Les socialistes ont parfaitement raison de s’indigner des retraites-chapeaux et dorés que quelques grands patrons s’attribuent alors qu’ils ont pourtant conduit leur entreprise à la ruine. Que ce soit légal ou pas, il y a ce qu’on appelle « un minimum de pudeur » à avoir dans un pays qui compte 5,5 millions de chômeurs et 8 millions de gens qui tentent de survivre alors qu’ils sont sous la ligne de pauvreté.

Les socialistes ont parfaitement raison de demander qu’on mettre fin à ces situations scandaleuses, tout comme ils ont parfaitement raison d’exiger que les fonctionnaires démissionnent de la fonction publique quand ils se mettent à pantoufler dans le privé ou dans la vie politique, tout comme ils ont parfaitement raison quand ils veulent limiter le cumul des retraites quand elles  dépassent l’endentement.

Il serait grand temps d’imposer un semblant de morale dans ce pays, de réduire les écarts de plus en plus odieux entre les riches et les pauvres et on ne peut que se réjouir d’avoir des socialistes au pouvoir aujourd’hui. Grâce à eux tout cela va sûrement changer. Hollande ne nous avait-il pas affirmé que le changement c’était pour « maintenant ». On se demande d’ailleurs ce qu’il attend…

Et bien l’association des « Contribuables associés » nous donne aujourd’hui la réponse, grâce à son « l’Observatoire  des gaspillages ».

Il est inutile d’attendre grand-chose de François Hollande et on éclate de rire quand on se souvient des prises de position du dit Hollande et de ses compères –pour ne pas dire complices- quand quelques grands patrons s’en étaient allés couler des jours heureux avec des magots particulièrement rondelets.

L’Observatoire des gaspillages a fait ses comptes au centime près.

Hollande est conseiller référendaire à la Cour des Comptes « placé en détachement » (à l’Elysée !). Il a 32 ans « de service » alors pourtant qu’il n’a siégé rue Cambon que 3 ans et demi (3 ans de 1980 à 1982 et quelques mois en 1993) et sa retraite de conseiller référendaire est majorée de 20% car il a eu 4 enfants. Cela lui vaut donc une retraite de 5.000 € par mois. Mais ce n’est qu’un début.

En tant qu’ancien maire de Tulle, ancien conseiller régional et ancien président du Conseil général de Corrèze, il a droit à une autre retraite de 6.000 €. Mais ça ne fait que commencer.

En tant qu’ancien député (pendant 20 ans) et ancien député européen (quelques mois) il a droit à une troisième retraite  de 6.800 € par mois. Mais ce n’est pas fini.

En tant qu’ancien professeur à Sciences Pô, il a droit à une petite gratte de 300 € par mois. Et ça continue.

En tant qu’ancien président de la République, il aura une énième retraite  de 6.000 € à laquelle s’ajouteront 12.000 € en tant que membre de droit du Conseil Constitutionnel.

Total : 36.100 €. Pour ceux qui ne sont pas encore bien habitués aux euros, disons que cela représente tout de même la bagatelle de 235.000 francs par mois et pour les plus anciens (ceux qui ont eu la chance de connaitre les Trente glorieuses) précisons que cela fait 23 millions d’anciens francs tous les 30 ou 31 jours, selon les mois. Sûrement assez pour filer le plus parfait amour avec une, deux ou même trois starlettes et abandonner son vieux scooter au profit d’une grosse moto, genre Harley-Davidson.

On comprend soudain que cet homme de gauche ait un souverain mépris pour les malheureux, les pauvres, les faméliques, les gueux, les…sans-dents.

Mais deux choses (au moins) sont scandaleuses dans tout cela. D’abord, que Hollande n’ait pas démissionné de la fonction publique et que, depuis plus de trente ans, il ait pu continuer à avoir de l’avancement (automatique) à la Cour des Comptes et à y cotiser pour sa retraite. Ensuite et surtout, qu’ayant fait la preuve de son incapacité totale à assumer ses fonctions actuelles de grand patron du pays, il puisse, dans deux ans et demi, bénéficier, comme si de rien n’était, d’une retraite d’ancien président à taux plein.

Les socialistes ont parfaitement raison. Il y a trop d’abus dans ce pays. On en crève. Vivement le changement…