Archives par moisjuin 2014



Paris outragé !

A l’occasion de la Gay Pride, Anne Hidalgo a fait installer deux immenses drapeaux arc-en-ciel (les couleurs de la communauté homosexuelle) sur la façade de l’Hôtel de Ville de Paris. Son prédécesseur, Bertrand Delanoë, qui pourtant n’avait jamais caché ses préférences sexuelles et était un militant acharné de la cause des « Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres » n’avait jamais osé en faire autant.
Même si le spectacle exhibitionniste qu’ils offrent à l’occasion de cette Gay Pride est évidemment provocateur jusqu’au nauséabond, personne ne conteste aux homosexuels -en tous genres- le droit de défiler une fois par an dans les rues de la capitale, dès lors qu’ils ont obtenu de la préfecture de police l’autorisation de se trémousser à poil ou dans les accoutrements les plus indécents tout au long des grandes artères des quartiers élégants.
Dans une démocratie « à la page », chacun a le droit d’avoir la sexualité de son choix et de la revendiquer en manifestant publiquement. Les notions de « décence », voire même d’« attentat à la pudeur » sont tombées en désuétude depuis belle lurette. Sans même parler de Sodome ou de Gomorrhe, tous les historiens savent, d’ailleurs, que l’agonie des grandes civilisations et des grands empires a toujours commencé quand la plèbe s’est mise à se vautrer dans toutes les dépravations et les élites à se rouler dans le stupre, termes charmants et sans doute désuets mais que l’actualité oblige à ressortir des pages oubliées de nos anthologies.
Il est donc désormais interdit –par la loi- de s’indigner devant les démonstrations (de force) des sodomites et de leurs compères mais Anne Hidalgo a-t-elle pour autant le droit de hisser le drapeau « des pédés et des gouines » (comme on ne devrait pas dire) sur « la maison commune » des Parisiens ?
Juridiquement, on veut croire qu’il y a quelque part, dans le fatras de notre législation et de notre règlementation, un texte qui limite et encadre le droit d’installer n’importe quel drapeau, n’importe quelle oriflamme, n’importe quel étendard ou n’importe quel fanion sur les édifices publics. Un drapeau sur une mairie ne peut pas symboliser une communauté particulière de la commune, fut-elle particulièrement à la mode.
Mais il y a plus grave. Notre Constitution précise que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » qui « assure l’égalité devant la loi des tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Et, à propos de cette égalité devant la loi, les textes vont encore plus loin en ajoutant que « toutes les discriminations liées à l’orientation sexuelle sont interdites ». Il est donc formellement interdit en France d’afficher la moindre préférence en faveur de n’importe quelle orientation sexuelle.
En installant le drapeau des « homos » sur l’Hôtel de Ville de Paris, Anne Hidalgo viole donc nos principes les plus sacrés, affiche sa préférence et discrimine, voire « ostracise » les Parisiens hétérosexuels.
Les socialistes sont incorrigibles. « C’est à ça qu’on le reconnait », aurait dit Audiard. Anne Hidalgo n’a toujours pas compris qu’avec sa loi sur « le mariage pour tous » (que rien n’imposait) le pouvoir avait divisé la France et s’était tiré une balle dans le pied qui allait le faire boiter pendant tout le quinquennat.
Oui, en affichant sur les murs de l’Hôtel de Ville les couleurs de l’arc-en-ciel, Hidalgo fait de la provocation, viole sans doute la loi et sûrement nos grands principes qui s’opposent à toutes discriminations (qu’elles soient positives ou négatives) et permet à ses adversaires de dire qu’avec elle… « Paris est outragé ». Le mot est célèbre.

28 Juin 2014 | Comments (16)

Le football, « que du bonheur »… pour nos dirigeants

Les spécialistes du ballon rond nous disent que l’équipe de France de football a relativement peu de chances d’aller jusqu’à la finale de la coupe du monde et que l’équipe d’Algérie, elle, n’a aucune chance d’y parvenir.
On ne peut que s’en réjouir. Car, quand on a vu, hier soir et jusque très tard dans la nuit, les manifestations de joie des Algériens sur les Champs Elysées, dans le XVIIIème arrondissement et dans certaines villes de province après la victoire, parait-il, inespérée et ,dit-on, « historique » de leur équipe, on ne peut qu’imaginer avec effroi ce que donnerait une finale opposant la France et l’Algérie à Rio. Surtout si c’était l’équipe de Deschamps qui l’emportait et, a fortiori, s’il y avait eu un but, un pénalty ou une expulsion contestable.
Avouons-le, quitte à prendre le risque de se faire traiter de xénophobe, le spectacle de cette foule (étrangère) déchainée, hurlant sa joie, brandissant le drapeau algérien avec ces femmes poussant leurs youyous sur « la plus belle avenue du monde » avait, cette nuit, quelque chose d’un peu choquant et de franchement déplaisant.
D’abord, parce que, et quelle que puisse être la sympathie qu’on puisse éprouver pour nos « amis » algériens de France, ces gens ne sont tout de même pas « chez eux, chez nous ». Ensuite, parce qu’il faut avoir l’honnêteté de le dire, tout n’a pas encore été réglé entre nos deux pays et que le gouvernement de Bouteflika ne fait rien –c’est le moins qu’on puisse dire- pour faire oublier aux Français que le drapeau algérien est encore celui du FLN. Enfin, parce que ces débordements sont évidemment excessifs, même s’ils sont plutôt bons-enfants (malgré les 74 interpellations auxquelles les forces de l’ordre ont dû procéder). Tout « historique » qu’il ait été, il ne s’agissait tout de même que d’un match de football.
Il serait, sans doute, temps de se demander si notre système n’a pas totalement dévoyé le sport et notamment le football. Pour justifier et faire encore mieux fructifier les milliards qui y sont investis, on a fait oublier à tous les gogos de la planète que ces matchs n’étaient que des spectacles, des jeux, des distractions au cours desquels 22 joueurs professionnels surpayés, gladiateurs des temps modernes, tapaient avec talent dans un ballon rond, ce qui est, évidemment, plus difficile qu’il n’y parait mais n’a strictement rien à voir avec des conflits internationaux mettant en jeu les équilibres planétaires.
On nous dit que, lundi prochain, « la France affrontera le Nigéria » avant que, quatre heures plus tard, « l’Algérie n’affronte l’Allemagne ». Or, ce ne seront ni la France, ni le Nigéria, ni l’Algérie, ni l’Allemagne qui seront en cause mais simplement leurs équipes de football respectives et il ne s’agira pas d’« affrontements » mais de matchs de football. Que ces compétitions médiatisées à outrance éveillent un petit chauvinisme de bon aloi est parfaitement compréhensible, qu’elles déchainent un nationalisme exacerbé est absurde et dangereux.
Lors de la victoire de l’équipe de France en 1998 qui avait provoqué une folle soirée de liesse sur ces mêmes Champs Elysées, certains nous avaient affirmé que ces footballeurs « blacks-blancs-beurs » avaient balayé à tout jamais le racisme en France. La suite des événements n’a pas confirmé ce pronostic.
Cela dit, on en revient toujours à la vieille histoire « du pain et des jeux ». Pour tous les gouvernements de la planète, ce mondial est inespéré. Grâce à ces 8èmes de finale de lundi prochain, bien des Français ne se sont pas aperçus que nous venions de dépasser le cap officiel des 5 millions de chômeurs et les Nigérians ont oublié, un instant, que leur pays sombrait davantage encore dans l’horreur du terrorisme des extrémistes islamistes.
Comme disent les amateurs, « le football, c’est que du bonheur »… pour nos dirigeants.

27 Juin 2014 | Comments (10)

Hamon, le gros nul qui défend les crétins

Tout le monde s’était étonné que Manuel Valls choisisse Benoit Hamon comme ministre de l’Education Nationale. Certes, il fallait donner un os à ronger à la gauche du PS pour calmer les durs du parti qui commençaient à trouver que le virage vers la social-démocratie amorcé par François Hollande faisait dangereusement déraper les grands principes sur lesquels ils s’étaient fait élire. Mais de-là à confier ce ministère essentiel à cet agité aux allures de petit pion illettré, il y avait un pas que le nouveau Premier ministre n’aurait pas dû franchir.
L’Education Nationale fait partie, depuis des décennies, du drame français. L’Ecole française n’est plus qu’« une usine à chômeurs et à analphabètes », chacun l’a constaté, dit et répété. Elle est, en très grande partie, responsable de tous nos grands problèmes : le chômage, car elle ne sait plus former nos enfants et jette chaque année dans la vie active 150.000 jeunes sans aucune formation et sachant à peine lire et écrire ; l’immigration, car elle se refuse désormais à assimiler les enfants venus de l’étranger ; la violence dans les quartiers pourris, car elle ne veut plus apprendre aux jeunes un minimum de ce qu’on n’ose plus appeler « la morale ».
Pourquoi ce désastre ? Parce que, depuis la Libération, le pouvoir, qu’il soit de droite ou de gauche, terrorisé par quelques syndicats ultra-puissants et noyautés par les communistes, a totalement abandonné la politique éducative du pays à une poignée de gourous farfelus et maléfiques qui règnent en maitres absolus sur le ministère et entendent changer notre société en imposant à nos élèves des concepts totalement délirants.
Ce sont ces gourous qui s’appellent eux-mêmes « les pédagogistes » (à ne pas confondre avec les pédagogues) qui ont inventé la lecture globale, le collège unique, qui ont rayé l’Histoire des programmes , qui prétendent que « l’Ecole n’est pas faite pour transmettre les connaissances mais pour éveiller les compétences » (sic !), qui ont fait supprimer le terme de « maitre d’école » car le mot « maitre » évoquait l’esclavagisme, qui, reprenant les théories fumeuse de Bourdieu, accusent l’Ecole de Jules Ferry de servir à protéger et à reproduire indéfiniment la classe bourgeoise, etc.
Parmi leurs innombrables délires, il y a leur vieille volonté de supprimer les notes, les classements et les examens pour ne pas apprendre aux enfants… l’esprit de compétition (comme si la vie à laquelle l’Ecole devrait préparer les jeunes n’était pas une perpétuelle compétition).
Il était donc prévisible que ce « gaucho d’Hamon » allait s’attaquer au problème des notes. Il vient d’annoncer qu’il veut « supprimer les notes-sanctions pour parvenir à une évaluation bienveillante » !! C’est le vieux rêve de tous les cancres qu’ils soient paresseux ou crétins. Ne plus être noté, ne plus être classé, ne plus être jugé, n’avoir plus de concours ni d’examens à passer et pouvoir somnoler confortablement installé au fond de la classe près du poêle, c’est ce que font déjà plusieurs centaines de milliers de nos élèves, collégiens et lycéens qui, sortant de nos établissements scolaires, prennent tranquillement en musardant le chemin de Pôle-emploi.
Cela dit, si cette volonté de supprimer des notes révèle, de la part du ministre, un militantisme désuet de soixante-huitard attardé et une fabuleuse ignorance de la vraie vie, ce problème n’est qu’anecdotique. Son prédécesseur, Vincent Peillon, avait amusé le tapis avec les rythmes scolaires, Hamon amuse le tapis avec les notations. Deux problèmes marginaux à côté de l’épouvantable situation de notre Ecole.
Ni l’un ni l’autre, de peur d’avoir à affronter les syndicats et les gourous, ne veut poser les questions qui s’imposent et tenter d’y répondre : comment apprendre à tous nos écoliers de France et de Navarre « les fondamentaux » (lire, écrire, compter, auxquels s’ajoute désormais, en raison de l’immigration, s’exprimer en français) ; comment donner à tous nos collégiens un minimum de culture générale pour qu’ils puissent s’intégrer dans notre société ; comment orienter les lycéens pour qu’en fonction de leurs aptitudes ils prennent des filières qui les conduiront vers des emploisTout cela reviendrait à s’attaquer, bille en tête, à toute une série de tabous : la sélection, mot banni par les syndicats et les gourous, et qui pourtant devrait s’imposer à tous les niveaux du cursus éducatif, l’enseignement technique et professionnel, méprisé par tout le monde alors qu’il offre évidemment le plus de débouchés, le bac, bradé à plus de 80% des candidats et qui, du coup, ne vaut et ne sert plus à rien, l’université ouverte à tous et où chacun peut choisir n’importe quel domaine sans qu’on tienne compte des besoins du marché de l’emploi (Combien y a-t-il, d’étudiants en sociologie aujourd’hui dans nos universités ? De combien de sociologues la France aura-t-elle besoin dans quinze ans ?), etc., etc.
Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que nous ayons enfin un ministre de l’Education Nationale qui aura le courage de virer tous les gourous de la rue de Grenelle et de s’attaquer aux syndicats, quitte à déclencher une énième grève des profs ?
L’Ecole française fut longtemps l’une des meilleures du monde, grâce notamment aux « Hussards de la République » qui surent, sous la IIIème et la IVème républiques transformer un pays de paysans analphabètes en pays moderne. Aujourd’hui, mis à part nos grandes écoles et notre enseignement privé, elle est l’une des pires du monde. Toutes les statistiques internationales et l’état de la France le démontrent.
Personne n’attend rien de ce lamentable Benoit Hamon mais on pourrait au moins l’empêcher de porter ce coup de grâce final à notre Ecole en instaurant officiellement ce nivellement par le bas, et en se faisant ainsi le défenseur des crétins

26 Juin 2014 | Comments (9)

La justice acquitte le sérial killer en blouse blanche

Décidément, en France, il vaut mieux ne pas être vieux, incurable ou dans le coma. Hier, le Conseil d’Etat autorisait les médecins de Reims à expédier dans l’au-delà le malheureux Vincent Lambert. Ce matin, la Cour d’Assises de Pau a acquitté, avec les félicitations du jury et sous les applaudissements de la foule, le docteur Nicolas Bonnemaison, un champion de la spécialité, approchant même du record de son confrère le célèbre docteur Petiot, puisqu’il a assassiné, dans son service d’urgences de l’hôpital de Bayonne et sans rien demander à personne, sept de ses malades qu’il jugeait incurables.
Il n’y a pas si longtemps on aurait considéré Bonnemaison comme un horrible sérial killer et d’ailleurs, aujourd’hui encore, d’après le Code pénal, il était passible de la réclusion criminelle à perpétuité. La Cour d’assises de Pau a préféré l’acquitter !
Autrefois, les médecins devaient « soulager » les souffrances de leurs malades, aujourd’hui ils sont priés d’« abréger » ces souffrances et, par la même occasion, d’abréger la vie même de leurs malades devenus encombrants.
Très curieusement, au cours de ce procès interminable, personne, pas un avocat des parties civiles, pas un expert, pas un membre du jury, pas un magistrat n’a osé poser la seule question qui s’imposait : Bonnemaison n’était-il pas tout simplement un fou furieux, à mi-chemin entre Dracula et le monstre de Frankenstein, un assassin multirécidiviste en blouse blanche qui, la nuit venue, seul dans la chambre de ses malades, leur avait, par plaisir, par jeu, par folie, administré la piqure fatale ?
Non, tout le monde a préféré écouter sa défense, l’entendre plaider sa « bonne foi » et personne n’a sursauté quand, dans la péroraison de sa plaidoirie, il s’est écrié : « Cela fait partie du devoir du médecin d’accompagner ses patients jusqu’au bout du bout ». Accompagner les patients jusqu’au bout, oui, mais pas donner le petit coup de pouce criminel qui précipite le bout du bout et le malade à tout jamais dans le néant.
L’avocat général qui ignore visiblement le Code pénal et même le Code d’Hammourabi, avait requis 5 ans d’emprisonnement… avec sursis, estimant que « l’accusé avait agi de manière sincère ». On ne voit vraiment pas en quoi « la sincérité de l’accusé » pouvait être considérée comme une circonstance atténuante pour ces sept crimes. La sincérité des criminels n’est pas un alibi.
Le plus étonnant est que toute la journée tous les commentateurs, à la télévision comme à la radio, nous ont affirmé que ce verdict allait obliger le pouvoir législatif à réviser la fameuse loi Léonetti et qu’on apprenait d’ailleurs que le dit Léonetti était prié de revoir la copie de sa loi pour la mettre en conformité avec les exigences de la foule. Le pauvre Léonetti va donc devoir supprimer les quelques garde-fou qu’il avait prévus dans son texte initial. Hollande nous l’avait d’ailleurs promis…
On peut imaginer qu’avec cette nouvelle mouture qu’on appellera sans doute la loi Léonetti-Bonnemaison, on pourra achever d’une petite piqure bien placée un malade incurable sans qu’il soit « en fin de vie », sans qu’il soit « victime de souffrances insupportables », sans qu’il ait jamais « exprimé son souhait d’être euthanasié », sans « l’accord de sa famille » et sans même qu’« un collège de médecins se soit réuni ». Cela s’appellera l’assassinat sans ordonnance, au bon plaisir du premier venu.
Dans notre pays, en ce moment, on n’arrête pas le progrès. Les riches fuyaient déjà la France, on peut penser que les grands malades vont maintenant essayer d’en faire autant. Et d’autant plus qu’il parait que le Conseil de l’Ordre des médecins va devoir redonner au « bon docteur » Bonnemaison l’autorisation d’exercer la médecine. On aimerait savoir dans quel hôpital ce tueur en série va reprendre ses activités, pour aller ailleurs…

25 Juin 2014 | Comments (12)

Juppé sur la route de l’Elysée ?

Juppé vient de l’avouer ce matin, il sera, selon toute vraisemblance, candidat à la primaire de l’UMP pour la présidentielle de 2017. Et il semble prêt à affronter Sarkozy si celui-ci finit par sortir du bois et accepte de se soumettre à l’examen de passage de cette primaire.
Il y a quelques mois encore, personne n’aurait pu imaginer une seule seconde que celui qui fut « le meilleur d’entre nous » (selon Chirac lui-même), puis « l’homme le plus détesté de France » (au moment des grandes grèves de l’hiver 1995) apparaitrait soudain comme un recours possible de la droite. Mais le suicide collectif des ténors de l’UMP empêtrés, englués dans leurs querelles personnelles et, plus encore, dans une cascade de scandales épouvantables et la valse-hésitation de Sarkozy qui joue l’Arlésienne depuis trop longtemps semble le laisser pour le moment seul en piste.
Les Français ont oublié son règne éphémère et lamentable à Matignon quand il se disait « droit dans ses bottes », la déplorable dissolution, sa condamnation (un peu injuste) et son exil canadien. S’il reste évidemment, une caricature de technocrate, sûr de lui au point de toujours mépriser souverainement la terre entière, il est devenu un vieux sage gaullo-chiraquien, à cheval sur certains principes, qui se refusera toujours à faire la course avec le Front National et assez lucide pour savoir que, pour avoir la moindre chance de l’emporter, la droite doit faire alliance avec le centre.
Curieusement, mais ce n’est sans doute pas un hasard, le matin même où Juppé annonce la couleur, quatre poids légers de l’UMP –Guaino, Wauquiez, Peltier et Rachida Dati- se retrouvent pour publier dans Valeurs Actuelles une sorte de manifeste dans lequel ils déclarent : « Nous refusons le gloubi-boulga dans lequel s’enfonce une partie de la classe politique. Nous voulons une droite qui assume son identité. Nous refusons la voie portée par certains d’une fusion avec le MoDem et l’UDI avant même d’avoir réfléchi à nos idées. C’est la fuite en avant vers une sorte de radical-socialisme où nous achèvrions de nous renier ».
Ces quatre mousquetaires déplumés ne représentent, bien sûr, qu’eux-mêmes, c’est-à-dire pas grand-chose. Mais ils soulèvent là le vrai problème de l’avenir de la droite. A l’issue du quinquennat de François Hollande, la droite aura, évidemment, un boulevard devant elle. Mais, en face d’une gauche en pleine déliquescence et d’un Front National en plein essor, cette droite doit-elle se radicaliser pour contrecarrer Marine Le Pen ou doit-elle se montrer « raisonnable » pour récupérer les voix du centre et celles de tous les déçus du socialisme ?
Ce que les quatre signataires de ce pseudo manifeste ne semblent pas avoir compris c’est qu’aujourd’hui plus personne ne pourra récupérer les 20 ou 25% de voix allant à Marine Le Pen et qu’en se radicalisant, en trottinant derrière le FN, l’UMP ne fera que se déconsidérer davantage encore. Sarkozy avait d’ailleurs perdu en 2012 en tentant de jouer cette carte. Reste alors, en effet, la carte « rad.-soc. », gaullo-centriste, qu’incarnèrent Pompidou et Chirac et que pourrait parfaitement incarner « le vieux » Juppé.
La France en crise politique, économique, sociale et surtout morale pourrait-elle se retrouver dans cette « eau tiède », alors que chacun a compris qu’une véritable révolution s’imposait désormais et qu’il allait falloir faire table rase de nos « moeurs » politiques, économiques et sociales ?
Les Français sont à la fois excédés par le marasme général qui les engloutis et tétanisés par la crise qui les submerge. Ils rêvent d’un gigantesque coup de balai qui balancerait par-dessus bord tous ceux qui sont responsables d’un demi-siècle de dégringolade mais ont peur de l’aventure et s’accrochent viscéralement à ce système qui a causé leur perte tout en assurant leur survie. Contrairement à leur légende, ils ne sont pas révolutionnaires, mais fondamentalement… « rad.-soc. », précisément.
C’est ce qu’a compris Sarkozy, l’homme de toutes les ruptures et de toutes les volte-face, qui, du coup, ne sait plus sur quel pied faire son retour sur la scène. Juppé, lui, n’aura pas à se forcer pour interpréter ce rôle.
Mais que la droite n’ait personne d’autre à se mettre sous la dent qu’un homme qui aura 72 ans en 2017 et qui fut Premier ministre il y a plus de 20 ans a quelque chose de désespérant. Il est vrai que nous avons encore trois ans pour en reparler…

25 Juin 2014 | Comments (4)

Les 17 salopards du Palais Royal

C’est la première fois dans l’histoire de la République que les « magistrats » du Conseil d’Etat prononcent une peine de mort. On croyait que cette peine de mort avait été supprimée en France il y a plus de 30 ans et, jadis, c’étaient les Cours d’assises -et non pas le Conseil d’Etat- qui envoyaient les condamnés à l’échafaud.
On aimerait savoir si les 17 salopards qui pantouflent sous les lambris dorés du Palais Royal et qui ont décidé, hier, après un bon déjeuner, que les médecins de Reims pouvaient assassiner le malheureux Vincent Lambert, en toute impunité et même avec la bénédiction de la République, ont pu dormir la nuit dernière en toute tranquillité, même si la Cour européenne s’est opposée, hier soir, à leur verdict.
Pour commettre leur mauvaise action, les 17 conseillers d’Etat se sont, parait-il, appuyés sur la loi Léonetti. Mais cette loi, déjà totalement contestable en elle-même, précise bien que les médecins peuvent arrêter de faire vivre artificiellement un malade à condition 1) qu’il soit « en fin de vie », 2) que son état lui impose « des souffrances insupportables » et 3) qu’il « ait exprimé clairement, par le passé, le souhait de ne pas être l’objet d’un acharnement thérapeutique ». Or, si Vincent Lambert est dans le coma depuis six ans, 1) il n’est pas « en fin de vie » puisque les médecins peuvent prolonger indéfiniment sa survie, 2) personne ne peut affirmer que son état lui impose « des souffrances insupportables » puisqu’il est dans un coma profond et 3) mis à part sa femme et un de ses neveux, personne, avant son accident, ne l’a jamais entendu évoquer le problème de l’acharnement thérapeutique.
En fait, les 17 salopards du Conseil d’Etat (qui n’avaient pas la moindre compétence, ni morale ni scientifique, pour traiter d’un tel sujet) se sont simplement soumis lâchement à l’opinion publique et à la presse qui, manipulées par quelques lobbies à la mode, voudraient qu’on se débarrasse, vite fait-bien fait, des malades incurables, des vieillards cacochymes, des gâteux incontinents et de tous les handicapés en tous genres qui encombrent nos hôpitaux, nos maisons de retraite et, plus encore, notre société. Hitler y avait déjà pensé.
Il se trouve que depuis quelques millénaires, en tout cas depuis Hippocrate (400 avant JC), les sociétés dites « civilisées » estiment généralement que les médecins ont pour vocation de « s’acharner » à prolonger la vie des malades, quels qu’ils soient et même agonisants, incurables ou dans le coma. Aujourd’hui, quelques dingues nous disent que les médecins doivent assassiner (car il n’y a pas d’autres mots) leurs malades pour peu qu’ils soient incurables et ne soient plus que des bouches inutiles à mourir. Ces farfelus dangereux ont même trouvé un euphémisme stupéfiant. Au lieu de nous dire franchement qu’il faut, à leurs yeux, que les médecins assassinent leurs malades incurables, ils nous racontent qu’il faut que les médecins… « abrègent les souffrances » de leurs malades. Il est évident qu’en tirant une balle dans la tête d’un malade on abrège ses souffrances… Les médecins n’ont pas à « abréger » les souffrances de leurs malades mais à les « soulager » de ces souffrances.
Face à ce problème difficile et compliqué de l’acharnement thérapeutique, il faut rester simple et poser la seule question qui vaille : qu’est-ce que « la vie » ? La réponse est facile : la vie est un miracle mystérieux qui se limite à faire battre un cœur et à faire ainsi vivre un être humain (et un animal). Et c’est ce miracle incompréhensible et si fragile que les médecins se doivent de prolonger. Tout le reste n’est que balivernes.
Certains nous disent que la vie que mène ce malheureux Vincent Lambert dans le coma et dans sa chambre d’hôpital depuis six ans n’est pas « une vie ». Mais alors où mettons-nous le « curseur » ? Un vieillard gâteux, un malade d’Alzheimer, un cancéreux, un trisomique mènent-ils « une vie » normale ? Non, bien sûr. Faut-il pour autant tous les supprimer ?
Une société qui, après avoir décidé de marier les personnes du même sexe, en vient à penser qu’il faut achever les mourants a, évidemment, perdu la tête.
Pour une fois, on ne peut que se réjouir de voir que l’Europe nous impose sa loi. Les juges de la Cour européenne, saisis par les parents de Vincent Lambert, ont rappelé, hier soir, aux juges du Conseil d’Etat que la vie d’un homme, même plongé dans un coma profond, était sacrée et que, tant que son coeur battait, il fallait tout faire pour prolonger cette vie, même si elle n’en est plus une.
L’épouse de Vincent Lambert qui demande depuis des mois qu’on arrête de nourrir et d’hydrater son mari ne sera pas encore veuve ce coup-ci. Tant pis pour elle. Et tant mieux pour les parents de Vincent Lambert qui adorent leur enfant, se battent pour sa survie et que la presse complaisante accuse d’être des catholiques intégristes, comme s’il fallait être un partisan de la messe en latin pour refuser qu’on assassine son fils.

25 Juin 2014 | Comments (8)

Alstom: la triple défaite que tout le monde applaudit

Décidément c’est décourageant. On part quelques jours en vacances, histoire de prendre un peu l’air et avec l’espoir que tout va s’arranger pendant ce temps-là comme par miracle; on revient et tout est encore pire qu’avant.
Ne parlons même pas des grèves en tous genres –SNCF, contrôleurs aériens, intermittents du spectacle, marins des lignes sur la Corse, etc. – nous y sommes habitués, cela fait partie de notre folklore national. Non, là où cela s’est plutôt aggravé ces derniers jours c’est au niveau de notre docilité, de notre soumission.
Le pays continue à dégringoler inexorablement. Plus personne n’ose parler du chômage et ce pouvoir qui nous avait juré sur tous les tons qu’il baisserait l’année dernière murmure maintenant qu’il espère le… « stabiliser » cette année. Dans un pays « normal », l’opposition, la presse et l’opinion auraient hurlé devant cet aveu d’impuissance et cet engagement non tenu.
Plus personne n’ose évoquer les 50 milliards d’économies promis à la légère par un président qui, jusqu’à présent, n’a su qu’augmenter les prélèvements et s’est montré totalement incapable de diminuer les dépenses. Dans un pays « normal », l’opposition, la presse et l’opinion auraient hurlé devant cette politique de gribouille. Jusqu’à présent, il n’y a eu que « les frondeurs du PS » à oser élever un peu la voix.
Mais le plus stupéfiant reste l’affaire Alstom. Tout le monde, l’opposition, la presse et l’opinion, applaudit Montebourg, Valls et même Hollande. Ils auraient bien joué. Ils auraient sauvé Alstom, l’une des entreprises les plus prestigieuses de l’industrie française, sauvé des milliers d’emplois, sauvé l’honneur en étant intransigeants sur le nationalisme économique.
En écoutant les uns et les autres et en lisant les commentaires, de droite comme de gauche, on pourrait croire que l’Elysée, Matignon et Bercy ont réussi non seulement à bouter hors de France les Américains de Général Electric qui voulaient s’emparer de ce fleuron de notre économie mais aussi les Allemands de Siemens et leurs alliés traditionnels japonais qui lorgnaient, eux aussi, sur Alstom et qu’ils ont pu trouver quelques capitalistes français, bien de chez nous, prêts à renflouer le créateur du TGV et le fabricant de nos centrales nucléaires pour le sortir d’une mauvaise passe.
Mais pas du tout. Les amateurs qui nous gouvernent ont totalement capitulé. Ce sont les Américains de Général Electric dont ils ne voulaient à aucun prix qui deviennent les vrais, seuls et uniques patrons d’Alstom et, pour mieux « collaborer » avec « nos vainqueurs », l’Etat va racheter 20% du capital à Bouygues, ravi de se désengager de cette entreprise devenue américaine et bien décidé à faire monter les enchères.
Autant dire que cette opération que tout le monde applaudit est une triple défaite : les Américains ont gagné, l’Etat nationalise les miettes et le contribuable français va devoir payer au prix fort les miettes en question.
Quand Montebourg, ce nostalgique inconséquent des nationalisations de 1981, nous raconte que l’accord donne toutes les garanties sur la gouvernance d’Alstom, que tout restera en France et que cet Alstom « made in USA » créera des centaines d’emplois en France, il fait évidemment rigoler tous ceux qui connaissent le cynisme des grands patrons américains et le monde des affaires en général.
On dira qu’Alstom ne s’en sortait plus et qu’aucun capitaliste français ne voulait mettre au pot les quelques milliards nécessaires. C’est déjà ce qu’on avait dit à propos de PSA Peugeot-Citroën et même à propos de notre sidérurgie lorraine. Or, même si leurs dirigeants ont sans doute commis quelques erreurs de gestion, Alstom, PSA et Florange étaient trois grandes entreprises de haut niveau, sans doute capables, à terme, après être sortis d’une mauvaise passe, de relever tous les défis internationaux. La preuve : les Américains, les Chinois et les Indiens s’y sont intéressés. Et personne ne peut croire qu’il n’y a pas, dans « les bas de laine » de nos grands capitalistes français, les fonds nécessaires qui auraient permis de sauver ces fleurons de notre industrie.
Le problème est donc de savoir pourquoi les entreprises françaises de ce niveau ne s’en sortent plus et pourquoi les capitalistes français qui existent encore ne croient plus en l’avenir de l’industrie française. Il y a quelque chose qui ne va pas dans l’économie française. On s’en doutait depuis quelque temps !
Mais tant que tout le monde applaudira béatement à chacune de nos défaites il y aura peu de chances qu’on ose aborder la question de fond. On brade aux étrangers et on nationalise pour avoir bonne conscience alors qu’il faudrait évidemment tout réformer et libérer nos entreprises, des plus grandes au plus petites, de tous les carcans qui les étranglent depuis des décennies.
Mais la nouvelle mode, depuis quelques jours, est de croire que le quinquennat a pris une nouvelle tournure. Alors, forcément, la lucidité n’est plus vraiment de mise…

24 Juin 2014 | Comments (4)

Allah et son Prophète ne sont que des alibis…

Ce qu’il faut bien comprendre aujourd’hui et que nos dirigeants s’entêtent à ne pas vouloir admettre c’est que, depuis la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS, les oubliés du progrès, les miséreux des bidonvilles, les révoltés de tous pays, les « damnés de la terre », tous ceux qui, de par la planète, s’estiment, souvent à juste titre, victimes du monde moderne ne rejoignent plus la gauche ou l’extrême-gauche qui n’existent plus et ne croient plus en la démocratie qui s’est trop longtemps et trop souvent compromise avec les pouvoirs qui les oppriment. Ils se sont réfugiés et engagés ailleurs.
On ne sait pas finalement si Malraux a bien déclaré : « Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas » puisque les meilleurs experts n’ont retrouvé cette fameuse phrase ni dans les œuvres complètes de l’auteur de « L’espoir » ni même dans sa correspondance. Mais, apocryphe ou pas, cette phrase était étonnamment prémonitoire.
Ce XXIème siècle ne fait que commencer et déjà le monde musulman bascule dans l’Islamisme radical alors que l’Inde « la plus grande démocratie du monde », le pays de Gandhi qu’on pensait –à tort- être celui de la non-violence, bascule, lui, dans l’Hindouisme pur et dur.
Au moment où nous découvrons un nouveau Ben Laden, Abou Bakr al Baghdadi qui vole de victoire en victoire en descendant le Tigre, les Indiens viennent de se donner un gouvernement d’extrémistes hindous avec, à sa tête, Narendra Modi, le chef du Bharatiya Janata Party, qui veut, au nom de la purification religieuse, chasser les 140 millions de Musulmans qui vivent encore en Inde.
Les Français ne se sont jamais intéressés à l’Inde. Ils ont eu tort. On nous parle souvent des performances économiques de l’Inde mais on oublie de nous dire l’essentiel : ce pays d’un milliard et demi d’habitants vient de faire un gigantesque saut en arrière de quelques siècles, de retrouver tous ses Dieux et de se lancer dans la chasse aux Musulmans et sans doute bientôt aux Bouddhistes et aux Sikhs.
Si on fait une rapide addition, on s’aperçoit donc qu’avec les Musulmans et les Hindous deux à trois milliards d’habitants de notre planète sont en train de retrouver… la foi et la pire de toutes, celle qui consiste à partir en croisade pour chasser, éliminer, trucider l’autre, l’infidèle quel qu’il soit.
L’Inde est bien loin de nous mais l’Islam, lui, est à nos portes, quand ce n’est pas dans nos banlieues. Il serait donc grand temps d’ouvrir les yeux car tout est plus compliqué qu’il n’y parait et la phrase attribuée à Malraux est exacte mais un peu rapide.
Après « le Printemps arabe » qui s’est traduit par un triomphe (parfois momentané) des Islamistes en Tunisie, en Libye et en Egypte (alors que nos dirigeants nous affirmaient qu’il s’agissait d’un triomphe de la démocratie !) ce qui se passe, depuis des mois, en Syrie et, depuis quelques jours, en Irak prouve une évidence que ces mêmes dirigeants occidentaux ne veulent toujours pas reconnaitre.
Ces hordes de plus en plus nombreuses qu’on découvre soudain du Mali aux bords du Tigre et qui sortent d’un peu partout n’ont pas été brusquement touchées par la foi en lisant sagement le Coran, à l’ombre des minarets, et en écoutant les messages d’amour du Prophète que leur auraient expliqués de vieux sages assis au fond des mosquées. Pas plus d’ailleurs que les amis de Modi qui brûlent les mosquées du Gudjurat n’ont été bénis par Vishnou.
Non. Allah et son Prophète comme le million de divinités hindoues ne sont que des prétextes, des alibis, des étiquettes. Ces « damnés de la terre » des banlieues de Tunis, du Caire, de Bombay ou de Calcutta veulent, en brandissant leur foi retrouvée,… tout « foutre en l’air », faire sauter notre monde tel qu’il est, dominé sans partage par l’Occident avec ses dollars, ses armes, son industrie, sa culture. Ils veulent se venger de quelques siècles de soumission, raser nos églises, nos écoles, nos musées, nos bibliothèques, nos banques ; nous faire rendre gorge, détruire notre vieille civilisation et nous imposer leur loi.
Ce n’est pas la foi dans leurs dieux respectifs qui les anime mais la haine contre nous et tout ce que nous pouvons représenter.
Pendant tout le XXème siècle, les « damnés de la terre » qu’ils fussent musulmans ou hindous, agitèrent le drapeau rouge du marxisme, vénérèrent Marx et Lénine, en lisant le Capital et en regardant vers Moscou avec le seul espoir de changer la face du monde. Cela n’a pas marché. Le XXIème voit ces mêmes « damnés de la terre » agiter le drapeau vert de l’Islam ou l’étendard safran au Svastika, vénérer Allah et son Prophète ou Rama et Ganesh, lire le Coran ou les Védas en regardant vers La Mecque ou vers Bénarès, avec toujours le même espoir : nous abattre, nous détruire.
Leur combat est moins une guerre sainte pour faire triompher l’Islam ou l’Hindouisme qu’une guerre à mort contre l’Occident, qu’une insurrection planétaire des « damnés de la terre » contre un ordre, un monde que nous avons établi tant bien que mal, avec nos idées un peu préconçues sur le progrès, la liberté, la démocratie.
Observer avec détachement, comme le font nos capitales, la victoire du BJP de Narendra Modi contre le parti du Congrès de la dynastie des Nehru-Gandhi ou les combats des Islamistes sunnites de l’EIIL (l’Etat Islamique en Irak et au Levant) de Abou Bakr al Baghdadi contre les Chiites installés au pouvoir à Bagdad par les Américains est absurde. En fait, à Delhi comme à Mossoul, on assiste au début de l’insurrection générale des « damnés de la terre » contre l’Occident, contre nous.
Le XXIème siècle sera sans doute religieux mais il sera surtout celui de la guerre contre l’Occident. Il ne semble pas que nos dirigeants en aient conscience…

14 Juin 2014 | Comments (14)

Irak: l’incroyable bêtise de la communauté occidentale

La coupe du monde de football va-t-elle réussir à occulter ce qui se passe en Irak ? C’est sûrement ce qu’espèrent tous nos dirigeants, car ce qui se passe là-bas est dramatique, épouvantable, va avoir des conséquences considérables et toute la communauté internationale en est collectivement responsable.
Les Djihadistes de l’EIIL (l’Etat islamique en Irak et au Levant) se sont emparés de Mossoul, de Samara, de Takrit, continuent leur descente victorieuse vers le sud et vont, sans doute, arriver avant longtemps à Bagdad. L’Irak risque donc de devenir une république islamiste, ou du moins ce qu’il en restera car, bien sûr, les Kurdes du Nord vont profiter de cette nouvelle péripétie pour renforcer leur autonomie et devenir, cette fois, totalement indépendants alors que les Chiites du sud vont, sans aucun doute, entrer, comme d’habitude, en rébellion.
Une fois de plus, il faut rappeler la phrase de Churchill : « L’Irak cette folie des Britanniques qui, pour réunir deux champs de pétrole, celui de Kirkuk au nord et celui de Bassora au sud, ont réuni trois peuples que tout séparait et qui se sont toujours détestés, les Kurdes au nord, les Sunnites au centre et les Chiites au sud ».
Il est bien dommage que les Américains aient ignoré cette phrase de Churchill qui leur aurait, peut-être, évité d’accumuler les erreurs. On peut vraiment dire que, dans cette affaire irakienne, Washington, a eu « tout faux ».
Accusant à tort Saddam Hussein d’avoir des armes de destruction massive qu’il n’avait pas (et ils le savaient parfaitement), les Américains ont, en toute illégitimité, envahi l’Irak, renversé et exécuté le dictateur puis instauré un régime totalement fantoche en donnant tous les pouvoirs aux Chiites, majoritaires dans le pays mais que les Sunnites qui régnaient sur l’Irak depuis l’indépendance avaient toujours plus ou moins persécutés. Il était évident que les Sunnites allaient réagir et que l’Irak allait éclater et sombrer dans le pire des chaos.
Les Djihadistes aujourd’hui qui déferlent vers Bagdad ne sont pas des Islamistes comme les autres. Ils sont, d’abord et avant tout, des Sunnites nostalgiques de Saddam Hussein et qui veulent reprendre le pouvoir que les Américains leur ont arraché. Si leur chef, Abou Bakr al Baghdadi qu’on appelle déjà « le nouveau Ben Laden », est un fou de Dieu qui a déclaré le djihad à l’Occident et veut imposer dans un grand état islamiste la Charia à l’Irak, à la Syrie et au Liban, le gros de ses troupes est constitué d’anciens « saddamistes », c’est-à-dire des sunnites bassistes qui ont basculé dans l’Islamisme radical car c’était pour eux le seul moyen de prendre leur revanche contre les Américains et contre les Chiites. La politique de Washington a réussi à transformer des laïcs modernistes… en Islamistes radicaux !
Une question, évidemment, s’impose : qui est derrière ces Sunnites devenus Islamistes, qui les finance, leur procure des arme ? La réponse est facile à trouver. Ce sont toujours les mêmes qui, du Mali à la Syrie, en passant par la Tunisie, la Libye, l’Egypte et le Yémen, envoient des flots de dollars et des tonnes d’armes aux Islamistes qui ont déclaré la guerre à l’Occident. Ce sont nos « amis » les Saoudiens et les Qataris qui veulent à la fois se faire pardonner (par Allah et par leur population) leur propre « occidentalisation » et, du moins en Syrie et en Irak, régler leurs comptes avec le Chiisme.
Tant que Washington, Londres, Paris et les autres capitales occidentales n’oseront pas, de peur de perdre quelques contrats juteux, exiger de ces théocraties moyenâgeuses qu’elles cessent de jouer à ce jeu, les Islamistes de tout poil apparaitront un peu partout.
L’Irak a toujours eu mauvaise réputation. Mais, pour ceux qui connaissent un peu ce pays, cette Mésopotamie, baignée par le Tigre et l’Euphrate, reste encore le berceau de la civilisation. C’est ici qu’on a inventé, il y a 4.000 ans, l’écriture, l’irrigation et la Justice avec le Code d’Hammourabi. Mossoul (où on inventa la mousseline) est à côté de Ninive, Bagdad fut la capitale des Mille et Une Nuits…
Cette « folie » des Britanniques qui n’a jamais été qu’un pays éclaté et qui est aujourd’hui en ruines, reste malgré tout un pays phare pour le monde arabe. La bêtise des Occidentaux et particulièrement celle des Américains l’a fait sombrer dans le désastre et maintenant l’Islamisme. Cela va nous coûter très cher et d’autant plus que sous ces dunes où somnolent encore les souvenirs de l’empire de Nabuchodonosors, il y a du pétrole.

13 Juin 2014 | Comments (5)

Hollande sort Toubon de la naphtaline !

François Hollande vient de nommer Jacques Toubon, 72 ans, Défenseur des Droits pour remplacer Dominique Baudis, décédé il y a quelques semaines. La chose ne va pas révolutionner la planète ni sauver la France mais elle amuse notre petit Landerneau politique et permet de sortir, un instant, de l’ombre ce fromage de la République.
Toubon est un brave type. Fidèle inconditionnel de Chirac, il a été, il y a très longtemps, un patron éphémère du RPR, un ministre de la Culture un peu analphabète et un garde des Sceaux inodore et incolore, le tout sans jamais faire, bien sûr, la moindre étincelle. A la Culture, il avait voulu interdire l’usage des anglicismes ce qui était ce qu’on appelle « une fausse-bonne idée ». Il avait abandonné la politique en 2001 et tout le monde l’avait complètement oublié.
Pourquoi Hollande le ressort-il soudain de la naphtaline ?
Les experts sont partagés. Les plus audacieux voient dans cette nomination inattendue l’amorce d’une ouverture politique. Complètement lâché par sa gauche, le locataire de l’Elysée, nouvel adepte de la social-démocratie, se mettrait à faire des sourires appuyés vers le centre et même les gaullistes. Il sait qu’il ne pourra pas tenir encore trois ans avec sa majorité qu’ont déjà désertée les communistes, les amis de Mélenchon et les Verts et dans laquelle une bonne centaine de socialistes commence à ruer très sérieusement dans les brancards.
Il a compris aussi qu’au centre et même à l’UMP il y en a un certain nombre qui ne savent plus où ils en sont ni même à quelle branche se raccrocher. Il rêve donc, peut-être, de récupérer quelques orphelins, quelques éclopés, quelques demi-soldes qui pourraient lui servir de rustines pour colmater les brèches.
Mais on imagine mal que le vieux Toubon puisse entrainer derrière lui une cascade de ralliements. Il n’a jamais rien pesé chez les gaullistes du RPR. Et la plupart des membres de l’UMP ignore jusqu’à son nom.
D’autres observateurs font remarquer que ce poste « prestigieux » de Défenseur des Droits n’a jamais eu la moindre importance dans la République. C’est, au choix, un fromage dégoulinant de petits avantages ou un placard doré, comme notre pays sait, malheureusement, si bien en inventer.
Inscrit dans la Constitution en 2008 et instauré dans les faits en 2011, ce poste bidon de Défenseur des Droits regroupe quatre postes tout aussi bidon qui ont disparu : le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants, la HALD, c’est-à-dire la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité, et la CNDS, c’est-à-dire la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité. On n’a jamais su à quoi avaient bien pu servir ces quatre « trucs », ni même combien ils nous coûtaient.
On ne sait d’ailleurs pas combien nous coûte le Défenseur des Droits mais on sait qu’il est, naturellement, entouré d’une ribambelle de collaborateurs, de vice-présidents, qu’il préside trois collèges pléthoriques et même qu’il y a des délégués, avec adjoints, bureaux et secrétariats dans tous nos départements. Une armée mexicaine avec planqués, ronds-de-cuir et voitures de fonction.
Tout cela pour nous garantir nos Droits « naturels et imprescriptibles » et qui sont, rappelons-le, selon la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, reprise en prologue de notre Constitution, « La Liberté, la Propriété, la Sûreté et la Résistance à l’oppression ». Autant de droits que nos hommes politiques, de droite ou de gauche, et l’administration éternelle piétinent avec application depuis des lustres.
Nommer le brave Toubon à la tête de ce « machin » c’est, peut-être, tenter une vague ouverture politique mais c’est surtout être sûr que le citoyen mécontent continuera à être envoyé de bureau en bureau… pour ne pas obtenir gain de cause. Ubu et Kafka sont toujours au pouvoir.

12 Juin 2014 | Comments (3)

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