Archives par moisjanvier 2015



Terrorisme, liberté d’expression et hystérie

La polémique du jour c’est l’affaire de ce gosse de 8 ans convoqué (avec son père) au commissariat de police de Nice pour avoir refusé de respecter la minute de silence imposée à toutes les écoles, tous les collèges et tous les lycées de France par Najat Vallaud-Belkacem en hommage aux morts de la tuerie de Charlie Hebdo.

Le 8 janvier, lendemain de la tuerie, l’instituteur de cette école niçoise demande à ses élèves de CE2 de respecter une minute de silence. Le petit Ahmed déclare : « Non, moi je ne suis pas Charlie. Ils ont caricaturé le Prophète. Moi, je suis avec les terroristes ». Puis, il aggrave son cas en refusant de participer à une « ronde de solidarité » organisée dans la cour de l’école. Il est mis « au coin », privé de récréation et on ne lui donne pas l’insuline dont il a besoin en tant que diabétique.

Le lendemain, alors qu’il joue dans la cour et creuse un tas de sable, le directeur de l’établissement ne trouve rien de mieux que de lui déclarer devant tous les enfants : « Ce n’est pas la peine de creuser. Tu ne trouveras pas de mitraillette pour nous assassiner ». Puis, ce directeur de l’école dépose plainte au commissariat contre Ahmed pour « apologie du terrorisme ».

Dans n’importe quel pays « normal », l’instituteur aurait reçu un blâme pour n’avoir pas su arranger l’incident et le directeur aurait été muté du côté de Charleville-Mézières pour avoir osé déposer cette plante totalement ridicule.

Mais nous sommes en France, pays de toutes les libertés et où le Premier ministre fait une différence entre des « mesures exceptionnelles » et des « mesures d’exception »…

Tous les commentateurs de ce matin nous affirment qu’un enfant de 8 ans est incapable de comprendre ce que peut être le terrorisme. D’ailleurs, quand les policiers ont demandé à Ahmed ce que signifiait le mot « terrorisme », il a déclaré ne pas savoir.

Mais alors, si tout le monde reconnait qu’un enfant de 8 ans ne peut pas comprendre ce qu’est le terrorisme, pourquoi diable la ministre de l’Education nationale a-t-elle imposé, même aux plus petites classes, cette minute de silence ?

D’autre part, et plus fondamentalement, il faut se souvenir que cette minute de silence et toutes les manifestations qui ont suivi entendaient marquer l’attachement de la République à la liberté d’expression. Nous l’a-t-on assez répété !

Ce serait donc au nom de cette fameuse liberté d’expression qu’on reprocherait à un gosse d’avoir exprimé une opinion différente de celle du gouvernement (et d’un grand nombre de Français) ! Ne pas vouloir « être Charlie » devient un délit et même un crime puisqu’on accuse Ahmed d’« apologie du terrorisme ». Bien curieuse conception de la liberté d’expression !

Avec la liberté d’expression, on nous rebat aussi les oreilles avec la laïcité. Au nom de cette laïcité, Charlie Hebdo avait (et a encore) le droit de caricaturer et de trainer dans la boue le Prophète, le pape, tous les curés et tous les rabbins. Très bien. Mais alors pourquoi cette même laïcité n’autoriserait pas Ahmed et n’importe qui d’autre à désapprouver Charlie Hebdo ? Dans un pays vraiment laïc on devrait avoir le droit de cracher sur le Prophète mais aussi le droit de le défendre.

On ne peut que donner raison à l’avocat d’Ahmed quand il déclare que tout cela n’est que de « l’hystérie ».

Il faut évidemment lutter contre le terrorisme et tous les fanatismes, l’école a sans doute un rôle à jouer, mais en s’attaquant aux enfants de 8 ans en CE2, non seulement on ridiculise les institutions, l’école, la police et la justice, mais on ne peut qu’exaspérer les quelques millions de Français musulmans qui, sans être des terroristes, ne se sentent pas « Charlie » et savent qu’ils sont déjà regardés avec suspicion par l’ensemble des Français.

Le plus simple serait que ce gouvernement nous donne ses définitions exactes de la laïcité et de la liberté d’expression (et supprime l’amendement à la loi Macron qui prévoit des poursuites… contre les journalistes qui tenteraient d’enquêter sur des sujets « sensibles »).

29 Jan 2015 | Comments (36)

Devoir de mémoire ou devoir d’oubli ?

A l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, les chaines de télévision diffusent les images insupportables des ghettos, des rafles, des trains, des camps, des chambres à gaz, des fours crématoires. De l’extermination des Juifs par le régime nazi. Et on en vient soudain à se demander si ce « devoir de mémoire » dont on nous parle tant ne devrait pas finir, un jour, par céder la place à un « devoir d’oubli ».

Ne jamais oublier, nous dit-on. Bien sûr, qu’il ne faudrait jamais oublier les innombrables victimes de ce qui fut sans doute le plus grand des crimes de toute l’histoire de l’humanité. Mais en nous montrant les victimes, on nous montre aussi les bourreaux.

Or, les images de l’horreur sont sans appel. Tous les Allemands (ou presque) avaient bel et bien adhéré à l’idéologie nazie, acclamaient frénétiquement Hitler et savaient parfaitement le sort qu’on réservait aux Juifs. L’armée allemande, et pas seulement les SS, a bel et bien participé au massacre des Juifs. Alors comment ne pas oublier l’horreur des camps et… pardonner au peuple allemand ? Comment se souvenir du crime indicible et prétendre construire l’avenir avec les héritiers des criminels ?

On nous dit qu’il faut savoir tourner la page, que l’Allemagne a payé, que les fils et petits-fils des bourreaux ne sont en rien responsables des crimes de leurs aïeux. Que de Gaulle et Adenauer ont réconcilié à tout jamais nos deux peuples et que l’Europe ne peut se construire qu’autour de cette amitié franco-allemande.

Sans doute mais alors pourquoi ne tourner la page qu’à moitié. Comment revoir les silhouettes décharnées, titubantes, des hommes en pyjamas rayés et ne pas entendre les cris de haine des hommes casqués, bottés, armés de fouets et poussant l’abominable cortège vers les chambres à gaz ?

Hollande l’a dit clairement. L’antisémitisme réapparait en France, il faut donc rappeler où il peut conduire. Mais qui pourrait croire un seul instant que Mohamed Merah, le tueur de l’école juive de Toulouse, Mehdi Nemmouche, le tueur du musée juif de Bruxelles, Amedy Coulibaly, le tueur de l’épicerie cachère de la porte de Vincennes, et tous leurs acolytes qui rêvent d’importer le djihad en France puissent être sensibles à l’évocation du nazisme et de la Shoah ?

Là encore, nos dirigeants n’osent pas dire la vérité qui pourtant crève les yeux. Ce nouvel antisémitisme « français » n’a strictement rien à voir avec l’affaire Dreyfus ou les lois anti-juives de Pétain. Il est né dans nos ghettos islamisés de banlieue avec comme prétexte la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens, en confondant dans une même haine, antisionisme et antisémitisme, capitalisme et démocratie.

Pour ces voyous délinquants, il est plus facile et beaucoup moins dangereux de vider un chargeur de kalachnikov contre une école juive, de faire des graffitis sur les murs d’une synagogue ou de briser quelques tombes dans un cimetière juif que d’aller faire le djihad en Syrie avec l’Etat islamique.

Ressasser les horreurs de la Shoah les laissera totalement indifférents mais réveillera sans doute chez beaucoup d’autres le sentiment antiallemand qui sommeille toujours en nous et que les malheurs de la crise n’ont déjà fait que raviver.

Il faut toujours faire attention quand on rouvre les livres d’histoire.

28 Jan 2015 | Comments (27)

Tous contre « les boches » ?

Il y a des coïncidences fâcheuses. Alors que l’Europe du sud se réjouit (plus ou moins) de la victoire de l’extrême-gauche en Grèce, la plupart des chefs d’Etat européens se retrouvent à Auschwitz pour célébrer le 70ème anniversaire de la libération des camps de la mort.

Les deux événements n’ont, bien sûr, aucun rapport. Sauf que… l’un des grands thèmes de la campagne de Syriza fut de conspuer Angela Merkel et la dictature sans pitié imposée par la chancelière allemande à la Grèce et, pire encore, le premier acte d’Alexis Tsipras, à peine nommé Premier ministre, fut d’aller s’incliner devant le monument élevé à Athènes à la mémoire des deux cents communistes grecs fusillés par les nazis en 1944 et symbole de la résistance grecque face aux Allemands.

Il n’y a aucun doute que, dans l’esprit d’Alexis Tsipras et aux yeux des Grecs, ce geste (inédit) signifiait qu’une nouvelle fois la Grèce avait résisté à l’Allemagne. Même si cette confusion volontaire entre les nazis et l’Allemagne d’Angela Merkel était évidemment outrancière, Tsipras savait qu’il pouvait jouer sur la nouvelle détestation des Allemands chez ses compatriotes.

Dans cette ambiance, il va sans dire que la commémoration de la déportation tombe particulièrement mal. Toute l’Europe du sud, les pays que les Allemands appellent « les pays Club Med’ », c’est-à-dire « les cigales » qui ont chanté pendant des années alors que « les fourmis » du nord travaillaient, s’est mise, d’Athènes à Lisbonne, en passant par Madrid et Rome, à détester l’Allemagne qui, grâce à sa puissance économique, impose sa discipline toute prussienne aux technocrates de  Bruxelles.

Depuis longtemps déjà, les Grecs, les Italiens, les Espagnols, les Portugais ne parlent plus des « directives européennes » mais des « diktats de Berlin » quand ce n’est pas carrément de « la tyrannie du Reich de Merkel ». Jamais l’Europe n’avait été coupée en deux à ce point-là, avec un nord rigoureux, aligné derrière Berlin, et un sud endetté, frappé par le chômage, les déficits et la déliquescence et s’étant mis à haïr l’Allemagne.

La France étant à mi-chemin entre le nord et le sud, Hollande rêve de jouer un rôle de médiateur entre les « cigales » (dont la France fait évidemment partie) et les « fourmis ». Sarkozy avait déjà essayé, on s’en souvient, avec sa fumeuse Union de la Méditerranée, à se servir du bassin méditerranéen pour contrer l’hégémonie de la « chancelière de fer ». En vain, bien sûr.

On l’a oublié mais Hollande s’était engagé, lors de sa campagne présidentielle, à faire plier Angela Merkel et à lui imposer « la croissance plutôt que l’austérité ». La chancelière s’était contentée de sourire devant ces velléités du petit (gros) français.

Il est évident que la victoire de l’extrême-gauche grecque va permettre au « petit gros » de faire remarquer à l’Allemande que le « tout austérité » peut avoir des conséquences politiques catastrophiques. Il pourra d’ailleurs lui rappeler que le Front National est désormais le « premier parti de France » et ajouter qu’un scénario identique au scénario grec est en train de se préparer en Espagne où le parti Podémos pourrait, selon tous les sondages, remporter les prochaines élections.

La « Bismarck en jupon » sera-t-elle sensible au plaidoyer pro domo du socialiste français ? On sait qu’elle le méprise autant qu’elle méprisait Sarkozy et qu’elle doit, en fait, mépriser toutes les « cigales » dès lors qu’elles en sont réduites à faire de la mendicité.

En prenant la tête d’une telle croisade « anti-boches », Hollande oublierait que, sans le couple franco-allemand, l’Europe n’existerait plus. C’est là l’incohérence de sa nouvelle politique, parfaitement démagogique.

27 Jan 2015 | Comments (18)

Les trois petits singes…

Les élections grecques sont sans appel. C’est bien, comme nous l’annoncions, l’extrême-gauche qui l’a emporté et haut-la-main.

Depuis des mois, tous les commentateurs nous affirmaient que le Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, n’était qu’un dangereux ramassis de gauchos irresponsables qui voulaient que la Grèce sorte de l’euro et de l’Union européenne et effacer purement et simplement la dette colossale d’Athènes. Ils nous affirmaient, par la même occasion, que le Syriza n’avait strictement aucune chance de s’approcher du pouvoir, les Grecs aussi malheureux qu’ils soient n’étant pas assez fous pour se lancer dans une telle aventure.

Ce matin, ces mêmes commentateurs nous expliquent en long et en large pourquoi l’impossible a eu lieu, ajoutant qu’Alexis Tsipras n’est d’ailleurs pas un inconscient et que, s’il va sans doute demander poliment une renégociation de la dette, il ne va jamais vouloir sortir ni de l’euro ni de l’Union européenne.

Il suffit donc à « un énergumène irresponsable » de l’emporter pour devenir aussitôt « un interlocuteur parfaitement respectable » ! Ce qui est d’ailleurs curieux c’est que jamais personne n’a osé dire que le Syriza était un mouvement « populiste ». Comme si seule l’extrême-droite pouvait être accusée de « populisme ».

Cela dit, on aimerait que cette victoire d’Alexis Tsipras serve si ce n’est de leçon du moins d’avertissement à un certain nombre de dirigeants de notre vieille Europe, à commencer par François Hollande lui-même.

Pour l’instant et depuis des années, nos gouvernants, de droite ou de gauche, sont comme les trois petits singes, le premier se bouchant les yeux, le deuxième les oreilles, le troisième la bouche. Or, il faudrait que « ces messieurs » arrêtent de mépriser superbement les grognements du peuple, la colère qui monte, l’exaspération qui se lève d’un peu partout et qu’ils s’aperçoivent que leurs trônes vacillent dangereusement.

Depuis plus de deux ans, en Grèce, les grèves se multipliaient, les défilés se succédaient dans les rues, les manifestations devenaient de plus en plus violentes. Et le gouvernement répétait inlassablement qu’il n’y avait pas d’autre politique que celle qu’il menait et qui lui était imposée à la fois par la raison et par Bruxelles, pour ne pas dire par Angela Merkel.

A part dans les dictatures, un gouvernement n’a jamais raison longtemps en face d’un peuple à bout. Il finit toujours par être balayé sans pitié, ne serait-ce que dans les urnes. Et quand l’opposition de service est tout aussi rejetée pour avoir, elle aussi, mené la même politique alors qu’elle était au pouvoir, le peuple choisit « l’aventure ».

Certes, la situation en  France n’est pas la même que celle que connait la Grèce, mais quand on fait l’addition de tous nos compatriotes qui sont descendus dans les rues pour exprimer leur exaspération ou qui ont simplement fait savoir leur ras-le-bol, on s’aperçoit que –la violence en moins-nous ne sommes pas loin de ressembler à la Grèce.

Les chômeurs + les Bonnets rouges + les pigeons + les plumés + les routiers + les agriculteurs + les chauffeurs de taxi + les notaires + les médecins + les enseignants + les retraités +, +, etc. Tout cela commence à faire beaucoup de monde en face d’un gouvernement qui répète qu’il fait la meilleure des politiques possibles et qu’il n’y en a pas d’autre, sans d’ailleurs que le peuple ait jamais pu comprendre de quelle politique il s’agissait.

En Grèce, les mécontents se sont regroupés à l’extrême-gauche qui a fini par gagner les élections. En France, ils se regroupent vers l’extrême droite, le Front National étant maintenant devenu le premier parti de France avec 25% des voix.

Visiblement, François Hollande s’imagine désormais que le drame de Charlie Hebdo lui assure une réélection facile en 2017 et se réjouit de cette montée inexorable du FN. Il en est resté au machiavélisme de son maitre Mitterrand qui savait que chaque voix prise par Jean-Marie Le Pen était une voix de moins pour Chirac. Hollande n’a pas compris que le FN était aujourd’hui « le premier parti des ouvriers » et que chaque voix supplémentaire pour Marine Le Pen était une voix de moins pour le PS.

Cela dit, les institutions, le découpage électoral, le petit jeu des alliances et la stigmatisation du FN font que le parti de Marine Le Pen ne pourra jamais –avant longtemps- s’approcher des portes du pouvoir.

On peut, bien sûr, s’en réjouir. Mais n’y a-t-il pas un redoutable danger quand, dans une démocratie, la foule des mécontents sait que ses bulletins de vote ne servent qu’à faire des cocottes en papier. Les Grecs, eux au moins, ont pu s’exprimer. Ils n’ont plus besoin de descendre dans la rue et de construire des barricades. Ce n’est pas le cas des Français.

P.S. Une impardonnable erreur d’inattention, hier, nous a fait avancer l’élection législative partielle du Doubs de huit jours. Selon la formule consacrée, nous voulons espérer que nos fidèles lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes. Cette élection pour remplacer Pierre Moscovici, parti à Bruxelles, aura bel et bien lieu dimanche prochain, le 1er février, et les candidats PS et UMP ne perdent sans doute rien pour attendre et voir la candidate du Front National les devancer au premier tour.

 

26 Jan 2015 | Comments (18)

Les « Indignés » veulent casser la baraque

Deux scrutins font aujourd’hui trembler l’establishment. Les élections générales en Grèce et l’élection législative partielle dans le Doubs. En Grèce, l’extrême gauche pourrait bien l’emporter, dans le Doubs, c’est l’extrême-droite qui est donnée favorite.

On nous parle surtout du succès annoncé de Syriza qui pourrait, en effet, chambouler toute l’Europe si le parti d’Aléxis Tsipras (le « super-Mélenchon » grec) obtenait la majorité absolue et décidait, comme il l’a annoncé à plusieurs reprises (avant de faire un peu marche arrière) de quitter l’euro et même l’Union européenne et de renégocier, voire d’effacer d’un coup de gomme la dette grecque.

Mais si, à Montbéliard, c’était la candidate du Front National, Sophie Montel, qui emportait l’ancien siège de Pierre Moscovici, le PS perdrait la majorité absolue à l’Assemblée Nationale puisque le groupe PS, après que les socialistes ont perdu toutes les partielles depuis 2012, n’est plus composé que de 273 socialistes et 14 apparentés soit juste la majorité de 287 sur 575 députés.

Ces deux scrutins ne sont, bien sûr, pas de la même importance mais ils révèlent, l’un comme l’autre, l’exaspération des « peuples » en face d’une crise qui n’en finit pas, qui demande de plus en plus de sacrifices et dont sont, évidemment, responsables les partis traditionnels qui alternent au pouvoir depuis des décennies et qui restent, aujourd’hui, la bouche ouverte et les bras ballants devant cette dégringolade dans l’abîme.

On retrouve cette même exaspération des peuples contre la crise, contre l’austérité, contre Bruxelles dans la plupart des pays européens où les électeurs se dirigent en masse soit vers l’extrême-droite soit vers l’extrême-gauche, comme par exemple en Espagne où le Podemos, les héritiers du mouvement des « Indignés », est devenu, d’après les derniers sondages le premier parti du pays.

L’Europe est devenue le continent des Indignés et les Indignés rêvent de casser la baraque vermoulue.

Les Grecs veulent faire payer à leurs dirigeants la soumission dont ils ont fait preuve devant les exigences des technocrates bruxellois qui, sous prétexte de punir la Grèce d’années délirantes de gestion, ont imposé à leur pays un traitement de choc qui les a totalement asphyxiés au-delà du supportable. Pour soigner le malade grec, Bruxelles l’a littéralement assassiné.

Les Français n’en sont pas là. Mais, eux aussi, ils ont essayé la droite et la gauche et tout en payant de plus en plus d’impôts ont vu les déficits se creuser indéfiniment, l’économie s’effondrer, le chômage prendre des proportions intolérables et le pays se déliter. Avec maintenant un chef d’Etat amorphe doté d’une idéologie poussiéreuse, d’une boite à outils rouillés, de rustines trouées et de quelques cautères pour jambe de bois.

En Grèce comme en France, comme en Espagne et comme ailleurs, la droite, le centre et la gauche sont totalement déconsidérés en raison, évidemment, de leur incompétence notoire mais aussi, bien souvent, à cause d’un grand nombre de petites crapuleries relevant plus des tribunaux que du débat politique.

Bref, les Grecs, les Français et les autres sont de plus en plus tentés par l’aventure, par les « extrêmes », en essayant ceux qui n’ont jamais été jusqu’à présent au pouvoir et qui, s’ils manquent sans doute d’expérience, ont encore, au moins, une certaine « virginité ».

A Montbéliard, le candidat du PS, Frédéric Barbier, ancien suppléant de Moscovici, ne cache pas qu’il compte sur « l’effet Charlie » pour garder la circonscription à la gauche et il se réjouit, bien sûr, de voir l’incroyable envolée dans tous les sondages de François Hollande et de Manuel Valls. Cet « effet Charlie » aura-t-il aujourd’hui le moindre « effet » sur les ouvriers de Peugeot menacés par le chômage et alors que le FN est devenu, depuis longtemps déjà, « le premier parti ouvrier de France » ?

Si tout le monde a été bouleversé par l’assistant des journalistes de Charlie Hebdo, des policiers et des Juifs du magasin kacher de la porte de Vincennes et si chacun a reconnu que Hollande et les siens avaient bien géré ce drame (personne n’osant reprocher aux services secrets et donc au gouvernement de n’avoir pas su l’éviter) les Français vont sans doute comprendre avant longtemps qu’un chef d’Etat et un gouvernement ne sont pas uniquement chargés de l’organisation de funérailles.

Tous les problèmes de la France restent entiers et s’aggravent, même si Valls profite de l’émotion générale et nationale pour faire passer en douce la loi Macron et le projet de loi sur l’euthanasie.

Ce soir, tous les regards seront fixés sur Athènes et Montbéliard…

25 Jan 2015 | Comments (3)

Quand Hollande mange à tous les râteliers

Comme tous les gros gloutons, François Hollande mange maintenant à tous les râteliers ce qui lui permet de dire n’importe quoi et de se contredire tout à loisir. Après une visite éclair à Davos, le président français a fait un saut à Ryad. En Suisse, c’était pour la grande réunion annuelle de toute la très haute finance, en Arabie, c’était pour présenter ses condoléances au nouveau roi Salman qui succède à son frère Abdallah.

On dira qu’il s’agissait de voyages quasi obligatoires imposés par le protocole international. Pas vraiment. Rien n’obligeait Hollande à aller à Davos et il aurait parfaitement pu se faire représenter à Ryad par Valls ou un ministre.

Hollande s’est fait élire en proclamant haut et fort, au Bourget, que son seul ennemi était le monde de la finance. En clair, l’ancien premier secrétaire du parti socialiste français devenu candidat à la présidence de la République déclarait la guerre à tous les gros capitalistes de la planète qui, fumant le cigare et roulant dans de luxueuses limousines, écrasent, oppressent, saignent les damnés de la terre pour s’enrichir davantage encore et toujours plus.

Deux ans et demi plus tard, toutes les réalités de ce monde cruel lui ayant donné claque sur claque, il a remis toutes ses belles idées de « gaucho de l’ENA » dans sa poche avec son mouchoir trempé de larmes par-dessus. C’est pieds nus et la corde au cou qu’il est allé faire la danse des voiles devant la fine fleur de ses ennemis. Il n’avait plus son couteau entre les dents et tendait un peu pitoyablement sa sébile. A votre bon cœur, messeigneurs !

On sait que l’un des grands « trucs » de Hollande est de ne jamais parler des sujets qui fâchent et de toujours noyer le poisson. Donc, au lieu de parler « gros sous » avec tous ces banquiers, seul sujet qui les intéressent, mais sujet particulièrement délicat actuellement pour le président français, il leur a parlé terrorisme, réchauffement de la planète et inégalités, trois dossiers dont, naturellement, se « contrefoutait » son  auditoire.

Mais il est vrai que depuis « Charlie » et avant la conférence internationale sur le climat qui se tiendra en décembre à Paris, Hollande voudrait faire croire à planète entière qu’il est devenu le grand expert aussi bien en terrorisme qu’en écologie.

Les Français peuvent d’ailleurs redouter qu’après les avoir tannés pendant deux ans et demi avec la lutte contre le chômage et les jeunes en général, Hollande ne se mette, jusqu’à l’échéance de 2017, à les tanner avec la lutte contre le terrorisme et le réchauffement climatique. S’il est aussi efficace que pour le chômage et les jeunes, on peut craindre que la France ne sombre dans la guerre civile, tout en étant victime de la pire des canicules.

A peine avait-il terminé, sous des applaudissements aussi timides que polis, son intervention devant les oligarques de la planète que la mort du roi Abdallah lui donna envie d’aller (comme Obama, Cameron et tous les autres d’ailleurs) faire allégeance au nouveau souverain du pétrole et des Lieus saints de l’Islam, le demi-frère du défunt, le roi Salman.

Mais à Ryad, il a dû improviser, tout en faisant cette fois la danse du ventre, car il lui était impossible de ressortir les mêmes banalités qu’à Davos. Parler terrorisme était impossible puisque, même si elle participe vaguement à la guerre contre l’Etat Islamique, l’Arabie saoudite soutient financièrement tous les Islamistes du monde. Parler réchauffement climatique n’aurait pas été de bon goût non plus chez l’un des plus gros producteurs de pétrole. Et parler inégalités aurait fait éclater de rire tous les princes de la famille royale saoudienne, encore plus fort que les milliardaires de Davos, qui, bien élevés s’étaient contentés de rigoler sous cape.

Parmi ceux qui avaient suivi Hollande de Davos à Ryad, certains savouraient ce plaisir de voir l’ancien « pur et dur » multiplier sans pudeur les courbettes, coup sur coup, devant « ces salauds de riches » puis devant ces féodaux moyenâgeux aux harems bien garnis.

Cela dit, soyons justes. Sans avoir découvert le fil à couper le beurre, ni l’eau tiède, Hollande commence à faire des progrès. Si cela continue à ce train et vu l’état de la droite, en 2017, il pourrait, peut-être, faire un honorable candidat de droite. « Et vous allez voir, disent déjà certains, avec un ou deux attentats de plus et un été pourri, il est « foutu » de se faire réélire ». Il y a parfois des plaisanteries qui ne sont pas drôles du tout…

24 Jan 2015 | Comments (11)

Peut-on vraiment être français et… étranger ?

Le Conseil constitutionnel a validé aujourd’hui la déchéance de nationalité d’un « franco-marocain » condamné pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Le moins  que l’on puisse dire c’est que nos « Sages » ont eu une très bonne idée.

Mais cette très bonne idée devrait remettre à l’ordre du jour le principe même de la double nationalité. Et pas seulement pour les terroristes condamnés. La question qui s’impose, en effet, aujourd’hui plus que jamais, est simple : Peut-on être à la fois français et autre chose, français et… étranger ? La réponse est tout aussi simple : Sûrement pas.

A moins, bien sûr, de considérer qu’être français serait simplement avoir le droit de pouvoir bénéficier d’un grand nombre d’avantages en tous genres, allant du droit de vote aux allocations et assurances multiples que notre généreux système d’assistanat généralisé distribue à la volée.

Aujourd’hui, et soudainement, depuis la tuerie de Charlie Hebdo et la grande « marche républicaine » qui s’en est suivie, on nous rebat les oreilles avec ce « peuple français » qui, comme un seul homme, se serait retrouvé, insurgé, mobilisé et dressé contre la barbarie des Islamistes et leur terrorisme qui a tiré à la kalachnikov sur la liberté de la presse, la police et les Juifs.

Rares sont ceux qui ont osé remarquer qu’une partie de ce « peuple », soi-disant uni dans l’adversité, n’a pas partagé cette indignation. Comme si certains Français n’étaient pas tout à fait aussi français que les autres. Peut-être justement des binationaux…

Mais, alors que cela aurait pourtant été une excellente occasion pour le faire, personne, pas même parmi les plus hautes autorités de l’Etat, n’a voulu donner une définition de ce que ce serait qu’être français, que de faire partie de ce peuple, en ce début du XXIème siècle. C’est très dommage. Le mot d’ordre (très contestable) était de se dire « Charlie » pas de se dire « français ».

Etre « Charlie », au pied de la lettre, cela veut dire prendre plaisir à cracher sur la France, le drapeau tricolore, la Marseillaise, toutes nos institutions, de la justice à l’armée, sans parler, accessoirement, du Pape, du Prophète, des Juifs et de quelques autres symboles plus ou moins sacrés.

Il n’est pas sûr que tous ceux qui ont bêlé dans le troupeau savamment rassemblé par le gouvernement soient vraiment des « Charlie », du moins veut-on l’espérer. D’ailleurs, le nouveau directeur de Charlie Hebdo, Riss, a reconnu, ce matin, sur Europe 1 et dans un instant de lucidité, que personne n’était obligé d’aimer Charlie. Ce qui nous rassure au milieu de cette vague de la pensée unique qui vient de nous submerger.

Etre français c’est évidemment tout autre chose. C’est d’abord aimer passionnément la France (beaucoup plus que le Maroc ou le Sénégal), c’est, éventuellement, être prêt à « mourir pour la France » (mais ni pour le Maroc ou le Sénégal), c’est être ému par La Marseillaise (et ni par l’hymne marocain, même si sa musique a été composée par le français Léo Morgan, ni par l’hymne sénégalais, même si sa musique a été composée par le français Herbert Pepper). Le Maroc et le Sénégal n’étant pris qu’à titre d’exemples.

Etre français c’est beaucoup d’autres choses aussi. Au hasard, c’est être fier de Jeanne d’Arc, de Louis XIV, de Napoléon, de Clemenceau et de de Gaulle, du Mont Saint Michel et des châteaux de la Loire, de Victor Hugo, de Baudelaire et de Camus, du coq au vin et du Juliénas. Bref, de mille choses qui n’ont rien à voir avec le couscous et le manioc que nous évoquions hier.

C’est, aussi, être prêt à se battre pour la liberté, l’égalité et la fraternité, trois jolis mots qu’on a un peu oubliés sur les frontons de nos édifices publics mais qui n’ont jamais été gravés sur aucun mur, ni à Rabat no à Dakar.

Tout cela pour dire qu’on ne peut pas être à la fois un Français ET un Marocain ou un Sénégalais, en jonglant avec des passeports, même parfaitement authentiques. Il faut choisir.

Et au cas, très vraisemblable, où ces ressortissants multicartes d’identité ne choisiraient pas, il faudra, sans doute avant longtemps, que la France, elle, choisisse entre continuer à être une auberge espagnole ouverte à tous les vents et même aux vents contraires ou redevenir un pays digne de ce nom, c’est-à-dire avec un peuple qui constitue une Nation, même si ce dernier mot est encore considéré comme une grossièreté imprononçable par ceux qui nous gouvernent.

Il est vraisemblable que le jour où on ne pourra plus être « que » français (ce qui n’est déjà pas mal) les choses commenceront à s’arranger…

23 Jan 2015 | Comments (25)

Couscous, manioc et Union nationale

Depuis les tueries de Charlie Hebdo et du magasin cacher de la porte de Vincennes au cours desquelles trois « Français » ont massacré des journalistes, des policiers et des juifs, Hollande, Valls et Cazeneuve  qui ont sauté sur cette tragique occasion pour se refaire une vertu n’ont plus qu’une expression à la bouche… « Union nationale ».

Et la presse-aux-ordres évoque, en continu et en boucle, ce « peuple de France » en faisant défiler sous nos yeux étonnés les Soldats de l’an II, les poilus de 14 et les héros de la Résistance, tout en mélangeant allègrement Voltaire et Barrès, Hugo et Déroulède.

Les internationalistes de la SFIO et les vieux soixante-huitards, au garde-à-vous, sonnent du clairon sous la voute de tous les arcs de triomphe de notre passé glorieux. C’est émouvant à souhait, à vous en donner la chair de poule. C’est tout juste si Hollande qu’on n’avait jamais vu aussi souvent, matin, midi et soir, en direct sur tous nos écrans de télévision, ne s’écrie pas en gonflant sa poitrine : « Ah, qu’elle est belle MA France à MOI !  ».

On ne peut que se réjouir de voir l’ancien premier secrétaire du PS, devenu, tout à fait par hasard, chef de l’Etat, découvrir les joies du patriotisme et la valeur de la Nation, deux mots qui lui écorchaient « la gueule » jusqu’à présent. Seulement voilà, ses beaux discours enflammés sentent le creux et puent l’imposture.

Même s’il y a eu trois ou quatre millions de Français pour défiler, par un dimanche ensoleillé, en se déclarant tous des « Charlie » et même si Hollande a gagné 20 points dans les sondages, tout cela n’est qu’une gigantesque « embrouille ». Il n’y a pas plus d’« Union nationale » dans ce qui reste de la France aujourd’hui que de… beurre en broche.

Maintenant que les langues osent se délier un peu, tous ceux qui ont participé à ces « marches républicaines » reconnaissent qu’il n’y avait « ni black ni beur » dans la foule et tous les professeurs des collèges « à problèmes », c’est-à-dire des zones à forte immigration musulmane, commencent à raconter tous les incidents, parfois violents, qui éclatèrent quand ils voulurent, selon les instructions du ministère, faire respecter par leurs élèves une minute de silence en hommage aux 17 victimes des trois djihadistes.

Bref, quand Hollande et Valls nous parlent de l’« Union nationale », ils se moquent purement et simplement de nous. Jamais la France n’a été aussi clairement divisée, avec, d’un côté, les Français « de souche », ceux qu’on appelle dans les quartiers difficiles « les Gaulois » et qui défilaient, de l’autre côté, la communauté musulmane (six à sept millions de Français) restée chez elle, quand elle ne manifestait pas sa sympathie pour les tueurs.

Certes, tous les « Gaulois » ne défilèrent pas car nombreux furent ceux qui n’apprécièrent pas la récupération politique de cette marche et plus nombreux encore furent ceux qui, tout en étant, bien sûr, indignés par la tuerie, n’eurent pas envie de rendre cet hommage posthume à un journal qu’ils avaient toujours considéré comme un « torchon gauchiste ». Mais aucun « Gaulois » ne s’est réjoui du drame.

Tous les commentateurs nous affirment qu’après ce dimanche 11 janvier « plus rien ne sera comme avant ». Ce n’est vrai que sur un seul point. Désormais, plus personne ne pourra nous dire que nos musulmans sont « des Français comme les autres », qu’ils font « totalement partie de la Nation  française », que « l’Islam ne pose aucun problème en France » et qu’il ne faut surtout pas faire « le moindre amalgame entre les Islamistes et les Musulmans ».

Qu’ils soient « français » parce que nés en France, ou parce que naturalisés ou parce qu‘ayant bénéficié du regroupement familial, les « Français » musulmans viennent de nous prouver qu’ils ne faisaient pas partie de la nation française, du peuple français. C’est, évidemment, une première victoire pour les Islamistes.

On ne peut d’ailleurs pas le leur reprocher. Aucun Français même naturalisé algérien ne fera jamais partie du peuple algérien. L’appartenance à une nation, à un peuple, n’a rien à voir avec un vulgaire papier, avec la moindre carte d’identité. Pour être algérien il faut être arabe ou kabyle, de religion musulmane, de type maghrébin, parler l’arabe, connaitre l’histoire, les traditions, la culture et la cuisine algériennes.

Tout le monde trouve cela normal et nos intellectuels de gauche (qui vomissent le nationalisme français) célèbrent toujours avec enthousiasme le nationalisme algérien. Eh bien il va leur falloir admettre que pour être « vraiment » français, il vaut mieux être de race blanche, juif ou chrétien, parler le français et connaitre l’histoire, les traditions, la culture et la cuisine françaises.

Pour rester simple, on peut dire qu’aussi respectables qu’ils soient « les amateurs de couscous et de manioc » (jolie formule pour éviter de tomber sous le coup de la loi en parlant des Musulmans) ne pourront jamais être vraiment des nôtres et faire partie d’une « Union nationale ». Et d’autant moins que les Musulmans ne pourront jamais admettre, par définition, le principe même de la laïcité

Ce qui ne veut évidemment pas dire qu’il faille les jeter à la mer. Mais il faut, bien sûr, leur trouver un statut puisque nous ne voulons plus les assimiler et qu’ils ne veulent pas ou ne peuvent pas s’intégrer.

On attend donc un grand débat national sur l’immigration et sur l’Islam en France. On l’attend avec d’autant plus d’impatience qu’on sait parfaitement  qu’on ne l’aura jamais…

22 Jan 2015 | Comments (18)

Immigration, ségrégation, islamisation…

Manuel Valls nous annonce, ce matin, une mobilisation générale contre le terrorisme, des centaines de millions supplémentaires, des milliers de nouveaux fonctionnaires. Tout cela pour tenter de faire face au danger djihadiste qui s’aggrave chaque jour et dont nos dirigeants n’ont pris conscience qu’au soir de la tuerie de Charlie Hebdo. Le Premier ministre évalue à 3.000 le nombre d’individus « à surveiller ».

Hollande, Valls et leurs amis n’ont donc toujours rien compris de la gravité du problème qui dépasse de beaucoup ces 3.000 fanatiques. En s’attaquant à ce djihadisme, ils oublient les causes profondes de tous ces dangers.

Il serait grand temps que le gouvernement s’aperçoive qu’il y a, depuis des années, sur le territoire français, des centaines de « zones de non-droit », habitées par des immigrés le plus souvent musulmans, dans lesquelles ce n’est plus l’Etat qui fait la loi mais de petits chefs auto-proclamés, à la fois trafiquants de drogue et pseudos prédicateurs d’un Islam radical. La délinquance finance ce fondamentaliste et ce fondamentalisme sert de couverture à cette délinquance.

Ce sont ces zones qui sont le vrai terreau du djihadisme. On a donc affaire non pas à 3.000 djihadistes à surveiller mais à des dizaines de milliers de djihadistes… en puissance.

Valls a évidemment raison de se lancer à la poursuite de ces voyous qui, armés d’un Coran et d’une kalachnikov, sont partis en guerre contre nous avec l’espoir de nous imposer leur loi en s’appuyant, à terme, sur cette « armée de réserve » que constitue notre communauté musulmane. Mais c’est de cette « armée de réserve » qu’il faut aussi s’occuper immédiatement.

Le Premier ministre a parlé d’« apartheid ». On voit qu’il n’a jamais connu l’Afrique du sud d’antan. En France, les Arabes et les Noirs ont toujours eu le droit de s’asseoir sur tous les bancs publics, de monter dans n’importe quel autobus, leurs enfants sont toujours allés dans les mêmes écoles que les autres enfants et ils ont toujours pu bénéficier sans limites de tous les avantages de notre société d’assistanat généralisé.

Mais il est vrai que les immigrés maghrébins et africains habitent, depuis des décennies, dans des quartiers (pourris) à part, dans des ghettos, qu’ils n’ont aucune formation et sont donc infiniment plus frappés par le chômage que le reste de la population ce qui explique, en grande partie, qu’ils soient beaucoup plus « représentés » dans nos prisons que les « blancs ».

Le mot « ségrégation » (de fait) conviendrait donc mieux que celui d’« apartheid » (d’Etat). Mais il est inutile de jouer sur les mots. Nos immigrés sont, par définition, des « pauvres » et les pauvres ont toujours été relégués dans des quartiers « pourris ». Le vrai problème est ailleurs.

Le jour où, par idéologie, nous avons remplacé l’« assimilation » qui faisait, en deux ou trois générations, de tous nos étrangers des « Français à part entière » par l’« intégration » qui, voulant respecter les différences, enfermait ces immigrés dans leurs communautés en en faisant des « Français à part », nous avons, en effet, mené une politique de ségrégation.

C’est à cette ségrégation-là qu’il faut s’attaquer puisque c’est elle qui fournira des bataillons de djihadistes. En clair, il faut évidemment que l’Etat rentre de nouveau, en force, dans ces quartiers tout en essayant d’améliorer la vie quotidienne de ces déracinés par l’Ecole et l’emploi. Mais il faut, aussi et surtout, être intraitable avec ce communautarisme qui permet à ces chômeurs-délinquants de se regrouper dans des mosquées plus ou moins clandestines pour ressasser leur haine contre nous et la société qui les nourrit copieusement et qui leur permet de préparer la grande revanche de l’Islam contre l’Occident judéo-chrétien.

En imposant « le respect des différences »,  nos intellectuels de gauche ont créé cette ségrégation dont nous payons aujourd’hui les résultats.

Le vrai problème auquel nous avons à faire face de toute urgence  est donc moins celui de ces 3.000 individus que la police doit surveiller de près que celui de ces millions de Musulmans abandonnés à leur triste sort, c’est-à-dire entre les mains des imans qui prônent le djihad.

Mais pour cela il faudrait que ce gouvernement ait le courage de proclamer que l’Islam est incompatible avec la République et qu’il ne sera toléré chez nous qu’en faisant profil bas, comme les autres religions et comme l’impose la laïcité.

Hollande, Valls, Cazeneuve nous parlent sans cesse de la laïcité, mais ils n’osent jamais évoquer l’Islam et à peine le djihad. Nous faisons la guerre contre une toute petite avant-garde en oubliant les armées qui pourraient la suivre demain.

21 Jan 2015 | Comments (31)

17 morts = 21 points de mieux !

C’était évidemment prévisible et nous l’avions d’ailleurs annoncé ici même. Les drames Charlie Hebdo et de la porte de Vincennes ainsi que les manifestations remarquablement bien organisées qui ont suivi ne pouvaient que redorer (pour un temps) l’image désespérément pâlotte de François Hollande.

Dans un sondage IFOP pour Paris Match publié ce matin, il gagne 21 points ( !) et se retrouve à 40% d’opinions favorables, son score de février 2013. Il n’est pas difficile d’expliquer ce « rebond historique ».

D’abord, il était à un niveau de désapprobation tel, lui aussi historique, étant rejeté violemment par une écrasante majorité de la population, qu’un « rien » ne pouvait que le faire remonter dans l’opinion.

Ensuite, il est normal que l’émotion provoquée par les tueries islamistes ait fait oublier, pour quelques jours, aux Français tous leurs problèmes, que ce soit le chômage, les déficits, les prélèvements obligatoires, la déliquescence de l’Etat ou la désespérance générale, autant de problèmes dramatiques en face desquels Hollande et ses amis ont, en deux ans et demi, fait la preuve de leur totale incompétence.

Enfin, il faut reconnaitre que François Hollande a su gérer très habilement cette crise en brandissant le drapeau bleu-blanc-rouge marqué des lettres d’or de toutes nos valeurs et en n’hésitant pas une seconde à manier l’imposture d’une « union nationale », voire « sacrée ».

Car, quoiqu’en disent notre presse complaisante et nos commentateurs à la botte, les fameuses « marches républicaines » qui ont réuni à travers tout le pays trois à quatre millions de Français resteront dans l’Histoire non pas comme les retrouvailles d’une France  Black-Blancs-Beurs rassemblée pour défendre tous les grands principes de la démocratie française mais bien comme l’officialisation de la fracture entre les Blancs, d’un côté, et les Blacks-Beurs, de l’autre.

Il n’y avait pratiquement ni noirs ni maghrébins dans les défilés. En tous les cas pas de Musulmans. Ils étaient restés dans leurs banlieues, certains, notamment parmi les jeunes, allant même jusqu’à applaudir les tueurs.

Pour la première fois, on a vu au grand jour à quel point tous les beaux discours sur la France multiethnique, multiculturelle, multi-n’importe quoi étaient « du pipeau » ; à quel point « nos chers immigrés » ne se sentaient pas Français si ce n’est pour bénéficier de tous les avantages de notre société ; plus grave encore, à quel point l’« amalgame » entre les « gentils Musulmans », les « braves Islamiques » et les « méchants Islamistes » s’imposait bel et bien. Même les « gentils » n’étaient pas là pour défendre la France, la démocratie, la laïcité, la liberté d’expression et condamner le terrorisme des « Fous d’Allah ».

Il faudra désormais en tenir compte. Il y avait, l’autre dimanche, trois ou quatre millions de Français « blancs » manifestant avec force leur attachement à la liberté de la presse et donc même au droit de blasphémer le Prophète et six à sept millions de Musulmans, en principe français eux aussi, préférant rester chez eux pour faire, sans doute, leur prière en direction de La Mecque.

Plus personne ne pourra plus nous parler des succès de l’intégration, d’un Islam « à la française », d’un Islam « parfaitement compatible avec la démocratie et acceptant nos lois et notre civilisation ». Ces gens ne sont pas des « nôtres ». On s’en doutait depuis un bon moment. Ils viennent de le prouver avec éclat.

Il faudra, certes, prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre le terrorisme islamiste mais il faudra aussi, et vite, réfléchir sur la place, réduite à sa plus simple expression, qu’une démocratie comme la notre peut accorder à l’Islam, qu’il soit « à la française » ou pas. Sans quoi les « modérés » vont rapidement mal tourner, Houellebecq aura raison et nous nous retrouverons avant longtemps dans… une république islamique et qui ne sera plus guère  française.

Cela dit le sondage de ce matin est tout de même surprenant pour ne pas dire incompréhensible et oblige à penser, une fois de plus, que les Français sont vraiment inconséquents.

En effet, entrainés par cette euphorie qu’on veut croire toute passagère, 60% d’entre eux trouvent aussi et soudain que François Hollande « défend bien les intérêts de la France à l’étranger ». Où cela ? Au Mali, en nous ayant embringués dans une guérilla sans fin ? En Irak, en trottinant derrière Obama ? En face de Poutine, en avalant goulument et sans pudeur toutes les couleuvres ?

Pire encore, 24% de nos compatriotes estiment aussi et maintenant que ce même Hollande « mène une bonne politique économique ». En quoi ? L’IFOP a dû éviter de demander aux 5,5 millions de chômeurs, aux chefs d’entreprise et aux contribuables leur opinion.

On en vient alors à se demander si, comme autrefois, ces sondages ne seraient pas purement et simplement financés par l’Elysée…

19 Jan 2015 | Comments (55)

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