Stupéfiant ! Jamais dans l’histoire de la République nous n’avions vu un président aussi pitoyable. Alors que nous étions en droit d’attendre un chef de l’Etat reconnaissant qu’il avait tout raté pendant la première moitié de son quinquennat mais voulant remonter sur son cheval et nous déclarant qu’avec son nouveau gouvernement il allait tirer toutes les leçons de tous ses échecs et se lancer résolument dans une toute autre politique, nous avons eu un François Hollande pleurnichant sur son sort et bredouillant qu’il allait continuer, comme si de rien n’était, sans changer d’un iota, sa politique dévastatrice.

Il a passé son temps, tout au cours de cette conférence de presse, à nous répéter que le métier de président de la République n’était « pas facile » et même que c’était « très dur » par moments. Pas facile d’augmenter les impôts, pas facile de réduire les dépenses, pas facile de prendre une décision, dur de changer de gouvernement, dur d’essayer de respecter nos obligations vis-à-vis de l’Europe…

Ce type qui avait surnagé en pantouflant pendant des années rue Solferino entre les courants, les tendances, les combines et les coups bas des éléphants du PS, s’imaginait-il vraiment qu’à l’Elysée il pourrait continuer à siroter son pastis en contant fleurette à des starlettes ?

Il semble découvrir, un peu tard, que se retrouver dans le bureau du général de Gaulle, qu’être à la tête de l’Etat, de la France, en pleine crise économique, sociale, politique et morale, alors que le pays est en pleine décomposition, ce n’est « pas facile » et que c’est même par moments « très dur » ! Mais qu’avait-il appris à l’ENA ?

Voulait-il nous attendrir, nous apitoyer sur son triste sort ? Peut-être.

Une chose est sûre : il a enfin compris qu’il était inutile de nous annoncer qu’il allait inverser la courbe du chômage. D’ailleurs, il n’a pas parlé du chômage qui reste pourtant la toute première préoccupation de tous les Français. Pas un mot. Il n’a même pas prononcé le mot « chômage ». Pas un mot non plus sur l’insécurité. Ni sur l’immigration. Ce président de la République est coupé des réalités du pays au point d’ignorer les grands sujets de préoccupation, d’angoisse des Français.

Maintenant, il ne promet plus rien, il ne s’engage plus à rien, il n’annonce plus la moindre bonne nouvelle. Comme certains espèrent gagner au Loto, il « espère » que sa politique donnera des résultats. Pas cette année, bien sûr. Pas en 2015 non plus. Pas davantage en 2016. Mais… en 2017. Car, avoue-t-il aussi penaud qu’un gosse menteur pris sur le fait, « Les résultats se font attendre », « Les résultats tardent à venir ». C’est en effet le moins qu’on puisse dire.

Tout est d’ailleurs maintenant renvoyé à 2017, même la réduction des déficits à 3%. Il va d’ailleurs envoyer Manuel Valls voir Angela Merkel pour lui demander (poliment) de comprendre que la France fait des efforts mais qu’elle « a choisi la compétitivité plutôt que la baisse des déficits » et donc que nous laissons filer les déficits. On peut déjà imaginer que la chancelière de fer va donner une mémorable paire de claques au brave matador catalan.

En clair, Hollande va maintenant raconter aux Allemands (et à Bruxelles) que la France ne peut pas réduire ses déficits comme elle s’y était engagée car elle doit relancer son économie. Et raconter aux chefs d’entreprise et aux ménages qu’il faut encore faire des efforts car la France doit réduire ses déficits. Ni les Allemands, ni les patrons ni les Français ne seront dupes.

Tout le monde a souri quand Hollande nous a affirmé qu’il ne se préoccupait pas des sondages. Une chance pour lui qui est maintenant à 13% d’opinions favorables.

Au fond, il n’a eu qu’un seul moment de sincérité ou du moins de lucidité : quand il a reconnu qu’il avait sa « part de responsabilité » dans la montée du Front National parce qu’il « n’avait pas su répondre aux angoisses de ceux qui vivent dans les quartiers difficiles ». Il faut préciser que d’autres ont, eux aussi, une part de cette responsabilité mais il est évident qu’un gouvernement « de gauche » qui ne fait rien pour lutter contre le chômage, la précarité et l’insécurité ne peut en effet que pousser vers l’extrême-droite tous ceux qui sont désespérés. Mais Hollande semble ignorer que cela fait longtemps que le FN ne recrute plus seulement dans les quartiers difficiles et chez les électeurs de gauche.

Comme on s’y attendait, Hollande avait commencé cette conférence de presse en nous annonçant qu’il donnait ordre à nos aviateurs d’aller pilonner les positions des djihadistes de l’Etat Islamique au nord de l’Irak.

Nous avons déjà dit, ici même, que cette intervention aérienne était vouée à l’échec, qu’avant longtemps nous serions obligés, comme en Afghanistan et au Mali, d’envoyer des hommes au sol et que nous nous engagions là dans un engrenage qui peut avoir des conséquences pour le moins fâcheuses et qui se terminera, évidemment, par une défaite de plus.

Il aurait été autrement plus simple de demander, un peu fermement, à nos « amis » saoudiens qataris, koweitiens et autres d’arrêter de financer les rebelles du Califat.

Mais, même en chef de guerre, Hollande se prend encore les pieds dans le tapis. Il a précisé que notre aviation interviendra contre les djihadistes « en Irak mais pas en Syrie ». Alors que, bien sûr, les terroristes du califat, ne connaissant pas de frontières, sont tout aussi bien en Irak qu’en Syrie. Pourquoi laisser ainsi un « sanctuaire syrien » à cet ennemi ? Hollande nous répond : parce que les autorités officielles de Bagdad nous ont demandé d’intervenir ce qui n’est pas le cas de la Syrie avec laquelle nous n’avons plus aucune relation puisque nous condamnons le régime de Bachar al Assad.

C’est tout à fait vrai. Sauf que la France intervient en Syrie depuis des mois en armant les rebelles « modérés » de l’Armée Syrienne Libre… sans avoir demandé l’autorisation de Damas.

En réalité, Hollande ne veut pas attaquer les terroristes du califat en Syrie pour ne pas avoir l’air d’aider Assad contre lequel il voulait faire la guerre l’année dernière. Nos Rafales vont donc pilonner les troupes du califat, en Irak, pour les empêcher de s’emparer de Bagdad, mais arrêteront de tirer dès qu’elles auront franchi la frontière irako-syrienne pour leur permettre de s’emparer de Damas. Absurde !

Oui, pitoyable et absurde !