Il parait –si l’on en croit les gens qui se disent « bien informés »- que les duettistes qui sont actuellement à la tête de notre exécutif vont, demain, lors du Conseil des ministres de rentrée, nous sortir une batterie de nouvelles mesures, un arsenal de dispositions inédites, une cascade de solutions miracles et une ribambelle d’idées neuves.

C’est étonnant. Dimanche, Manuel Valls nous déclarait qu’il n’était « pas question que le gouvernement change de politique ». Aujourd’hui, on nous dit que, demain, tout va changer, qu’ils ont enfin trouvé comment régler tous nos problèmes et qu’un avenir prometteur s’annonce soudain pour tous les Français. Ce serait donc au cours de la journée de lundi que Hollande et Valls auraient découvert comment résoudre la quadrature du cercle, en inventant sans doute le fil à couper le beurre, voire même l’eau tiède.

L’idée majeure serait de diminuer les impôts des gens « modestes ». A priori, tout le monde ne pourrait qu’applaudir. Si ce n’est que, dans un pays où 50% des citoyens ne paient déjà pas l’impôt sur le revenu, on peut se demander qui sont ces « gens modestes ».

Mais il y a pire. Comment un gouvernement responsable qui s’est engagé sur l’honneur à réduire les déficits publics peut-il baisser les impôts alors que la croissance est désespérément nulle depuis six mois ? En faisant des économies, nous disent-ils. 50 milliards sur trois ans. Mais sans même avoir fait l’Ena chacun sait deux choses : d’abord, ce gouvernement ne voudra jamais et ne pourra jamais faire ces 50 milliards d’économie ; ensuite, ces 50 milliards seraient totalement insuffisants pour que nos déficits ne dépassent pas les 3% en 2015, comme promis.

Résultats ? Les économies ne seront pas faites, le déficit dépassera les 4,5% l’année prochaine et les réductions d’impôts seront insignifiantes. Bref, comme tous leurs prédécesseurs, les duettistes vont donc continuer à faire à la fois de la cavalerie et du trapèze volant avec cabrioles et galipettes.

Mais, pour eux, l’important est ailleurs. Cela fait bien longtemps qu’ils ont renoncé à faire de la politique ou de l’économie. Ils font de la com-mu-ni-ca-tion. Avec effets d’annonce, effets de manche, roulements de tambour, coups de menton, coups de théâtre, et surtout coups d’épée dans l’eau. En nous annonçant des plans de ceci, des plans de cela, des contrats machins, des pactes trucmuches. Du vent qui permet de faire tourner les moulins à prière de nos éditorialistes.

Pendant deux ans, Hollande et ses sbires nous ont raconté qu’ils allaient faire baisser le chômage. C’était, en effet, la première de nos préoccupations. Le chômage n’a fait qu’augmenter. Alors maintenant ils oublient le chômage et nous racontent qu’ils vont faire baisser les impôts qui n’ont fait qu’augmenter depuis deux ans et qui vont continuer bien évidemment à augmenter, et même de plus belle. D’ailleurs comment pourraient-ils faire baisser les prélèvements obligatoires tant que le chômage augmentera puisque le chômage, par définition même, fait baisser les recettes et augmenter les dépenses ?

En fait puisqu’ils ne s’intéressent qu’à la « com » il va falloir qu’ils trouvent d’autres mots, d’autres slogans, qu’ils changent de rengaine. Depuis qu’ils sont au pouvoir, ils nous ont tannés avec deux mots clés : « responsabilité » et « solidarité » qui ne veulent rien dire ni l’un ni l’autre, a fortiori quand on a des dirigeants irresponsables au point d’avoir instauré la loi de la jungle dans une société où c’est désormais, par la force des choses, le règne du chacun-pour-soi et du sauve-qui-peut.

On attend donc avec impatience les nouveaux mots qu’ils vont nous trouver. On ne voit d’ailleurs pas ce qu’on pourrait attendre d’autre de ces gens-là