Mis à part les 47.000 habitants de Bobigny, ville « pourrie » de Seine Saint Denis, personne ne connait Stéphane de Paoli. C’est bien dommage. Le nouveau maire (UDI) de la ville mériterait, en effet, d’être mieux connu car il représente, à lui seul, ce que les Français détestent, méprisent le plus dans notre faune politique.

Certes, Paoli pouvait se vanter d’avoir pris une ville qui était communiste depuis près d’un siècle, en fait depuis la création de la commune. Aux dernières municipales, il avait battu par 54% des voix la maire communiste sortante, Catherine Peyge. Mais il faut dire que ce qu’on appelait jadis « la ceinture rouge » de Paris est de moins en moins « rouge ». Son « exploit » n’était donc qu’anecdotique.

Soutenu à bout de bras par le député UDI du coin, Jean-Christophe Lagarde, maire du Drancy, Paoli avait constitué une liste « ramasse tout » dans laquelle on trouvait, pêle-mêle, des représentants de la société dite « civile », des responsables d’associations diverses et surtout quelques personnalités locales de la communauté musulmane, membres d’un micro-parti intitulé « l’union des musulmans démocrate de France », de quoi ramasser les voix des très nombreux musulmans de cette commune faite de tours et de barres et peuplée de chômeurs le plus souvent issus de l’immigration.

Le programme de ce conducteur de travaux dans le BTP, ancien joueur de rugby et âgé de 43 ans, était aussi simple que démagogique puisque s’il promettait d’instaurer la gratuité dans toutes les cantines scolaires, il s’engageait surtout à chasser tous les roms de la ville et à installer un peu partout des caméras de vidéosurveillance.

La première décision de Paoli à peine élu fut d’augmenter son indemnité personnelle de maire qu’il porta à 4.500 € par mois, le maximum autorisé pour une commune de moins de 50.000 habitants. Devant les protestations indignées de son opposition, il déclara froidement qu’il avait dû abandonner son métier de conducteur de travaux pour pouvoir remplir ses nouvelles fonctions.

Ce n’était pas tout à fait exact. En effet, Stéphane de Paoli était chômeur depuis des mois. Ce détail incita l’hebdomadaire Marianne à consulter les dossiers locaux de Pôle-Emploi. Et c’est ainsi qu’on découvrit que Stéphane de Paoli cumulait ses indemnités de maire (4.500 €) et ses allocations de chômeur (1.851 €).

6.351 € pour Monsieur le Maire dans une ville dévastée par le chômage et la précarité, c’est évidemment beaucoup. Et personne ne pourra reprocher à Manuel Valls de vouloir faire vérifier d’un peu plus près les listes des bénéficiaires des allocations chômage.

Cela dit, ce scandale est parfaitement légal car –et c’est l’un des aspects croquignolets de l’affaire- Pôle-Emploi ne considère pas la fonction de maire comme… un emploi. Paoli est donc « sans emploi » et donc chômeur.

Ce qui est stupéfiant c’est que ni Jean-Christophe Lagarde, candidat à la présidence de l’UDI, ni personne dans les instances de l’UDI n’aient fait comprendre un peu vertement à Stéphane de Paoli que, de nos jours, un minimum de pudeur s’imposait si l’on ne voulait pas que l’abime qui se creuse entre les élus, même fraichement arrivés, et les électeurs ne s’élargisse encore davantage.

Mais, après tout, quand on voit ce qui se passe encore plus haut, on ne voit pas pourquoi un Stéphane de Paoli se priverait…

Comme disait je ne sais plus qui : « Quand on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend et qu’on apprend ce qu’on apprend, on comprend que… l’abstentionnisme soit devenu le plus grand parti de France et que Marine Le Pen obtienne plus de 25% des voix »