On savait que François Hollande était « un gros mauvais ». Depuis qu’il est à l’Elysée, il a tout raté. La croissance est nulle, le chômage continue à augmenter, les déficits se creusent toujours plus, plus personne n’investit, le bâtiment est à l’arrêt, etc. Mis à part le mariage pour tous, il a été et il est totalement incapable de tenir la moindre de ses promesses électorales. Il a eu beau trahir ses électeurs en faisant la plus fantastique volte-face jamais réalisée par un de nos présidents et en passant du socialisme pur et dur au libéralisme honteux, rien n’y fait. Le pays continue sa dégringolade vertigineuse et 83% des Français ne veulent plus de lui.

Aujourd’hui, il a piteusement capitulé devant Manuel Valls qui lui a imposé non seulement de virer les socialistes « intégristes », Montebourg, Hamon et Filippetti, mais aussi et surtout de nommer à Bercy Emmanuel Macron, l’ancien de chez Rothschild qui ne veut plus des 35 heures.

Les premiers jours de ce gouvernement Valls 2 sont d’ailleurs assez stupéfiants puisqu’après s’être fait introniser par les grands patrons du Medef, le Premier ministre a dû, d’abord, prendre la défense de son nouveau ministre de l’Economie à propos des 35 heures et, ensuite, prendre celle de son ministre du Travail, Rebsamen, à propos des faux chômeurs.

Il faut dire que ce pays est tout de même « indécrottable ». Tout le monde sait, depuis 15 ans, que les 35 heures sont une catastrophe et, depuis la nuit des temps, que notre système de protection sociale est tel qu’il génère inévitablement des hordes de tricheurs, de fraudeurs, de profiteurs. Mais oser évoquer, du bout des lèvres, ces deux problèmes c’est, immédiatement, provoquer un tollé général et une levée de boucliers de toutes les sangsues du pays. C’est même redonner toute leur capacité de nuisance à des syndicats qui pourtant ne représentent plus rien ni plus personne depuis belle lurette.

Mais aujourd’hui si le pays retient son souffle ce n’est ni dans l’attente de nouveaux chiffres économiques catastrophiques, ni dans l’attente d’un nouveau couac volontaire et provocateur d’un membre de l’équipe de Valls, ni dans l’attente d’une insurrection des fameux « fraudeurs » qui ressemblent de plus en plus à de petites baudruches, c’est dans l’attente… de la sortie en librairie d’un livre de l’ancienne concubine du chef de l’Etat qui devrait nous démontrer qu’en plus d’être totalement nul, ce que nous savons tous, le chef de l’Etat est un lamentable goujat, ce que nous subodorions déjà un peu..

Pauvre France ! diront certains, à juste titre. Il parait que Valérie Trierweiler y règle ses comptes et qu’elle dresse un portrait absolument dévastateur de son ancien amant, le présentant, sur 300 pages, comme un abominable macho, égoïste et égocentriste, méprisant, cassant, sans aucun sens de l’humour et odieux au-delà de l’imaginable.

Valérie Trierweiler n’est évidemment pas un témoin de moralité au-dessus de tous soupçons. Dès son arrivée sur la scène, le soir de l’élection, quand elle avait exigé que le nouvel élu l’embrasse sur la bouche, les Français l’avaient prise en grippe. Hautaine et prétentieuse. Et son fameux tweet à l’adversaire de Ségolène Royal dans la législative de La Rochelle avait fini par la déconsidérer totalement en démontrant qu’en plus d’être méchante, elle était idiote.

Personne ne la regretta donc quand le président la répudia sans ménagement ni élégance avant de prendre son scooter pour rejoindre, rue du Cirque, sa nouvelle conquête, l’actrice Julie Gayet.

Tout cela est évidemment ridicule. Même si, depuis Henri IV, les Français sont habitués aux galipettes de leurs souverains, Hollande pousse le cochonnet un peu loin. Qu’il n’ait pas voulu épouser la mère de ses 4 enfants et qu’il ait fini, pour se faire pardonner, par la nommer ministre de la République faisait déjà furieusement penser à Idi Amin Dada, Bokassa ou Bongo. Qu’il ait aussi fait défiler ses maitresses dans la cour de l’Elysée puis par une porte dérobée du palais présidentiel avait un petit coté Louis XV, l’élégance en moins. Mais ni Jeanne Poisson, marquise de Pompadour, ni Jeanne Bécu, comtesse du Barry, ni aucune des autres n’eurent l’idée de publier un pavé (dans la mare) de 300 pages pour dire tout le mal qu’elles pensaient de leur souverain et maitre passé. Trierweiler, elle, ne se gêne pas.

Aux yeux de ses derniers fidèles, Hollande était encore sympathique, drôle, grand amateur de bons vins, de contrepèteries et de calembours, tout en rondeurs et presque attendrissant à force de ne vouloir faire de peine à personne. Il parait que Trierweiler en fait un type sinistre, aux plaisanteries de garçon de bains ou de chauffeur-routier et foncièrement méchant. Oui, le goujat parfait. Vu l’ambiance, tout le monde va la croire sur parole et Hollande risque bien de perdre encore quelques points dans les prochains sondages.

Mais le pire va, évidemment, être à l’étranger. On peut déjà imaginer ce que la presse allemande, britannique ou américaine va dire de nous dès demain matin…