Lequel est le plus ridicule des trois ? Le président de la République qui se laisse cracher à la gueule par son ministre de l’Economie et son ministre de l’Education Nationale et qui n’ose pas les virer ou les deux ministres en question en total désaccord avec la politique qu’on leur fait mener et qui ne démissionnent pas ?

Une fois de plus, François Hollande, Arnaud Montebourg et Benoit Hamon se révèlent tels qu’ils sont. Le premier incapable de faire preuve de la moindre autorité, d’un minimum de dignité et acceptant avec délectation d’avaler toutes les couleuvres que lui servent ses propres larbins. Les seconds toujours prêts à faire leur numéro de clowns de service, sachant parfaitement que c’est sans le moindre risque mais n’ayant pas le courage de sortir la tête haute et préférant se ridiculiser plutôt que d’abandonner les ors de la République. La soupe est encore meilleure quand on peut impunément cracher dedans !

Alors que le pays aurait besoin plus que jamais de dirigeants « à la hauteur », nous avons, à l’Elysée, ce qu’il faut bien appeler « une lopette » et, à Bercy comme au ministère de l’Education Nationale, de piètres provocateurs. Autant dire que nous sommes mal partis. Mais nous le savons depuis deux ans et demi.

On se demande dans quel pays de la planète, ailleurs qu’en France, un chef de l’Etat accepterait que son ministre de l’Economie déclare publiquement que la politique menée par le président est « une aberration économique, une absurdité financière et un sinistre politique qui aggrave le chômage, empêche le rétablissement des comptes publics et jette les Européens dans les bras des partis extrémistes qui veulent détruire l’Europe ». Or, c’est ce que vient de déclarer textuellement Arnaud Montebourg au Monde.

Ni Juppé, ni Fillon, ni même Marine Le Pen n’avaient jusqu’à présent osé taper si fort. Quant à Hamon, il déclare au Parisien « Arnaud et moi ne sommes pas loin des frondeurs. Notre volonté est d’être au service d’un rassemblement de la gauche et de peser au sein  du gouvernement »

Du fin fond de l’Océan indien où il a pris connaissance de cette volée de bois vert, Hollande a répondu… « Tous ceux qui sont partisans de la croissance sont les bienvenus ». Il donne donc raison à Montebourg et à Hamon. De deux choses l’une : où il n’a rien compris devant cette « insurrection » de deux de ses ministres, auquel cas il serait un imbécile au-delà de l’imaginable, ou il continue à nous prendre pour des imbéciles, ce qui n’est pas exclu.

Ce qui est sûr c’est qu’en acceptant de telles insolences Hollande se discrédite totalement aux yeux de la classe politique, aux yeux des Français et aux yeux du monde entier. L’abc d’un chef d’Etat est de savoir tenir ses troupes et de ne pas tolérer de murmures dans les rangs. Cette fois c’est beaucoup plus qu’un murmure.

Cela dit, il est évident que les deux zigotos jouent sur du velours. Plus personne ne peut aujourd’hui défendre la politique « mi chou mi chèvre », « lard et cochon » menée depuis plus de deux ans par Hollande à la « va comme je te pousse ». La croissance est nulle, le chômage augmente, les déficits aussi, les prélèvements aussi. Hollande a toujours dit qu’il voulait être jugé sur ses résultats. A mi-mandat, il l’est aujourd’hui et il est condamné aussi bien par les faits que par l’opinion. Que ses amis –vrais ou faux- lui demandent de changer de cap n’a rien d’étonnant.

Ce qui est in admissible c’est qu’ils le fassent publiquement et avec cette violence. D’autant plus qu’ils savent parfaitement que Hollande ne changera pas d’un poil –il l’a dit et répété- et que quand ils lui demandent de « hausser le ton avec l’Allemagne prise au piège de la politique austéritaire » (sic !) ils font évidemment figure de « charlots ». Angela Merkel n’est pas femme à se laisser impressionner par le ton de François Hollande qu’elle méprise souverainement depuis le premier jour.

Les « insurgés en peau de lapin » se réunissent aujourd’hui à la fête de la rose de Frangy. Ils vont, sans guère de doute, en remettre une couche. La question n’est pas de savoir jusqu’où ils vont oser aller. Mais de savoir jusqu’à quand Hollande va tolérer cette insurrection…