80% des Français désapprouvent la politique du gouvernement, le chômage continue d’augmenter et bat tous les records historiques, les déficits et la dette en font autant alors pourtant que les prélèvements obligatoires sont de plus en plus insupportables, nos entreprises perdent chaque jour davantage de compétitivité, l’Etat se délite de partout, la France se meurt et… Manuel Valls déclare froidement, ce matin, dans le Journal du Dimanche : « Il n’est pas question que le gouvernement change de politique ».

Comment appelle-t-on un gouvernement qui refuse de changer de politique alors que celle-là est violemment rejetée par une écrasante majorité des citoyens ? Une dictature. Comment appelle-t-on un gouvernement qui refuse de changer de politique alors que celle-là conduit de toute évidence le pays droit dans le mur et à la pire des catastrophes ? Un ramassis d’irresponsables.

On sait que François Hollande aime évoquer Léon Blum et Jean Jaurès et que Manuel Valls se prend tantôt pour Mendès-France tantôt pour Clemenceau. En fait, nous avons affaire à deux réincarnations du même… Guy Mollet de sinistre mémoire.

Faute de pouvoir envoyer le contingent en Algérie et les paras à Suez, Hollande s’est lancé dans deux expéditions coloniales, au Mali et en Centrafrique, et aurait bien aimé faire une vraie guerre contre la Syrie d’Assad. Et Valls reprend à son compte la fameuse phrase de Mollet : « Ce n’est pas parce que notre politique est la mauvaise que nous allons en changer ». Les socialistes adorent faire des guerres, de préférence coloniales, et sont têtus comme des mules dès qu’il s’agit de mener une politique absurde.

On avait cru qu’Hollande allait finir par ouvrir les yeux quand il nous a annoncé son virage vers la social-démocratie et qu’il s’était mis à faire les yeux doux au patronat en reconnaissant que seules les entreprises pouvaient créer des emplois. On avait espéré que l’entrée de Valls à Matignon allait marquer l’amorce d’un retour vers le bon sens puisque le jeune ambitieux s’était fait une petite réputation en fustigeant comme à plaisir le socialisme de papa de la rue Solferino. Eh bien… rien du tout.

Le capitaine du pédalo continue à chantonner « Tout va très bien Madame la Marquise » alors que son embarcation coule à pic et le matador catalan continue à faire des moulinets avec sa muleta alors qu’il commence à se faire très sérieusement encorner.

Sous la IVème République, l’Assemblée pouvait renverser Mollet. Ce qu’elle a fini par faire. Sous la Vème, rien ni personne ne peut chasser du pouvoir les pires des incapables les plus nuisibles. A moins que les Français descendent massivement dans les rues –et encore ?- il va nous falloir assister impuissants pendant encore plus de deux ans à cette agonie programmée et qui, forcément, empire de jour en jour. De Gaulle pensait que sa constitution garantirait au pays un minimum de stabilité. En fait, elle assure l’impunité et la longévité aux plus mauvais.

Hollande ressemble maintenant à un boxeur, KO, les bras en croix, au milieu du ring, sous les sifflets des spectateurs. Le drame c’est que le coup de gong libérateur (pour lui comme pour les spectateurs) ne retentira qu’en mai 2017.

Hollande a passé les six premiers mois de son règne à accuser son prédécesseur de lui avoir laissé une situation épouvantable. Puis, les six mois suivants à nous jurer qu’il allait inverser la courbe du chômage. Puis, les six mois suivants à nous répéter qu’il n’entendait être jugé qu’en 2017. Maintenant, il n’ose plus nous fixer le moindre rendez-vous. Il se contente, avec son compère, de nous affirmer qu’il a raison et qu’il n’en démordra pas.

Après avoir longtemps ressemblé à Ubu Roi, il ressemble maintenant à Néron. Il joue du pipeau au milieu de l’incendie qu’il a allumé et qui ravage son royaume…