Barack Obama vient d’autoriser l’aviation américaine à bombarder les djihadistes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant qui se sont emparés de toute la région de Mossoul et qui avancent inexorablement à la fois vers Bagdad et vers le Kurdistan, chassant toutes les minorités religieuses du nord de l’Irak –à commencer par les Chrétiens- et imposant partout la loi de la Charia.
Toutes les guerres commencent toujours de la même façon. On déclenche quelques raids aériens en précisant bien qu’il n’est pas question d’envoyer des troupes au sol. Mais l’engrenage est tel et l’infanterie étant encore la reine des batailles, on finit par parachuter des hommes puis par débarquer des blindés. Du Vietnam à l’Irak, tous les présidents américains ont toujours suivi ce même tragique scénario.
Il est évident qu’il faut faire « quelque chose » pour tenter de sauver les Chrétiens d’Irak que ces Islamistes fous veulent massacrer et que leur conseiller de fuir leur pays en leur proposant de les accueillir chez nous n’est pas la meilleure des solutions.
Mais comment ne pas s’indigner, une fois de plus, des incohérences criminelles de l’Occident. Les Etats-Unis ont déclaré la guerre et abattu Saddam Hussein qu’ils accusaient d’avoir « des armes de destruction massive ». Il n’en avait pas, ce que Washington savait d’ailleurs pertinemment. Puis, au nom des Droits de l’Homme, les Américains ont instauré un régime fantoche, chiite et corrompu à Bagdad, avant de plier bagage et d’abandonner le pays à son triste sort. Autant dire que pour récupérer des puits de pétrole, la Maison-Blanche a offert l’Irak aux Islamistes sunnites les plus radicaux, soutenus, financés et armés par les monarchies du Golfe… prétendument alliées des Etats-Unis.
Notons au passage qu’à sa toute petite échelle, François Hollande n’a pas été plus brillant puisqu’après avoir voulu déclarer la guerre à Bachir el Assad et avoir officiellement soutenu les « rebelles » syriens, le président français s’est aperçu, un peu tardivement, que les « rebelles » en question étaient d’épouvantable islamistes et s’apprête maintenant à aider leurs adversaires sans d’ailleurs savoir s’ils existent ailleurs que chez Assad.
Bref, à Washington comme à Paris, on en vient à regretter Saddam Hussein et à se demander si Assad n’est pas un moindre mal. Sans parler de la Libye où Washington, Londres et surtout Paris ont lancé leurs avions pour abattre Kadhafi et réalisent aujourd’hui, devant le chaos et la guerre civile qui dévastent la Libye, que le dictateur fou était infiniment moins dangereux pour son peuple et pour l’Occident que ces milices et ces tribus fanatisées qui s’entretuent et massacrent la population.
Personne n’a encore le courage de reconnaitre qu’un dictateur laïc et progressiste, aussi odieux soit-il, est infiniment moins catastrophique qu’une dictature théocratique. Aucun de nos dirigeants n’a encore voulu retenir la leçon de l’Iran où, pour défendre, disait-on, les Droits de l’Homme nous avons préféré l’ayatollah au Chah, précipitant ce pays dans des décennies de malheur et d’archaïsme.
Obama semble n’avoir toujours pas compris que les bombardements de l’US Air Force –comme ceux des autres aviations occidentales- n’avaient qu’un seul effet : mobiliser les peuples contre l’Amérique et l’Occident et les pousser dans les bras des plus extrémistes. On l’a vu au Vietnam, en Afghanistan et dans les pays arabes, voire même en Afrique sahélienne.
Faut-il que l’Occident reste pour autant les bras ballants en battant sa coulpe ? Evidemment non.
Depuis des années, nos capitales prétendent lutter contre le terrorisme qui nous menace et l’Islamisme radical qui gagne du terrain un peu partout dans cette région du monde. Mais nos stratèges en chambre s’entêtent à fermer les yeux devant une évidence. Ces Islamistes qui nous ont déclaré la guerre n’ont ni planches à billets dans nos banlieues ni manufactures d’armes dans leurs déserts. Ce sont nos « amis » les rois du pétrole du Golfe arabique qui les approvisionnent en dollars et en canons. La guerre est partout mais le nerf de la guerre est entre Ryad, le Qatar et Dubaï.
Certes, nous avons besoin de leur pétrole mais ils ont besoin que nous le leur achetions et il serait sans doute plus facile de renverser leurs trônes vacillants que d’aller guerroyer dans les montagnes irakiennes, les déserts syriens, les oasis libyennes ou les quartiers de non-droit de nos grandes villes.
Les guérillas révolutionnaires qui ont pourri la seconde moitié du XXème siècle se sont arrêtées le jour où l’URSS s’est effondrée. Le djihad international s’arrêtera le jour où le roi d’Arabie saoudite, l’émir du Qatar et quelques autres potentats du coin seront ramenés à la raison. Encore faudrait-il un minimum de lucidité, deux doigts de courage et surtout ne plus obéir aux diktats des maffias en tous genres que cette situation arrange si bien.

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