Fallait-il et faut-il interdire les manifestations propalestiniennes pour éviter qu’elles ne dégénèrent en affrontements violents ou est-ce cette interdiction qui provoque le déchainement des extrémistes ? C’est la question qu’on se pose aujourd’hui à l’Elysée, à Matignon et place Beauvau.
Les manifestations d’hier à Barbès et à Sarcelles étaient interdites et elles ont dégénéré. Mais, la semaine dernière, une manifestation parisienne autorisée avait, elle aussi, dégénéré aux alentours de la Bastille.
On peut constater plusieurs évidences. Même si l’extrême-gauche, et notamment les amis d’Olivier Besancenot, tente de récupérer le mouvement, l’écrasante majorité des manifestants est composée d’immigrés musulmans de nos banlieues, solidaires de leurs coreligionnaires palestiniens. Il est difficile de savoir qui mobilise et encadre ces manifestants mais il est vraisemblable que certains imams des mosquées plus ou moins clandestines qui prêchent le djihad tous les vendredis jouent un rôle essentiel dans l’organisation de cette mobilisation.
Nous assistons donc, pour la première fois, à une descente dans la rue de « nos » musulmans en tant que tels. Aujourd’hui, c’est pour protester contre les bombardements massifs de Gaza par les Israéliens et soutenir le Hamas, demain ce pourra être pour une autre cause. Il serait grand temps que nos gouvernants, de droite comme de gauche, se rendent compte que nous avons une 5ème colonne parmi nous et qu’ils arrêtent de nous répéter que nos compatriotes musulmans sont « des Français comme les autres », parfaitement assimilés à la République car, de toute évidence, ces compatriotes sont musulmans avant d’être français.
Interdites ou pas, ces manifestations de soutien aux Palestiniens de Gaza, c’est-à-dire au Hamas, ont et auront lieu, en prenant toujours et de plus en plus un caractère violemment antisémite avec les cris de « Mort aux Juifs ». Hier, à Sarcelles, comme la semaine dernière à Paris, certains manifestants ont voulu s’en prendre aux synagogues.
Quand elles sont interdites, ces manifestations dégénèrent, semble-t-il, davantage encore car des groupes de casseurs n’ayant rien à voir avec la cause de Gaza se joignent aux manifestants pour affronter les forces de l’ordre, comme d’ailleurs dans la plupart des manifestations. Cela fait des années que la police est incapable de venir à bout de ces bandes de voyous des « queues de cortège ».
Cela dit, interdire ces manifestations qui vont sans doute se multiplier puisque tout s’aggrave encore à Gaza n’est sûrement pas la bonne solution. D’abord, parce que le droit de manifester est formellement reconnu en France et qu’il ne faut jamais jouer avec ce genre de grands principes. Ensuite, parce qu’une telle interdiction ne peut être ressentie par la communauté musulmane dans son ensemble que comme de l’islamophobie de la part d’un gouvernement dont certains ministres à commencer par le premier d’entre eux répètent maladroitement qu’ils sont indissolublement « liés à Israël ». Enfin, parce qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que ces manifestants qui conspuent le gouvernement israélien ne se mettent à conspuer le gouvernement français, voire la France elle-même.
Une fois de plus mais plus que jamais, nous sommes confrontés au problème de l’Islam en France. La prudence, voire la lâcheté de nos gouvernements n’est plus de mise…

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