Personne n’aurait, bien sûr, l’envie de plaisanter sur un tel sujet mais on se demande tout de même quel est l’imbécile qui, à l’Elysée, a eu l’idée d’organiser une sortie officielle du président de la République sur le thème de… l’autisme.

On sait que depuis une bien malheureuse visite à Carmaux où, devant la statue de Jean Jaurès, celui qui prétend être son successeur s’était copieusement fait huer par la foule et notamment par les ouvriers du coin, pour la plupart réduits au chômage, les visites « sur le terrain » du chef de l’Etat s’étaient, comme par hasard, raréfiées.

Depuis des semaines, Hollande n’osait plus sortir de son « bunker » élyséen si ce n’est pour s’envoler vers le bout du monde ou pour aller célébrer, généralement sous des déluges de pluie, l’anniversaire des débuts de la guerre de 14 ou celui de la libération de Paris en 44. Personne n’a oublié l’image à la fois pitoyable et grotesque de François Hollande trempé jusqu’aux os à l’ile de Sein.

Mais Hollande ne pouvait tout de même pas laisser indéfiniment à Manuel Valls l’exclusivité des journaux télévisés. Il a donc décidé de reprendre ses « rencontres avec les Français » que certains de ses amis qualifient un peu vite de « reconquête de l’opinion ».

Aujourd’hui c’était la première de ces visites et c’était à Angoulême. Ce choix était déjà curieux puisqu’Angoulême fait partie de ces innombrables grandes villes que la gauche a perdues lors des dernières municipales, le jeune UMP Xavier Bonnefont, ancien de l’équipe de Raffarin, ayant battu le socialiste Philippe Lavaud qui tenait la mairie depuis 2008. Mais il est vrai que les socialistes n’ont plus beaucoup de mairies.

Plus curieux encore était le thème choisi pour cette visite, l’autisme. Certes, cette maladie qui frappe surtout les enfants est particulièrement dramatique et l’Etat se doit d’aider les chercheurs à mieux cerner les origines de cette maladie et de développer les établissements, beaucoup trop rares pour l’instant, qui peuvent accueillir les enfants qui en souffrent.

Mais comment les collaborateurs du président peuvent-ils ignorer que cela fait des mois que les Français accusent Hollande d’être… autiste, c’est-à-dire d’être totalement coupé des réalités, de ne pas entendre le peuple, d’être enfermé sur lui-même, sur ses convictions ?

Envoyer Hollande se pencher sur les problèmes de l’autisme relevait du pire des mauvais goûts, de l’humour le plus détestable. Comment n’y ont-ils pas pensé ?

Des bataillons de CRS accompagnaient naturellement le président ce matin à Angoulême puisque, comme Sarkozy à la fin de son mandat, il ne peut plus se déplacer sans avoir à redouter des incidents et pour le moins des huées et des sifflets. Cela n’a pas raté. Des militants de la Manif pour tous étaient là pour l’accueillir. Il y a de fortes chances pour que François Hollande les retrouve désormais à chacun de ses déplacements.