Encore un salaud. Après Xavier Bonnefont, le maire d’Angoulême, qui avait fait installer des grillages autour de neuf bancs publics proches d’un centre commercial pour empêcher les SDF de s’y installer, voici un autre salaud : Christian Leclerc, le maire de Champlan, petite commune de l’Essonne, qui, lui, refuse qu’on enterre dans le cimetière de sa commune un petit cadavre de deux mois, Maria-Francesca, sous prétexte qu’elle est…rom.

Naturellement, le salaud en question raconte que la malheureuse enfant est morte à l’hôpital de Corbeil-Essonnes et non pas à Champlan et qu’elle n’a donc qu’à se faire enterrer là-bas. Mais les parents habitent dans un campement à Champlan et souhaitaient faire enterrer leur enfant près de leur taudis. D’ailleurs personne n’est dupe. Leclerc ne veut pas d’enfant rom, même mort, chez lui.

Certains diront qu’en fustigeant sans ménagement le maire de Champlan après avoir trainé dans la boue celui d’Angoulême, ce blog bascule dans le gauchisme le plus effréné ou même que l’hôte de ces lieux tente de se racheter à bas prix après une longue carrière passée dans un journal de droite. D’autres prendront sans doute la défense de Christian Leclerc comme ils ont défendu Xavier Laffont.

Les premiers oublient (ou plutôt ignorent) que Le Figaro –puisque c’est de lui dont il s’agit- qui avait été le seul journal parisien à n’avoir pas collaboré était devenu le journal de Raymond Aron, après avoir été celui de François Mauriac, deux personnages qu’il est difficile de classer parmi les plus réactionnaires de nos intellectuels.

Les seconds évoqueront les problèmes innombrables et insurmontables que la communauté rom pose aux élus des communes. Comme les SDF, les Rom sont mal habillés, peu plaisants à l’œil, repoussants à l’odeur et commettent sans doute des larcins pour survivre. Les premiers ont des chiens qui montrent parfois les dents et font peur aux touristes japonais ; les seconds des enfants qu’ils font mendier et qui effrayent les nurses philippines. Bref, les uns et les autres sont des « indésirables ».

Nous sommes tous d’accord pour dire et répéter que le gouvernement se doit se prendre des mesures pour les faire disparaitre de notre vue, nous les gens heureux vivant dans des appartements confortables et bien chauffés et mangeant à notre faim.

Mais là n’est pas le problème. Il y a la politique qui consisterait, en effet, à créer des asiles pour les SDF et à négocier des accords avec la Roumanie et la Bulgarie pour les Rom. Mais il y a au-dessus de la politique quelque chose d’infiniment plus précieux, plus respectable et qu’on pourrait appeler « la morale » ou « l’honneur », même si les deux mots sont aujourd’hui totalement discrédités et obsolètes.

Quelles que soient les circonstances, les politiques, les appartenances idéologiques, l’air du temps, il y a des choses qu’on ne fait pas. On ne refuse pas un banc public à un SDF, on ne refuse pas une sépulture à un nourrisson, même s’il est rom. Ou alors on est, effectivement, un salaud.

Ce qui est dramatique et démontre à quel point notre société a perdu tous ses repères c’est qu’il y a des gens, et même sans doute de « braves » gens, qui, de peur d’être un jour importunés par un SDF ou un Rom, donnent raison à ces salauds.

Ce qui ne les empêchera pas, bien sûr, d’aller à la messe dimanche prochain et même de communier.

Ici, qu’on nous pardonne, on est « de droite » mais on déteste les salauds et on a la force de croire que la droite c’est justement… une certaine morale, un certain honneur, voire un peu de « charité », autre mot bien désuet. Qu’on renforce les contrôles aux frontières mais qu’on donne une sépulture à une gosse, même rom.

Bennefont et Leclerc font honte à la droite et ce n’est pas une droite comme celle-là qui reconstruira la France et redonnera aux Français leur âme et la fierté d’être Français.