C’est la première fois dans l’histoire de la République que les « magistrats » du Conseil d’Etat prononcent une peine de mort. On croyait que cette peine de mort avait été supprimée en France il y a plus de 30 ans et, jadis, c’étaient les Cours d’assises -et non pas le Conseil d’Etat- qui envoyaient les condamnés à l’échafaud.
On aimerait savoir si les 17 salopards qui pantouflent sous les lambris dorés du Palais Royal et qui ont décidé, hier, après un bon déjeuner, que les médecins de Reims pouvaient assassiner le malheureux Vincent Lambert, en toute impunité et même avec la bénédiction de la République, ont pu dormir la nuit dernière en toute tranquillité, même si la Cour européenne s’est opposée, hier soir, à leur verdict.
Pour commettre leur mauvaise action, les 17 conseillers d’Etat se sont, parait-il, appuyés sur la loi Léonetti. Mais cette loi, déjà totalement contestable en elle-même, précise bien que les médecins peuvent arrêter de faire vivre artificiellement un malade à condition 1) qu’il soit « en fin de vie », 2) que son état lui impose « des souffrances insupportables » et 3) qu’il « ait exprimé clairement, par le passé, le souhait de ne pas être l’objet d’un acharnement thérapeutique ». Or, si Vincent Lambert est dans le coma depuis six ans, 1) il n’est pas « en fin de vie » puisque les médecins peuvent prolonger indéfiniment sa survie, 2) personne ne peut affirmer que son état lui impose « des souffrances insupportables » puisqu’il est dans un coma profond et 3) mis à part sa femme et un de ses neveux, personne, avant son accident, ne l’a jamais entendu évoquer le problème de l’acharnement thérapeutique.
En fait, les 17 salopards du Conseil d’Etat (qui n’avaient pas la moindre compétence, ni morale ni scientifique, pour traiter d’un tel sujet) se sont simplement soumis lâchement à l’opinion publique et à la presse qui, manipulées par quelques lobbies à la mode, voudraient qu’on se débarrasse, vite fait-bien fait, des malades incurables, des vieillards cacochymes, des gâteux incontinents et de tous les handicapés en tous genres qui encombrent nos hôpitaux, nos maisons de retraite et, plus encore, notre société. Hitler y avait déjà pensé.
Il se trouve que depuis quelques millénaires, en tout cas depuis Hippocrate (400 avant JC), les sociétés dites « civilisées » estiment généralement que les médecins ont pour vocation de « s’acharner » à prolonger la vie des malades, quels qu’ils soient et même agonisants, incurables ou dans le coma. Aujourd’hui, quelques dingues nous disent que les médecins doivent assassiner (car il n’y a pas d’autres mots) leurs malades pour peu qu’ils soient incurables et ne soient plus que des bouches inutiles à mourir. Ces farfelus dangereux ont même trouvé un euphémisme stupéfiant. Au lieu de nous dire franchement qu’il faut, à leurs yeux, que les médecins assassinent leurs malades incurables, ils nous racontent qu’il faut que les médecins… « abrègent les souffrances » de leurs malades. Il est évident qu’en tirant une balle dans la tête d’un malade on abrège ses souffrances… Les médecins n’ont pas à « abréger » les souffrances de leurs malades mais à les « soulager » de ces souffrances.
Face à ce problème difficile et compliqué de l’acharnement thérapeutique, il faut rester simple et poser la seule question qui vaille : qu’est-ce que « la vie » ? La réponse est facile : la vie est un miracle mystérieux qui se limite à faire battre un cœur et à faire ainsi vivre un être humain (et un animal). Et c’est ce miracle incompréhensible et si fragile que les médecins se doivent de prolonger. Tout le reste n’est que balivernes.
Certains nous disent que la vie que mène ce malheureux Vincent Lambert dans le coma et dans sa chambre d’hôpital depuis six ans n’est pas « une vie ». Mais alors où mettons-nous le « curseur » ? Un vieillard gâteux, un malade d’Alzheimer, un cancéreux, un trisomique mènent-ils « une vie » normale ? Non, bien sûr. Faut-il pour autant tous les supprimer ?
Une société qui, après avoir décidé de marier les personnes du même sexe, en vient à penser qu’il faut achever les mourants a, évidemment, perdu la tête.
Pour une fois, on ne peut que se réjouir de voir que l’Europe nous impose sa loi. Les juges de la Cour européenne, saisis par les parents de Vincent Lambert, ont rappelé, hier soir, aux juges du Conseil d’Etat que la vie d’un homme, même plongé dans un coma profond, était sacrée et que, tant que son coeur battait, il fallait tout faire pour prolonger cette vie, même si elle n’en est plus une.
L’épouse de Vincent Lambert qui demande depuis des mois qu’on arrête de nourrir et d’hydrater son mari ne sera pas encore veuve ce coup-ci. Tant pis pour elle. Et tant mieux pour les parents de Vincent Lambert qui adorent leur enfant, se battent pour sa survie et que la presse complaisante accuse d’être des catholiques intégristes, comme s’il fallait être un partisan de la messe en latin pour refuser qu’on assassine son fils.

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