Le grand truc à la mode aujourd’hui c’est de laisser entendre, de laisser croire, en fait, de laisser espérer que François Hollande, sous le feu roulant de ses échecs flagrants sur tous les terrains, des sondages catastrophiques et de ses défaites électorales successives, va finir par jeter l’éponge et quitter très bientôt l’Elysée par la petite porte, dissimulé derrière son casque et sur son scooter.
Le Figaro de ce matin énumère tous ses prédécesseurs qui lui ont montré le chemin : Mac Mahon, Jules Grévy, Casimir Périer, Alexandre Millerand, Paul Deschanel et même de Gaulle auquel on peut pourtant difficilement comparer à ce pauvre Hollande. L’Express titre sa « une » en s’interrogeant : « Encore trois ans ? » sur un ton qui laisse deviner la réponse. Valeurs Actuelles pose, en fait, la même question : « Doit-il partir ? » et, là encore, on imagine sans peine la réponse. Le Figaro Magazine émet quant à lui une hypothèse : « Et si Hollande n’allait pas au bout de son mandat ? »
En fait, tout le monde reprend plus ou moins les prévisions de François Bayrou qui affirmait en début de semaine : « Hollande n’ira pas au bout de son mandat. Il va y avoir un coup de foudre d’ici là. On ne peut pas durer trois ans comme cela ». Le patron du MoDem voulait sans doute dire « coup de théâtre », voire « coup de tonnerre » car un « coup de foudre » entre Hollande et les Français dans les mois qui viennent semble vraiment exclu.
En toute logique, avec un chômage qui continue inexorablement à monter, des déficits qui s’accumulent encore, les flops de toutes les usines à gaz qu’il a bricolées avec sa boite à outils, les claques et même maintenant les coups de pied au cul que lui inflige ouvertement l’Europe d’Angela Merkel, les sondages qui lui font battre, de mois en mois, ses propres records d’impopularité et les désastres successifs qu’il a enregistrés lors de toutes les élections et qui s’aggravent, eux aussi, de scrutin en scrutin, Hollande devrait prendre ses cliques et ses claques et remettre son mandat entre les mains du peuple, en démissionnant purement et simplement comme Deschanel qui grimpait aux arbres dans le jardin de l’Elysée ou, au moins, procéder à une dissolution de l’Assemblée Nationale qui serait évidemment suicidaire.
Le sondage OpinionWay publié aujourd’hui par le Figaro Magazine est sans doute plus terrible encore que tous les autres. 3% des Français -et on se demande où l’institut de sondages à bien pu les trouver- souhaitent que Hollande se représente en 2017. Et quand on demande aux seuls sympathisants de gauche quel serait leur candidat préféré pour 2017, 40% d’entre eux répondent Valls, 16% Martine Aubry et 15% seulement Hollande. Même à gauche, plus personne ne veut de lui.
Cela dit, en caressant ainsi l’opinion publique dans le sens des poils et en lui faisant miroiter des lendemains enchanteurs, Bayrou et la presse se trompent totalement. Jamais Hollande ne démissionnera ni même ne dissoudra. La dignité n’est pas son fort et son élection a été trop miraculeuse pour lui pour qu’il accepte de sacrifier un seul jour de ce quinquennat que lui garantissent nos institutions.
Si les Français ne descendent pas dans les rues, ne bloquent pas toutes les routes et n’incendient pas un bon nombre de préfectures, Hollande va continuer sous nos yeux à se goberger à l’Elysée, à conter fleurette à quelques starlettes, à se faire copieusement siffler en province et à ridiculiser la France sur la scène internationale.
Dans trois ans, il sera à 2 ou 3% d’opinions favorables, nous aurons atteint les 6 ou 7 millions de chômeurs, notre dette aura dépassé allègrement les 2.2OO milliards d’euros, Marine Le Pen sera en tête du premier tour de la présidentielle avec 35% des voix, Valls n’existera plus et le candidat de droite, Juppé ou pourquoi pas Sarkozy, Copé et Fillon n’existant plus, sera élu et trouvera un pays non plus seulement en faillite mais en ruines.
Le capitaine de pédalo coule sur la passerelle du Titanic. Et nous avec…

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