Les socialistes ne comprennent rien à l’économie. Ce n’est pas nouveau. Mais cette évidence éclate, une nouvelle fois, au grand jour et c’en est fini de la lune de miel entre le gouvernement et les patrons que certains nous avaient annoncée, quand Valls s’était écrié, des trémolos dans la voix, qu’il aimait les entreprises.

Depuis quelques jours, Hollande, Valls et Macron attaquent bille en tête Gattaz et ses amis du Medef en leur reprochant de ne pas jouer le jeu du Pacte de responsabilité. Nos dirigeants s’étaient imaginés qu’en promettant aux chefs d’entreprise des baisses de charges, ceux-ci allaient immédiatement embaucher à tour de bras. C’était du « donnant-donnant », « cadeau contre cadeau ». C’était surtout une méconnaissance stupéfiante des lois de l’économie.

Cela fait des années que les « patrons » demandent la baisse des charges qui les étranglent et des allégements d’une règlementation qui les étouffe. Pas pour leurs beaux yeux mais simplement pour pouvoir retrouver un minimum de compétitivité en face de tous leurs concurrents de la planète que la mondialisation a rendus plus redoutables que jamais.

Sans ce minimum de compétitivité, ils n’ont plus de clients, donc plus de bénéfices, donc ils ne peuvent plus investir, donc ils ne peuvent plus innover, donc ils n’ont aucune chance de retrouver des clients, donc ils sont condamnés à fermer boutique et donc à licencier. Il ne devrait pas être nécessaire d’avoir fait l’Ena pour comprendre tout cela. A moins que le fait d’avoir fait l’Ena…

Les chefs d’entreprise ne demandent pas des « cadeaux » à l’Etat pour pouvoir se goberger avec des bénéfices mirifiques. Ils demandent simplement le droit de survivre pour ne pas être obligés de mettre la clé sous porte et leurs salariés à la rue. Ils ne veulent pas de « cadeaux », ils veulent juste le droit de vivre.

Malheureusement, les socialistes en sont encore à Zola et sont convaincus en leur âme (si tant est qu’ils en aient une) et conscience que les patrons sont des « salauds » qui aiment persécuter leurs salariés et dont le plus grand plaisir est de les licencier.

Ils n’ont toujours pas compris que tous les « salauds de patrons », sans exception, n’ont, par définition, qu’une obsession : être compétitifs pour avoir des clients et faire des bénéfices afin de pouvoir innover, conquérir de nouveaux marchés et développer leur entreprise, ce qui voudrait, bien sûr, dire recruter de nouveaux salariés.

Et il est évident que le jour où les charges que paient nos patrons seront au niveau de celles que paient les patrons étrangers et concurrents, nos entreprises auront une chance de pouvoir redémarrer et qu’alors elles embaucheront. L’Etat n’a pas besoin de faire des « cadeaux » aux patrons pour que ceux-ci veuillent développer leurs entreprises. Et desserrer le garrot qui asphyxie les entreprises françaises n’est pas un « cadeau » non plus.

Gattaz, avec sa bosse dans le dos et son air de fouine, ressemble à une caricature de Daumier pour un personnage de Balzac, mais on peut difficilement le rendre responsable des cinq millions et demi de chômeurs que nous avons à déplorer. Les seuls et uniques coupables sont nos dirigeants, de droite comme de gauche (mais plus souvent de gauche) qui, depuis des décennies, matraquent les entreprises, les patrons, les consommateurs pour essayer (en vain) de combler les trous abyssaux qu’ils creusent avec une administration pléthorique et un système d’assistanat généralisé qui leur fait distribuer à la volée des milliards qu’ils n’ont pas.

Macron parle aujourd’hui de l’ingratitude des patrons qui saboteraient sciemment l’usine à gaz en carton-pâte édifiée par le gouvernement. Il est étonnant que cet ancien banquier ait oublié si rapidement toutes les règles rudimentaires de l’économie et il est bien dommage que, devant les difficultés, il soit, avec Valls, devenu soudain socialiste en s’attaquant aux «salauds de patrons »…