Le chômage continue d’augmenter, Bruxelles n’apprécie pas le budget de la France, 86% des Français ne veulent plus voir Hollande, la majorité présidentielle est en train d’exploser, le Premier ministre a tellement honte du PS qu’il veut en changer le nom…

Nous avons maintenant 3,430 millions chômeurs de catégorie A, soit 4,3% de plus qu’il y a un an, et 5,120 millions chômeurs toutes catégories, soit 5,7% de plus que l’année dernière. Rebsamen, le ministre du Travail célèbre pour ses gaffes est, cette fois, honnête et reconnait tout penaud : « Nous sommes en échec » en se contentant de d’annoncer la création de 50.000 emplois aidés de plus. Ce gouvernement n’a donc toujours pas compris que ces emplois aidés ne servaient qu’à truquer les chiffres, sans que personne ne soit dupe, tout en plombant davantage l’économie puisqu’ils ne créent aucune richesse et que c’est l’Etat qui les paie.

Pendant combien de temps encore faudra-t-il leur répéter que seuls des emplois créés par les entreprises (privées) pourront nous sortir de cette spirale épouvantable du chômage et que, pour que les entreprises puissent embaucher, il faut, d’une part, qu’elles soient libérées du poids de la réglementation qui les étouffe et de celui des charges qui les écrasent et, d’autre part, qu’un minimum de croissance –au moins +1,5%- fasse redémarrer la machine avec des investissements permettant l’innovation et une reprise de la consommation. Mais qu’a-t-on donc appris à l’ENA à MM. Hollande, Macron et Sapin ?

Quant à notre budget qui risque bien d’être retoqué par la Commission européenne, il faudrait que Hollande comprenne enfin qu’il n’est plus premier secrétaire du PS et qu’il ne peut donc plus se contenter de faire des synthèses, des compromis et de la ratatouille pour franchir les obstacles en les faisant disparaitre comme par enchantement.

Il a le choix entre, d’une part, Bruxelles, les engagements pris par la France et l’évidente exigence qui veut qu’on ne laisse pas indéfiniment filer les déficits et, d’autre part, les « durs » de sa majorité ou du moins les vrais socialistes et ceux qui veulent qu’il soit fidèle à ses promesses de campagne et qui refusent l’austérité en rappelant que le candidat Hollande avait lui-même affirmé qu’il ne s’inclinerait jamais devant les diktats de Bruxelles, d’Angela Merkel et de la finance.

Or, comme à son habitude, Hollande n’a pas voulu ou a été incapable de choisir. Comme toujours avec lui, c’est la chèvre « et » le chou, le lard « et » le cochon. Son budget avec 4,3% de déficit au lieu des 3% promis et exigés par Bruxelles déplait aussi bien à la Commission européenne qu’à toute l’aile gauche de sa majorité présidentielle. Ces 21 milliards d’économie sont totalement insuffisants aux yeux de l’Europe et totalement insupportables aux yeux de Martine Aubry, de Montebourg et des frondeurs de l’Assemblée qui étaient 39 à s’abstenir lors du vote de la première partie du budget mais qui pourraient bien être plus nombreux pour la deuxième partie, certains pouvant même passer de l’abstention au vote « contre ».

La France est dans une telle situation qu’on ne s’en sortira pas avec des rustines pour retrouver la croissance et avec du bredouillage pour retrouver l’équilibre des comptes. Or, hélas, Hollande, tout au cours de sa carrière, n’a jamais pratiqué que les rustines et le bredouillage. Mais tout le monde se savait…