Le 9 juillet, François Hollande déclarait : « Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population ». Aujourd’hui, 21 juillet, ce même François Hollande déclare : « Tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza ».
Le président de la République ne sait pas ce qu’il veut. Il y a douze jours, il apportait un soutien total à Netanyahou qui se mettait à faire bombarder la bande de Gaza en réplique aux tirs de roquettes du Hamas contre des villages israéliens. Aujourd’hui, il condamne ces mêmes bombardements. Que voulait-il dire quand il conseillait au gouvernement israélien de prendre « toutes les mesures pour protéger la population israélienne » ? S’imaginait-il que le premier ministre d’Israël, connu pour sa brutalité, allait lever le blocus de l’enclave de Gaza, amorcer une négociation avec le Hamas et lancer des fleurs sur la population palestinienne ?
Certes, le problème du Proche-Orient, et tout particulièrement celui qui oppose les Palestiniens et Israël, est compliqué mais il faut l’aborder avec « des idées simples », comme disait déjà De Gaulle. En face de cette nouvelle guerre, on ne peut pas dire tout et son contraire.
Hollande considère-t-il le Hamas qui règne à Gaza, après y avoir légalement remporté les élections, comme un mouvement « terroriste » qui harcèle Israël ou considère-t-il Israël comme une puissance occupante qui brime la population palestinienne et impose, par la violence du blocus et maintenant de ses bombes, son joug sur l’enclave de Gaza ?
On dira que, comme bien souvent dans les guerres, les torts sont partagés entre les deux camps. Le Hamas ne veut pas reconnaitre l’Etat juif et mène, avec ses faibles moyens, une guérilla contre lui. Israël –ou du moins son gouvernement actuel- ne veut pas entendre parler de la moindre négociation qui pourrait conduire à la création d’un Etat palestinien et multiplie les provocations en poursuivant sa politique de colonisation de nouvelles terres après avoir construit un mur que certains appellent « le mur de la honte » pour enfermer les Palestiniens dans une sorte de ghetto.
Les hommes de paix comme le furent, un temps, Rabin et Arafat ont disparu ou ont été relégués comme Mahmoud Abbas au fin fond de la CisJordanie et Shimon Pérès à la présidence honorifique d’Israël.
D’un côté comme de l’autre, ce sont les extrémistes qui ont, pour le moment, gagné. C’est désolant et on en voit les résultats : une énième guerre dont aucune paix ne pourra sortir.
En face d’une telle situation, la France se devait d’avoir une attitude claire, de condamner les tirs de roquettes du Hamas et de condamner tout aussi énergiquement la riposte totalement disproportionnée d’Israël, pour pouvoir exiger des uns et des autres qu’ils s’assoient autour d’une table de négociation.
Au lieu de cela, Hollande qui fait une fois de plus la preuve de son incompétence et de son goût pour la lâcheté des compromis, ne sait plus sur quel pied danser et fait volte-face. Après avoir apporté son soutien sans condition à Israël –sans doute pour plaire à ses amis du CRIF et à quelques-uns de ses ministres- il s’apitoie sur le sort des habitants de Gaza, comprenant, peut-être, que les images des morts, des blessés, des destructions, de la désolation, diffusées par toutes les télévisions ont fait basculer l’opinion publique.
Les Palestiniens et leurs amis n’oublieront jamais que le président de la République française a applaudi aux débuts des bombardements ; Israël et ses amis n’oublieront jamais qu’il a poignardé dans le dos l’armée israélienne quelques jours plus tard.
Et les Français se désoleront, une fois de plus, d’avoir à la tête de leur pays un tel pantin qui les déconsidère à la face du monde.

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