Nos Rafales ont commencé, ce matin, à pilonner les positions de l’Etat Islamique au nord de l’Irak. C’est donc, après le Mali et la Centrafrique, la 3ème guerre dans laquelle se lance François Hollande. Qui aurait bien pu imaginer que cet apparatchik rondouillard serait un tel va-t-en-guerre ? Mais il est vrai que les socialistes aiment faire la guerre, de Guy Mollet avec la guerre d’Algérie et l’opération de Suez à Jospin avec l’Afghanistan en passant par Mitterrand avec la guerre de Koweït. Il y a une vieille tradition guerrière chez ces gens-là qui sont toujours prêts à envoyer nos braves soldats se faire « casser la gueule », histoire de faire oublier leurs propres défaites dans tous les combats qu’ils auraient dû mener sur le plan intérieur.

Il faut d’ailleurs dire qu’ils jouent sur du velours. En France, il y a une tradition qui veut que personne ne puisse oser contester une décision du gouvernement dès lors que nos troupes sont engagées dans des combats. C’est l’union nationale, fut-ce pour une guerre totalement absurde et perdue d’avance. Curieuse conception de la démocratie !

Aujourd’hui, toute l’opposition se bouscule au portillon pour applaudir cette déclaration de guerre que vient de prononcer Hollande contre les djihadistes de l’Etat Islamique. Personne n’ose demander si la France a vraiment raison de se mêler à un conflit qui oppose, au fin fond des déserts irako-syriens, les Sunnites irako-syriens aux Chiites irakiens et aux Alaouites syriens.

Certes, les Sunnites en question, persécutés par les Chiites de Bagdad auxquels les Américains ont donné tous les pouvoirs pour qu’ils puissent se venger de la dictature (sunnite) de Saddam Hussein, sont devenus des extrémistes islamistes prêts à pratiquer la pire des terreurs pour s’imposer.

On évalue à 35/40.000 hommes les soldats de ce califat autoproclamé. Or, il n’y a jamais eu 35/40.000 fanatiques islamistes en Irak et on sait parfaitement que ces hommes sont, pour la plupart, d’anciens soldats de l’armée de Saddam Hussein, donc des hommes bien entrainés qui possèdent toujours le matériel de Saddam Hussein et qui sont, surtout, par définition, d’anciens baassistes donc des laïcs. Ils ont rejoint le « calife » al Baghdadi simplement pour faire la guerre aux Chiites et reprendre le pouvoir à Bagdad.

Les considérer comme des disciples de Ben Laden est une absurdité. Tout comme il est absurde de croire qu’ils persécutent la population (sunnite) locale. Ils ne s’en prennent qu’aux minorités religieuses qu’ils considèrent comme des alliés objectifs des Américains. Il est évident que, sans le soutien des populations, ils n’auraient jamais pu remporter si facilement leurs victoires. D’ailleurs, s’ils étaient vraiment des fanatiques islamistes, ils n’auraient jamais eu l’aide financière et militaire des royautés du Golfe. L’attitude de l’Iran, chiite, qui veut les combattre est évidemment révélatrice. C’est l’éternel combat entre les Sunnites soutenus par les gens du Golfe et les Chiites soutenus par l’Iran des ayatollahs.

Qu’allons-nous faire dans cette galère ? En affirmant que cet Etat Islamique menace nos démocraties et l’équilibre de la planète, alors qu’il s’agit d’une guerre de religion purement locale, Hollande prouve à quel point il ignore tout des réalités de ce Moyen-Orient « compliqué ».

Cela dit, il fait un petit plaisir à Barack Obama puisque les Américains ne semblent toujours pas avoir compris qu’ils avaient déjà accumulé les pires erreurs en Irak.

Mis à part les risques d’engrenage et d’embourbement dans cette croisade, Paris va évidemment avoir à payer cher cette politique sur le plan international et apparaitra bien vide, aux yeux du monde arabo-musulman, comme « le valet des Américains » et l’ennemi numéro 2 de l’Islam. Les musulmans n’ont jamais été choqués par les décapitations et l’usage de la terreur qui font partie des meilleures traditions dans les guerres de religion de la région.

Hollande pensait sans doute que l’annonce de cette déclaration de guerre lui redonnerait quelques points dans les sondages et ferait de lui un héros en première page de toute la presse de ce matin. Pas de chance ! Il y a ce matin les inondations catastrophiques du Midi, le « Non’ » au référendum écossais et surtout le retour prévu, attendu, imminent de Sarkozy.

Sa 3ème  guerre ne lui sera sans doute pas plus utile que les deux premières…