Archives par moisfévrier 2015



La naïveté confondante des étonnements

La presse de ce matin s’étonne. Avec une naïveté confondante. Elle s’étonne que les « fous d’Allah » de l’Etat Islamique aient détruit rageusement les trésors archéologiques du musée de Mossoul. Elle s’étonne que l’un des principaux opposants à Poutine, Boris Nemtsov, ait été assassiné devant le Kremlin. Elle s’étonne que François Hollande ait éprouvé le besoin de se faire accompagner par deux vedettes de cinéma pour aller plaider en faveur de la sauvegarde de la planète aux Philippines.

Or, tout cela est parfaitement logique, évident, « normal ».

Les « fous furieux » (d’Allah ou de n’importe quoi) veulent toujours détruire tous les symboles du passé dont ils entendent faire table rase pour créer un monde nouveau. C’est ce qui s’appelle « briser les idoles ». Les Khmers rouges s’attaquèrent aux temples d’Angkor, les Talibans aux Bouddhas de Banyan, les Islamistes du Mali aux manuscrits et aux tombeaux de Tombouctou, sans parler des Gardes rouges de la Révolution culturelle de Mao ou des nazis qui, les uns et les autres, brûlèrent des livres, ni même de nos révolutionnaires à nous qui, sous la Terreur, s’en prirent aux églises et aux statues romanes ou gothiques des saints qui ornaient les entrées de nos cathédrales. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir les dingues de Daesch briser à coup de masse les merveilleuses statues préislamiques de Mossoul.

Deux choses peuvent tout au plus surprendre. D’abord, que ces terroristes aient voulu se filmer eux-mêmes et diffuser ces images qui ne pouvaient que scandaliser le monde entier. Ensuite, que ce massacre du passé nous ait bouleversés infiniment plus que les images de décapitation d’otages ou de chrétiens par les mêmes barbares.

Mais, d’abord, ces barbares ont parfaitement compris que, pour pratiquer un terroriste efficace, il fallait terroriser. Il faut donc diffuser les pires images pour faire comprendre à l’ennemi qu’on est bel et bien  capable du pire. Non seulement les hommes de Daesch nous dégoûtent mais leur folie nous terrifie, nous tétanise. Et, en même temps, autre avantage, ils séduisent, par l’horreur, certains esprits faibles qui, chez nous, haïssant notre société et se haïssant eux-mêmes, vont être fascinés par ces images et tenter de rejoindre les barbares pour, à leur tour, pouvoir enfin décapiter des innocents et détruire des chefs-d’oeuvre.

Les stratèges de Daesch ont aussi compris que nous commencions à être fatigués des images de décapitations, des histoires de viols, des récits de massacres de chrétiens. Il leur fallait donc présenter quelque chose d’un peu nouveau à cette société occidentale qui ne regarde l’actualité qu’avec un zappeur à la main.

Le coup du Musée de Mossoul va tenir la « une » deux, trois jours. Après, il leur faudra nous trouver autre chose pour nous maintenir en haleine. Ils trouveront sûrement.

Cela dit, il est tout de même curieux que les images de ces barbares brisant l’héritage d’une des plus grandes et plus anciennes civilisations nous aient indignés plus encore que les images des décapitations…

L’assassinat de Boris Nemtsov devant le Kremlin n’a rien d’étonnant non plus. C’est une vieille tradition locale. Les tsars, les dirigeants soviétiques et ceux d’aujourd’hui ont toujours fait assassiner leurs opposants. C’est une coutume qui permet non seulement d’éliminer les gêneurs mais aussi d’assurer clairement son pouvoir. Et, mise à part une toute petite élire intellectuelle, cela ne choque pas les Russes. Cela les rassure même et les persuade que le pays est bien tenu, tout en leur faisant comprendre qu’il vaut mieux raser les murs, tête basse, et obéir..

Digne successeur de la Grande Catherine et plus encore de Staline, Poutine fait d’ailleurs à peine semblant de s’indigner de ces assassinats d’opposants qui se multiplient sous ses yeux et ne plaide même pas non-coupable. Ce qu’il faudrait que l’Occident finisse par bien comprendre c’est que l’ancien du KGB, devenu tsar de toutes les Russies, n’a aucun complexe, aucun scrupule et se contrefiche comme de sa première vodka de tout ce que les capitalistes décadents de l’Ouest peuvent bien penser de lui.

Vacillant sous la crise économique que connait la Russie d’aujourd’hui et ses oligarques, il veut redonner aux Russes la fierté qu’ils ont perdue avec l’effondrement de l’empire soviétique. Alors il reconstitue, morceau par morceau, cet empire de jadis avec déjà un bon bout de le Géorgie et la Crimée et maintenant un nouveau bon bout de l’Ukraine. Sachant que l’esprit de Munich est encore vivace à Paris, à Londres et ailleurs, il aurait tort de se priver. Il annexe en toute impunité et, le goulag sibérien ayant plus ou moins fermé, il fait éliminer les mécontents à la mitraillette.

Enfin, comment s’étonner que François Hollande se soit fait accompagner à Manille par deux actrices. Aux Philippines, on ne connait de Français que de Gaulle, Alain Delon (en tant que fabricant de parfums) et Mireille Mathieu. Et d’ailleurs à Manille comme ailleurs, on ne croit pas une seule seconde que la grand « machin » sur le climat que Paris prépare pour la fin de l’année sauvera la couche d’ozone ou les pôles.

Les responsables philippins commencent, en plus, à comprendre que les chefs d’Etat français en difficulté ont l’habitude de sortir de leur chapeau des balivernes fumeuses pour faire passer les pilules de l’austérité et de la décadence à leur peuple. Ils se souviennent de la Conférence sur l’Union de la Méditerranée et du Grenelle de l’Environnement (qui les fait encore rire) organisés avec tambours et trompettes par « le prédécesseur de l’actuel ».

Alors, il fallait bien mettre un peu de « show-biz » dans ce voyage pour tenter de le sauver et, comme on le sait, Hollande adore les actrices de cinéma. Ce qui lui réussit, il faut le reconnaitre, puisque depuis des mois la presse internationale n’évoque le président français qu’à propos de ses amours tumultueuses, notamment avec une actrice

Bref, on ne comprend pas que tous nos éditorialistes se soient étonnés ce matin. Il n’y avait vraiment rien d’étonnant ni dans la barbarie des sauvages de Mossoul, ni dans l’assassinat d’un opposant à Moscou, ni dans le ridicule de Hollande à Manille.

28 Fév 2015 | Comments (17)

Oui, « l’esprit du 11 janvier », c’était… bidon

C’est toujours réjouissant de voir l’Obs, la bible de la gauche, du politiquement correct et de la pensée unique, obligé de reconnaitre publiquement qu’il s’est trompé et qu’il a mené ses lecteurs-gogos-bobos en bateau.

Le numéro de cette semaine publie en exclusivité une grande enquête du Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Pô, sur « la France d’après Charlie » et ces braves gens, la larme à l’œil, avouent que tout ce qu’ils nous avaient raconté sur la France fraternelle, la nouvelle France soudainement soudée toutes classes sociales, toutes couleurs, toutes origines confondues pour défendre, comme un seul homme, les fameuses « valeurs de la République » (que personne, jusqu’à présent, n’a jamais définies), n’était que… des balivernes.

On a presque de la peine pour eux (en fait, on a honte pour eux) quand, dès les premiers mots, ils écrivent « Ce n’était donc qu’un rêve. Un beau rêve, généreux mais fugace. Ephémère. L’esprit du 11 janvier a duré à peine plus longtemps que la durée d’une marche républicaine » Et encore essaient-ils de maquiller, une fois de plus, la réalité. Car deux pages plus loin le directeur du Cevipof,  Martial Foucault, est carrément plus explicite : « Le récit d’une France unitaire et rassemblée a été une version très idéalisée. Les Français qui sont descendus dans la rue étaient très homogènes sociologiquement. C’étaient ceux que j’appelle des « républicains solidaires » : diplômés, habitant les centres villes, plutôt bourgeois. Mais ce n’était pas la France »

Si ces vieux soixante-huitards attardés avaient eu la gentillesse de lire ce petit blog, ils auraient vu qu’un certain nombre d’observateurs (peu nombreux, il est vrai) s’étaient insurgés en entendant et en lisant partout que cette fameuse « marche républicaine » démontrait à l’évidence que la France avait brusquement changé et que l’effet de terreur provoqué par la tuerie de Charlie Hebdo (et accessoirement celle de l’épicerie cachère de la Porte de Vincennes) avait réuni à tout jamais « le peuple français » dans sa totalité qui, pour défendre la République, oubliait soudain toutes ses différences.

Il suffisait d’avoir été jeter un coup d’œil attentif à ce défilé pour avoir constaté qu’il n’y avait pas un noir, pas un arabe dans la foule. Pas même de « défavorisés », de chômeurs, d’exclus. Tous ceux qui se proclamaient être des « Charlie » n’étaient, en fait, comme le reconnait enfin le directeur du Cevipof, que des bourgeois, la gauche caviar, la gauche œufs de lump, la gauche crevettes mais en tous les cas pas la France multiethnique, multiculturelle, multi tout ce qu’on veut.

En criant « Nous sommes tous des Charlie », ces manifestants voulaient au contraire dire et proclamer qu’ils en avaient assez des Musulmans, de l’Islam soi-disant « à la française ».

D’ailleurs, tous les chiffres publiés dans cette grande enquête du Cevipof sont révélateurs : 69% des Français pensent qu’« il y a trop d’immigrés en France », 56% considèrent que « l’Islam -et pas seulement les intégristes radicaux- est un danger pour la République », 35% estiment que les islamistes radicaux représentent l’ensemble des musulmans, 40% trouvent que « les enfants d’immigrés nés en France ne sont pas vraiment français » etc., etc.

Bref, comme nous ne cessions de le répéter, il n’y a pas eu d’« esprit du 11 janvier » ailleurs que dans la propagande éhontée du gouvernement. Les tueries de Charlie Hebdo et de la porte de Vincennes n’ont fait, au contraire, qu’aggraver encore le précipice qui sépare les Français « de souche », comme Hollande lui-même est désormais bien obligé de nous appeler, des communautés musulmanes, maghrébines ou africaines qui, ce 11 janvier, sont restées calfeutrées chez elles, dans leurs banlieues-ghettos, quand elles n’ont pas fêté le massacre des caricaturistes du Prophète et des Juifs de l’épicerie.

Nous évoquions, hier, la naïveté de Bernard Cazeneuve qui veut s’attaquer au problème de l’Islam en France et faire reculer l’intégrisme qui prospère en toute impunité dans nos quartiers pourris en créant un énième conseil-machin avec d’hypothétiques musulmans « fidèles aux valeurs de la République ».

Notre ministre de l’Intérieur (et des cultes) devrait lire attentivement cette enquête et se demander si les Français de souche et de base, les Français d’en-bas et du bon sens n’ont pas raison quand ils estiment, majoritairement, que l’Islam, toutes tendances confondues, modéré et extrémiste, est un danger pour la République et non pas, comme il s’entête à l’affirmer « une religion de tolérance et de paix ».

27 Fév 2015 | Comments (15)

Bernard Cazeneuve est totalement à coté de ses pompes

A le voir d’un peu loin, Bernard Cazeneuve, notre ministre de l’Intérieur (et des Cultes) a l’air d’un brave homme. Pas rigolo pour deux sous mais visiblement imbu de sa fonction si ce n’est de sa personne. Il a d’ailleurs le physique qui convient au « premier flic de France » qu’il est. Pas le genre Maigret, Navarro ou Colombo, mais plutôt le style du divisionnaire sadique et tortionnaire qui interroge sans répit ni scrupule un serial killer ou même un pédophile.

Eh bien, pas du tout ! Cazeneuve est un illuminé qui, ne connaissant pas ses dossiers, croit naïvement tout ce qu’on lui raconte et qui gobe avec délectation toutes les balivernes qui ont cours sur les 78 mètres de trottoir du boulevard Saint Germain qui séparent les Deux Magots du Café de Flore.

Pour lutter contre la radicalisation de l’Islam qui pousse certains jeunes de nos banlieues, de plus en plus nombreux, vers les Frères musulmans ou le salafisme et donc vers le djihad et le terrorisme, notre ministre de l’Intérieur n’a rien trouvé de mieux que d’imaginer une nouvelle « instance » forcément… « de dialogue » qui réunirait « les représentants de tous les musulmans », pour peu qu’ils soient « fidèles aux valeurs de la République »… « deux fois par an autour du Premier ministre » pour discuter de problèmes concrets comme la formation des imams, les écoles confessionnelles, l’abattage rituel ou les fêtes religieuses.

Cazeneuve fait mine d’oublier qu’un de ses prédécesseurs place Beauvau du nom de Nicolas Sarkozy avait déjà inventé du « truc » du même genre, le Conseil Français du Culte Musulman qui n’a servi à rien d’autre qu’à mettre en pleine lumière l’affrontement des Musulmans à la solde de l’Algérie et ceux à celle du Maroc, sans parler de ceux ostensiblement financés par les pays du Golfe, Arabie Saoudite et Qatar en tête.

Dans une grande interview au journal Le Monde d’hier, Cazeneuve enfile un immense collier de perles plus pitoyables les unes que les autres : « La République a vocation à prendre dans ses bras tous ses enfants, dès lors qu’ils respectent les valeurs de la République », « On ne répond pas au dévoiement de l’Islam par une minorité de barbares par le dévoiement des principes de la République », « Il faut permettre à toutes les composantes d’un Islam de tolérance et de paix de s’exprimer », « Certains instrumentalisent le concept de laïcité et le dévoient pour en faire un concept pernicieux d’exclusion, une arme de discrimination envers les Musulmans », « Il faut arrêter, dans ce pays, de faire de chaque sujet une occasion d’hystérie collective, de division », etc.

Certains diront que Cazeneuve est un brave type plein de bonne volonté mais, peut-être, un peu à coté de la plaque, voire totalement à coté de ses pompes en jouant ainsi les doux rêveurs.

D’autres tomberont de leur chaise en s’apercevant soudain que le ministre chargé de faire face à l’immigration sauvage et de combattre le terrorisme des extrémistes musulmans s’imagine 1) qu’une instance se réunissant deux fois par an pourra régler le problème (énorme) de l’Islam en France, 2) qu’il pourra, lui-même, le petit Cazeneuve, instaurer un dialogue entre les sunnites, les chiites, les Frères musulmans, les salafistes et les innombrables « sectes » de l’Islam qu’on retrouve en France au gré des différentes vagues de l’immigration et qui se détestent, se haïssent et s’entretuent depuis des siècles, 3) qu’il trouvera quelque part « un Islam de tolérance et de paix » ailleurs que chez quelques imams de service grassement subventionnés, 4) qu’on peut, à la fois, être un bon  musulman, c’est-à-dire souhaiter que le Coran remplace notre Constitution et la Charia tous nos codes, et être « fidèle aux valeurs de la République », 5) que le retour à un Islam authentique c’est-à-dire pur et dur n’est que le dévoiement de l’Islam par une minorité de barbares, 6) que la laïcité n’est pas une arme contre les religions.

Cazeneuve n’a, évidemment, pas lu le Coran ni aucun des textes plus ou moins sacrés de l’Islam qui, tous sans exception, rejettent, avec force et par définition, la laïcité, la démocratie, la parité hommes-femmes, la monogamie et tous les grands principes de notre civilisation judéo-chrétienne que défendent « nos valeurs républicaines ».

En fait, notre ministre des cultes qui reconnait dans cette interview qu’il est lui-même « issu des laïcards » (entendez de la franc-maçonnerie, mais on s’en doutait) semble ne s’adresser qu’à des musulmans apostats qui se sont plus ou moins assimilés à notre société et à tous ses avantages, en renonçant à leur foi et à ses pratiques pour adopter, souvent du bout des lèvres, ces valeurs de la République et nos moeurs d’infidèles.

Tant que nos ministres déclareront sans rire qu’ils veulent « consolider un Islam fidèle aux valeurs de la République » (titre du Monde d’hier), les extrémistes fidèles, eux, aux valeurs de l’Islam, proliféreront tout à leurs aises et l’écrasante majorité des six ou sept millions de musulmans de notre pays se demandera si ces « barbares » qu’ils préfèrent appeler les « guerriers du Prophète » n’ont pas raison.

Ce n’est pas en réunissant deux fois par an des imams à la limite de l’apostasie (c’est-à-dire acceptant les valeurs de la République) qu’on endiguera la radicalisation de l’Islam et la prolifération des amateurs du djihad. Il faudra bien qu’un jour quelqu’un ait le courage de reconnaitre publiquement que l’Islam est, hélas, totalement incompatible avec ces fameuses valeurs de la République. C’est en sortant de cette hypocrisie de façade et en proclamant enfin une vérité… d’Evangile qu’on pourra alors aborder sérieusement le sujet. Mais il sera peut-être trop tard…

26 Fév 2015 | Comments (5)

Le chiffon rouge de l’antisémitisme

Attention ! Les meilleures intentions du monde –même si, bien souvent, elles cachent mal des arrière-pensées moins désintéressées- peuvent parfois avoir des effets catastrophiques.

Depuis quelques semaines, François Hollande et ses comparses nous persécutent –il n’y a pas d’autre mot- avec l’antisémitisme. On se croirait revenus à l’époque de l’affaire Dreyfus ou aux jours les plus sombres de l’Occupation. Certes, il y a eu le drame de l’école juive de Toulouse, l’assassinat du musée juif de Bruxelles, la tuerie de l’épicerie cachère de la porte de Vincennes et la profanation du cimetière juif de Sarre-Union, en Alsace. Cela fait, bien sûr, beaucoup.

Mais il faut évidemment constater et répéter que ces crimes ont été commis par des fanatiques islamistes. Ils n’ont donc rien à voir avec un antisémitisme « français » qui s’emparerait de nouveau des Français « de souche » (comme dirait le président de la République). Même si ces terroristes avaient la nationalité française et tous leurs papiers en règle, on peut difficilement dire –quoi qu’en pensent nos beaux esprits- qu’ils étaient représentatifs du peuple français. Il ne s’agit pas de lutter contre un antisémitisme imaginaire mais contre le terrorisme islamiste bien réel.

Quant à l’affaire du cimetière juif alsacien, elle est le fait d’une petite bande de voyous s’ennuyant dans leur village et ignorant même –selon leurs aveux- ce qu’est l’antisémitisme.

On comprend que nos compatriotes juifs soient inquiets. Ils savent que l’islamisme radical gagne du terrain dans toutes nos banlieues, que, pour ces terroristes « fous d’Allah », la communauté juive est l’une des premières cibles à viser et que le gouvernement, terrifié par le soupçon de l’islamophobie, ne fait et ne fera rien contre la radicalisation, subventionnée par nos « amis » du Golfe, de cette jeunesse de nos quartiers pourris.

D’ailleurs, à force d’entendre les plus hauts responsables de l’Etat, relayés abondamment par toute la presse, affirmer que l’antisémitisme ronge de nouveau notre société, ces malheureux ne peuvent que finir par le croire.

On comprend aussi que Netanyahou, le Premier ministre israélien, en pleine campagne électorale, se permette de déclarer que tous les Juifs d’Europe doivent au plutôt se réfugier, « chez eux », en Israël. Militant sioniste, il ne sait pas ou ne veut pas savoir que les « Juifs de France » sont en fait, dans leur écrasante majorité, des « Français juifs », français avant d’être juifs et que c’est en France qu’ils sont « chez eux ».

Cela dit, le gouvernement français a évidemment gravement tort d’agiter en permanence ce chiffon rouge de l’antisémitisme, même si cela lui permet, après avoir épuisé tous les charmes de « l’esprit du 11 janvier », de trouver un nouveau dérivatif pour détourner le brave peuple de ses réelles préoccupations qui sont, bien sûr, non pas cet antisémitisme inexistant mais le chômage et le pouvoir d’achat.

Hollande, Valls et les autres ont tort. D’abord, parce qu’au-delà de l’angoisse que cela peut générer chez les Français juifs, cette campagne politico-médiatique savamment orchestrée ne peut que discréditer davantage encore ce gouvernement qui ment d’une manière éhontée sur un sujet qui ne prête pourtant ni à la plaisanterie ni à l’affabulation.

Ensuite, parce que ce battage risque fort de provoquer de l’exaspération chez les non-juifs qui savent parfaitement que l’antisémitisme n’a pas réapparu en France, si ce n’est, bien sûr, dans quelques mosquées que Cazeneuve devrait faire mieux surveiller.

On ne connait jamais les conséquences de ce genre d’exaspération. Ils nous racontent qu’on entend le cri de « Mort aux Juifs » dans les rues de Paris. On voudrait savoir où et quand. Mais ce qui est sûr c’est que si cela continue comme cela on finira par entendre « Assez avec ces histoires de Juifs ».

Qui sait si ce n’est pas en décrétant la guerre générale contre un antisémitisme imaginaire qu’on finit par créer les débuts de l’antisémitisme…

25 Fév 2015 | Comments (18)

Hollande plus maladroit que Raymond Barre !

Le moins qu’on puisse dire est que notre fameuse « laïcité française » vit des heures difficiles et que « l’esprit du 11 janvier » a définitivement explosé en vol, si tant est qu’il ait jamais existé.

Hier matin, interrogé sur Europe 1 par Jean-Pierre Elkabbach, Roger Cukierman, président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, a déclaré : « Ce sont les jeunes musulmans qui sont responsables des violences contre les Juifs ». Il faisait, évidemment, allusion aux attentats de Toulouse, contre une école juive, de Bruxelles, contre le musée Juif, et de la Porte de Vincennes, contre une épicerie cachère. Dans les trois cas, les assassins étaient de jeunes musulmans. Cukierman aurait sans doute dû parler « d’extrémistes musulmans ». Et il n’aurait pas dû oublier la profanation du cimetière juif de Sarre-Union, en Alsace, dont les auteurs, de petits loubards adolescents, n’étaient pas des musulmans mais de « bons » petits chrétiens.

Après avoir entendu Cukierman sur Europe 1, Dalil Boubaker, le président du Conseil Français du Culte Musulman, décidait de boycotter le dîner annuel du CRIF, grand « raout » traditionnel de la communauté juive qui se tenait le soir même et auquel se retrouvent toujours toutes les personnalités du monde politique (sans qu’on comprenne d’ailleurs bien pourquoi, dans une République laïque) ainsi que la plupart des dignitaires de toutes les religions présentes en France, à commencer par les Musulmans. La crise prenait de l’ampleur. Il y avait soudain comme une ambiance de guerre de religion !

Alors qu’il aurait dû demander au président du CRIF de mieux s’expliquer et de faire un distinguo précis entre « Musulmans » et « Islamistes », le président du CFCM commettait, à son tour, une maladresse en ayant l’air, avec cette réaction, de prendre la défense des Islamistes, les terroristes que l’autre avait, certes maladroitement mais, bien sûr, à juste titre, fustigés.

En fait, ces deux « maladresses » étaient particulièrement révélatrices de la situation actuelle que nous connaissons.

Les Juifs, dont Cukierman est le porte-parole, sont, dans leur très grande majorité, convaincus que les Musulmans, tous les Musulmans, sont un danger, pour ne pas dire un ennemi pour la France et, bien sûr, plus particulièrement pour les Français juifs. Pour eux, comme pour beaucoup de Français non-juifs qui ne croient pas en un Islam « à la française », les six ou sept millions de Musulmans de France rêvent, évidemment, d’une société où le Coran remplacerait la Constitution et où la Charia s’imposerait à notre mode de vie.

Quant aux Musulmans, dont Boubakeur est le porte-parole, non seulement ils n’ont pas une affection particulière pour leurs concitoyens juifs « viscéralement liés, selon eux, l’Etat d’Israël qui opprime leurs frères palestiniens » mais, qu’ils l’avouent ou non, ils se sentent, par définition, solidaires de leurs coreligionnaires aussi extrémistes puissent-ils être.

Habile comme on le connait, François Hollande ne pouvait que mettre les pieds dans le plat et jeter de l’huile sur le feu. Alors qu’il aurait, bien sûr, dû renvoyer dos à dos les deux protagonistes en rappelant sèchement que, dans notre République laïque, les religions appartiennent au domaine strictement privé de chacun et que l’Etat ne peut tolérer ni violence contre les uns ni stigmatisation des autres, il n’a rien trouvé de mieux que de s’en prendre aux… « Français de souche », en soulignant que les voyous du cimetière juif de Sarre-Union n’étaient pas musulmans. Il ne s’est sans doute pas rendu compte qu’il excluait ainsi les Français juifs (français souvent depuis des siècles) de la communauté nationale des « de souche ».

On se souvient qu’au soir de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, le Premier ministre de l’époque, Raymond Barre, avait cru devoir faire une différence entre « les victimes juives » et « les Français innocents ». Hollande fait mieux encore en s’en prenant à l’antisémitisme des « Français de souche » pour innocenter les Musulmans tout en soutenant les Juifs !

Ce soir, on peut reprocher à Cukierman d’avoir stigmatisé les Musulmans, à Boubakeur d’avoir implicitement défendu les Islamistes et, plus encore, à Hollande d’avoir employé si maladroitement le terme de « Français de souche ».

 

24 Fév 2015 | Comments (9)

Sarkozy s’est pris les pieds dans le tapis rouge

Si l’on en croit les sondages du week-end, les choses sont claires. D’abord, le Front National caracole de mieux en mieux en tête, avec 30% d’intentions de vote pour les départementales qui auront lieu dans un mois, devant l’UMP/UDI, 28%, et le PS, 20%, le tout avec un taux d’abstention de 57% (selon l’Ifop pour Le Figaro). Ensuite, « L’effet Charlie » commence à s’estomper très sérieusement puisque (selon l’Ifop pour le Journal du Dimanche), François Hollande perd 5 points, à 24% d’opinions favorables, et Manuel Valls en perd 7 à 46%. Enfin, (selon BVA pour I-Télé), Nicolas Sarkozy s’effondre puisqu’il n’y a plus que 22% des Français qui souhaitent qu’il se présente à la présidentielle de 2017 (-11% par rapport à septembre dernier, lors de son retour dans l’arène). Pire encore pour lui, il n’y a plus que 40% des sympathisants de droite (-22%) et 57% des électeurs UMP (-21%) à le souhaiter.

La progression « inexorable », selon le mot des experts, du FN était prévisible. Marine Le Pen n’a pas besoin d’ouvrir la bouche ou de prendre la moindre initiative pour continuer à engranger de nouvelles voix. La situation du pays qui continue à dégringoler, l’incompétence crasse du PS et l’incurie impardonnable de l’UMP sont ses meilleures armes.

Hollande s’imaginait qu’après le « miracle inespéré » des drames de Charlie-Hebdo et de l’épicerie cachère de la Porte de Vincennes, la loi Macron allait lui permettre de devenir –enfin !- président de la République, avec une politiquer plus libérale que socialiste. Il croyait même que l’opposition infantile des « frondeurs » était une chance pour lui puisqu’elle démontrait aux yeux de tous qu’il avait, bel et bien, abandonné ses lubies de la rue Solferino et trahi ses électeurs « gogos » de 2012.

Mais, hélas pour lui, les Français ont très vite réalisé que ce texte annoncé à grands renforts de trompettes n’était que du petit pipeau et que ce n’était pas avec ces mesurettes insignifiantes sur les dimanches travaillés, les autocars et les professions règlementées qu’on sauverait la France et sortirait le pays de son marasme épouvantable.

Sentant que l’opération tournait au vinaigre, Hollande, sans doute poussé par Manuel Valls, a cru malin de forcer sa nature et de faire –pour une fois- preuve d’autorité en tapant sur la table et en faisant passer cette loi Macron de force, avec l’article 49.3 de la Constitution. L’effet a visiblement été désastreux. On ne peut pas, à la fois, jouer du violon sur l’air de l’Union nationale, voire l’Union sacrée, et étrangler sèchement ceux qui osent murmurer dans les rangs. Avec son nom de mitraillette, le 49.3 a effacé tout ce qui restait encore de « l’esprit du 11 janvier » et les Français ont retrouvé leur grand mollasson après sa petite colère bien maladroite.

Mais dans ses malheurs, le président de la République a, bien sûr, une petite chance, toujours la même : l’indigence de son opposition officielle.

Après plus de deux ans de règne socialiste à la sauce hollandaise, il était évident que le pouvoir –ou ce qui en faisait fonction- avait déroulé le tapis rouge devant Nicolas Sarkozy dont on annonçait un retour triomphal et une revanche sans pitié. Or, Sarkozy s’est pris les pieds dans le tapis rouge.

Pendant tout son quinquennat, on lui avait reproché son autoritarisme, son ton cassant, ses opinions tranchées (et variantes). Il a donc décidé de faire profil bas et de mettre de l’eau dans son vin. En clair, de jouer les Hollande, lard et cochon, chèvre et chou, mi-figue mi-raisin. On l’a bien vu avec la législative partielle du Doubs. Il n’a même pas voulu adopter sa vieille tactique du « ni-ni ». Du coup, il a été incompréhensible, pire, inaudible. Il va l’être davantage encore puisqu’il sait parfaitement que, pour être qualifié pour le second tour de la présidentielle, il lui faut les centriste mais qu’il ne les lui faut pas pour pouvoir gagner, contre Juppé, la primaire de la droite.

Sarkozy devrait savoir qu’on ne se refait pas et que la droite est toujours bonapartiste.

A lire les sondages du jour, on se dit qu’on pourrait très bien se retrouver, en 2017, avec un duel Juppé-Valls au premier tour pour savoir lequel des deux affrontera Marine Le Pen au second tour.

Mais nous aurons sûrement le temps d’en reparler…

23 Fév 2015 | Comments (5)

L’indécence des incohérences

La Loi Macron n’a pas été adoptée mais le gouvernement n’a pas été renversé ce qui fait que… la Loi Macron a été adoptée. Mieux encore, la plupart des parlementaires reconnaissent que cette Loi Macron (qui n’est qu’un tout petit pas, dérisoire, vers le bon sens) n’est pas si mauvaise mais ils s’y sont pourtant opposés alors qu’ils sont nombreux à trouver que ce gouvernement Valls a fait son temps mais ils l’ont pourtant plébiscité.

En clair, les socialistes détestent viscéralement Valls, Macron et leur politique mais aimeraient bien s’accrocher à leurs sièges encore deux ans alors que la droite qui apprécie les efforts du Premier ministre et de son ministre de l’Economie ne peut bien évidemment pas leur donner le moindre blanc-seing. Tout cela est parfaitement incohérent, voire indécent mais totalement… logique.

Il ne faudra donc pas s’étonner si un certain nombre d’électeurs –disons 40%- préfèrent s’abstenir et aller pêcher la sardine le 22 mars prochain (jour du premier tour des élections départementales) et si quelques autres (mettons 25 ou 30% des votants) choisissent des candidats du Front National.

Nos éditorialistes patentés (ceux qui se sont toujours trompés) nous affirment péremptoirement, ce matin, que « les lignes sont en train de bouger » et qu’on assiste à l’émergence d’un monstre aux allures de pieuvre qui, au coeur de l’hémicycle, absorberait la droite… de la gauche, le centre… du centre et la gauche… de la droite, ne laissant plus que, d’un côté, Mélenchon et ses amis frondeurs, boudeurs, grincheux et révolutionnaires, et, de l’autre, Sarkozy et Marine Le Pen se livrant à la plus étonnante des surenchères.

Ce serait évidemment le rêve absolu de François Hollande, la star du compromis et de toutes les compromissions, le Vatel de toutes les ratatouilles et ragougnasses politicardes, le Monsieur Jourdain qui fait du libéralisme sans le savoir et du socialisme sans le dire.

Mais croire que la confusion des genres, la mixité des idéologies, le mélange des politiques pourraient sauver la France et la sortir de toutes ses crises politique, économique, sociale et de confiance est, bien sûr, absurde. Cela amuse, peut-être, nos spécialistes mais cela ne peut que dégoûter davantage encore les Français de cette faune politique qui voudrait assurer sa survie en créant quelques nouveaux monstres.

En fait, cette crise politique fondamentale qui vient d’éclater au grand jour a été provoquée par ce qu’il faut bien appeler « la trahison » de François Hollande. Elu sur un programme radicalement de gauche, l’ancien premier secrétaire du PS, ennemi de la finance, a dû, à peine installé au pouvoir, constaté qu’il avait toujours «  eu tout faux », que le socialisme, la gauche, Jaurès, Blum et compagnie s’étaient toujours trompés. Bien sûr, il ne pouvait pas le proclamer ni avouer qu’il avait, sans doute de bonne foi, roulé ses électeurs dans la farine en leur racontant les pires sornettes, pimentées de quelques balivernes. Alors il a préféré les trahir en nommant le « social-traitre de service », Manuel Valls, à Matignon, puis, en faisant venir de la banque la plus caricaturale du pays un petit génie de la finance honnie, Emmanuel Macron.

Connaissant les socialistes mieux que personne, il savait qu’ils tousseraient un peu mais que le troupeau continuerait à marcher au pas, comme on va à l’abattoir, la fleur au fusil. N’ayant jamais discuté du bout de gras avec les autres, il s’imaginait qu’il finirait bien par les séduire si ce n’est les charmer.

Et on est là. Un gouvernement de gauche qui trahit ses électeurs en se trahissant lui-même. Une opposition de droite qui, bien que n’ayant pour l’instant personne à se mettre sous la dent, ne peut tout de même pas se rallier à l’ennemi sous peine, bien sûr, de perdre, elle aussi, ses électeurs.

C’est ce qui s’appelle « une crise de régime ». Le président de la République est rejeté par l’écrasante majorité des Français, son Premier ministre est désavoué par la majorité des parlementaires et ne sauve pitoyablement sa peau qu’en brandissant la menace d’une dissolution. Jamais un pouvoir n’a été aussi fictif, aussi illégitime. Seules des institutions qu’on ne peut plus désormais que contester vont lui permettre de se maintenir en apesanteur encore quelques mois mais il a perdu bras et jambes et ne pourra plus rien faire.

Sa chance dans son malheur c’est, sans doute, qu’en face la troupe (plus théâtrale que militaire) soit tout aussi en guenilles. Sarkozy est à bout de souffle avant même d’avoir entonné le Chant du Départ, Juppé ne tient plus vraiment droit dans ses bottes et semble même avoir mis ses deux pieds dans le même sabot et les autres, les jeunots, les gamins, confondent encore la cour des grands qui conduit au pouvoir avec la cour de récréation dans laquelle on se fait des niches.

Tout cela, cette médiocrité, des incohérences, ces trahisons, n’aurait strictement aucun importance s’il ne s’agissait pas –mais visiblement tout le monde s’en fout- de l’avenir immédiat de la France qui coule, qui sombre, qui se noie désespérément.

20 Fév 2015 | Comments (15)

Hollande se croit-il soudain tout permis?

 « Pas de temps à perdre ni de risques à prendre » c’est en ces termes stupéfiants que le président de la République a osé expliquer, au cours du Conseil des ministres d’hier, sa décision d’avoir recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer (en force) la loi Macron. C’est totalement sidérant !

« Pas de temps à perdre », dit-il ! Mais cela fait plus de deux ans et demi que François Hollande fait perdre un temps terriblement précieux à la France en ne faisant strictement rien de sérieux alors que le pays continue à sombrer désespérément dans le gouffre. Et personne ne peut croire une seule seconde que cette loi Macron va sauver la France en permettant aux magasins d’ouvrir quelques dimanches de plus par an, et aux chauffeurs d’autocar de concurrencer les trains.

Alors que cela fait vraiment plus de deux ans et demi que les Français attendent, avec une impatience qu’ils commencent à ne plus pouvoir dissimuler, tout autre chose. Tout simplement que François Hollande respecte (au moins un peu) toutes les promesses qu’il nous avait fait miroiter pendant sa campagne et qu’il tienne ses engagements (au moins quelques-uns).

Il nous avait promis d’inverser, sans perdre de temps, la courbe du chômage, de réduire, sans perdre de temps, les prélèvements obligatoires, de réduire, toujours sans perdre de temps, les déficits et la dette. Il s’était engagé à procéder, sans perdre de temps, à une grande réforme de la fiscalité pour la simplifier et la rendre plus juste. Il avait laissé entendre qu’il s’attaquerait, très vite, au Code du Travail. Or, nous n’avons, sur tous ces sujets essentiels, rien vu venir et nous attendons encore.

Il ne nous parle plus de la courbe du chômage, nous nous apercevons, tous, que nos impôts augmentent de trimestre en trimestre et, pour ce qui est des déficits et de la dette, il se contente, désormais, d’envoyer ses sbires à Bruxelles pour qu’ils supplient respectueusement  la Commission européenne d’accorder à la France encore des délais supplémentaires. Et ne parlons pas de la croissance qu’il « sentait » revenir.

« Pas de risques à prendre », dit-il ! Mais dans quel pays sommes nous ? Le « risque » en question qu’il n’a pas voulu prendre ce n’est rien d’autre qu’un vote de l’Assemblée nationale. Dans une démocratie digne de ce nom, le vote des « élus du peuple » n’est jamais considéré comme « un risque » ou « un danger » mais comme une obligation.

Hollande et Valls se servent de l’article 49 de la Constitution. C’est, évidemment, leur droit. Il est cependant bien dommage qu’ils n’aient pas voulu aller jusqu’à l’article suivant, l’article 50, qui précise : «Lorsque l’Assemblée nationale (…) désapprouve le programme (…) du gouvernement, le Premier ministre doit remettre au président de la République la démission de son gouvernement ».

Certes, on peut jouer sur les mots, comme le font si bien tous les constitutionnalistes. A leurs yeux, il y a une nuance fondamentale entre  « ne pas approuver », ce qui a été visiblement le cas pour la Loi Macron, et « désapprouver » ce qui serait le cas, bien improbable, si la motion de censure déposée par l’UMP et l’UDI était votée demain.

Comment un président de la République peut-il nous déclarer froidement à propos d’une loi qu’il nous a présentée comme LA Loi essentielle, voire fondamentale de son quinquennat : « Vos élus n’en veulent pas, je m’en fiche, je ne prends pas de risque avec la démocratie et je passe par-dessus en m’asseyant sur le Parlement » ?

Il est vrai qu’un certain nombre de ses prédécesseurs avaient eu recours à ce fameux article 49.3 et parfois même en avaient abusé, mais François Hollande, lui-même, s’était alors, avec raison, toujours indigné contre cette pratique (du moins quand c’était la droite qui était au pouvoir).

A-t-il été grisé par les manifestations qu’il a savamment organisées au lendemain de la tuerie de Charlie-Hebdo et de l’épicerie cachère de la Porte de Vincennes et serait-il dupe lui-même de cette Union nationale qu’il a proclamée au point de se croire soudain tout permis ? C’est bien possible.

Il faudra sans doute attendre jusqu’aux élections départementales, dans un mois, pour qu’il se réveille brusquement et retombe brutalement sur ses pieds…

Jusques à quand, Hollande, abuseras-tu de notre patience ?

19 Fév 2015 | Comments (12)

Attention aux épidémies!

Un mois après la tuerie de Charlie-Hebdo et de l’épicerie cachère de la Porte de Vincennes, un musulman danois a tiré, à Copenhague, à la kalachnikov, sur un centre culturel où l’on débattait de la liberté de la presse et sur une synagogue. Deux jours après la profanation d’un cimetière juif du Bas-Rhin, quatre cimetières (chrétiens) ont été profanés dans de petits villages français du Calvados, de Haute-Garonne et de Vendée.

Les enquêtes n’ont pas encore révélé si le terroriste danois était en cheville avec les terroristes parisiens (ce qui est peu vraisemblable) ni si les profanateurs de Tracy-sur-Mer, de Saint Béat, de Challans et d’Issoudun appartenaient à des groupuscules précis plus ou moins reliés entre eux et avec Sarre-Union.

Mais ce qui semble sûr c’est que, sans les tueries de Paris, il n’y aurait pas eu de tuerie à Copenhague et que, sans la profanation de Sarre-Union, il n’y aurait pas eu celles des quatre autres communes.

En clair, on peut se demander si, en présentant avec des titres énormes et sur des pages entières les actes de terrorisme ou ce genre de profanations, la presse ne déclenche pas des « épidémies » en poussant des esprits faibles à vouloir imiter les terroristes ou ces délinquants.

Cette question reste évidemment sans réponse puisqu’on ne peut pas interdire à la presse de relater ces événements. Peut-être faudrait-il toutefois que la presse adopte un ton différent qui ne permettrait à personne d’« héroïser » ces criminels et ces voyous.

Quoi qu’il en soit, ces « épidémies » démontrent qu’il y a, à travers le monde, des terroristes et des profanateurs « dormeurs » qui peuvent se réveiller à tout instant.

S’il est évidemment impossible de repérer à l’avance les petites bandes de loubards qui vont s’amuser à casser des tombes dans des cimetières (juifs ou non) il est beaucoup plus facile de dresser, dans chaque commune, la liste de tous les « fous d’Allah » plus ou moins enrégimentés, qui se sont déjà procuré des armes et qui sont susceptibles de « passer à l’acte ».

On nous dira que tant qu’il n’a pas ouvert le feu un Frère musulman ou un Salafiste n’est pas un terroriste. C’est vrai. Mais avant de sortir leur kalachnikov, les assassins de Paris et de Copenhague avaient tous eu des démêlés avec la police et la justice. Certes pour des délits mineurs mais qui avaient, tout de même, permis de les signaler comme « fanatiques religieux ».

Tant qu’au nom de la liberté de conscience, le fanatisme religieux, autant dire islamiste, ne sera pas considéré comme un délit, voire un crime, nous ne pourrons identifier les terroristes qu’au lendemain de leur crimes, c’est-à-dire trop tard.

Mais quel responsable politique oserait aujourd’hui faire appréhender et condamner un « barbu » simplement parce qu’il prêcherait le djihad ce qui reviendrait à criminaliser l’Islam radical ? Ce serait d’ailleurs mettre aussitôt le feu à nos banlieues puisqu’on a laissé ces innombrables et gigantesques zones de non-droit devenir des chasses gardées, des refuges inviolables de tous ces tueurs en puissance et où peuvent se propager les pires des « épidémies ».

Nous ne prendrons vraisemblablement de telles mesures que quand… il sera trop tard.

18 Fév 2015 | Comments (5)

Un coup de force qui n’est qu’un coup d’épée dans l’eau

Le PS n’a plus qu’une voix de majorité à l’Assemblée et le gouvernement, lui, n’a même plus la majorité à cette même Assemblée puisqu’il en est réduit à avoir recours au fameux article 49.3 de la Constitution pour faire passer la Loi Macron censée sauver la France, redynamiser notre économie, relancer la croissance, juguler le chômage… en permettant à certains magasins de travailler quelques dimanches de plus par an, en développant les transports en autocar et en modifiant le statut de quelques professions règlementées.

Tout cela est évidemment dérisoire. Cette Loi Macron ne sauvera pas l’économie française et ne lui redonnera pas la moindre compétitivité, elle n’est même pas un cautère sur une jambe de bois ; l’attitude des « frondeurs » qui s’arcboutent sur la défense du « jour du Seigneur » en s’imaginant être encore à l’époque de Zola et en ignorant la mondialisation prouve à quel point certains élus n’ont toujours pas compris que « la lutte des classes » était terminée depuis belle lurette ; le recours à l’article 49.3 fait clairement comprendre que Hollande et Valls commencent à craquer nerveusement.

Dans les couloirs du pouvoir, pour démontrer que ce recours au 49.3 est aussi légal que légitime, on évoque la dernière fois qu’un gouvernement l’a utilisé. C’était un gouvernement « de droite » et c’était Villepin pour faire passer le Contrat Première Embauche. Hollande et Valls ont de la mémoire si ce n’est qu’ils ont visiblement oublié la suite des événements et ce qui s’est passé pour Villepin quand des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue et que le malheureux Premier ministre (abandonné en rase campagne par Chirac) a dû piteusement retirer son projet qui n’était d’ailleurs pourtant pas si mauvais.

Hollande et Valls savent, évidemment, que les Français ne vont pas se mobiliser pour protester contre cette Loi Macron qui n’est qu’un fourre-tout de réformettes à la Prévert. Ils savent aussi que l’opposition et les syndicats sont dans un tel état qu’ils ne sauront même pas profiter de ce « coup de force » institutionnel. C’est donc sans danger.

Si ce n’est qu’à quelques semaines d’élections départementales à haut risque –et c’est un euphémisme- pour le gouvernement, ces mêmes Français qui depuis deux ans et demi reprochaient au pouvoir d’être incapable de prendre la moindre décision et de faire preuve de la moindre autorité pourraient bien ne pas apprécier ce brusque recours à l’autorité.

Ce coup de force qui ressemble à un coup d’épée dans l’eau puisque tout le monde se désintéresse totalement de la Loi Macron est cependant diablement révélateur. Non seulement il prouve que la majorité présidentielle n’existe plus, ce qu’on savait depuis longtemps, et que l’extrême gauche, les écologistes et les durs du PS qui toléraient Hollande ont déclaré ouvertement la guerre à Valls, mais il démontre à l’évidence qu’à force de contorsions, de recherches du compromis, de valses hésitations, de reculades et de trahisons, ce pouvoir a totalement perdu la tête et que le capitaine du pédalo, sans cartes ni boussole, ne sait lui-même plus où il en est.

Quand Hollande se regarde dans la glace en se rasant tous les matins voit-il en face de lui un socialiste héritier de Jaurès et de Blum, un social-démocrate à la sauce Delors, un social-libéral façon Mendès ou un monstre grimé de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel à la Mitterrand ?

Qui aurait pu imaginer que l’orateur enflammé du Bourget finirait trois ans plus tard par taper sur la table à coup de 49.3 pour imposer contre les siens un texte (sans intérêt) magouillé par un ancien de chez Rothschild ?

C’est cette fabuleuse volte-face, faite par à-coups, en tâtonnant et qui ressemble à de la haute trahison, qui « plombe » totalement ce quinquennat.

Face à tous ses échecs, Hollande ne sait plus ce qu’il veut. Du coup, même ses anciens amis ne veulent plus de lui. Maintenant qu’il a brûlé l’unique cartouche du 49.3 et qu’il a, d’une certaine manière, reconnu que les « frondeurs » étaient les plus forts, il ne lui reste plus qu’à attendre, dans son bunker de l’Elysée, qu’un nouvel attentat lui permette de ressortir ses rengaines sur l’Union sacrée…

18 Fév 2015 | Comments (11)

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