Manuel Valls est aujourd’hui au Vatican à la tête de la délégation française qui assiste à la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II. Le Premier ministre s’est fait copieusement siffler par des fidèles français qui n’ont toujours pas oublié son attitude lors des manifestations contre le mariage pour tous alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Or, si Valls a fait ce voyage c’est évidemment pour tenter de se faire pardonner par l’électorat catholique cet épisode et essayer de se réconcilier avec la France dite profonde.
A Paris, certains s’insurgent que le Premier ministre d’une République « laïque » puisse participer officiellement à une telle cérémonie. C’est évidemment absurde et c’est, une fois de plus, brandir le mot « laïcité » en dépit du bon sens.
La fameuse laïcité dont on nous rebat les oreilles depuis quelques années ce n’est pas nier qu’il y ait des religions, c’est au contraire permettre à tous les citoyens de pratiquer leur foi –quand ils en ont une- en toute liberté, comme ils l’entendent et sans que l’Etat se permette de s’immiscer dans ce domaine essentiellement privé.
Il est d’ailleurs curieux que ceux qui ont le mot laïcité en permanence à la bouche ne brandissent cet étendard que lorsqu’il s’agit de la religion catholique. En France, on applaudit les ministres quand ils vont à la mosquée pour l’Aït el Kébir ou qu’ils se rendent au dîner du CRIF mais on s’indigne qu’ils aillent dans une église pour Pâques.
Même si aujourd’hui l’Islam est la deuxième religion de France, souvent la plus voyante, voire même parfois la plus dangereuse, il serait bon de rappeler, de temps en temps, que le catholicisme est encore la première religion de notre pays et que nos cathédrales tout comme les plus modestes églises de nos moindres villages prouvent, à l’évidence, que la France qui n’est peut-être plus « la fille ainée de l’Eglise » a bel et bien des « racines chrétiennes », ce que nos politiciens, avec une lâcheté stupéfiante, n’ont pas voulu le reconnaitre officiellement.
Franc-maçon et entouré de francs-maçons, Manuel Valls croit sans doute au Diable mais sûrement pas en Dieu. Il est cependant assez malin pour tenir compte de certaines réalités et pour savoir que « le vote catho » pèse encore lourd lors des élections et notamment lors de la présidentielle. Or, il a compris que les électeurs catholiques venaient massivement de changer de camp.
Pendant des années, sous l’influence d’une hiérarchie et d’un « bas clergé » qui avaient perdu pied et ne savaient plus à quel saint se vouer pour faire revenir au bercail le troupeau qui s’était égaillé dans la nature, les fidèles, déboussolés, croyaient que « le message du Christ » devait les inciter à voter à gauche.
Le mariage pour tous, c’est-à-dire pour les homosexuels, semble les avoir remis sur le droit chemin en leur faisant brusquement comprendre que cette gauche, incapable de résoudre les grands problèmes économiques auxquels était confronté le pays, voulait, pour faire oublier son incompétence, s’attaquer à des questions « sociétales », en clair détruire une société, une morale, une civilisation que quelques siècles de chrétienté avaient façonnées.
Mariage pour tous, projets sur la procréation assistée ou pour autrui, débats sur la famille, sur « le genre », libéralisation accrue de l’avortement, projets sur l’euthanasie, etc., les socialistes veulent systématiquement saper tous les fondements mêmes de notre vieille société en s’en prenant aux lois les plus évidentes de la nature sanctuarisées par l’Eglise qui rappelle que « le Créateur » a voulu qu’un homme et une femme soient indispensables pour fonder une famille, avoir des enfants et que la vie était sacrée, aussi bien celle de l’embryon que celle des vieillards incurables.
Tout cela pour nous faire oublier le chômage, des déficits, le poids des prélèvements, la déliquescence de l’Etat, de l’Ecole, de tous les systèmes de protection sociale.
Ayant observé que nos églises et nos séminaires étaient désertés depuis des décennies, nos dirigeants socialistes, souvent soixante-huitards attardés et parfois nostalgiques des rad.-soc. francs-maçons bouffeurs de curés du petit père Combes, s’étaient imaginé que leurs chamboulements de la société combleraient d’aise des bobos parisiens et passeraient comme une lettre à la poste dans le pays abruti par des décennies de dictature du politiquement correct et de la pensée unique.
Jamais, ils n’auraient pu imaginer que cette loi Taubira qui ne concernait, en fait, que quelques poignées de sodomites des alentours du Marais parisien ferait descendre dans les rues des centaines de milliers de Français généralement dociles, soumis et silencieux.
On pourrait presque dire que cette loi du mariage pour tous a réveillé la foi des croyants, toutes religions confondues d’ailleurs puisque les musulmans qui, eux aussi, votaient en grande majorité à gauche furent les premiers à rejoindre les cortèges organisés par les chrétiens.
Valls sait tout cela. En allant au Vatican, le Premier ministre espérait recevoir l’absolution pour tous ses péchés et ceux de ses complices habituels. Sous les huées, il a compris que certains catholiques français avaient la rancune tenace. L’Elysée vaut bien une messe mais il faudra à Valls davantage qu’une messe pour récupérer l’électorat catholique…
Cela dit, personne ne pourra lui reprocher, même au nom de la laïcité, d’avoir été rendre hommage à Jean XXIII et à Jean-Paul II, deux personnages qui auront sans conteste joué un rôle considérable dans l’histoire mondiale du XXème siècle.

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