Il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que François Hollande serait non pas décevant (il ne peut plus décevoir personne) mais médiocre au cours de l’opération de charme d’hier soir. La soirée a été ratée comme tout ce que ce président tente, essaie, espère depuis deux ans et demi.

Ces deux heures d’émission télévisée devait marquer le mi-mandat. C’est-à-dire que François Hollande devait, d’une part, nous présenter un bilan de la première moitié de son quinquennat et, d’autre part et surtout, nous annoncer ce qu’il compte faire pendant les deux dernières années et demie de son règne.

A 12% d’opinions favorables dans les sondages, la tache de ce chef d’Etat qui bat tous les records d’impopularité de l’histoire de la Vème République était évidemment pour le moins ardue.

Comme à son habitude Hollande s’est réfugié dans le mensonge effronté d’un arracheur de dents et dans le maniement du futur d’un barbier de comédie.

L’arracheur de dents nous a raconté qu’il n’y aurait pas d’impôts supplémentaires en 2015. C’est évidemment faux et pas un seul contribuable ne pouvait être dupe. Le même nous avait, en effet, affirmé, l’année dernière, qu’il y aurait une « pause fiscale » en 2014. L’année n’est pas tout à fait terminée et nous avons déjà eu droit à 1,5 milliard d’impôts supplémentaires.

L’arracheur de dents nous a expliqué que son « choc de simplification » allait entrer en vigueur et que tous les Français, entreprises comme particuliers, en bénéficieraient. Or, au même moment, il lance l’idée de la « pénibilité » qui n’est pas absurde en elle-même mais qui va créer une gigantesque usine à gaz qui compliquera considérablement toute la vie économique du pays, dans le calcul des retraites de chaque salarié.

L’arracheur de dents nous a dit que c’était lui qui « décidait » de tout et que Manuel Valls ne faisait qu’« exécuter » en reprenant presque au mot près ce qu’avait dit Chirac à propos de Sarkozy. Or, tout le monde sait parfaitement que, depuis qu’il a été obligé de nommer Valls à Matignon, c’est le Premier ministre qui, avec son compère Emmanuel Macron, a amorcé un premier virage de la social-démocratie vers le social-libéralisme puis un deuxième virage vers le libéralisme de bon ton.

Narguant d’ailleurs Hollande jusqu’au bout, Valls était allé, quelques heures plus tôt, à Pau rencontrer Bayrou afin de préparer avec lui une hypothétique nouvelle majorité de centre-gauche pour remplacer la majorité hollandaise complètement moribonde après la désertion des écologistes, l’insurrection des « frondeurs », le licenciement de Montebourg, Hamon et Filippetti et surtout le réveil de Martine Aubry.

Quant au barbier de comédie il nous a répété qu’on raserait gratis demain, que la France serait candidat à l’organisation des Jeux Olympiques, que la France serait candidate à l’organisation d’une Exposition universelle et, accessoirement, que la France, grâce à l’embauche de 15.000 emplois aidés supplémentaires, irait sûrement mieux avant la fin de son mandat en 2017 nous faisant ainsi redouter le pire, c’est-à-dire qu’il se représenterait alors.

On attend maintenant avec impatience de savoir combien de Français le président de la République aura su convaincre…