Un ami fidèle de ce petit blog me demande, m’enjoint même de commenter « l’affaire Zaz ». Comme je me refuse à perdre mes rares fidèles et qu’en même temps je me refuse aussi –contrairement à beaucoup d’autres- à commenter une affaire dont je n’ai jamais entendu parler, j’ai été obligé de me renseigner un peu sur cette nouvelle « affaire » qui défraie, parait-il, la chronique parisienne.

En deux mots, on reproche à la « jeune » chanteuse (34 ans tout de même !) d’avoir déclaré : « En France, on se focalise un peu trop sur les choses négatives alors qu’à côté de ça il y a beaucoup de personnes qui réinventent la société. A Paris, sous l’occupation, il y avait une forme de liberté. On chantait la liberté alors qu’on ne l’était pas totalement. Pour moi c’est ça Paris ».

Faut-il tondre Zaz en place publique pour ces quelques mots ? Toute la question est là.

Peu expert en chansonnettes, j’avoue que je trouvais cette ancienne chanteuse des rues plutôt sympathique avec un certain charme et un vrai (petit) talent qui pouvait laisser espérer en elle -peut-être un jour- une nouvelle Piaf. Qu’elle soit allée chanter son tube « Je veux » au sommet du Mont Blanc avec ses musiciens prouvait qu’elle avait, en plus, un sens inné de la publicité, indispensable de nos jours.

Sa déclaration sur « la liberté à Paris sous l’occupation » est évidemment affligeante et mériterait que cette petite idiote soit mise un temps au piquet, c’est-à-dire au purgatoire des maisons de disques pendant un an ou deux, juste assez pour lui donner le temps d’apprendre quelques rudiments de notre histoire moderne. Mais de-là à en faire « une affaire » de plus, s’ajoutant aux « affaires » Bygmalion, Bettencourt, Karachi, Tapie, Cahuzac, Jouyet et autres, c’est un peu beaucoup.

La petite chanteuse n’est ni Jean-Marie Le Pen affirmant, en 2005, dans Rivarol : « L’occupation allemande en France n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y a eu des bavures inévitables » ni Eric Zemmour faisant la promotion de son dernier livre à coup de provocations et allant jusqu’à prétendre que Pétain avait… sauvé des Juifs.

Non, il ne fait pas tondre Zaz qui n’est ni une responsable politique ni une vedette du microcosme médiatique.

Ce qu’il faudrait faire c’est interdire aux chanteurs et chanteuses, aux danseurs et danseuses, aux artistes de cirque et de cinéma des deux sexes de commenter l’actualité et plus encore les grands événements du siècle dernier, de la bataille de Verdun à la guerre d’Algérie en passant par la Shoah. En même temps, on pourrait demander à la presse de ne plus transformer le moindre dérapage de la moindre starlette du show-business en « affaire d’Etat », même si cela arrange leur business…