Hasard du calendrier, hier, nous apprenions que la Chine était devenue la première puissance économique mondiale et, ce matin, Manuel Macron a présenté en Conseil des ministres sa fameuse loi censée relancer la croissance et combattre le chômage.

Que les Chinois soient maintenant plus forts que tout le monde, on le savait déjà et aucun Français n’aurait l’ambition de vouloir les concurrencer en adoptant leurs méthodes de travail et leurs modes de vie. Mais, sans souhaiter nous mettre à trimer comme des Chinois pour un bol de riz tous les deux jours (ce qui n’est plus le cas des Chinois depuis longtemps) nous étions tout de même en droit d’attendre autre chose que ces quelques mesurettes insignifiantes que le jeune homme nous a sorties de son chapeau.

Ce n’est pas parce que nos grands magasins ne sont ouverts que 5 dimanches par an, ni parce que les pharmaciens, les notaires et quelques autres professions très particulières sont « protégées » que la France a une croissance nulle, plus de 5 millions de chômeurs, 8 millions d’habitants qui vivent sous la ligne de pauvreté, 2.000 milliards de dettes, qu’elle s’est totalement désindustrialisée, que ses campagnes se sont désertifiées, que son école ne « fabrique » plus que des illettrés et des chômeurs et que les jeunes n’ont plus comme espoir que d’émigrer ou d’attendre de pouvoir toucher le RSA.

La situation est autrement plus grave que ne semble le croire l’ancien banquier de chez Rothschild et exige non pas ce tout petit ravalement de façade mais un traitement de choc.

Il faut de toute évidence tout remettre à plat, c’est-à-dire un système imaginé au lendemain de la guerre, il y a donc plus de 60 ans, par des Résistants idéalistes mais peu au fait des règles économiques et surtout prisonniers des Communistes tout puissants et encore convaincus que leurs maitres moscovites avaient raison et qu’il fallait suivre à la lettre le Grand Staline pour que la lutte finale l’emporte et offre aux peuples des lendemains enchanteurs, grâce à la lutte des classes, la chasse aux riches et aux patrons, un code du travail inspiré par Zola et un statut des fonctionnaires recréant une aristocratie bénéficiant de tous les avantages.

Avant de s’en prendre aux sacro-saints dimanches que défendent aujourd’hui, becs et ongles sortis, tous nos agnostiques au nom du respect dû au Jour du Seigneur et de vouloir dépoussiérer les études de nos notaires, Macron aurait beaucoup mieux fait de s’attaquer au Code du Travail, au Code des Impôts et à l’immense montagne de lois, de décrets, d’arrêtés et de règlements qui paralysent notre pays, tétanisent nos entrepreneurs et pourrissent la vie des Français pour peu qu’ils n’aient pas pour seule ambition de végéter en tant qu’éternels assistés.

Macron n’évoque ni le poids des charges, ni toute la règlementation qui massacrent nos entreprises, ni la fiscalité qui étrangle les ménages, ni même les 35 heures ou la retraite à 62 ans et, avec ses gadgets, il va déclencher la même tempête que s’il s’y était attaqué, et d’autant plus que Gattaz, le patron du Medef, vient malicieusement de lui apporter son soutien.

Avec ses broutilles, Macro redonne des couleurs (rouges vif) à Martine Aubry qui, du haut de son lointain beffroi lillois, n’hésite pas à dire que d’ouvrir les grands magasins 12 dimanches (sur 52) par an remet en cause notre société. « La Dame des 35 heures » devient « la Dame des 5 dimanches ».

A Pékin, on doit bien rigoler…