Rien n’y fait. François Hollande peut tenter n’importe quoi, tout essayer, faire les pires contorsions et tous les numéros de voltige, les Français ne veulent plus de lui. Le sondage Yougov pour I.Télé, publié hier, le prouve une fois de plus. Il a encore perdu des points. Trois points en un mois. Il ne pourra d’ailleurs plus continuer longtemps à en perdre ainsi de mois en mois puisqu’il n’a plus que… 13% d’opinions favorables. Un record absolu, toutes catégories confondues. Avec 80% de « mécontents » et 7% d’« indécis ». On a presque envie d’écrire d’« imbéciles » car on se demande comment on peut être « indécis » devant une telle situation.
Il faut, naturellement, préciser que ce sondage a été réalisé « après » la nomination de Valls à Matignon et « après » le mini-remaniement du gouvernement agrémenté par le gadget du retour de Ségolène Royal. On ne voit donc vraiment plus ce que ce président de la République pourrait bien inventer pour remonter dans l’estime des Français. Peut-être regagnerait-il quelques points en décrétant une dissolution de l’Assemblée, c’est-à-dire en se suicidant sur les marches du trône. Ou mieux encore en démissionnant carrément…
L’autre sondage du jour, réalisé, lui, par BVA pour Le Parisien, est intéressant aussi. Il porte sur le discours de politique générale prononcé devant l’Assemblée par Valls. 55% des Français l’ont trouvé « convaincant ». 77% des électeurs de gauche, 36% des électeurs de droite.
Or, ce discours n’avait rien de « convaincant » puisque le nouveau Premier ministre annonçait des baisses d’impôts mais sans dire comment il comptait les compenser et des économies mais sans préciser où il comptait les faire. Et, quand on faisait les additions et les soustractions, on s’apercevait que le compte n’y était jamais.
Nos compatriotes ne sont, évidemment, plus dupes depuis longtemps quand on leur annonce qu’on va baisser les impôts et réduire les dépenses, ce que tous les gouvernements, sans exception, leur ont toujours promis et qu’aucun n’a jamais fait. Mais ils ont sans doute été séduits par l’annonce qu’on allait réduire de moitié les régions. Même si ce n’est pas pour aujourd’hui et même si chacun devine déjà que ce projet que le bon sens impose va provoquer d’innombrables levées de bouclier aussi bien chez les élus que chez tous les ronds-de-cuir locaux.
Et puis il y avait dans ce discours un ton un peu nouveau, rafraichissant qui changeait un peu et agréablement du ronron pontifiant et soporifique qu’on nous impose depuis deux ans.
Un président de la République rejeté par 80% des Français et un Premier ministre jugé convaincant par 55% de ces mêmes Français voilà qui ne peut que poser un véritable problème.
Il faut noter que, même si l’on prend d’autres sondages moins défavorables à Hollande, l’écart entre les deux hommes reste considérable. Sondage IFop pour Paris Match : Hollande : 25% de bonnes opinions, Valls : 58% ; sondage CSA : Hollande : 25%, Valls : 41%.
On dira que Hollande est sur les genoux et usé jusqu’à la corde par ses deux années d’échecs à l’Elysée alors que Valls apparait comme « tout neuf et tout beau » à Matignon et même auréolé par ses vingt-deux mois place Beauvau où il a pourtant tout raté comme ministre de l’Intérieur (sur la sécurité ou l’immigration notamment) mais pendant lesquels il a su, en grand manipulateur de l’opinion qu’il est, se forger une réputation d’homme d’action, courageux, déterminé, prêt à taper sur la table et éventuellement à casser la baraque.
Valls va-t-il oser profiter de cet avantage considérable que lui donnent tous les sondages pour imposer à Hollande une toute autre politique que celle qui a lamentablement échoué pendant deux ans ? Tout est là. Si non, s’il se contente de mettre ses pas dans ceux de son prédécesseur, de faire du Ayrault un peu plus flamboyant, dans deux mois il ne sera plus qu’une loque et aura rejoint Hollande dans les bas-fonds de toutes les enquêtes d’opinion.
Le tout est de savoir si Valls osera franchir le Rubicon ou même le pont d’Arcole…

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