Archives par moisjuillet 2014



Mais qu’il arrête de nous tanner avec Jaurès !

C’est une vieille habitude de nos hommes politiques à court d’idées et au creux de la vague. Ils ressortent des placards de l’Histoire des grands hommes dont ils tentent sans scrupules ni pudeur de revendiquer l’héritage.
Mitterrand s’affublait du chapeau de Léon Blum qu’il avait combattu étant jeune étudiant et faisait parler Mendès qui le regardait avec étonnement. Chirac évoquait de Gaulle dont il avait été ministre mais qu’il trahissait bien souvent ne serait-ce que lors de son fameux discours du Vel d’Hiv en affirmant que la France avait accompli d’irréparable, oubliant ainsi que, pour les vrais gaullistes, la France, en 40, était à Londres et non pas à Vichy. Sarkozy, lui, ne faisait pas dans le détail question récupération. Tout était bon. De Gaulle, Mendel et même Jaurès. Droite, gauche, il déterrait tous nos morts pour les faire parler et lui donner raison. Hollande lui se limite à Jaurès. Jaurès par-ci, Jaurès par-là, Jaurès à tours de bras. Une chance pour lui 2014 est le centenaire de la mort du fondateur de la SFIO. Autant dire un prédécesseur quasi direct pour l’ancien patron du PS de la rue Solferino.
Et comme plus personne ne lit Jaurès et que rares sont ceux qui se souviennent que le grand homme n’a jamais été au pouvoir, Hollande croit avoir le droit de s’en donner à cœur joie.
Ce matin, le président de la République est allé se recueillir devant le Café du Croissant, rue Montmartre, là où, le 31 juillet 1914, à la veille de la guerre, le grand pacifiste a été assassiné par un nationaliste belliciste. Curieusement, il n’a pas éprouvé le besoin de nous gratifier du moindre discours.
Il se souvenait peut-être de son expérience de Carmaux. Il y a quelques semaines, il s’était rendu dans « la » grande ville de Jaurès qui avait débuté sa carrière politique ici en prenant la défense de mineurs grévistes. Hollande pensait être en terre conquise « chez Jaurès » puisqu’à la présidentielle il avait fait là l’un de ses plus beaux scores, 70% des voix. Or, au pied de la grande statue de Jaurès, Hollande avait été copieusement sifflé et hué par la foule aux cris de « Trahison ».
Il est évidemment difficile pour le président socialiste qui s’est mué en social-démocrate, qui a lancé le plan de stabilisation, qui cherche désespérément 50 milliards, qui offre, dit-on, « des cadeaux au patronat », qui fait la guerre au Mali et en Centrafrique et qui voulait la faire en Syrie de se draper dans le linceul du fondateur de l’Humanité, le défenseur des ouvriers, l’ennemi de toutes les guerres.
L’un des drames de François Hollande c’est qu’il n’a aucune filiation. C’est un bâtard, enfant trouvé de l’ENA comme d’autres le sont de l’Assistance publique, socialiste non pas d’adoption mais d’ambition. Il s’est fait élire en usurpant une identité dont il ne sait plus quoi faire et s’aperçoit aujourd’hui que se dire socialiste au XXIème siècle est aussi ridicule que défendre la marine à voile et la lampe à huile. L’imposteur s’est trompé de déguisement et son faux nez ressemble à celui de Pinocchio. Alors, forcément, il s’affole, perd pied et dit n’importe quoi.
Manuel Valls est autrement plus malin. Il évoque, lui, les mannes de Clemenceau, homme « de gauche » certes mais qui, au moins, a su se coltiner aux réalités du pouvoir, oublier les idéologies fumeuses et gagner la guerre.
A ce propos, une parenthèse pour souligner où nous en sommes. Avant-hier, notre télévision diffusait une longue émission sur la bataille de Verdun. Les images d’archives étaient bouleversantes. Les commentaires des historiens de service stupéfiants. Ils répétaient inlassablement que le vainqueur de Verdun était… Clemenceau. Le politiquement correct interdit donc désormais de prononcer le nom de Pétain et les larbins du pouvoir arrivent à raconter l’enfer de Verdun sans citer une seule fois son nom.
Mais pour en revenir à Hollande, il faudrait que ses derniers amis lui conseillent de ne plus nous tanner avec Jaurès. Il n’a vraiment pas besoin de souligner à quel point il a trahi ses électeurs…

31 Juil 2014 | Comments (15)

Mais où est passée la France ?

L’actualité profite toujours des vacances pour faire ses mauvais coups. Nous nous ruons vers les plages et ne sommes préoccupés que par les aléas de la météo et l’encombrement de nos autoroutes. Or, pourtant, la situation de notre petite planète n’avait jamais été aussi angoissante depuis longtemps.
Qu’on le veuille ou non, nous sommes de nouveau en pleine « guerre froide ». Avec, d’un côté, un tsar qui entend faire ce qu’il veut et notamment reconstituer l’ancien empire de Staline en récupérant toutes les républiques satellites du pré-carré soviétique d’antan que l’Occident, bien naïf, pensait pouvoir attirer dans son giron, et, de l’autre côté, un président américain amorphe dont on commence à s’apercevoir qu’à part la couleur de sa peau il ne laissera aucun souvenir dans cette Histoire chahutée du début du XXIème siècle. A cela s’ajoute, comme au temps de la première « guerre froide », une Europe divisée, totalement impuissante, en fait, inexistante.
Les « sanctions » décidées par l’ancien « monde libre » contre Poutine ont dû provoquer un immense éclat de rire dans les grandes salles du Kremlin. Le tsar sait parfaitement et notamment que l’Allemagne d’Angela Merkel a un besoin impérieux du gaz russe et que la France de François Hollande ne renoncera jamais à vendre ses bateaux de guerre à Moscou. Menacer la Russie d’un embargo économique et militaire est aussi dérisoire que ridicule quand personne n’a ni les moyens ni la volonté de s’offrir ce luxe.
L’Occident laissera, évidemment, Poutine grignoter l’Ukraine comme il a déjà grignoté la Géorgie et un bon nombre de pays d’Asie centrale.
Qu’on le veuille ou non aussi, le baril de poudre du Proche-Orient a de nouveau explosé. Il y a, bien sûr, la nouvelle et énième guerre Israélo-palestinienne à Gaza, avec des extrémistes, d’un côté comme de l’autre, qui sont, les uns et les autres, bien décidés à aller, cette fois, « jusqu’au bout », le Hamas parce que des mois de blocus israélien ont totalement asphyxié Gaza et qu’il n’a donc plus rien à perdre, Netanyahou parce que les Palestiniens ayant acquis des armes comme ils n’en avaient jamais eues, il y va de la survie de tous les villages frontaliers.
Et, là encore, on a un Barack (Hussein) Obama toujours amorphe qui, terrifié par le lobby juif américain, a complètement oublié son discours du Caire et qui, né à Honolulu, s’intéresse plus au Pacifique qu’au Proche-Orient ou qu’à la vieille Europe. Et, en face –ce qui est nouveau- des « parrains » des Palestiniens qui ne sont plus soviétiques comme jadis mais qui, roitelets pétroliers de la péninsule arabique, peuvent pour le plaisir, avec leurs pétrodollars, financer et armer tous ceux qui s’en prennent à l’Occident, au capitalisme et à l’impérialisme, en clair aux Etats-Unis et, éventuellement à Israël.
Et à cette guerre « de cent ans » israélo-arabe il faut maintenant ajouter ce qui se passe en Irak et en Syrie où ces mêmes rebelles islamo-sunnites, soutenus à bout de bras par ces mêmes roitelets du pétrole, gagnent chaque jour du terrain et imposent aux minorités qui faisaient la fortune de cette région leur loi sans pitié.
Là encore, l’Occident -Américains et Européens confondus- reste les bras ballants, se contentant de compter les morts, éventuellement de les déplorer et de promettre vaguement aux survivants de les accueillir comme réfugiés.
Que les Etats-Unis n’aient jamais rien compris au « chaudron » proche-oriental et que l’Europe n’ait jamais pu avoir la moindre politiquer étrangère commune n’est pas nouveau. Ce qui est relativement nouveau c’est la totale disparition de la France au milieu de ce fracas des armes.
Certes, nous ne sommes plus une grande puissance pouvant imposer sa volonté mais il n’y a pas si longtemps encore nous pouvions, au moins, faire entendre notre voix et refuser, à la face de l’univers, de suivre, comme des caniches bien dressés, les Etats-Unis dans leurs aventures guerrières les plus folles, comme en Irak par exemple.
En s’alignant très docilement derrière Washington, Sarkozy et maintenant Hollande nous ont discrédités puis ridiculisés. Sarkozy avec son expédition libyenne dont on voit aujourd’hui les résultats aussi bien à travers tout le Sahel qu’en Libye même. Hollande avec ses cris de guerre contre le Syrie, son soutien aux bombardements massifs contre Gaza et son silence assourdissant à propos de la situation des Chrétiens d’Orient.
Jamais, nous n’avions encore eu un chef d’Etat aussi ignorant des réalités, aussi inexpérimenté en diplomatie, aussi balloté d’un extrême à l’autre. Et suivre aveuglément Washington n’a plus aucun sens dès lors que la Maison Blanche et le Département d’Etat n’ont plus, eux-mêmes, la moindre politique cohérente.
L’épouvantable incurie de François Hollande devant la crise du Proche-Orient s’explique par mille raisons et notamment par son refus de prendre une position claire en face de l’Islam. Il n’est d’ailleurs pas le seul et on peut en juger, à notre tout petit niveau, par les réactions des amis de ce blog.
Un débat pour le moins vif s’est instauré ici-même pour savoir si l’Islam était, ou non, « notre ennemi ». Personne ne conteste que l’Islam est l’une des trois grandes religions monothéistes, qu’il a créé une civilisation considérable et qu’il a su, par les armes, se tailler un immense empire à travers la planète.
Pendant quelques siècles, nous avons pu, les uns et les autres, vivre (très relativement) en bonne harmonie chacun de notre côté. Mais tout a changé. Par la faute de la mondialisation, de l’immigration massive et du réveil même de cet Islam qui a pu profiter de l’effondrement du communisme pour devenir « la foi » de tous les « frustrés » de la planète qui ne supportaient plus notre hégémonie.
Quoiqu’en pensent certains bons esprits, l’Islam d’aujourd’hui est fondamentalement « revanchard ». Il veut renverser l’ordre établi, abattre les puissances qui dominent encore le monde. Il a remplacé Marx et Lénine par Mahomet et son Prophète, les troupes du Pacte de Varsovie par le terrorisme de ses fanatiques et ses réseaux souterrains de nos banlieues.
C’est lui qui, renaissant, déjà triomphant, nous a déclaré la guerre. Le Hamas, le Hezbollah, l’Etat Islamiste d’Irak et du Levant et les autres ne veulent pas seulement instaurer un « califat » dans leur région. Ils rêvent de dominer la terre entière en s’appuyant sur les innombrables communautés musulmanes du monde entier.
Il parait qu’il ne faut pas parler d’« esprit munichois ». C’était quoi « l’esprit munichois » ? C’était, par peur d’avoir à affronter les réalités, répéter, en sautant sur son tabouret comme des cabris, « Hitler n’est pas un danger, il n’a aucune velléités contre nous, laissons-lui les Sudètes, il s’en contentera et nous n’entendrons plus parler de lui ». C’était en 1938. Cinq ans plus tôt, en 1933, Hitler, à peine arrivé au pouvoir, avait ouvert le camp de concentration de Dachau, dans la banlieue de Munich. Un an plus tard, en 1939, il envahissait la Pologne.
Etre munichois aujourd’hui c’est répéter que l’Islam n’est pas un danger, qu’il n’a aucune velléité hégémonique, qu’il se contentera de se réveiller dans ses régions historiques tout en se convertissant à la démocratie comme l’a démontré « le printemps arabe » ( !) et que nos six ou sept millions de musulmans installés chez nous (demain dix ou douze millions) finiront pas adopter, comme un seul homme et le sourire aux lèvres, notre laïcité républicaine.
C’est avec un tel esprit que nous avons un chef d’Etat qui après avoir soutenu les Islamistes syriens, approuvé un Premier ministre Israélien, pleuré sur les victimes civiles de Gaza, n’a pas un mot sur les Chrétiens d’Irak persécutés par l’Etat islamiste d‘Irak et du Levant, le tout en vendant des bateaux de guerre à Moscou…
On comprend qu‘à force de bredouiller et de dire n’importe quoi, la voix de la France se soit perdue dans les sables.

30 Juil 2014 | Comments (7)

Le bilan catastrophique de l’Occident

Washington, Londres et Paris viennent de demander à leurs ressortissants de quitter immédiatement la Libye. On apprend ainsi que des combats font rage à Tripoli et à Benghazi entre milices rivales et que l’ancien royaume de Kadhafi a totalement sombré dans le chaos le plus absolu depuis des mois, ce qu’on nous avait soigneusement caché.
Au même moment, on apprend aussi que les Islamistes qui contrôlent tout le nord de l’Irak persécutent, chassent ou massacrent toutes les minorités de cette région de l’ancien royaume de Saddam Hussein et notamment les Chrétiens. Ces mêmes rebelles islamistes sont d’ailleurs maintenant maitres d’un bon quart de la Syrie, or ce sont ces Islamistes radicaux que l’Occident –à commencer par Paris- voulait, il n’y a pas si longtemps, soutenir, en « punissant », selon le mot de François Hollande, Bachir al Assad. Et on ne nous parle plus de l’Afghanistan que les troupes occidentales ont évacuée… en laissant le champ libre aux Talibans.
Il serait sans doute temps de dresser le bilan de toutes les interventions des grandes puissances du « monde libre » en terre arabo-musulmane.
Au nom de la démocratie, des Droits de l’Homme et sans doute aussi des intérêts bien compris de nos compagnies pétrolières et de nos trafiquants d’armes, nous avons voulu chasser des dictateurs qui maintenaient d’une main de fer leur pouvoir et l’unité fragile de leurs pays. Or, tout le monde savait pourtant que seul un régime fort pouvait imposer un minimum de cohabitation entre les tribus de Tripolitaine et celles de Cyrénaïque en Libye, entre les Kurdes, les Sunnites et les Chiites en Irak, entre les sunnites et le patchwork de toutes les minorités en Syrie, sans parler des innombrables peuplades d’Afghanistan.
Certes Kadhafi, Saddam Hussein et Assad étaient d’abominables tyrans devenus plus ou moins « dingues » au fil de leurs règnes mais ils maintenaient la cohésion de leur pays et, quoi qu’on en ait dit, étaient assez « progressistes » pour avoir su développer, chez eux, l’éducation, la santé, la parité hommes-femmes, ainsi qu’un véritable progrès social et économique.
Aujourd’hui, la Libye, l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan ont explosé, se sont totalement désintégrés et sont livrées à des bandes armées qui s’entretuent et massacrent les populations en voulant leur imposer des régimes moyenâgeux avec un retour de quelques siècles en arrière.
Ce n’est pas la démocratie que « nos » expéditions pseudo coloniales ont fait triompher mais le pire des désordres et le règne sans partage des fanatiques religieux les plus redoutables.
Chez nous, nous prétendons lutter contre le terrorisme islamiste. En Libye, en Irak, en Syrie, en Afghanistan, nous avons, consciemment ou non, donné le pouvoir à cet Islamisme le plus fou.
Certes, ce n’est pas nouveau. Il y a plus de trente ans nous avions déjà abandonné le Shah pour permettre à l’ayatollah Khomeiny d’imposer à l’Iran la pire des dictatures théocratiques. Mais il est stupéfiant que l’Occident n’ait pas voulu tirer la leçon de « l’expérience iranienne » et que nos géo-stratèges en pantoufles aient continué à croire que la dictature des mollahs, des imams et des « califes » était plus souhaitable que celle des dictateurs « classiques ».
Tout le monde est responsable –et coupable- de cette folie. Sarkozy a voulu la peau de Kadhafi, Hollande voulait celle de Assad, Washington a eu celle de Saddam Hussein. Aujourd’hui, les Occidentaux évacuent en catastrophe la Libye, Hollande ne sait plus qui soutenir et aider en Syrie et l’Irak se transforme en califat.
Tout cela parce que nos dirigeants, de droite comme de gauche, républicains ou démocrates, conservateurs ou travaillistes ignorent tout des réalités du monde arabo-islamique et s’entêtent à nier que l’Islam est un danger aussi bien pour les populations qui en sont les victimes immédiates que pour nous autres, occidentaux, auxquels il a déclaré, le plus officiellement du monde, une guerre sans merci.
On ne peut qu’avoir honte quand on se souvient des pantalonnades de Sarkozy célébrant à Benghazi « la libération » de la Libye ou de celles des Américains fêtant, à Bagdad, la chute de Saddam Hussein.
Aujourd’hui, un bon nombre de Libyens et d’Irakiens regrettent Kadhafi ou Saddam Hussein en versant des larmes sur le sort de leur pauvre pays. Ils ne nous pardonneront jamais d’avoir voulu leur imposer notre… « démocratie ». Et à Washington, Londres et Paris, ce sont les mêmes incultes qui continuent à parader.

28 Juil 2014 | Comments (26)

Quand Hollande en fait (beaucoup) trop…

L’accident de l’avion d’Air Algérie effectuant la liaison Ouagadougou-Alger et qui s’est écrasé au nord du Mali est évidemment un drame, comme l’a été celui de l’appareil de la Malaysian qui s’est désintégré à l’est de l’Ukraine ou celui de la compagnie de Taipeh qui s’est « crashé » sur une petite ile proche de Taiwan. Certains en sont arrivés à parler de « la loi des séries », ce qui est, bien sûr, absurde.
L’accident de l’appareil d’Air Algérie nous a bouleversés plus encore que les autres car 54 Français (ou binationaux) étaient à son bord. Cela dit, on en vient à se demander si François Hollande n’en a pas un peu trop rajouté. Tous les jours, et parfois deux fois par jour, le président de la République a tenu à faire une déclaration publique dans la cour de l’Elysée devant toutes les caméras de toutes nos télévisions. Pour nous annoncer la catastrophe, pour dire aux familles des victimes qu’il partageait leur peine, pour nous affirmer que tout serait mis en œuvre pour retrouver les restes de l’avion et les corps de tous les passagers, pour nous répéter que tous les moyens allaient être déployés pour mener une enquête sur les cause réelles de l’accident, pour nous annoncer qu’on venait de retrouver la première boite noire… Trop, c’est trop.
Qu’après une telle catastrophe le chef de l’Etat fasse part de son émotion et décrète trois jours de deuil national est parfaitement compréhensible. Qu’il se transforme brusquement en ministre des Transports, en ministre de la Défense ou des Affaires Etrangères, voire en patron des enquêteurs n’est pas convenable. On a soudain la très désagréable impression que le président de la République saute sur cette occasion (qui est, en fait, un drame épouvantable) pour se requinquer, essayer de regagner quelques points dans les sondages et faire oublier à la fois une énième augmentation du chiffre des chômeurs et un nouvel échec d’un nouveau sommet européen.
On avait reproché, à juste titre, à Nicolas Sarkozy de courir frénétiquement derrière le moindre drame de la circulation, le moindre incendie meurtrier pour se poster devant toute la presse convoquée et jouer au sauveur de la veuve et de l’orphelin si ce n’est de la République. Hollande en fait plus encore.
Certains commentateurs particulièrement proches de l’Elysée nous rappellent qu’il y a deux ans, pour ses premières vacances de président, Hollande avait disparu pendant plusieurs semaines, que les Français le lui avaient sévèrement reproché et que, du coup, il s’était mis à dégringoler dans les sondages. A les entendre, il aurait aujourd’hui retenu la leçon et voudrait donc faire de la présence à outrance cet été. C’est possible.
Toujours est-il que cette surmédiatisation du chef de l’Etat a une répercussion inattendue. Plus personne ne croyant, depuis bien longtemps déjà, en ce que peut nous raconter François Hollande à propos de tout et de n’importe quoi, les Français mettent en doute toutes les versions que le président peut nous présenter sur les causes de cet accident.
N’importe qui nous aurait affirmé que l’avion d’Air-Algérie avait été pris dans un orage épouvantable et que l’équipage n’avait pas su faire face à cette situation, nous aurions pu le croire. Mais quand c’est Hollande qui le dit, le doute s’installe immanquablement. Cet homme nous a trop menti depuis deux ans.
Et d’autant plus que personne ne peut croire qu’un équipage espagnol qu’on dit confirmé soit incapable de faire face à des circonstances météorologiques fréquentes dans cette région et que tout le monde sait qu’au Mali il y a une rébellion islamiste qui a déclaré la guerre à l’Occident et même à l’Algérie.
On nous raconte que ces Islamistes que l’armée française pourchasse depuis des mois n’ont pas les missiles capables d’atteindre un avion volant à 10.000 mètres d’altitude. C’est ce qu’on nous avait d’abord affirmé à propos des rebelles ukrainiens qui semblent bel et bien avoir abattu « par erreur » l’avion malaysien. En même temps, depuis des mois, tous les experts nous affirment que ces rebelles du nord du Mali se sont emparés des stocks d’armes libyens au lendemain de la chute de Kadhafi et notamment de fusées sol-air particulièrement redoutables.
Il est évident que si c’étaient ces rebelles islamistes qui avaient abattu l’appareil algérien ce serait pour Paris qui prétend les avoir écrasés et repoussés dans leur ultime repaire du nord du Mali un véritable désaveu.
On comprendrait donc que François Hollande tente de faire accréditer la version de la météo. Mais personne ne le croit et ce n’est pas en en rajoutant comme il le fait qu’il devient plus crédible.
Il parait qu’il y a un proverbe malien qui affirme que « La confiance c’est comme la virginité. Quand on l’a perdu une fois on ne la retrouve jamais ». Hollande a perdu sa virginité depuis longtemps…

27 Juil 2014 | Comments (8)

Et les Chrétiens d’Irak ?

Tout le monde ou presque s’apitoie -à juste titre- sur le sort des populations civiles palestiniennes qui, depuis plus de deux semaines, paient, sous les bombes sans pitié des Israéliens, le prix de la politique du Hamas. Mais personne ne dit un mot, ne verse une larme sur le sort des Chrétiens d’Irak qui sont persécutés et chassés de chez eux notamment à Mossoul où règnent, depuis juin dernier, des Islamistes sunnites fous furieux sous l’autorité de l’autoproclamé « calife » Abou Bakr el Baghdadi qui veut instaurer dans toute la région un « Etat islamique en Irak et au Levant ». Ce silence, cette indifférence de l’Occident, jadis chrétien mais qui se dit toujours humaniste, deviennent intolérables.
Personne n’en a parlé mais le « califat » avait lancé un ultimatum à la communauté chrétienne de Mossoul. Elle avait jusqu’à samedi dernier pour ou se convertir à l’Islam ou se mettre à payer le jyziah, « l’impôt des mécréants » (qui s’élève à 300 $ par an), s’enrôler dans l’armée du califat et donner ses filles en mariage à des musulmans. Sinon, ajoutait l’ultimatum, « il n’y aura que l’épée »…
Toutes les maisons chrétiennes de Mossoul ont été marquées de la lettre N pour « nazaréens » terme péjoratif pour désigner les Chrétiens. La cathédrale syriaque de Mossoul commence à être transformée en mosquée, le couvent des dominicains, créé au XIXème siècle par des pères français, a été envahi et saccagé.
Les 3.000 derniers chrétiens vivant encore à Mossoul, la deuxième plus grande ville d’Irak, ont donc fui la semaine dernière en catastrophe. Ils n’avaient pas le droit d’emporter que ce soit avec eux. Et, dès la sortie de la ville, ils ont été dépouillés de tout ce qu’ils avaient sur eux, argent, papiers, bijoux. Terrifiés, désespérés, ils se sont réfugiés en zone kurde et se sont placés sous la protection des peshmergas, comme d’ailleurs les autres minorités de la région, elles aussi persécutées, les Turkmènes, les Shabaks, les Yézidis.
Les Chrétiens d’Irak formaient l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde. En 1990, ils étaient encore plus d’un million, essentiellement des Chaldéens et des Nestoriens mais il y avait aussi des Syriaques, des Orthodoxes, des Latins, des Arméniens des Melkites. Tout le monde vivait dans une relative harmonie avec les musulmans, sunnites ou chiites, sous un régime autoritaire qui imposait la laïcité et protégeait les minorités, celui de Saddam Hussein.
En 2005, deux ans après l’invasion américaine et l’exécution de Saddam Hussein, les Chrétiens d’Irak n’étaient plus que 600.000. 20.000 d’entre eux s’étaient réfugiés en France, parmi lesquels 8.000 s’étaient installés à… Sarcelles devenue « la plus grande ville syriaque de France ».
Le délabrement de l’Irak avec un pouvoir inexistant à Bagdad, des milices incontrôlées, chiites dans le sud, sunnites dans le nord, et le succès des djihadistes de « l’Etat Islamique en Irak et au Levant » dans toute la région de Mossoul rendent intenable la situation de ces derniers Chrétiens d’Irak qui ont tout perdu et ne savent plus où aller ailleurs que dans les montagnes kurdes.
Et en Europe, tout le monde s’en fout ! Nous nous mobilisons pour les villageois israéliens qui reçoivent des roquettes du Hamas, pour les habitants de Gaza pris sous le déluge de feu des Israéliens, mais les « mécréants » d’Irak persécutés et chassés de chez eux par des djihadistes nous laissent indifférents. Il est vrai qu’ils ont le grand tort d’être chrétiens…

23 Juil 2014 | Comments (23)

La CGT et le PC au secours de Hollande !

Le gouvernement a finalement décidé d’autoriser la manifestation pro-palestinienne prévue demain, à condition que… la CGT et le PC en assurent le service d’ordre. On croit rêver ! Dans quel pays sommes-nous ? C’est vraiment n’importe quoi. Et on a rarement vu un pouvoir se défausser de la sorte.
Ce gouvernement avait autorisé une première manifestation parisienne. Elle a mal tourné. Les pro-palestiniens ont non seulement brisé quelques magasins en fin de parcours mais surtout scandé des slogans antisémites et menacé deux synagogues des alentours de la Bastille. Du coup, le gouvernement a interdit une deuxième manifestation à Paris ainsi qu’une autre à Sarcelles. Naturellement, ces deux manifestations interdites ont eu lieu et ont, elles aussi, dégénéré, avec encore plus de violence et toujours autant d’antisémitisme.
Après avoir pataugé et s’être contredit à maintes reprises pendant quarante-huit heures, ce gouvernement a finalement compris qu’en France on ne pouvait pas interdire une manifestation sauf à prendre le risque d’apparaitre comme étant franchement pour un camp et contre l’autre et donc d’envenimer davantage encore les choses.
Aujourd’hui, interdire une manifestation pro-palestinienne c’est prendre clairement position en faveur d’Israël ce qui devient pour le moins difficile alors que les bombardements de Tsahal sur la bande de Gaza continuent à massacrer la population civile de l’enclave palestinienne et que l’opinion internationale commence à s’indigner. Ce serait aussi, et surtout, provoquer notre communauté musulmane que les extrémistes ont réussi à mobiliser sur ce drame.
Hollande, Valls et Cazeneuve nous avaient répété qu’ils avaient interdits ces manifestations parce que, comme l’avait prouvé la précédente, elles risquaient de tourner à l’affrontements avec un déferlement d’antisémitisme. Et voici qu’ils autorisent celle de demain parce que son interdiction risquerait de provoquer davantage encore d’affrontements. Et ils appellent à l’aide la CGT et le PC !
On s’étonne que dans le pays qui a le plus de policiers et de gendarmes par tête d’habitant de toute l’Union européenne, les autorités se sentent totalement incapables d’assurer d’elles-mêmes le maintien de l’ordre pendant une manifestation dans les rues de la capitale.
Qui a eu l’idée parfaitement stupéfiante d’appeler la CGT et sa « maison mère » le PC à la rescousse pour, avec leurs services d’ordre respectifs, encadrer la manifestation de Denfert-Rochereau aux Invalides, un itinéraire qui évitera toutes les synagogues parisiennes.
On dira que les gros bras de la CGT et du PC ont l’habitude des manifestations même parfois « à risques », qu’ils savent empêcher tous les débordements et que l’une et l’autre ont appelé à la manifestation. Mais on pensait que les CRS auraient pu faire l’affaire et c’est la première fois dans l’histoire de la République que le pouvoir « privatise » ainsi le maintien de l’ordre.
L’inconscience de nos dirigeants est aujourd’hui sans limites. Cela dit, s’il y a des débordements demain, ce qui n’est pas impossible, le pouvoir pourra toujours s’en laver les mains et faire porter le chapeau à MM. Thierry Lepaon et Pierre Laurent, promus pour l’occasion ministre de l’Intérieur et préfet de police.
On attend avec impatience la prochaine grande manifestation organisée par la CGT et le PC pour savoir à qui Hollande demandera alors d’assurer le maintien de l’ordre…

22 Juil 2014 | Comments (10)

Hollande plus pantin que jamais

Le 9 juillet, François Hollande déclarait : « Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population ». Aujourd’hui, 21 juillet, ce même François Hollande déclare : « Tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza ».
Le président de la République ne sait pas ce qu’il veut. Il y a douze jours, il apportait un soutien total à Netanyahou qui se mettait à faire bombarder la bande de Gaza en réplique aux tirs de roquettes du Hamas contre des villages israéliens. Aujourd’hui, il condamne ces mêmes bombardements. Que voulait-il dire quand il conseillait au gouvernement israélien de prendre « toutes les mesures pour protéger la population israélienne » ? S’imaginait-il que le premier ministre d’Israël, connu pour sa brutalité, allait lever le blocus de l’enclave de Gaza, amorcer une négociation avec le Hamas et lancer des fleurs sur la population palestinienne ?
Certes, le problème du Proche-Orient, et tout particulièrement celui qui oppose les Palestiniens et Israël, est compliqué mais il faut l’aborder avec « des idées simples », comme disait déjà De Gaulle. En face de cette nouvelle guerre, on ne peut pas dire tout et son contraire.
Hollande considère-t-il le Hamas qui règne à Gaza, après y avoir légalement remporté les élections, comme un mouvement « terroriste » qui harcèle Israël ou considère-t-il Israël comme une puissance occupante qui brime la population palestinienne et impose, par la violence du blocus et maintenant de ses bombes, son joug sur l’enclave de Gaza ?
On dira que, comme bien souvent dans les guerres, les torts sont partagés entre les deux camps. Le Hamas ne veut pas reconnaitre l’Etat juif et mène, avec ses faibles moyens, une guérilla contre lui. Israël –ou du moins son gouvernement actuel- ne veut pas entendre parler de la moindre négociation qui pourrait conduire à la création d’un Etat palestinien et multiplie les provocations en poursuivant sa politique de colonisation de nouvelles terres après avoir construit un mur que certains appellent « le mur de la honte » pour enfermer les Palestiniens dans une sorte de ghetto.
Les hommes de paix comme le furent, un temps, Rabin et Arafat ont disparu ou ont été relégués comme Mahmoud Abbas au fin fond de la CisJordanie et Shimon Pérès à la présidence honorifique d’Israël.
D’un côté comme de l’autre, ce sont les extrémistes qui ont, pour le moment, gagné. C’est désolant et on en voit les résultats : une énième guerre dont aucune paix ne pourra sortir.
En face d’une telle situation, la France se devait d’avoir une attitude claire, de condamner les tirs de roquettes du Hamas et de condamner tout aussi énergiquement la riposte totalement disproportionnée d’Israël, pour pouvoir exiger des uns et des autres qu’ils s’assoient autour d’une table de négociation.
Au lieu de cela, Hollande qui fait une fois de plus la preuve de son incompétence et de son goût pour la lâcheté des compromis, ne sait plus sur quel pied danser et fait volte-face. Après avoir apporté son soutien sans condition à Israël –sans doute pour plaire à ses amis du CRIF et à quelques-uns de ses ministres- il s’apitoie sur le sort des habitants de Gaza, comprenant, peut-être, que les images des morts, des blessés, des destructions, de la désolation, diffusées par toutes les télévisions ont fait basculer l’opinion publique.
Les Palestiniens et leurs amis n’oublieront jamais que le président de la République française a applaudi aux débuts des bombardements ; Israël et ses amis n’oublieront jamais qu’il a poignardé dans le dos l’armée israélienne quelques jours plus tard.
Et les Français se désoleront, une fois de plus, d’avoir à la tête de leur pays un tel pantin qui les déconsidère à la face du monde.

21 Juil 2014 | Comments (14)

Une 5ème colonne ?

Fallait-il et faut-il interdire les manifestations propalestiniennes pour éviter qu’elles ne dégénèrent en affrontements violents ou est-ce cette interdiction qui provoque le déchainement des extrémistes ? C’est la question qu’on se pose aujourd’hui à l’Elysée, à Matignon et place Beauvau.
Les manifestations d’hier à Barbès et à Sarcelles étaient interdites et elles ont dégénéré. Mais, la semaine dernière, une manifestation parisienne autorisée avait, elle aussi, dégénéré aux alentours de la Bastille.
On peut constater plusieurs évidences. Même si l’extrême-gauche, et notamment les amis d’Olivier Besancenot, tente de récupérer le mouvement, l’écrasante majorité des manifestants est composée d’immigrés musulmans de nos banlieues, solidaires de leurs coreligionnaires palestiniens. Il est difficile de savoir qui mobilise et encadre ces manifestants mais il est vraisemblable que certains imams des mosquées plus ou moins clandestines qui prêchent le djihad tous les vendredis jouent un rôle essentiel dans l’organisation de cette mobilisation.
Nous assistons donc, pour la première fois, à une descente dans la rue de « nos » musulmans en tant que tels. Aujourd’hui, c’est pour protester contre les bombardements massifs de Gaza par les Israéliens et soutenir le Hamas, demain ce pourra être pour une autre cause. Il serait grand temps que nos gouvernants, de droite comme de gauche, se rendent compte que nous avons une 5ème colonne parmi nous et qu’ils arrêtent de nous répéter que nos compatriotes musulmans sont « des Français comme les autres », parfaitement assimilés à la République car, de toute évidence, ces compatriotes sont musulmans avant d’être français.
Interdites ou pas, ces manifestations de soutien aux Palestiniens de Gaza, c’est-à-dire au Hamas, ont et auront lieu, en prenant toujours et de plus en plus un caractère violemment antisémite avec les cris de « Mort aux Juifs ». Hier, à Sarcelles, comme la semaine dernière à Paris, certains manifestants ont voulu s’en prendre aux synagogues.
Quand elles sont interdites, ces manifestations dégénèrent, semble-t-il, davantage encore car des groupes de casseurs n’ayant rien à voir avec la cause de Gaza se joignent aux manifestants pour affronter les forces de l’ordre, comme d’ailleurs dans la plupart des manifestations. Cela fait des années que la police est incapable de venir à bout de ces bandes de voyous des « queues de cortège ».
Cela dit, interdire ces manifestations qui vont sans doute se multiplier puisque tout s’aggrave encore à Gaza n’est sûrement pas la bonne solution. D’abord, parce que le droit de manifester est formellement reconnu en France et qu’il ne faut jamais jouer avec ce genre de grands principes. Ensuite, parce qu’une telle interdiction ne peut être ressentie par la communauté musulmane dans son ensemble que comme de l’islamophobie de la part d’un gouvernement dont certains ministres à commencer par le premier d’entre eux répètent maladroitement qu’ils sont indissolublement « liés à Israël ». Enfin, parce qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que ces manifestants qui conspuent le gouvernement israélien ne se mettent à conspuer le gouvernement français, voire la France elle-même.
Une fois de plus mais plus que jamais, nous sommes confrontés au problème de l’Islam en France. La prudence, voire la lâcheté de nos gouvernements n’est plus de mise…

21 Juil 2014 | Comments (10)

L’antisémitisme, le plus facile des djihads

 Le problème du Proche-Orient –en clair celui d’Israël- est l’un de ceux qui suscitent le plus de passion. Il suffit d’évoquer la politique de Jérusalem ou le sort des Palestiniens pour qu’immédiatement le débat dégénère, la mauvaise foi et l’ignorance des réalités fassent des ravages et que les noms d’oiseaux se mettent à voler. Même sur ce petit blog où pourtant, depuis plus de quatre ans maintenant, nous essayons, les uns et les autres, de rester lucides et surtout courtois.
Le billet d’hier m’a valu un flot d’injures. Or, je me contentais d’affirmer que l’antisionisme et l’antisémitisme n’étaient pas la même chose, même si certains antisémites patentés se sont longtemps affublés du faux-nez de l’antisionisme. L’antisionisme est une attitude politique qui consiste à contester l’existence d’un Etat basé sur la race, en l’occurrence Israël ; l’antisémitisme est un réflexe purement raciste qui s’en prend aux Juifs.
On me fait ensuite remarquer que, les Arabes étant des Sémites, on ne peut pas les accuser d’antisémitisme. Ne jouons pas (trop) sur les mots. Les antisémites visent évidemment les Juifs et eux seuls. Pour les autres Sémites, on parle, au choix, d’arabophobie ou d’islamophobie (tout en sachant qu’il y a des Islamistes qui ne sont pas Sémites).
Je ne confonds d’ailleurs pas, contrairement à ce qu’on me reproche, les Arabes, les Musulmans et les Palestiniens. Mais il se trouve qu’à Gaza, les Palestiniens sont des Arabes, le plus souvent musulmans, et que le Hamas qui règne sur cette petite enclave prône un Islam rigoureux et a totalement marginalisé et souvent persécuté la petite minorité chrétienne.
En fait, je voulais surtout souligner l’émergence d’un « nouvel » antisémitisme. Certains de nos amis affirment qu’il n’y a rien de nouveau et que si cet antisémitisme a pris de l’ampleur en France c’est tout simplement parce qu’en raison de l’immigration massive il y a beaucoup plus de Musulmans aujourd’hui sur notre sol.
C’est totalement faux. L’ancien antisémitisme français n’avait rien à voir avec l’Islam et notre petite communauté musulmane de l’époque n’y était strictement pour rien. On peut d’ailleurs se souvenir qu’en Algérie (française) Juifs et Musulmans entretenaient généralement d’excellentes relations alors pourtant que la puissance « coloniale » avait tout fait pour les opposer les uns aux autres avec, par exemple, le célèbre décret Crémieux qui accordait la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie sans la donner aux « indigènes » arabes ou kabyles.
Les antisémites français d’autrefois étaient des bourgeois de droite et d’extrême-droite, fervents catholiques qui reprochaient aux Juifs d’avoir tué le Christ et farouches nationalistes qui accusaient les Juifs d’être une communauté étrangère et interlope. Ils avaient adoré « La France juive » d’Edouard Drumont, avaient eu leur heure de gloire en envoyant le capitaine Dreyfus à l’ile du Diable, avaient rejoint l’Action française, Charles Maurras, les Ligues, avant d’applaudir Hitler et plus encore Pétain qui, dès 40, et avant même que l’occupant nazi ne le demande, avait pris les première lois antijuives.
Autant dire que cet antisémitisme de jadis a totalement -et heureusement- disparu. Mais il a été, depuis quelques années, remplacé par un autre antisémitisme qui pourrait bien être plus dangereux encore.
Ce ne sont pas les bourgeois catholiques et nationalistes qui en forment les plus gros bataillons mais les immigrés musulmans ; ce n’est pas l’extrême-droite qui en fournit les intellectuels mais l’extrême-gauche ; ils ne reprochent pas aux Juifs d’avoir tué le Christ et de dominer la finance internationale mais d’avoir créé Israël, chassé les Palestiniens et d’être la citadelle de l’impérialisme américain au coeur du monde arabe.
La création de l’Etat d’Israël, l’oppression dont sont victimes depuis un demi-siècle les Palestiniens et l’arrivée massive d’immigrés musulmans sont à l’origine de ce nouvel antisémitisme qui sévit en France et oppose « nos » musulmans, évidemment solidaires de leurs coreligionnaires palestiniens, à « nos » Juifs, inévitablement solidaires de leurs coreligionnaires d’Israël. S’ajoute une extrême-gauche déboussolée, tiers-mondiste, révolutionnaire qui a trouvé dans la cause palestinienne une occasion de reprendre son combat contre l’impérialisme et l’ordre établi, au nom de la défense des opprimés.
Ce nouvel antisémitisme est redoutable. D’abord, parce qu’il est alimenté en permanence par la situation au Proche-Orient et qu’il le sera de plus en plus tant qu’Israël poursuivra sa politique de colonisation et d’apartheid et qu’aucune discussion ne conduira à une solution juste et équitable pour les Israéliens et pour les Palestiniens.
Ensuite, et presque surtout, parce que cet antisémitisme fomenté par les Islamistes les plus radicaux de nos banlieues pourrait rapidement cimenter une large partie de nos Musulmans pour lesquels il sera plus facile de crier « Mort aux Juifs » que de respecter la Charia.
L’antisémitisme est, sans conteste, le plus facile des djihads. Et c’est pourquoi il appartient au gouvernement d’être intraitable aussi bien avec ceux qui défilent dans nos rues derrière le drapeau de la Palestine qu’avec ceux qui défilent derrière le drapeau d’Israël. Incapable d’imposer une solution pacifique aux belligérants qui s’affrontent autour de la bande de Gaza, nous ne devons pas permettre à nos ressortissants, musulmans ou juifs, de s’affronter chez nous.
Et l’antisémitisme d’aujourd’hui, aussi différent qu’il puisse être, n’est pas plus tolérable que celui d’hier.

19 Juil 2014 | Comments (15)

De l’antisionisme à l’antisémitisme

François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve redoutent que la guerre qui a recommencé entre Israël et le Hamas, à Gaza, n’ait des répercussions en France même. On a d’ailleurs vu, dimanche dernier, une manifestation pro-palestinienne en plein Paris dégénérer en affrontements violents entre quelques-uns de ces pro-palestiniens et des extrémistes juifs au moment où les premiers tentaient d’envahir deux synagogues proches de la Bastille. De nouvelles manifestations pro-palestiniennes prévues ce week-end viennent d’ailleurs d’être interdites par la préfecture et notamment celle qui devait aller de Barbès à l’Opéra.
Si on peut le regretter, personne ne s’étonnera que les Français juifs se sentent particulièrement concernés par tout ce qui se passe en Israël et personne ne s’étonnera non plus que les Français musulmans éprouvent, eux aussi, une totale solidarité à l’égard de leurs coreligionnaires du Proche-Orient.
Même si nos commentateurs habituels ne veulent pas le reconnaitre, les guerres du Proche-Orient sont, avant tout, des guerres de religions opposant Juifs et Musulmans. Leur « importation » chez nous, à l’heure où l’Islam se réveille dans nos banlieues, est donc inévitable et redoutable.
Pendant longtemps, les adversaires d’Israël se disaient « antisionistes », attitude parfaitement acceptable puisque chacun a, en effet, le droit de contester le principe même d’un Etat basé sur la religion (ou la race) et de critiquer telle ou telle politique menée par le gouvernement de cet Etat. Même si ces « antisionistes » qui s’en prenaient à l’Etat d’Israël et à la politique menée par le gouvernement de Jérusalem, ne trouvaient rien à redire à l’existence du Pakistan (« le pays des justes », créé pour les Musulmans de l’ancien empire des Indes), à celle des monarchies de la péninsule arabique qui sont, toutes, basées sur l’Islam et aux politiques menées par ces dictatures plus ou moins théocratiques.
Mais cet « antisionisme » a, depuis quelque temps, totalement basculé dans un « antisémitisme » qui s’affiche de plus en plus ouvertement. Les manifestants qui, dimanche dernier, à Paris et dans plusieurs villes de province, protestaient contre les bombardements israéliens de Gaza ne criaient pas « A bas Israël » ce qui aurait, éventuellement, pu être acceptable, mais « A bas les juifs » ce qui est, évidemment, intolérable.
Pourquoi ce « basculement » ? Parce que chacun s’est radicalisé. A l’origine, les Sionistes n’étaient pas des religieux. Ils voulaient créer en « Terre sainte » un état socialiste, si ce n’est collectiviste, refuge pour tous les Juifs du monde persécutés en raison de leur race. Théodore Herzl, le père du Sionisme, avait lancé son idée après avoir assisté, en tant que journaliste autrichien (et laïc), au procès du capitaine Dreyfus.
L’idéal des kibboutzim a disparu depuis longtemps et les religieux d’Israël (qui s’étaient farouchement opposés au Sionisme) jouent maintenant un rôle essentiel à la Knesset.
Mais c’est surtout de l’autre côté qu’on s’est radicalisé. Les « antisionistes » étaient des intellectuels de gauche, parfois juifs eux-mêmes, qui avaient été anticolonialistes et qui étaient souvent adeptes de la culture arabe. Ils ont été remplacés par des Musulmans extrémistes qui n’existaient pas encore il y a quelques années et qui ne prônent plus la création d’un Etat palestinien avec un partage des terres, comme le faisaient les « antisionistes », mais le Djihad c’est-à-dire la guerre contre tous les mécréants, à commencer par les Juifs.
Au lieu de s’attaquer à l’ambassade d’Israël pour protester contre les raids israéliens sur Gaza, les manifestants de l’autre jour s’en sont pris à deux synagogues parisiennes d’autant plus étrangères à la situation de Gaza qu’elles ne sont fréquentées que par les juifs orthodoxes de ce vieux quartier juif de la capitale.
Les organisations juives de France affirment depuis longtemps que l’antisémitisme a ressurgi dangereusement dans notre pays. On ne les croyait pas. L’antisémitisme « bourgeois » des antidreyfusards de jadis a, heureusement, disparu au lendemain de la guerre (et de la Shoa). Mais on s’aperçoit qu’un nouvel antisémitisme est apparu, autrement plus dangereux encore puisqu’il est porté, dans nos quartiers de « non-droit », par des hordes de jeunes « paumés », déracinés, sans culture, sans avenir et qui ont trouvé une raison d’être en s’engageant à corps perdu dans l’islamisme le plus radical.
Faute de pouvoir aller combattre en Syrie, en Irak et surtout à Gaza, ces jeunes s’en prennent « aux premiers Juifs qui leur tombent sous la main », les Juifs de France.
Il appartient évidemment aux autorités de tout faire pour empêcher ce nouvel antisémitisme de déferler sur la France. La chose va être difficile puisqu’il ne faut pas confondre les six ou sept millions de Musulmans de France avec ces marginaux de plus en plus nombreux qui crient « Mort aux Juifs ».
François Hollande n’a visiblement rien compris au problème. Il était particulièrement maladroit de déclarer cette semaine « La France n’est l’amie ni d’Israël ni de la Palestine » ce qui ne pouvait que heurter les uns et les autres. La France se doit d’être l’amie et d’Israël, pour garantir à l’Etat juif des « frontières sûres et reconnues », et des Palestiniens, pour qu’ils aient, un jour, eux aussi, un Etat.
Nous allons aussi payer notre inconscience à l’égard de l’Islam. A force de répéter, contre toute évidence, que l’Islam peut parfaitement s’assimiler à notre civilisation, à notre culture, à notre société, qu’il peut accepter la démocratie et qu’on voit naitre un « Islam de France », nous avons fermé les yeux sur la naissance, au cœur même de notre pays, de cet Islam radical qui, à travers la planète, nous a déclaré la guerre.
On peut –et on doit- protester contre les bombardements disproportionnés de l’armée israélienne contre Gaza, on peut tout faire pour tenter d’imposer des négociations qui conduiraient à une solution juste et durable de cet interminable conflit israélo-palestinien, mais, dans l’immédiat, on ne peut pas tolérer que des Français crient « Mort aux Juifs » dans les rues de Paris. Il y va de l’honneur de la France.

18 Juil 2014 | Comments (13)

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