L’actualité profite toujours des vacances pour faire ses mauvais coups. Nous nous ruons vers les plages et ne sommes préoccupés que par les aléas de la météo et l’encombrement de nos autoroutes. Or, pourtant, la situation de notre petite planète n’avait jamais été aussi angoissante depuis longtemps.
Qu’on le veuille ou non, nous sommes de nouveau en pleine « guerre froide ». Avec, d’un côté, un tsar qui entend faire ce qu’il veut et notamment reconstituer l’ancien empire de Staline en récupérant toutes les républiques satellites du pré-carré soviétique d’antan que l’Occident, bien naïf, pensait pouvoir attirer dans son giron, et, de l’autre côté, un président américain amorphe dont on commence à s’apercevoir qu’à part la couleur de sa peau il ne laissera aucun souvenir dans cette Histoire chahutée du début du XXIème siècle. A cela s’ajoute, comme au temps de la première « guerre froide », une Europe divisée, totalement impuissante, en fait, inexistante.
Les « sanctions » décidées par l’ancien « monde libre » contre Poutine ont dû provoquer un immense éclat de rire dans les grandes salles du Kremlin. Le tsar sait parfaitement et notamment que l’Allemagne d’Angela Merkel a un besoin impérieux du gaz russe et que la France de François Hollande ne renoncera jamais à vendre ses bateaux de guerre à Moscou. Menacer la Russie d’un embargo économique et militaire est aussi dérisoire que ridicule quand personne n’a ni les moyens ni la volonté de s’offrir ce luxe.
L’Occident laissera, évidemment, Poutine grignoter l’Ukraine comme il a déjà grignoté la Géorgie et un bon nombre de pays d’Asie centrale.
Qu’on le veuille ou non aussi, le baril de poudre du Proche-Orient a de nouveau explosé. Il y a, bien sûr, la nouvelle et énième guerre Israélo-palestinienne à Gaza, avec des extrémistes, d’un côté comme de l’autre, qui sont, les uns et les autres, bien décidés à aller, cette fois, « jusqu’au bout », le Hamas parce que des mois de blocus israélien ont totalement asphyxié Gaza et qu’il n’a donc plus rien à perdre, Netanyahou parce que les Palestiniens ayant acquis des armes comme ils n’en avaient jamais eues, il y va de la survie de tous les villages frontaliers.
Et, là encore, on a un Barack (Hussein) Obama toujours amorphe qui, terrifié par le lobby juif américain, a complètement oublié son discours du Caire et qui, né à Honolulu, s’intéresse plus au Pacifique qu’au Proche-Orient ou qu’à la vieille Europe. Et, en face –ce qui est nouveau- des « parrains » des Palestiniens qui ne sont plus soviétiques comme jadis mais qui, roitelets pétroliers de la péninsule arabique, peuvent pour le plaisir, avec leurs pétrodollars, financer et armer tous ceux qui s’en prennent à l’Occident, au capitalisme et à l’impérialisme, en clair aux Etats-Unis et, éventuellement à Israël.
Et à cette guerre « de cent ans » israélo-arabe il faut maintenant ajouter ce qui se passe en Irak et en Syrie où ces mêmes rebelles islamo-sunnites, soutenus à bout de bras par ces mêmes roitelets du pétrole, gagnent chaque jour du terrain et imposent aux minorités qui faisaient la fortune de cette région leur loi sans pitié.
Là encore, l’Occident -Américains et Européens confondus- reste les bras ballants, se contentant de compter les morts, éventuellement de les déplorer et de promettre vaguement aux survivants de les accueillir comme réfugiés.
Que les Etats-Unis n’aient jamais rien compris au « chaudron » proche-oriental et que l’Europe n’ait jamais pu avoir la moindre politiquer étrangère commune n’est pas nouveau. Ce qui est relativement nouveau c’est la totale disparition de la France au milieu de ce fracas des armes.
Certes, nous ne sommes plus une grande puissance pouvant imposer sa volonté mais il n’y a pas si longtemps encore nous pouvions, au moins, faire entendre notre voix et refuser, à la face de l’univers, de suivre, comme des caniches bien dressés, les Etats-Unis dans leurs aventures guerrières les plus folles, comme en Irak par exemple.
En s’alignant très docilement derrière Washington, Sarkozy et maintenant Hollande nous ont discrédités puis ridiculisés. Sarkozy avec son expédition libyenne dont on voit aujourd’hui les résultats aussi bien à travers tout le Sahel qu’en Libye même. Hollande avec ses cris de guerre contre le Syrie, son soutien aux bombardements massifs contre Gaza et son silence assourdissant à propos de la situation des Chrétiens d’Orient.
Jamais, nous n’avions encore eu un chef d’Etat aussi ignorant des réalités, aussi inexpérimenté en diplomatie, aussi balloté d’un extrême à l’autre. Et suivre aveuglément Washington n’a plus aucun sens dès lors que la Maison Blanche et le Département d’Etat n’ont plus, eux-mêmes, la moindre politique cohérente.
L’épouvantable incurie de François Hollande devant la crise du Proche-Orient s’explique par mille raisons et notamment par son refus de prendre une position claire en face de l’Islam. Il n’est d’ailleurs pas le seul et on peut en juger, à notre tout petit niveau, par les réactions des amis de ce blog.
Un débat pour le moins vif s’est instauré ici-même pour savoir si l’Islam était, ou non, « notre ennemi ». Personne ne conteste que l’Islam est l’une des trois grandes religions monothéistes, qu’il a créé une civilisation considérable et qu’il a su, par les armes, se tailler un immense empire à travers la planète.
Pendant quelques siècles, nous avons pu, les uns et les autres, vivre (très relativement) en bonne harmonie chacun de notre côté. Mais tout a changé. Par la faute de la mondialisation, de l’immigration massive et du réveil même de cet Islam qui a pu profiter de l’effondrement du communisme pour devenir « la foi » de tous les « frustrés » de la planète qui ne supportaient plus notre hégémonie.
Quoiqu’en pensent certains bons esprits, l’Islam d’aujourd’hui est fondamentalement « revanchard ». Il veut renverser l’ordre établi, abattre les puissances qui dominent encore le monde. Il a remplacé Marx et Lénine par Mahomet et son Prophète, les troupes du Pacte de Varsovie par le terrorisme de ses fanatiques et ses réseaux souterrains de nos banlieues.
C’est lui qui, renaissant, déjà triomphant, nous a déclaré la guerre. Le Hamas, le Hezbollah, l’Etat Islamiste d’Irak et du Levant et les autres ne veulent pas seulement instaurer un « califat » dans leur région. Ils rêvent de dominer la terre entière en s’appuyant sur les innombrables communautés musulmanes du monde entier.
Il parait qu’il ne faut pas parler d’« esprit munichois ». C’était quoi « l’esprit munichois » ? C’était, par peur d’avoir à affronter les réalités, répéter, en sautant sur son tabouret comme des cabris, « Hitler n’est pas un danger, il n’a aucune velléités contre nous, laissons-lui les Sudètes, il s’en contentera et nous n’entendrons plus parler de lui ». C’était en 1938. Cinq ans plus tôt, en 1933, Hitler, à peine arrivé au pouvoir, avait ouvert le camp de concentration de Dachau, dans la banlieue de Munich. Un an plus tard, en 1939, il envahissait la Pologne.
Etre munichois aujourd’hui c’est répéter que l’Islam n’est pas un danger, qu’il n’a aucune velléité hégémonique, qu’il se contentera de se réveiller dans ses régions historiques tout en se convertissant à la démocratie comme l’a démontré « le printemps arabe » ( !) et que nos six ou sept millions de musulmans installés chez nous (demain dix ou douze millions) finiront pas adopter, comme un seul homme et le sourire aux lèvres, notre laïcité républicaine.
C’est avec un tel esprit que nous avons un chef d’Etat qui après avoir soutenu les Islamistes syriens, approuvé un Premier ministre Israélien, pleuré sur les victimes civiles de Gaza, n’a pas un mot sur les Chrétiens d’Irak persécutés par l’Etat islamiste d‘Irak et du Levant, le tout en vendant des bateaux de guerre à Moscou…
On comprend qu‘à force de bredouiller et de dire n’importe quoi, la voix de la France se soit perdue dans les sables.

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