’un siècle plus tard ce sont des Islamistes qui règnent à Ankara et des ayatollahs qui font la loi en Iran).

Cela dit, on imagine mal un gouvernement français interdisant aujourd’hui le port de la barbe, des robes blanches et du voile. Défenseurs de toutes les libertés –même de celle des ennemis de la liberté, selon la célèbre formule- nous ne pouvons que capituler devant les provocations des Islamistes.

L’affaire des cantines scolaires soulevée par le maire (UMP) de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, est encore plus délicate. Sur le fond, Platret a raison. On ne peut pas, dans un pays « laïc », prévoir des « repas de substitution » pour certains élèves ce qui ne peut que provoquer une discrimination fondée sur la religion.

Mais, dans les faits, on ne peut pas imposer à un gosse musulman de manger du porc et on ne peut pas non plus le privé de déjeuner. Alors que faire ?

Là encore, les Islamistes nous font un chantage devant lequel nous sommes désarmés. Au nom de notre « liberté chérie », les femmes ont le droit de porter le voile et les hommes de grandes barbes, au nom de notre morale judéo-chrétienne, nous devons donner des plats hallal à nos petits musulmans, au nom de la liberté de culte nous devons construire des mosquées, au nom du droit à la différence nos piscines ne peuvent plus être mixtes, etc.

C’est ce qui s’appelle « l’islamisation à petites doses » de l’ancienne « fille aînée de l’Eglise ».

Tant que nous continuerons à croire qu’il pourrait y avoir, un jour, un « Islam français », un « Islam à la française », un Islam respectueux de nos lois, de notre culture et de notre civilisation et tant que nous nous refuserons à ouvrir les yeux pour nous apercevoir que le Djihad planétaire a déjà commencé, Houellebecq aura raison et le combat de Gilles Platret sera dérisoire.

Nous en reparlerons dans vingt ans. Mais il sera alors beaucoup trop tard…

18 Mar 2015 | Comments (44)

Valls a une guerre de retard et tire contre son propre camp

Ces élections départementales dont le premier tour aura lieu dimanche prochain sont stupéfiantes. Et il ne faudra pas s’étonner si les résultats confirment les sondages qui nous annoncent, tous, une abstention record dépassant les 50%.

D’abord, on demande aux Français d’élire des conseillers départementaux dont personne (pas même les candidats) ne sait quelles seront les compétences puisque la fameuse loi réorganisant (à peine) notre « mille-feuille » n’a toujours pas été adoptée. On nous fait voter les yeux bandés. C’est là une grande première.

Autre innovation : les couples. Il faut un homme et une femme sur chaque bulletin. Au nom de la fameuse « parité ». On peut ici s’étonner que ce pouvoir qui a instauré le mariage des homosexuels n’autorise pas deux hommes (ou deux femmes) à se présenter ensemble. Il y a, dans cette nouvelle disposition, une résurgence de l’homophobie que certains trouveront, sans doute, insupportable. On peut, d’ailleurs, s’étonner aussi qu’au nom, cette fois, de la non moins fameuse « diversité » on ne nous ait pas imposé des trios avec un troisième larron… issu de l’immigration. Cela sera sans doute pour les prochains scrutins.

Mais le plus sidérant reste, bien sûr, le tour qu’ont pris ces élections. En principe, les départements (dont le président de la République et le Premier ministre nous ont d’ailleurs annoncé, à plusieurs reprises, la prochaine suppression) s’occupent des collèges, des routes et surtout de l’action sociale. Ce sont là des thèmes importants pour la vie quotidienne de la population et qui auraient mérité de vrais débats. Or, personne n’en a dit un mot.

A longueur de réunions publiques et d’émissions de télévision, l’UMP, le PS, les Ecologistes, le Parti de gauche et les Communistes ne nous ont parlé que… du Front National. Lequel FN, lui, s’est contenté de « flinguer » à vue l’UMPS. Rarement des élections locales ont été politisées, « nationalisées » à ce point.

La faute en revient, évidemment, à Manuel Valls lui-même. Déguisé en matador pour ne pas dire matamore, le petit Catalan, abandonnant sans pudeur Matignon et ses fonctions de Premier ministre, est descendu dans l’arène, a fait des moulinets avec son chiffon rouge et a pointé son épée vers un taureau plus imaginaire que redoutable : Marine Le Pen elle-même.

Personne n’est dupe. Le Front National n’est, aujourd’hui, un réel danger ni pour la République, ni pour la démocratie, ni pour la France. Il peut, selon les sondages qui lui sont les plus favorables, au mieux (ou au pire) s’emparer de quatre départements (l’Aisne, le Pas-de-Calais, le Vaucluse et le Var). Cela fera, bien sûr, l’effet d’une bombe dans le petit Landerneau de notre microcosme parisien, cela occultera le raz-de-marée annoncé de la droite UMP-UDI ainsi que la claque monumentale reçue par le PS, mais cela ne bouleversera pas le pays de fond en comble.

Valls le sait parfaitement et on peut donc se demander pourquoi notre Premier ministre a choisi comme seul thème de campagne cette stigmatisation assumée et même revendiquée du FN.

Il est évident que, pour mener campagne, Valls pouvait difficilement se servir du bilan de la première moitié du quinquennat de François Hollande. Il lui fallait donc trouver un dérivatif.

Le Catalan est un malin. Il sait que son seul véritable ennemi n’est pas le Front National mais bel et bien et uniquement l’UMP qui, elle, peut remporter des dizaines de départements. Or, Valls a parfaitement compris qu’une telle victoire risquait fort de remettre sur ses pieds l’UMP inexistante depuis le début du quinquennat et permettrait –peut-être et enfin- à Sarkozy de s’asseoir réellement sur son siège de patron de l’opposition, rôle qu’il ne parvenait pas à assumer depuis son retour en politique.

Alors, pour tenter de torpiller ce succès annoncé de l’UMP sarkozienne, Valls reprend, bêtement et au pied de la lettre, la vieille stratégie de Mitterrand qui avait pratiquement créé le FN, en instaurant, pour des législatives de 1986, la proportionnelle dans le seul but d’affaiblir Chirac.

Valls fait sans pudeur la publicité du FN de Marine Le Pen en la citant à longueur de journée avec l’espoir que les électeurs de l’UMP déçus par Sarkozy iront jusqu’à voter FN. C’est classique… mais totalement dépassé.

En effet, Valls (qui n’est peut-être pas si malin qu’on le croit) n’a pas compris que, si bien des électeurs de l’UMP sont effectivement tentés par un vote FN, la très grande majorité de ceux qui rejoignent désormais l’extrême-droite sont d’anciens électeurs… de gauche. Le FN est maintenant non seulement le premier parti de France mais aussi le premier parti des ouvriers, des paysans, des classes défavorisées, des chômeurs, des exclus, ce qui commence à faire beaucoup de monde et ce qui constituait jadis le grand réservoir de voix de la gauche.

Trois des quatre départements que le FN pourrait emporter sont d’ailleurs des départements détenus jusqu’à présent par la gauche (le Pas-de-Calais, l’Aisne et le Vaucluse) et la plupart des départements où une forte poussée du FN est annoncée sont aussi de gauche (le Nord, la Somme, l’Oise, le Gard, l’Hérault, etc.). C’est en « terre de gauche » que le FN a le plus de succès. Tout le monde le sait, sauf, semble-t-il, le Premier ministre.

Valls a une guerre de retard et, du coup, en montant sur ses grands chevaux et ne brandissant sa morale de bistrot, il tire contre son propre camp. Il est vrai qu’il s’en moque puisqu’Hollande a déjà annoncé qu’il était désormais totalement autiste et que, quels que soient les résultats de ce scrutin, il ne changerait ni de politique ni de Premier ministre.

C’en est à se demander qui porte le plus atteinte à la sacro-sainte démocratie, ce FN qui cherche par tous les moyens, même les plus démagogiques, à séduire les électeurs ou ce président de la République qui annonce, comme n’importe quel tyranneau de la dernière des républiques bananières, qu’il ne tiendra aucun compte du vote de ces mêmes électeurs…

17 Mar 2015 | Comments (14)

Hollande se contrefout des Français

Nous nous en doutions déjà mais, cette fois, nous sommes officiellement prévenus. François Hollande n’est pas un démocrate. Un démocrate c’est quelqu’un qui reconnait que le peuple est souverain et que c’est à ce peuple souverain de choisir la politique qui est menée. Les élections, quelles qu’elles soient, sont d’ailleurs là, régulièrement, pour faire savoir si le peuple souverain est satisfait de l’action que mène, en son nom et pour lui, le souverain temporaire qu’il s’est choisi.

Or, à quelques jours d’élections départementales qui, selon tous les sondages et tous les experts (même de gauche), prendront la forme d’une effroyable Bérézina pour le parti socialiste, François Hollande vient de nous déclarer froidement, dans Challenges, que, quels que soient les résultats de ce scrutin, il ne changera ni de politique ni de Premier ministre.

En clair, le président de la République dit aux Français : votez pour qui vous voulez, je m’assois sur vos bulletins et n’en tiendrai strictement aucun compte. On a rarement vu pareille arrogance, pareil mépris du peuple, pareil déni de la démocratie.

Ses amis nous disent qu’il ne s’agit que d’élections locales et qu’elles ne peuvent en aucun cas remettre en cause la légitimité du chef de l’Etat. Mais c’est le Premier ministre lui-même qui, dans son combat frénétique contre le Front National, a transformé cette élection des conseillers départementaux en un véritable scrutin national, en répétant chaque jour, de réunions publiques en déclarations officielles, que la démocratie, la République et la France elle-même étaient, avec ce scrutin, soudain mises en danger devant le péril brun et les hordes fascistes.

On ne peut pas dire à la fois que ce vote des 22 et 29 mars est sans aucune importance au niveau national et qu’il s’agit de sauver le pays.

D’autre part, on peut rappeler que l’esprit de la Vème République avec laquelle, après l’avoir condamnée, les socialistes se sont très bien arrangés exige que le chef de l’Etats soit toujours majoritaire dans le pays. De Gaulle a immédiatement démissionné quand le « non » au référendum de 1969 l’a emporté alors que rien ne l’y obligeait. Il est vrai que c’était à une tout autre époque et que la plupart de ses successeurs n’ont pas eu ces mêmes scrupules.

Ces mêmes amis de Hollande nous disent qu’il n’y a aucune raison pour que le président change de politique ou de Premier ministre car on commence à percevoir les premiers frémissements d’une amélioration de la situation grâce, précisément, à cette politique et à l’action de ce Premier ministre.

Les Français en ont assez qu’on leur annonce que « les signaux vont passer au vert », qu’« on aperçoit le bout du tunnel » et qu’« on commence à percevoir de premiers frémissements ». Mauroy le disait déjà en 1982. Les Français savent, parce qu’ils le vivent quotidiennement, que le chômage, les impôts, les déficits continuent à augmenter, que la précarisation se généralise, que l’Etat se décompose et que notre société s’est fracturée comme jamais. Qu’on ne leur parle plus n i de « l’esprit du 11 janvier » ni du « bout du tunnel ».

D’ailleurs, certains membres de ce qui constituait la majorité présidentielle partagent désormais, eux aussi, ce même dégoût à l’égard et du président et de son Premier ministre et de cette politique. Quand un régime est rejeté par plus de 75% de la population et qu’il est obligé d’avoir recours au 49.3 pour faire passer ses textes importants au Parlement, est-il encore légitime ?

Que se passera-t-il si, le 22, le Front National obtient 30% des voix devant l’UMP, avec 25%, un PS à 17%, le tout avec une abstention à 55%  et si donc, le 29 mars, les socialistes perdent la plupart des départements qu’ils gouvernaient ? Rien ou à peine un mini-remaniement avec le petit jeu des chaises musicales et l’entrée discrète de trois « frondeurs » et de deux écolos ayant échangé leur âme contre un demi-maroquin.

Et au milieu ce champ de ruines, Hollande se cramponnera aux accotoirs de son trône chancelant avec, en plus, la conviction, devant les divisions et les incohérences de la droite classique, qu’il est parfaitement capable d’arriver en deuxième position lors du premier tour de la présidentielle de 2017 et donc de l’emporter haut la main au second tour devant Martine Le Pen.

Et le plus « drôle » c’est que cela ne serait pas totalement impossible. On ne voit donc pas pourquoi il se priverait de mépriser à ce point les Français.nde se contrefout des Frnaçais

12 Mar 2015 | Comments (36)

Les nouvelles pleurnicheries de Taubira

Christiane Taubira qui avait un peu disparu des écrans ces derniers temps réapparait. Le diable ressort de sa boite. Et c’est naturellement pour pleurnicher, jouer les victimes et affirmer, une fois de plus, qu’elle est la cible de tous les racistes du pays. Comme de bien entendu, Manuel Valls (qui la déteste souverainement) court à son secours et en rajoute en nous refaisant le coup de l’indignation contre une droite qui serait raciste, xénophobe, antisémite, fascisante et pourquoi pas néonazie. Il est vraiment en pleine campagne et ne veut pas rater une occasion de fustiger la droite tout aussi bien que l’extrême-droite.

De quoi s’agit-il ? Une adjointe du maire (RPR) de Juvisy, Robin Reda, a écrit sur sa page facebook à propos de la Garde de Sceaux : « C’est pitoyable d’avoir une telle ministre ». Nous sommes un grand nombre de Français à penser exactement la même chose et c’est notre droit le plus strict. L’adjointe ajoute : « Elle vient de Cayenne, là où il y avait le bagne » C’est doublement exact. Christiane Taubira est née le 2 février 1952 à Cayenne, a fait toutes ses études à Cayenne et a été députée de la 1ère circonscription de Guyane de 1993 à 2012. Et tout le monde sait aussi qu’il y a eu un bagne en Guyane. Et l’adjointe de Juvisy de conclure sur sa page facebook : « Qu’elle reparte là-bas, vu qu’elle a toujours détesté la France ».

Il faut savoir que Christiane Taubira est entrée en politique en 1978 comme membre du Mouvement Guyanais de Décolonisation, le MOGUYDE, créé par son mari d’alors, Roland Delannon, un indépendantiste fanatiquement ennemi de la France qui fera 18 mois de prison pour avoir préparé un attentat contre des installations pétrolières.

Depuis, Christiane Taubira a divorcé mais elle a créé, en 1993, le parti Walwari qui milite, lui aussi, pour l’indépendance de la Guyane et dont elle est aujourd’hui encore membre du comité exécutif.

Certes, les Guyanais, les Martiniquais et autres Guadeloupéens ont parfaitement le droit d’être indépendantistes –on leur souhaite même bonne chance et bien du plaisir- mais le problème est de savoir si on peut être, à la fois, indépendantiste et membre du gouvernement de la République française. N’y a-t-il pas comme une sorte d’incompatibilité dans ce cumul des fonctions et mêmes des genres ? C’est la question, parfaitement légitime, que posait, en fait et à juste titre, l’adjointe de Juvisy.

On ne voit pas le début de l’ombre d’un poil de soupçon de racisme dans ces propos qui ne font pas la moindre allusion ni à la couleur de la peau ni à la chevelure crépue de la madone des homos et des multirécidivistes.

On dira que l’attaque est un peu violente. C’est vrai. Mais on est bien obligé  de reconnaitre –pour le regretter- que, depuis quelque temps, le ton a sérieusement monté dans l’arène politique, que le discours s’est fait plus agressif, que les injures volent de plus en plus bas, ce qui n’est, bien sûr, pas bon pour le débat démocratique. Mais, attention, la faute à qui ? Qui a commencé ?

Hollande et Valls eux–mêmes qui, s’affolant (et on les comprend) devant tous leurs échecs, toutes leurs capitulations, toutes leurs trahisons, toutes leurs promesses non-tenues et, plus encore, tous les sondages qui prouvent à quel point les Français les rejettent en bloc, ont perdu la raison et oublié que, dans une démocratie, un Premier ministre et a fortiori un président ne peuvent pas se permettre d’injurier en permanence un parti d’opposition, fut-il extrémiste.

En attaquant avec une haine inouïe et obsessionnelle le Front National, Hollande et Valls font basculer le débat politique dans une violence où tout risque de devenir permis. Au lieu de « s’indigner » et d’exprimer sa « colère » devant les quelques lignes écrites sur facebook par une modeste adjointe d’une commune de banlieue, le Premier ministre ferait mieux de se demander si c’est bien son rôle de traîner dans la boue, à longueur de discours, un parti qui recueille environ 30% des voix des Français et s’il ne ferait pas mieux, à la veille d’élections départementales, de présenter si ce n’est le bilan de sa politique (il est vrai peu flatteur) au moins quelques nouveaux projets répondant notamment aux problèmes posés par le dit Front National.

Hollande et Valls s’imaginent que, pour tenter de récupérer l’électorat de gauche et faire oublier l’épouvantable déconfiture dans laquelle ils pataugent désespérément, il leur faut dramatiser à outrance, évoquer le péril « brun », la menace pour toutes les valeurs de la République et se présenter en seuls remparts de la démocratie. Mais personne n’a peur du péril ni ne craint les menaces.

Ils ne récupéreront personne et ne feront rien oublier. Une fois de plus, ils diviseront les Français et leurs violences verbales finiront par créer l’atmosphère insupportable, irrespirable d’une guerre civile en préparation. Par leur faute, la France est, aujourd’hui, plus divisée que jamais et devient haineuse. Ce sont eux, les « héros » du faux « esprit du 11 janvier », qui ont insufflé la haine dans ce pays. Pas l’adjointe de Juvisy. Et c’est sans doute la pire, la plus grave de leurs fautes.

 

11 Mar 2015 | Comments (17)

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