François Hollande et Manuel Valls vont se retrouver vendredi à Brégançon pour faire le point sur la situation du pays et préparer la rentrée. On ne connait pas le menu du déjeuner mais on imagine déjà celui de la conversation. Il sera copieux et parfaitement indigeste. En entrée, le chômage qui monte encore et toujours, en plat de résistance, la croissance totalement en berne, en dessert, les déficits qui se creusent davantage. Bref, toutes les spécialités que le maitre-queue nous avait fait miroiter lors de sa campagne, quand il nous avait raconté qu’il avait sa recette pour faire baisser le chômage, remonter la croissance et réduire les déficits. Or il faut bien constater que le chef a piteusement raté tous ses plats et ne nous a servi jusqu’à présent qu’une ignoble ragougnasse à la sauce hollandaise et à rendre malades les estomacs les plus résistants.

Demain, l’INSEE publiera ses chiffres habituels sur le chômage et la croissance. Ils seront, on le sait déjà, comme d’habitude, très mauvais et démentiront une fois de plus toutes les prévisions optimistes du gouvernement et du président qui nous avait annoncé, il n’y a pas longtemps et les yeux dans les yeux, que la croissance était… « là ». Elle est, en effet, « là », partout… sauf en France. Ce qui veut dire que le chômage va encore augmenter et les déficits aussi.

A mi-mandat, ce président devrait donc reconnaitre que ses recettes, ses trucs, les ustensiles de sa boite à outils ne sont que du pipeau. Ses contrats de génération, ses emploi d’avenir, ses pactes de solidarité et de n’importe quoi, du pipeau ! Nous avons un président-pipeau qui, à force de reprendre du poids en se gobergeant aux frais de la République, se remet à ressembler à une baudruche.

Les experts sont formels. Devant une telle situation, Hollande n’a pas le choix : ou il réduit les dépenses ou il augmente les recettes. En clair, ou il taille dans le train de vie de l’Etat, ou il alourdit encore le poids des prélèvements obligatoires. Mais –ce qui est cocasse- ces mêmes experts nous affirment que Hollande ne peut plus ni tailler dans les dépenses ni alourdir le poids des prélèvements, sauf à vouloir faire « sauter la baraque ». Du coup, il va être obligé de laisser encore filer les déficits, quitte à se faire taper très fortement sur les doigts par Bruxelles et « la mère fouettarde » Angela Merkel.

Hollande a un avantage. Il ne peut plus discréditer la France. Depuis longtemps, la France n’a plus aucune crédibilité et la terre entière nous considère comme un peuple de « guignols », incapable de se réformer pour se remettre au travail, et regarde notre président comme un « charlot », même s’il est passé du clairon socialiste à la clarinette social-démocrate.

Que vont décider nos deux compères sous le soleil de Brégançon ? Vont-ils nous faire le fameux « coup du 15 août » ? C’est-à-dire profiter de ce week-end où les Français sont encore sur les plages ou déjà dans les embouteillages pour nous annoncer « en douce » une hausse carabinée des impôts et une baisse drastique d’un bon nombre d’avantages sociaux qui plombent encore notre économie ? C’est ce que ferait n’importe quel gouvernement « responsable ».

Mais comme ces gens-là sont des irresponsables, il est vraisemblable qu’ils vont chercher autre chose. Valls répète à longueur de journée qu’il faut aujourd’hui avoir « un langage de vérité » avec les Français, ce qui, traduit du catalan, signifie qu’il a trouvé de nouvelles « menteries » à nous raconter pour nous faire avaler les dernières pilules qu’il a encore dans son arrière-boutique d’apothicaire.

Il faut reconnaitre que, derrière ses airs bonasses, Hollande est fourbe comme le plus sournois des paysans bataves et qu’il sait mieux que personne vendre aux chalands la peau de l’ours qu’il n’a pas tué et faire prendre aux badauds des vessies pour des lanternes.

Certains imaginent qu’à bout d’arguments et ne voulant pas se présenter devant nous nu comme un ver avec son petit bedon, le roi Hollande pourrait bien, histoire de distraire les foules dans les chaumières et du côté de Landerneau, nous annoncer… son mariage avec Julie Gayet. Ce serait, en effet, un très joli « coup du 15 août ».

On ne voit d’ailleurs pas très bien ce qu’il pourrait nous annoncer d’autre pour tenter de remonter si ce n’est la pente, du moins dans les sondages. Mais on imagine alors facilement ce que serait la presse internationale dès lundi prochain…