L’accident de l’avion d’Air Algérie effectuant la liaison Ouagadougou-Alger et qui s’est écrasé au nord du Mali est évidemment un drame, comme l’a été celui de l’appareil de la Malaysian qui s’est désintégré à l’est de l’Ukraine ou celui de la compagnie de Taipeh qui s’est « crashé » sur une petite ile proche de Taiwan. Certains en sont arrivés à parler de « la loi des séries », ce qui est, bien sûr, absurde.
L’accident de l’appareil d’Air Algérie nous a bouleversés plus encore que les autres car 54 Français (ou binationaux) étaient à son bord. Cela dit, on en vient à se demander si François Hollande n’en a pas un peu trop rajouté. Tous les jours, et parfois deux fois par jour, le président de la République a tenu à faire une déclaration publique dans la cour de l’Elysée devant toutes les caméras de toutes nos télévisions. Pour nous annoncer la catastrophe, pour dire aux familles des victimes qu’il partageait leur peine, pour nous affirmer que tout serait mis en œuvre pour retrouver les restes de l’avion et les corps de tous les passagers, pour nous répéter que tous les moyens allaient être déployés pour mener une enquête sur les cause réelles de l’accident, pour nous annoncer qu’on venait de retrouver la première boite noire… Trop, c’est trop.
Qu’après une telle catastrophe le chef de l’Etat fasse part de son émotion et décrète trois jours de deuil national est parfaitement compréhensible. Qu’il se transforme brusquement en ministre des Transports, en ministre de la Défense ou des Affaires Etrangères, voire en patron des enquêteurs n’est pas convenable. On a soudain la très désagréable impression que le président de la République saute sur cette occasion (qui est, en fait, un drame épouvantable) pour se requinquer, essayer de regagner quelques points dans les sondages et faire oublier à la fois une énième augmentation du chiffre des chômeurs et un nouvel échec d’un nouveau sommet européen.
On avait reproché, à juste titre, à Nicolas Sarkozy de courir frénétiquement derrière le moindre drame de la circulation, le moindre incendie meurtrier pour se poster devant toute la presse convoquée et jouer au sauveur de la veuve et de l’orphelin si ce n’est de la République. Hollande en fait plus encore.
Certains commentateurs particulièrement proches de l’Elysée nous rappellent qu’il y a deux ans, pour ses premières vacances de président, Hollande avait disparu pendant plusieurs semaines, que les Français le lui avaient sévèrement reproché et que, du coup, il s’était mis à dégringoler dans les sondages. A les entendre, il aurait aujourd’hui retenu la leçon et voudrait donc faire de la présence à outrance cet été. C’est possible.
Toujours est-il que cette surmédiatisation du chef de l’Etat a une répercussion inattendue. Plus personne ne croyant, depuis bien longtemps déjà, en ce que peut nous raconter François Hollande à propos de tout et de n’importe quoi, les Français mettent en doute toutes les versions que le président peut nous présenter sur les causes de cet accident.
N’importe qui nous aurait affirmé que l’avion d’Air-Algérie avait été pris dans un orage épouvantable et que l’équipage n’avait pas su faire face à cette situation, nous aurions pu le croire. Mais quand c’est Hollande qui le dit, le doute s’installe immanquablement. Cet homme nous a trop menti depuis deux ans.
Et d’autant plus que personne ne peut croire qu’un équipage espagnol qu’on dit confirmé soit incapable de faire face à des circonstances météorologiques fréquentes dans cette région et que tout le monde sait qu’au Mali il y a une rébellion islamiste qui a déclaré la guerre à l’Occident et même à l’Algérie.
On nous raconte que ces Islamistes que l’armée française pourchasse depuis des mois n’ont pas les missiles capables d’atteindre un avion volant à 10.000 mètres d’altitude. C’est ce qu’on nous avait d’abord affirmé à propos des rebelles ukrainiens qui semblent bel et bien avoir abattu « par erreur » l’avion malaysien. En même temps, depuis des mois, tous les experts nous affirment que ces rebelles du nord du Mali se sont emparés des stocks d’armes libyens au lendemain de la chute de Kadhafi et notamment de fusées sol-air particulièrement redoutables.
Il est évident que si c’étaient ces rebelles islamistes qui avaient abattu l’appareil algérien ce serait pour Paris qui prétend les avoir écrasés et repoussés dans leur ultime repaire du nord du Mali un véritable désaveu.
On comprendrait donc que François Hollande tente de faire accréditer la version de la météo. Mais personne ne le croit et ce n’est pas en en rajoutant comme il le fait qu’il devient plus crédible.
Il parait qu’il y a un proverbe malien qui affirme que « La confiance c’est comme la virginité. Quand on l’a perdu une fois on ne la retrouve jamais ». Hollande a perdu sa virginité depuis longtemps…

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