Ce matin, on ne sait vraiment plus où donner de la tête !

Paris-Match nous apprend, photo à l’appui et en couverture, qu’Arnaud Montebourg file le plus parfait amour avec Aurélie Filippetti à Los Angeles ; Le Point fait dire à Aquilino Morelle, l’ancien conseiller de Hollande qui se faisait cirer ses chaussure à l’Elysée, qu’il a été « victime d’une épuration ethnique » ( ?) et qu’avec Macron à Bercy « Angel Merkel va nous traiter comme nous le méritons, c’est-à-dire comme des laquais » ; le Nouvel-Observateur nous livre les états d’âme du président de la République qui pleurniche en avouant qu’il a été profondément « blessé » par le bouquin de son ancienne maitresse mais que ce qu’elle a écrit n’est qu’une suite de mensonges et qu’il aime et a toujours aimé les pauvres ; Le Figaro nous affirme que Thomas Thévenoud, le très éphémère secrétaire d’Etat au Commerce extérieur qui avait « négligé » de payer ses impôts, s’accroche à son siège de député ; France Info nous affirme que Kader Arif, le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, pourrait bien avoir des ennuis avec la Justice pour des histoires de contrats qu’auraient obtenus son frère et ses neveux avec la région Midi-Pyrénées, etc., etc.

C’est ce qui s’appelle une fin de règne et, dans cette ambiance de plus en plus pestilentielle, cette fin de règne n’en finit pas et va sans doute durer encore un peu plus de deux ans !

Que l’ancien ministre du Redressement productif qui s’est séparé d’une petite actrice après s’être séparé d’une vedette du petit écran couche maintenant avec l’ancienne ministre de la Culture qui s’est elle-même séparée d’un ancien ministre de Chirac, alimente évidemment la presse dite « people ». Mais on peut tout de même se demander si toutes ces galipettes donnent une bonne image de notre personnel politique. Certains diront qu’il s’agit de « la vie privée ». On leur fera remarquer que Montebourg et Filippetti se sont laissé photographier et ont visiblement été ravis de faire la « une » de Match comme des tourtereaux faisant un pied-de-nez, depuis la Californie, à Hollande, à Valls et au PS.

On voit d’ailleurs mal le président de la République leur reprocher leur conduite, lui qui a osé nommer la mère de ses quatre enfants ministre, qui se croit obligé de répondre aux attaques de son ancienne maitresse et qui va prendre son scooter pour rejoindre sa nouvelle maitresse.

On rigole en se souvenant des éditorialistes qui nous avaient doctement expliquer qu’Aurélie Filippetti, fille de mineur immigré et élue de Florange et de la Lorraine malheureuse, ne pouvait pas admettre le virage social libéral effectué par Valls. Ils ne savaient pas qu’elle était tout simplement « à la colle » avec Montebourg !

En fait, ce quinquennat Hollande aura surtout été marqué par ce qu’il faut bien appeler des « histoires de cul » puisqu’il a commencé avec l’affaire de DSK à New-York sans laquelle Hollande n’aura jamais été élu et qu’il sombre aujourd’hui dans des romances de gare plus ou moins « hard »

La question est de savoir si ce goût très prononcé de nos dirigeants pour la gaudriole explique la dégringolade du pays parce qu’ils n’auraient pas le temps de s’occuper de la France ou si toutes ces coucheries qui s’étalent au grand jour nous sont données en pâture pour tenter de nous cacher tous les échecs de ce gouvernement, le chômage qui augmente encore, les déficits qui se creusent toujours davantage.

Alors que le pauvre Michel Sapin, le ministre des Finances, est contraint de nous avouer que le déficit sera cette année de 4,8% du PIB et que les 3% exigés par Bruxelles ne seront, au mieux, atteints qu’en 2017 ce qui nous laisse présager de nouvelles augmentations d’impôts et de nouvelles baisses de prestations sociales, alors que Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, nous annonce que nous nous préparons à faire la guerre en Irak et en Syrie et qu’il faudrait sans doute la faire aussi en Libye, le président s’indigne des méchancetés que vient de balancer son « ex » qu’il avait virée sans grande élégance.

Hollande ne se rend donc même pas compte du ridicule dans lequel il patauge sans pudeur. Sans parler de de Gaulle ou de Pompidou, certains de ses prédécesseurs, toutes couleurs confondues, ont eu, eux aussi, une vie sexuelle parfois un peu débridée. Mais, mis à part Sarkozy, ils n’ont jamais éprouvé le besoin de l’étaler sous nos yeux.

On comprend que Manuel Valls commence à s’impatienter. Il tape du poing sur la table pour faire rentrer les « frondeurs » dans le rang, joue les Mendès en annonçant qu’il ne comptabilisera pas la voix de Thévenoud-la-brebis-galeuse lors du vote de confiance, mais fait tout de même ses comptes et, sachant que des Ecolos lui feront sans doute défaut derrière Cécile Duflot, s’aperçoit que sa majorité ne tiendra que grâce aux voix des radicaux de Jean-Michel Baylet lequel lui fait « la gueule » depuis qu’il n’a pas obtenu le ministère régalien auquel il prétendait.

Pour apparaitre en sauveur de la gauche (qu’il trahit) et surtout du pays, Valls souhaite évidemment qu’Hollande continue à s’enfoncer dans ses marécages et les sondages mais il sait que si cela continue à ce rythme d’un ou deux scandales par semaine, il finira, lui aussi, par être englouti.

L’opposition, elle, a retrouvé le sourire. Elle a enfin découvert « l’homme providentiel » qu’elle cherchait désespérément depuis des mois pour faire oublier tous les échecs du quinquennat passé. Il sort du bois, il arrive, il approche, il est là, il va entrer dans l’arène avec son habit de lumière, sa muleta et son épée. Olé, Nicolas ! Et tous ceux qui voulaient tourner la page, qui exigeaient un bilan, qui parlaient du droit d’inventaire et qui le piétinaient commencent à se rallier les uns après les autres, toute honte bue et, tirant la langue come un troupeau assoiffé, se disputent déjà les places. Copé se voit bien à Matignon, Xavier Bertrand aussi, Le Maire aussi, Juppé aimerait bien retrouver le Quai d’Orsay. « Putain, encore deux ans ! »…