Hier soir, sur France 2, au cours de l’émission « Des paroles et des actes » qui avait pour thème « La droitisation de la France », les invités en sont venus, tout naturellement, à parler de l’immigration qui pourrait bien être, en effet, une des raisons de cette droitisation présumée.

Le débat fut des plus classiques avec, comme d’habitude, d’un côté, les thuriféraires de l’arrivée massive d’étrangers sur notre sol et, de l’autre, les nostalgiques de la France… « fille ainée de l’Eglise ». Classique jusqu’au moment où une noire, sans doute un peu à bout d’arguments, s’écria : « Vous oubliez que ces immigrés d’origine magrébine ou africaine et musulmans sont maintenant, généralement, des Français comme vous et moi ». Elle touchait là, sans même s’en rendre compte, tout le problème.

Bien sûr, personne sur le plateau n’osa relever la phrase. La peur de se faire jeter au ban de la société et trainer en justice par les ayatollahs de la pensée unique, les gestapistes du politiquement correct et les associations auto-proclamées de défense des Droits de l’Homme et de lutte contre le racisme.

Or, qu’on le veuille ou non, un immigré arrivé de Kabylie, du Mali, de Centrafrique ou du Congo, qui baragouine avec difficulté la langue française, qui est plus ou moins polygame, qui est un fervent musulman et qui mange du manioc n’est pas un Français « comme vous et moi », même s’il est parfaitement en règle, depuis qu’il a acquis la nationalité française, avec sa carte d’identité, sa carte de la Sécurité Sociale, sa carte verte et qu’il touche, en toute légalité, son RSA, ses allocations familiales, son aide au logement et un bon nombre d’autres prestations de ce genre, y compris sa prime de Noël.

Dire qu’il n’est pas un Français « comme vous ou moi » n’est ni faire de la xénophobie, ni faire du racisme mais faire preuve de réalisme. Un Français « comme vous et moi » ressemble, forcément, à la grande majorité du peuple de ce pays, du moins telle qu’elle est depuis quelques siècles et jusqu’à preuve du contraire. C’est-à-dire qu’il est, sauf exception (les Antillais), de peau blanche, qu’il maitrise à peu près la langue française, qu’il est monogame ou célibataire, qu’il est d’origine chrétienne même s’il ne met plus les pieds dans une église depuis sa première communion et jusqu’à ses obsèques et qu’il mange du pot au feu et du coq au vin accompagné de Bourgogne, de Bordeaux ou de Beaujolais pour les plus modestes. Personne n’exige plus qu’il ne fasse pas de fautes d’orthographe et qu’il connaisse ses départements avec les préfectures et les sous-préfectures.

Dire que notre « compatriote » africain, musulman, polygame et qui ne parle bien que le Bambara, le Soninké ou le Swahili est un Français en tout point semblable à n’importe quel Breton, Auvergnat ou Berrichon est à la fois absurde et dangereux.

Absurde, parce que cela crève les yeux que ce n’est pas vrai. Dangereux, parce que c’est renoncer à toute politique d’intégration qui permettrait, peut-être, en deux ou trois générations, de transformer des gens venus d’une autre planète en Français « à part entière » comme la France a su le faire pendant des décennies pour des Polonais, des Italiens, des Espagnols ou des Portugais (qui, il est vrai, ne venaient pas d’une autre planète). Si on s’entête à ne pas vouloir reconnaitre des « différences », on ne pourra jamais les estomper.

Entrainés dans leur délire de militants, les participants à l’émission d’hier soir en vinrent à affirmer que l’Islam n’était pas un problème puisque la religion du Prophète n’était pas incompatible avec notre laïcité et qu’elle relevait, comme toutes les autres croyances, de la vie privée de chacun.

Nouvelle preuve de l’ignorance grasse de ces gens qui ne savent pas (ou ne veulent pas savoir) que pour les bons musulmans il ne peut pas y avoir de séparation entre le pouvoir religieux et le pouvoir séculier et que le Coran et la Charia sont évidemment supérieurs à toutes les constitutions et à toutes les lois faites par l’homme.

Tant que nos plateaux de télévisions seront envahis par ces militants de si mauvaises causes, il y a peu de chance pour que nous puissions, un jour, tenter de régler les problèmes de l’immigration et de l’Islam et toutes les chances pour que Marine Le Pen continue à engranger des voix. Car les électeurs, eux, qui ne sont a priori ni racistes ni islamophobes, savent que les immigrés qu’ils côtoient tous les jours ne sont pas des Français « comme vous et moi » et que l’Islam refuse la laïcité.