Décidément, François Hollande est l’homme de tous les records. Il était déjà, et depuis un bon moment, le président le plus impopulaire de la Vème République, c’est sous son règne qu’on avait atteint les 5 millions de chômeurs et voici que la dette de la France dépasse la ligne fatidique ou du moins symbolique des 2.000 milliards d’euros. Pour un homme qui voulait être jugé sur ses résultats, il est comblé. On peut ajouter un déficit de 4,4% cette année et de 4,3% en 2015.

Pendant les deux premières années de son quinquennat, Hollande nous a répété que tout était de la faute de Sarkozy qui lui avait laissé une situation dramatique au-delà de tout ce qu’il avait pu imaginer mais qu’en tous les cas, grâce à lui, tout allait s’arranger dans les prochaines semaines. On se souvient que, pendant des mois, tout au long de 2012 et de 2013, il nous a juré les yeux dans les yeux qu’il allait inverser la courbe du chômage… avant la fin de l’année 2013 !

Aujourd’hui, il n’ose plus guère évoquer la responsabilité de son prédécesseur et surtout il s’accorde de nouveaux délais pour tenir ses promesses. Ce n’est plus l’année prochaine ni même en 2016 que la France respectera ses engagements devant Bruxelles d’avoir un déficit inférieur aux 3% du PIB mais en… 2017. Comme il a, lui-même, fort peu de chance d’être réélu en 2017, ce sera son successeur qui aura à affronter les foudres de la commission européenne et qui pourra dire, à son tour, que tout est de la faute de son prédécesseur.

Michel Sapin se vante ce matin de faire baisser les prélèvements obligatoires. Ils représentent 44,7% du PIB cette année et ils ne seront plus que de… 44,6% en 2015. Autant dire que le ministre des Finances se moque de nous. Même avec ce 0,1% de moins nous seront toujours parmi les habitants de la planète les plus écrasés d’impôts.

Mais on a, en fait, l’impression que Sapin et ses copains du gouvernement se prennent les pieds dans les chiffres. Ils nous annoncent, en effet, en même temps que 9 millions de foyers vont voir leurs impôts baisser ou même ne plus avoir d’impôts à payer (ce qui représente environ 3,3 milliards de manque à gagner pour l’Etat), que les autres ne verront pas pour autant leurs impôts augmenter et que les déficits vont baisser. On ne comprend pas par quel tour de passe-passe par quelle entourloupe, ces incapables pourraient bien faire baisser les recettes sans augmenter les déficits.

Nous allons faire des économies en 2015, répondent-ils tous en chœur ; l’Etat 7,7 milliards, les collectivités locales 3,7 milliards, l’assurance maladie 3,2 milliards et la protection sociale hors assurance maladie 6,4 milliards. Mais à qui veulent-ils faire croire qu’ils pourront faire ces 21 milliards d’économies l’année prochaine même s’ils s’en prennent aux pensions des retraités et aux allocations des familles plus ou moins nombreuses ?

D’ailleurs, ils n’ont toujours pas compris que, si l’on voulait à tout prix sauvegarder le « système français », il vaudrait mieux augmenter les recettes que tenter de diminuer les dépenses. C’est-à-dire permettre aux entreprises d’investir et de trouver de nouveaux marchés et aux particuliers de consommer, voire d’investir eux-aussi. Mais pour cela il faudrait avoir le courage de s’attaquer au Code des Impôts et au Code du Travail.

Cela dit, cette gauche en totale déliquescence peut dormir sur ses deux oreilles. Elle aurait pu redouter que la droite se réveille avec un programme nouveau et surtout des hommes nouveaux. Elle peut être rassurée. La droite ressort Sarkozy et les sénateurs UMP n’ont trouvé personne d’autre comme président que Gérard Larcher. On prend toujours les mêmes et on recommence indéfiniment. C’est désespérant !

Il est vrai que Raffarin au « plateau » et Juppé pour la présidentielle n’auraient rien eu de très nouveau non plus. Mais c’est justement de cela dont les Français ne veulent plus.