Visiblement, François Hollande ne sait plus quoi faire. Qu’il en soit réduit, comme un vulgaire second couteau de notre faune politique, à se faire interviewer, au petit matin, sur RMC, par Jean-Jacques Bourdin prouve son désarroi. Certes, l’émission de Bourdin est l’une des plus écoutées mais il faut bien dire que ce genre de prestation n’est pas digne d’un chef de l’Etat. On attend maintenant qu’il passe, samedi soir, chez Ruquier, dans « On n’est pas couché » et, pourquoi pas, chez Bouvard, aux « Grosses têtes » ce qui serait, peut-être, son meilleur registre.
François Hollande ressemble de plus en plus à un artiste à la ramasse qui se fait siffler dans des salles à moitié vides et qui tente pitoyablement de faire un « come back » avec la promotion d’un nouveau spectacle qu’il prétend meilleur que celui qu’il a présenté pendant deux ans et qui pourtant n’en est qu’un éternel « remake ».
Pour la énième fois, le « président de la République-le-plus-impopulaire-de-toute-l’histoire-de-la-Vème » nous a répété ce matin qu’il voulait n’être jugé que sur ses résultats et donc dans trois ans, à la fin de son quinquennat. C’est doublement absurde.
D’abord, parce qu’il ne peut pas nous empêcher de le juger aujourd’hui après ses deux premières années de pouvoir. Dans six mois, il sera à mi-parcours, autant dire qu’il aura abattu toutes ses cartes. Ce n’est pas en avril 2017 qu’il pourra nous sortir, soudain, de son chapeau claque le changement promis, l’inversion de la courbe du chômage, la résurrection de l’économie française, le ré-enchantement du rêve français. Nous sommes en droit d’être furieux de constater, aujourd’hui, après vingt-quatre mois de bredouillage et de zigzags, que rien ne s’améliore et, pire, que tout se dégrade. La technique du « demain on rase gratis », demain tout ira mieux n’est plus supportable. Elle est habituelle pour tout candidat, elle est grotesque de la part d’un chef d’Etat.
Absurde ensuite parce que François Hollande n’est pas seulement jugé et condamné sur l’absence de ses résultats. Il est jugé et condamné sur lui-même. Les Français ne lui reprochent pas seulement l’aggravation du chômage et des déficits, l’augmentation insupportable des prélèvements en tous genres, l’effacement de la France sur la scène internationale. Ils lui reprochent de n’être pas (du tout) à la hauteur de sa fonction, d’être resté, au choix, un pauvre capitaine de pédalo, un simple premier secrétaire du PS ou un modeste président du Conseil général de la Corrèze.
On dira, à juste titre, que depuis quelques temps déjà bien rares ont été les locataires de l’Elysée dignes d’assumer leur rôle. Mais tout de même ! Avec Hollande, on en vient à regretter les Giscard, Chirac et même Sarkozy.
Alors, sur la piste de notre cirque politique, c’est le clown triste qui veut jouer les dompteurs avec son pipeau qui est rejeté, sifflé, hué par les spectateurs qui n’en ont pas pour leur argent.
Il peut donc faire toutes les cabrioles, toutes les simagrées, tous les tours de passe-passe, changer de Premier ministre, de gouvernement, d’équipe à l’Elysée, de patron du PS et de discours rien n’y fera.
Il aggrave son cas en descendant du trône qu’il a usurpé et en allant ainsi quémander un peu d’audience dans les radios, périphérique avec son numéro usé jusqu’à la corde.

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