Les commentateurs de ce matin nous disent tous que les Français attendent avec impatience ce que va leur dire François Hollande, ce soir, à la télévision.

Dans toute la presse, ils imaginent que le président va, d’abord, tenter de dresser un bilan plus ou moins honorable de la première moitié de son quinquennat en évoquant tous les projets lancés pour essayer de redynamiser notre économie en redonnant un peu de compétitivité à nos entreprises et en relançant la consommation et qu’il maquillera tous ses échecs sur le chômage et sur les déficits en insistant sur les difficultés que connaissent tous les pays européens. Hollande fera, nous disent-ils, de la « pédagogie », notamment sur le Pacte de responsabilité pour les entreprises qui entrera en action en janvier prochain.

Puis, toujours selon ces mêmes commentateurs, Hollande annoncera ses grandes décisions pour les deux années et demie qui lui restent encore. Il annoncerait de nouvelles initiatives sur la politique de la ville, des quartiers, les jeunes, le service civique, l’environnement et la lutte contre la violence de notre société.

Il agrémentera, sans doute, cette vaste fresque en abordant un peu la politique étrangère et en se vantant d’avoir su, mieux que tout le monde, mener une vraie guerre contre le déferlement islamique aussi bien en Afrique, au Mali, qu’au Proche-Orient, en Irak.

Une fois de plus les commentateurs sont totalement coupés des réalités. Les Français n’attendent plus rien de François Hollande et ils vont sans doute regarder ce soir le président d’un œil distant, dubitatif, voire méprisant. Quand ils ne vont pas purement et simplement zapper. Ils auront le choix entre un bon film de Clint Eastwood sur la 3, la Grande librairie sur la 5 et « Décalage horaire », avec Juliette Binoche et Jean Reno, sur Chérie 25. Autant dire que, pour Hollande, la concurrence sera redoutable…

Ces commentateurs ne lisent pas les sondages. Ils sont pourtant éloquents. Hollande a encore perdu un point, ce matin-mêrme, selon un sondage YouGov pour I-Télé. Il n’a plus que 12% d’opinions favorables. Et parmi l’électorat de gauche, il est passé de 43% à 32% d’opinions favorables. D’autres sondages affirment que 92% des Français jugent le bilan de cette première moitié du quinquennat « mauvais » et 80% de nos compatriotes ne souhaitant pas que Hollande se représentent en 2017. 82% des Français demandent une baisse des impôts, 60% une réduction des déficits, 46% une dissolution de l’Assemblée nationale.

Pour l’opinion publique, ce quinquennat est déjà terminé et il aura été complètement perdu. Pour nos compatriotes, l’affaire est entendue. Les électeurs se sont trompés en élisant ce type qu’ils ne connaissaient pas et qui n’avait aucune prédisposition pour diriger un pays. Et cette erreur est d’autant plus dramatique que la France qui dégringolait depuis des années est frappée de plein fouet par toutes les crises, beaucoup plus que les autres à cause de ce qu’on appelle pudiquement « l’exception française » et qui, avec des prélèvements insupportables, une législation étouffante, une administration pléthorique et un système de protection sociale aberrant fait de notre pays l’une des dernières survivances du communisme de jadis.

Aujourd’hui, d’ailleurs, le débat politique ne concerne plus Hollande. Plus personne ne s’intéresse à ce qu’il pense, à ce qu’il veut, à ce qu’il prétend faire encore. Tout le monde ne regarde plus que Manuel Valls et son compère Emmanuel Macron. Et chacun se demande jusqu’où ces deux « putschistes » qui se sont subrepticement emparé du pouvoir vont oser aller dans leur trahison du calife.

A l’Elysée, on nous dit que, ce soir, le président va redonner « un sens et du souffle à son action ». Mais, en deux ans et demi, à force d’aller dans tous les sens tout en restant immobile, Hollande s’est totalement essoufflé.

Il n’a pas entendu les Français, les Français ne l’écouteront pas.