Archives par moisnovembre 2014



Le retour laborieux de la star un peu usée

Comme prévu, Nicolas Sarkozy a été élu président de l’UMP. Mais ce qui n’était pas prévu et en tous les cas ce qu’il n’avait pas prévu lui-même c’est son score. 64,5%. Pour un ancien président de la République qui ne revenait dans l’arène politique que « par devoir » et qui entendait jouer l’homme providentiel qui se sacrifiait pour la patrie, c’est un peu faiblard.

Tous les spécialistes avaient mis la barre à 70%. Plus, c’était le triomphe attendu du sauveur, moins c’était le retour laborieux d’une star un peu usée. 64,5% c’est nettement moins.

On dira que Bruno Le Maire a fait une campagne particulièrement efficace sur le thème du « renouveau » et que les militants UMP ont découvert en cet ancien ministre de l’Agriculture, normalien et énarque, un quadra de grande qualité, à l’avenir évident.

Il n’empêche que 35,5% des votants ont fait savoir, en votant Le Maire ou Mariton, qu’ils ne voulaient plus de Sarkozy. Sans parler de ceux qui n’ont même pas pris part au vote. Sur les 268.000 adhérents de l’UMP, 155.801 se sont abstenus, ce qui est beaucoup pour des militants qui paient leur cotisation et qui, en principe, devraient vouloir participer à la renaissance de leur parti. En clair, la majorité des adhérents de l’UMP ne veut pas ou plus de l’ancien président de la République.

C’est évidemment inquiétant pour Sarkozy qui n’a voulu cette présidence du parti que pour pouvoir l’emporter haut-la-main lors de la primaire de la droite en 2016, avec la conviction qu’il se retrouverait alors face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle ce qui ne pouvait que lui assurer un retour triomphal à l’Elysée.

Mais si la majorité de l’UMP le récuse, plus rien n’est joué d’avance pour la primaire de la droite pour peu qu’elle soit vraiment « ouverte », avec un Alain Juppé en embuscade qui caracole en tête de tous les sondages et qui pourrait bien avoir, le jour venu, le soutien des centristes qui préféreront évidemment le maire de Bordeaux au président de l’UMP, même nouvelle formule.

On peut cependant faire confiance à Sarkozy pour se démener comme un beau diable pendant ces deux années qui viennent. Mal élu, il devient tout de même l’incontestable chef de l’opposition et il est certain qu’après avoir réformé l’UMP à sa guise, il sera en première ligne sur le devant de la scène pour harceler en permanence François Hollande et le gouvernement et qu’il pourra se targuer d’avoir remporté toutes les élections intermédiaires à venir, départementales et régionales, même s’il est vraisemblable que le Front National y fera de beaux scores.

Juppé et les autres seront alors inévitablement marginalisés et il leur sera difficile d’exister en étant « en réserve » de la primaire. Tout comme il leur sera, bien sûr, impossible de se présenter à la présidentielle s’ils étaient devancés lors de la primaire.

Ce qui est intéressant aujourd’hui c’est d’essayer de comprendre pourquoi Sarkozy a raté son retour et les 70% annoncés.

Tant qu’il se contentait d’accompagner sa femme de concert en concert et devant le panier de crabes qu’était devenue l’UMP avec ses combats de coqs et de chiffonniers, ses guerres d’égos et ses scandales plus ou moins crapuleux en cascade, Sarkozy avait pu acquérir le statut d’homme recours. Il aurait évidemment dû rester silencieux jusqu’à la primaire, voire jusqu’à la veille de la présidentielle.

Mais dès qu’il a ouvert la bouche, tout s’est fissuré. Les Français, à commencer par ceux de droite, se sont aperçus qu’il n’avait pas changé d’un pouce. Ni dans la forme ni sur le fond. Ils ont revu les mêmes tics insupportables, la même gestuelle souvent ridicule, le même ton péremptoire, cassant, parfois odieux. Ils ont entendu les mêmes zigzags idéologiques, les mêmes contradictions politiques, la même démagogie inspirée par les sondages du jour ou les mouvements de la foule.

Sarkozy est comme les émigrés de retour de Coblence. Il n’a rien appris, rien oublié pendant son « exil » et sa (brève) traversée du désert. Il n’est plus « un recours » mais « un revenant » qui n’avait pas laissé de bons souvenirs.

Il a sans doute pensé que les militants de l’UMP souhaitaient voir un revenant. Il faudrait qu’il comprenne que les Français veulent découvrir un homme nouveau. Sarkozy est, sans conteste, l’homme politique qui nous a, le plus souvent et sur tous les tons, annoncé qu’il avait… « changé ». Cela n’avait jamais été vrai. Il nous dit aujourd’hui qu’il veut changer l’UMP. Mais c’est lui qu’il devrait changer. Ce sera sûrement beaucoup plus difficile.

30 Nov 2014 | Comments (9)

Faut-il reconnaitre l’Etat palestinien ?

L’Assemblée Nationale discute aujourd’hui d’une résolution socialiste « invitant le gouvernement à reconnaitre l’Etat palestinien en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit »

Cela part, évidemment, d’un bon sentiment. Cela fait plus de soixante ans (depuis la création d’Israël) que ce conflit israélo-palestinien pourrit le Proche-Orient, angoisse les Israéliens, réduit les Palestiniens à une vie misérable et a des répercussions considérables au-delà même de la région puisqu’il est évident que « le drame palestinien » a servi d’alibi et parfois de détonateur à la radicalisation de l’Islam et à l’émergence d’un certain nombre de groupes terroristes qui sévissent de l’Indonésie à la Mauritanie en passant par le Nigéria, le Yémen et le Pakistan.

Cela dit, s’imaginer une seule seconde qu’une reconnaissance par la France de l’Etat palestinien pourrait avoir la moindre influence en faveur d’un règlement de ce conflit est évidemment totalement ridicule. 135 pays sur les 193 que compte l’ONU ont déjà reconnu l’Etat palestinien y compris, en Europe, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Irlande et la Suède sans que cela ait eu la moindre importance et ait contraint les protagonistes israéliens et palestiniens à se rassoir autour d’une table de négociations.

Il faut être lucide. Tout a commencé par une erreur, celle de Théodore Herzl et des pères du sionisme qui voulaient « donner une terre sans peuple à un peuple sans terre » et qui ignoraient ou voulaient ignorer que cette terre, sainte pour les uns et promise pour les autres, était déjà peuplée… par les Palestiniens.

Voulant obtenir les bonnes grâces de la communauté juive européenne, les alliés de la guerre de 14 accordèrent la Palestine, alors sous domination de l’ennemi ottoman, à un « foyer » juif. Ce fut la fameuse Déclaration Balfour qui n’aurait jamais eu de suite sans le drame de la Shoah. L’Occident tenta de se faire pardonner sa responsabilité dans l’extermination des juifs par Hitler en offrant aux survivants la création de l’Etat d’Israël.

Depuis, qu’on le veuille ou non, il y a « un peuple de trop » sur ce « lopin de terre » car on oublie souvent qu’Israël et les territoires palestiniens sont à peine plus grands que le département des Landes.

Mais toutes les guerres, même celles de cent ans, finissent toujours par se terminer et chacun sait qu’ « un jour » il y aura un Etat d’Israël et un Etat palestinien qui, côte à côte, cohabiteront, coopéreront, fraterniseront. Quand ? Quand ces sémites, fils d’Abraham, auront renoncé à la peur et à la haine.

Aujourd’hui, les Israéliens ont toujours peur des Palestiniens, des Arabes, des terroristes qui, pensent-ils, veulent encore les jeter à la mer et les Palestiniens haïssent toujours les Israéliens qui continuent à leur voler leurs terres en édifiant des nouvelles colonies.

Les Israéliens font capoter toutes les tentatives de discussions car ils savent que les Palestiniens mettent un certain nombre de préalables inacceptables pour eux, que ce soit le statut de Jérusalem ou le retour de tous les réfugiés.

Mais les uns et les autres savent aussi que cette situation ne pourra pas durer éternellement. Les Israéliens qui ne sont plus des survivants de la Shoah, immigrés des ghettos européens, mais des « natifs » de cette terre voudraient vivre en paix avec leurs voisins et sont de plus en plus nombreux à être prêts à échanger « des terre contre la paix ». Les Palestiniens qui en sont à la troisième génération de réfugiés voudraient sortir de leurs camps et reconnaissent l’existence d’Israël qu’ils n’appellent plus « la colonie sioniste de Palestine ».

Aujourd’hui, ce sont les extrémistes qui sont au pouvoir des deux côtés, Benjamin Netanyahu en Israël, le Hamas à Gaza. On est loin de Yasser Arafat, Shimon Pérès et Yitzhak Rabin qui reçurent ensemble le Prix Nobel de la Paix en 1994. Mais ce sont parfois les extrémistes qui peuvent faire avancer la paix sans risquer d’être accusés de trahir les leurs. Anouar Sadate et Menahem Begin étaient des « durs » et ils réconcilièrent l’Egypte et Israël avant de recevoir, eux aussi, le Nobel de la Paix, en 1978. Il est vrai que tous ces Nobel avaient autrement plus d’envergure que Netanyahu et les dirigeants du Hamas.

Bref, nos députés vont jouer à la mouche du coche et leur vote qui n’aura rien de « contraignant » sera sans la moindre importance même si Laurent Fabius, ami pourtant inconditionnel d’Israël, semble l’avoir déjà approuvé.

C’est désolant mais il faut bien constater que la voix de la France (de François Hollande) n’a pas le moindre écho. Elle n’aura pas plus d’effet que celle des 135 autres pays qui ont déjà reconnu l’Etat palestinien.

Aujourd’hui, il n’y a plus que les Etats-Unis qui peuvent imposer leur volonté. Or, Obama est aphone. Ce n’est pas en cette fin de second mandat un peu pitoyable qu’il va oser contrarier l’électorat juif américain qu’on appelle « la 51ème étoile du drapeau américain ».

Cela dit, il est évident qu’il faut reconnaitre l’Etat palestinien pour la simple et bonne raison qu’il ne s’agit que de reconnaitre une réalité…

28 Nov 2014 | Comments (8)

Pourquoi a-t-on oublié Neuwirth ?

L’Histoire est souvent injuste et c’est parfois dramatique. Depuis deux jours, on célèbre le quarantième anniversaire de la Loi Veil qui légalisa le recours à l’avortement. Nous avons eu droit à tout, à la rediffusion des séances de l’Assemblée, à un « docu-fiction » retraçant la dureté de ce débat, à d’interminables interviews d’anciennes militantes de l’époque. On nous a surtout imposé des commentaires nous affirmant que cette loi « historique » avait « libéré » les femmes et qu’elle n’avait été possible, dans la France de Giscard, que grâce à mai 68 qui avait « libéré » la France et aux votes des députés de gauche.

Or, et Simone Veil l’avait elle-même répété tout au cours des débats, l’avortement, légalisé pou non, est un drame pour toutes les femmes qui doivent y avoir recours. Il est donc difficile de parler de « libération » et de considérer ce texte comme un progrès considérable dans l’histoire de l’humanité.

Le vrai progrès, la vraie révolution qui a vraiment libéré les femmes en brisant le lien entre sexualité et maternité, ce n’est pas cette loi Veil mais la loi Neuwirth qui a autorisé l’utilisation et la promotion de la pilule. Grâce à la contraception, les femmes pouvaient enfin choisir librement, devenir totalement maitresses de leur corps. Si la loi Neuwirth avait été correctement appliquée, la loi Veil n’aurait d’ailleurs plus eu d’utilité. La contraception devrait faire disparaitre le drame de l’avortement.

Pourquoi a-t-on oublié Neuwirth et sa loi ? Sans doute parce que Neuwirth était un gaulliste pur jus, ancien héros de la Résistance et député de la Saint Etienne, sans doute parce que c’était de Gaulle qui l’avait poussé dans ce combat et avait promulgué la loi en décembre 1967 et que, du coup, ce texte capital ne devait rien à mai 68 et démontrait qu’avant que nos petits bourgeois n’élèvent des barricades rue Gay Lussac la France du Général pouvait faire des progrès considérables dans tous les domaines.

Que nos vieux soixante-huitards, aujourd’hui au pouvoir à peu près partout, veuillent nous faire croire qu’avant eux c’était moyen-âge dans notre pays qui était pourtant alors encore dans ce qu’on a appelé « les trente glorieuses », n’a guère d’importance. Nous y sommes habitués. Ce sont eux qui réécrivent, à leur manière, l’histoire depuis longtemps déjà Mais dans ce cas précis la chose est particulièrement grave.

En ne parlant que de la loi Veil et en ayant totalement occulté la loi Neuwirth, ils ont fait la promotion de l’avortement au préjudice de la contraception. Résultat : aujourd’hui encore, il y a, chaque année, des centaines de milliers d’avortements en France et des sondages récents démontrent qu’un pourcentage encore considérable de jeunes, notamment en milieu rural, ignore l’existence même de la pilule.

Très curieusement, aucun gouvernement n’a, jusqu’à présent, eu le courage d’affirmer que la loi de Simone Veil n’était que le pire, le plus dramatique des pis-aller et que c’était la loi Neuwirth qu’il fallait promouvoir en développant l’éducation à la contraception.

A croire qu’on préfère encore faire vivre aux femmes le pire des drames plutôt que de remettre en cause « des acquis de mai 68 »

27 Nov 2014 | Comments (10)

Immigration et délinquance

Nicolas Sarkozy vient de rouvrir l’éternel débat sur « l’immigration et la délinquance ». Hier soir, lors d’une réunion publique qu’il tenait à Boulogne-Billancourt, il a, en effet, expliqué qu’en 2007 il avait choisi Rachida Dati comme garde des Sceaux parce qu’« avec des parents algérien et marocain, parler politique pénale, ça avait un sens ».

Ce matin, naturellement, tous les adeptes de la pensée unique, tous les gardiens du politiquement correct, tous les bobos issus de quarante-huitards attardés lui tombent dessus à bras raccourcis.

Aujourd’hui, en France, il est formellement interdit d’établir la moindre relation entre l’immigration et la délinquance, sous peine d’être immédiatement taxé de xénophobie et de racisme et donc d’être mis au ban de la société des bien-pensants et d’être jeté dans le box des condamnés au milieu des néo-nazis, des fascistes, des homophobes et des antisémites.

Pourtant tout le monde sait parfaitement que les immigrés sont surreprésentés, dans des proportions considérables, dans nos prisons ; mais le supposer, le dire ou le laisser entendre est formellement interdit. C’est absurde.

Dire qu’il y a davantage de Maghrébins ou d’Africains que d’Auvergnats ou même de Corses derrière les barreaux ne signifie évidemment pas que les Arabes ou les Noirs soient davantage que les autres prédisposés au crime ou à la délinquance, ce qui serait, bien sûr, un racisme aussi absurde qu’inadmissible.

Mais, en faisant ce constat qui s’impose, on souligne implicitement et simplement que nos immigrés sont, aussi, surreprésentés, et dans des proportions tout aussi considérables, dans les couches les plus défavorisées de notre société. Leurs taux de chômage, d’analphabétisme, d’exclusion sont bien supérieurs à la moyenne des Français dits « de souche ».

D’ailleurs, même parmi ces Français dits « de souche », les chômeurs, les illettrés, les SDF sont, eux aussi, surreprésentés dans nos prisons. Très rares sont les polytechniciens, les énarques et les bourgeois du 16ème arrondissement condamnés pour vol à la tire, cambriolage ou tentative de hold-up. Non pas parce qu’ils seraient d’une race supérieure mais parce qu’habitant dans de magnifiques appartements haussmanniens de 200 m2 et roulant dans de superbes limousines, ils n’ont vraiment pas besoin d’arracher le sac d’une vieille dame pour joindre les deux bouts.

Il faudrait que nos « intellos » de tous poils  finissent par comprendre que souligner que l’immigration incontrôlée entraine une augmentation de la délinquance n’a rien à voir avec le racisme mais, au contraire, que cette lucidité met le doigt sur la vraie question : à savoir notre incapacité à accueillir, à intégrer ou à assimiler des centaines de milliers d’immigrés chaque année. Du coup, ces hordes de crève-la-faim sans aucune ressource n’ont que la délinquance pour tenter de survivre.

Il faudrait, d’ailleurs aussi, qu’on arrête de nous raconter que cette immigration est « une chance pour la France » et que ces malheureux nous apportent toutes les richesses du patrimoine culturel de leurs lointains pays. S’ils arrivent chez nous, c’est parce que ces immigrés n’ont pu trouver aucun travail chez eux et donc qu’ils n’avaient aucune formation, aucune culture, rien des richesses culturelles de leurs terres d’origine.

Les Maghrébins, les Africains, les Turcs, les Pakistanais qui débarquent  chez nous pour louer leurs bras ignorent tout de la littérature arabe, de l’art nègre, du passé ottoman, des beautés de Lahore Ce sont des voyageurs sans bagages, sans rien d’autre que leur bras décharnés, leur faim et leurs rêves fous d’une vie meilleure.

Au lieu de vouloir lutter contre un racisme supposé des Français, les Christiane Taubira, Harlem Désir et autres Bernard Kouchner feraient beaucoup mieux de se demander comment on peut freiner l’arrivée massive de ces chômeurs du Tiers-monde qui ne pourront être, chez nous, que des chômeurs sans droits ni ressources et donc à la longue voués à la délinquance.

Dénoncer les relations évidentes entre l’immigration et la délinquance ce n’est pas faire du racisme c’est, au contraire, souligner, preuves à l’appui, qu’une absence de toute politique migratoire condamne ces malheureux à basculer dans la délinquance et donc à devenir dangereux pour notre pays.

Ce ne sont ni « les faschos » ni « les nègres » qu’il faut fustiger mais nos dirigeants, toutes couleurs confondues, qui depuis des années ont été incapables de maitriser l’invasion de ces miséreux et d’accueillir décemment ceux qu’on laissait entrer.

Cela dit, ce n’est sûrement Rachida Dati, la star en Christian Dior, qui aurait pu s’attaquer à ce (gigantesque) problème qui mine depuis tant d’années notre pays.

26 Nov 2014 | Comments (8)

Taubira-la-honte

On sait depuis deux ans et demi que Christiane Taubira, l’indépendantiste guyanaise qui fait fonction de garde des Sceaux, n’hésite jamais à se ridiculiser et à déshonorer la fonction qu’elle occupe indument. Ce matin, elle s’est encore surpassée.

Commentant les émeutes qui ont mis, cette nuit, à feu et à sang la petite ville de Ferguson dans le Missouri, elle a estimé que ces événements tragiques étaient la conséquence logique du « racisme latent » qui règne aux Etats-Unis « avec une ségrégation raciale et sociale »

Tout a éclaté, hier soir, à Ferguson parce qu’un jury populaire (de 9 blancs et 3 noirs) venait d’innocenter le policier Darren Wilson qui avait tué un jeune noir de 18 ans Michael Brown. Le drame était particulièrement scandaleux puisque Wilson avait tiré « à douze reprises » sur Brown qui n’était pas armé et qu’il soupçonnait d’avoir volé… « des cigarillos ». On comprend donc parfaitement la colère de la communauté noire de cette ville du Missouri.

Mais la réaction de Christiane Taubira est, elle, évidemment incompréhensible. Peu habituée aux usages des pays civilisés, notre garde des Sceaux ignore visiblement qu’un ministre en fonction n’a pas à commenter une décision de justice, a fortiori quand ce jugement a été rendu à l’étranger, et qu’il n’a pas non plus à donner raison à des émeutiers qui profitent des circonstances pour piller un centre-ville.

Mais, plus grave encore, comment Christiane Taubira peut-elle s’en prendre au « racisme latent » qui règnerait aux Etats-Unis ? Ignore-t-elle que le président des Etats-Unis est un noir, plus foncé qu’elle-même, et que, depuis Gaston Monnerville, président du Conseil de la République puis du Sénat de 1947 à 1968, on n’a jamais vu un noir occuper en France une place de choix dans nos institutions. Elle ignore aussi que bien rares sont les jurys populaires français qui comptent 3 noirs sur 12 dans leurs rangs.

Personne ne nie que le racisme existe encore aux Etats-Unis notamment dans les états du sud mais Christiane Taubira se plaint trop souvent d’être elle-même victime du racisme en France pour dénoncer celui qui règnerait outre-Atlantique.

Après Valérie Trierweiler qui ridiculise la France en Grande-Bretagne, voici Christiane Taubira  qui la ridiculise aux Etats-Unis. Cela commence à faire beaucoup.

Christian Estrosi n’a pas toujours raison mais quand il déclare qu’en entendant ce matin Christiane Taubira il a eu honte d’être français on ne peut que le comprendre…

25 Nov 2014 | Comments (14)

La garce en tournée

Chacun se demande aujourd’hui si les nouvelles confidences de Valérie Trierweiler qui se met maintenant à baver sur son ancien amant à travers toute la planète vont faire le plus de torts à Hollande, à la France ou à elle-même.

Dans ce feuilleton à rebondissements tout le monde est ridicule : le chef de l’Etat qui après avoir abandonné la mère de ses quatre enfants pour cette garce l’a virée comme une malpropre pour une starlette qu’il allait retrouver sur son scooter avant de l’installer (quatre jours par semaine, nous précise-t-on) à l’Elysée ; la garce en question qui avait cru son heure de gloire arrivée, qui s’est rendue immédiatement odieuse aux yeux de tous les Français pendant son séjour à l’Elysée et qui, jetée et rejetée, a aussitôt basculé dans une sorte de folie furieuse, voulant tout détruire, comme un personnage de tragédie grecque mais le talent en moins ; la presse qui s’est repue de cette vulgaire histoire de cul ; et même l’opinion publique qui s’en est, elle aussi, goinfrée ?

Certains éditorialistes estiment, ce matin, qu’en étalant sa rancune rageuse et haineuse dans toute la presse européenne, Valérie Trierweiler a ridiculisé la France en se déconsidérant elle-même et que, du coup, Hollande apparait comme la victime d’une folle ce qui le rendrait… plutôt sympathique. Les courtisans sont toujours prêts à trouver toutes les excuses au monarque.

Que Valérie Trierweiler soit une garce, personne n’en doute. Nous écrivions ici même, il y a plus de deux ans, un petit billet intitulé « Une garce à l’Elysée » qui avait choqué certains de nos amis.

Mais il faut bien dire que ses sentiments, sa jalousie exacerbée, sa folie même n’ont strictement aucune importance. Ce qui compte c’est ce qu’elle a tout de même écrit noir sur blanc au sujet du président de la République et qui est totalement crédible, notamment le mépris qu’il a pour les malheureux, les défavorisés, les exclus en tous genres, les pauvres que ce socialiste professionnel appelle « les sans dents ». Même une folle ne peut pas inventer ce genre de choses, de détails vrais et Hollande va se trainer cette révélation jusqu’à sa mort. Lebrun est resté dans l’histoire comme « L’homme qui riait dans les cimetières » Hollande restera comme « Le socialiste qui rigolait des pauvres ».

Cela dit, Hollande n’a rien d’une victime. C’est lui et lui seul qui a choisi de s’accoupler avec cette hystérique, lui et lui seul qui a voulu l’emmener à l’Elysée, en faisant d’elle une fausse « première dame » alors qu’en cinq ans de concubinage notoire il aurait, évidemment, dû s’apercevoir de ce que toute la presse politique savait depuis des années à savoir que cette journaliste de second ordre était non seulement ce qu’on appelait autrefois une « gourgandine » ambitieuse mais aussi une harpie foncièrement méchante.

Dans la vie, il faut savoir s’entourer, a fortiori quand on est chef d’Etat. Or, Hollande avait un ministre préféré qui s’appelait Jérôme Cahuzac et qui multipliait ses comptes clandestins à l’étranger, une « plume » qu’il adorait qui s’appelait Aquilino Morelle et qui faisait cirer ses chaussures à l’Elysée, un ami de toujours qui s’appelait Jean-Pierre Jouyet dont il avait fait son secrétaire général et qui mentait comme un arracheur de dents.

Autant dire que ce balourd ne sait pas plus choisir ses maitresses que son entourage le plus proche. C’est grave pour un chef de l’Etat. Et si ce Vaudeville avec un président en caleçon réjouit les Anglais (toujours prêts à nous mépriser) il commence à nous donner la nausée.

 

25 Nov 2014 | Comments (9)

La morale et l’arithmétique

Qu’Alain Juppé ait été hué à Bordeaux, c’est-à-dire chez lui, par des militants de l’UMP venus écouter Nicolas Sarkozy en campagne pour la présidence du parti est particulièrement révélateur.

D’abord, cela nous annonce un combat sans merci, dans quelques mois, pour la primaire de la droite. Tous les coups seront permis dans cette nouvelle guerre des chefs, et même les pires. Car on ne fera croire à personne que la bronca anti-Juppé de Bordeaux ait été « spontanée ». Il est évident que les hommes (de main) de Sarkozy avaient amené par autocars entiers leur claque et leurs gros bras pour chahuter, à domicile, le malheureux Juppé qui ne s’y attendait visiblement pas.

Ensuite, cette opération qui rappelle les pires méthodes des Foccart et Pasqua d’antan, prouve aussi, si besoin en était, que Sarkozy compte mener ses campagnes pour la présidence de l’UMP, pour la primaire de la droite et pour la présidentielle « à droite toute », en tirant à boulets rouges contre tous ceux qui –comme Juppé- souhaiteraient une union entre la droite et le centre.

Enfin, cela laisse comprendre qu’en faisant une telle erreur, Sarkozy, s’il persiste dans cette voie, n’a aucune chance de l’emporter en 2017.

Il est évident que Sarkozy sera élu, ce prochain week-end, président de l’UMP par les militants. Mais il sera déjà intéressant de voir le score que fera Bruno Le Maire qui a su se positionner en défenseur raisonnable de l’UMP originelle, c’est-à-dire d’une union entre la droite et le centre.

Si, face à Le Maire (et à Mariton), Sarkozy obtient moins de 75% des voix ce sera pour l’ancien président une défaite qui démontrera que, même à l’UMP, nombreux sont ceux (25% ou plus ) qui ont gardé un mauvais souvenir de son quinquennat, du bling-bling, des volte-face, des échecs, des scandales.

Mais, et ce serait beaucoup plus important encore, cela prouverait aussi qu’un certain nombre d’électeurs de droite, même parmi ceux qui sont « encartés » à l’UMP, ne veulent pas de cette droitisation à outrance que semble, de nouveau, prôner Sarkozy et que ces électeurs de droite savent parfaitement que, pour l’emporter en 2017, il ne faudra pas courir derrière les électeurs du Front National mais qu’il faudra s’allier, si ce n’est s’unir avec les centristes.

Sarkozy ne semble toujours pas avoir compris qu’il ne pouvait plus désormais récupérer les voix de Marine Le Pen ni pour le premier tour ni pour le second. Tout simplement parce que le vote FN n’est plus un vote de rejet mais est devenu un vote d’adhésion et qu’avec nettement plus de 20 % au premier tour la patronne du Front National sera, selon toute probabilité, en tête au premier tour et donc présente au second tour.

Pour qu’il soit face à elle à ce second tour, le candidat de la droite devra avoir battu le candidat de la gauche (Hollande, Valls ou un autre) et donc avoir, dès le premier tour, rassemblé la droite traditionnelle et une bonne partie du centre qui, il ne faut jamais l’oublier, a toujours recueilli entre 10 et 15% des voix.

Si, par sa droitisation, Sarkozy oblige les électeurs centristes à voter pour un Lagarde ou un Morin, voire un Bayrou, il sera pris entre une Marine Le Pen à 22% et un candidat centriste à 12% ce qui pourrait le faire plafonner à 18% et donc risquerait de le faire devancer par le candidat de la gauche.

C’est moins la morale que l’arithmétique qui condamne la droitisation de Sarkozy.

Tout se jouera, bien sûr, lors de la primaire de la droite pour peu qu’elle soit vraiment « ouverte ». Les électeurs du centre choisiront évidemment Juppé. Mais les autres ? Préféreront ils un Sarkozy à la tête d’une nouvelle UMP dont il aura changé le nom et qu’il aura conduite sur les plates-bandes du Front National, en multipliant sans doute les dérapages, à coups de karcher et de « pauv’con », ou un Juppé sachant mélanger ce qui reste du gaullisme à ce qui reste de la démocratie chrétienne et du radicalisme de bon aloi ?

Tout dépendra sans doute des sondages. Si Juppé continue à être en tête, il est vraisemblable que les électeurs de droite préféreront jouer le vainqueur…

Pendant ce temps Marine Le Pen évoque une « grande alliance patriote » avec les électeurs de Dupont-Aignan, de Jean-Pierre Chevènement et de Philippe de Villiers et Hollande continue à dégringoler dans les sondages, à se faite huer par les ouvriers à Florange et à se faire trainer dans la boue par Valérie Trierweiler..

24 Nov 2014 | Comments (4)

J’abroge, tu abroges, il abroge…

  (suite…)

20 Nov 2014 | Comments (14)

Une droite ringarde

Ce n’est pas facile d’être au pouvoir mais être dans l’opposition n’est pas non plus de tout repos. D’ailleurs personne n’osera dire que, depuis que la gauche règne sur le pays, la droite ait fait des étincelles. C’en est à se demander lesquels sont les plus mauvais, des socialistes menant une politique qui conduit le pays à la ruine ou de l’UMP qui, après nous avoir offert sa bataille de chiffonniers (qui n’est toujours pas finie) bredouille, bafouille et se contredit sur à peu près tous les sujets.

Nathalie Kosciusko-Morizet incarne la droite au Conseil municipal de Paris. Battue par Anne Hidalgo, après avoir mené une campagne souvent maladroite, NKM harcèle en permanence sa rivale victorieuse, tout en se préparant, évidemment, à un avenir qu’elle imagine plus glorieux.

C’est, bien sûr, son rôle que de mener la vie dure à l’héritière de Delanoë. Mais il ne faudrait pas que cette opposition systématique la conduise à adopter des postures qui la feraient passer (et avec elle la droite en général) pour totalement ringarde.

Le piège est énorme et d’autant plus que, dans une vie précédente, la même jeune femme, alors qu’elle était ministre, avait joué les écolos de service ce qui, bien sûr, l’avait déjà sérieusement ringardisée. On se souvient que, ministre de l’Ecologie et voulant plaire aux adeptes de la lampe à huile et de la marine à voile, elle avait condamné et interdit l’exploration et a fortiori l’exploitation du gaz de schiste.

Il est évident que, dans quelques années, quand les Etats-Unis auront acquis une totale indépendance énergétique grâce au gaz de schiste et que Total fera fortune grâce à ce même gaz de schiste que la société française exploitera en Grande-Bretagne, les Français condamneront sans pitié tous ceux qui, chez nous, se seront opposés à l’exploitation de ce fabuleux trésor enfoui sous notre sol et nous auront fait rater une chance inespérée de sortir du marasme. On brûlera alors sans doute NKM en effigie dans nos rues, sans lumières.

Mais têtue comme pas deux et sans se rendre compte que l’écologie est passée de mode et ne paie plus depuis déjà quelque temps, NKM vient d’aggraver son cas et prenant la tête d’une croisade « anti tours » dans la capitale.

Hier, elle a réussi à entrainer une majorité du Conseil de Paris (UMP, UDI, Parti de gauche et Verts) qui, par 83 voix contre 78, a bloqué le projet de la tour Triangle.

Conçue par deux architectes célèbres, Jacques Herzog et Pierre de Meuron, cette tour devait être construite à la Porte de Versailles (loin donc du centre historique de la capitale), avoir 180 m. de haut (30 de moins donc que la Tour Montparnasse) et offrir 80.000 m2 de bureau. Elle devait surtout donner un sérieux coup de jeune, sur le plan architectural, à notre bonne vieille capitale.

Certes, ce projet a été lancé par Bertrand Delanoë, mais en s’y opposant et en faisant de ce combat la première de ses batailles, NKM se rend-elle compte qu’elle entre brutalement dans la galerie des portraits de toutes les vieilles barbes qui se sont opposées à la Tour Eiffel, au métro, aux chemins de fer, à l’aviation, à la machine à café et à tous les progrès des deux derniers siècles.

En voulant trottiner derrière Eva Joly et Cécile Duflot pour être à la mode, la belle polytechnicienne se fourvoie dans toutes les contradictions de ces planteurs de choux au point de se déclarer à la fois en faveur du mariage pour tous et contre les tours, tantôt au nom du modernisme, tantôt au nom de la sauvegarde de valeurs du passé.

Qu’elle continue à se faire doucement hara-kiri en copinant avec les verts et le Parti de gauche serait strictement sans importance si cette attitude pour le moins surprenante ne ringardisait épouvantablement la droite et ne paralysait la capitale.

Paris n’est plus, depuis longtemps déjà, la Ville-Lumière, la capitale des Arts et des Lettres. Elle est distancée par Londres et maintenant par Berlin. Or, ces deux villes construisent, bâtissent, innovent à tour de bras, de pelleteuses et de grues, avec des tours toujours plus hautes et plus audacieuses. Paris se recroqueville, se ratatine, devient une ville-musée poussiéreuse qui s’imagine que la culture c’est la Gay-pride et l’avenir le vélib’.

Bien sûr, cela fait mal au cœur de dire qu’Anne Hidalgo a raison. Alors contentons-nous de dire que NKM a totalement tort de ringardiser ainsi la droite parisienne avec son opposition absurde –comme peuvent l’être les écolos- aussi bien au gaz de schiste qu’aux tours parisiennes.

18 Nov 2014 | Comments (9)

Faut-il tondre Zaz ?

Un ami fidèle de ce petit blog me demande, m’enjoint même de commenter « l’affaire Zaz ». Comme je me refuse à perdre mes rares fidèles et qu’en même temps je me refuse aussi –contrairement à beaucoup d’autres- à commenter une affaire dont je n’ai jamais entendu parler, j’ai été obligé de me renseigner un peu sur cette nouvelle « affaire » qui défraie, parait-il, la chronique parisienne.

En deux mots, on reproche à la « jeune » chanteuse (34 ans tout de même !) d’avoir déclaré : « En France, on se focalise un peu trop sur les choses négatives alors qu’à côté de ça il y a beaucoup de personnes qui réinventent la société. A Paris, sous l’occupation, il y avait une forme de liberté. On chantait la liberté alors qu’on ne l’était pas totalement. Pour moi c’est ça Paris ».

Faut-il tondre Zaz en place publique pour ces quelques mots ? Toute la question est là.

Peu expert en chansonnettes, j’avoue que je trouvais cette ancienne chanteuse des rues plutôt sympathique avec un certain charme et un vrai (petit) talent qui pouvait laisser espérer en elle -peut-être un jour- une nouvelle Piaf. Qu’elle soit allée chanter son tube « Je veux » au sommet du Mont Blanc avec ses musiciens prouvait qu’elle avait, en plus, un sens inné de la publicité, indispensable de nos jours.

Sa déclaration sur « la liberté à Paris sous l’occupation » est évidemment affligeante et mériterait que cette petite idiote soit mise un temps au piquet, c’est-à-dire au purgatoire des maisons de disques pendant un an ou deux, juste assez pour lui donner le temps d’apprendre quelques rudiments de notre histoire moderne. Mais de-là à en faire « une affaire » de plus, s’ajoutant aux « affaires » Bygmalion, Bettencourt, Karachi, Tapie, Cahuzac, Jouyet et autres, c’est un peu beaucoup.

La petite chanteuse n’est ni Jean-Marie Le Pen affirmant, en 2005, dans Rivarol : « L’occupation allemande en France n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y a eu des bavures inévitables » ni Eric Zemmour faisant la promotion de son dernier livre à coup de provocations et allant jusqu’à prétendre que Pétain avait… sauvé des Juifs.

Non, il ne fait pas tondre Zaz qui n’est ni une responsable politique ni une vedette du microcosme médiatique.

Ce qu’il faudrait faire c’est interdire aux chanteurs et chanteuses, aux danseurs et danseuses, aux artistes de cirque et de cinéma des deux sexes de commenter l’actualité et plus encore les grands événements du siècle dernier, de la bataille de Verdun à la guerre d’Algérie en passant par la Shoah. En même temps, on pourrait demander à la presse de ne plus transformer le moindre dérapage de la moindre starlette du show-business en « affaire d’Etat », même si cela arrange leur business…

16 Nov 2014 | Comments (10)

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